‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 169 sur 192 · Abd-er-Rahman. — Voir ci-dessus, fin du chapitre ix · texte numérisé non relu

Abd-er-Rahman. — Voir ci-dessus, fin du chapitre ix

l'Afrique, y trouva des partisans dans les colonies syriennes, qu'une tradition de fidélité attachait à sa famille. Il se rendit maître du pays, battit Ala-ibn-Moghir qu'on envoyait contre lui de Bagdad, et expédia à l'adresse du khalife, avec le diplôme qui nommait Ala gouverneur, sa tète conservée dans du sel et du camphre. Le royaume ainsi conquis resta à ses descendants, qui le gardèrent plus de trois siècles. Toutefois ce fut seulement en 929 que le plus grand d'entre eux, Abdéramc III, osa reprendre le titre de khalife. Jusque-là les souverains de Gordoue se faisaient appeler émirs, sultans ou fils des khalifes. Indépendante en fait et ennemie des Abbassides, l'Espagne ne s'était pas tout à fait séparée de leur obédience.

L'Afrique passa par un demi-siècle d'anarchie, au milieu des compétitions des gouverneurs, des séditions de la milice arabe, des insurrections des Berbères hérétiques. Ceux-ci formèrent dans l'ouest les principautés de Tiaret et de Sidjilmessa, ou acclamèrent l'Alide Edris, qui se déclarait khalife et imam : son fils Edris II fonda, en 808, la ville de Fez. A partir de l'an 800, Ibrahim-ben-el-Aghlab et ses descendants, les Aghlahites, furent investis par les Abbassides du gouvernement héréditaire de l'Afrique. Ils eurent une armée, une marine, conquirent la Sicile, entamèrent l'Italie; mais l'ancienne Maurétanie ou Maghreb leur échappa toujours; ils y rencontraient l'influence rivale des Omméïades d'Espagne, et ils ne pouvaient réduire les petits royaumes de Fez, de Tiaret et de Sidjilmessa. Au commencement du x^ siècle, les Fatimiles font leur apparition; ils se donnaient pour les descendants d'Ali et de Fatima ' ; mais leur filiation n'était rien moins que prouvée, et l'un d'eux, Moezz, dans un élan de brutale franchise, disait en frappant sur son sabre : « Yoilà ma généalogie. » Appuyés sur des tribus berbères, les Kelama eilesSenhadja, ils renversèrent les Aghlabites et s'installèrent à leur place à Kérouan, mais comme khalifes et non plus comme vice-rois. Ils héritèrent de leur puissance dans la Méditerranée. A l'ouest, ils disputèrent le ]Maghreb aux Omméïades; à l'est, pendant que leurs alliés, les hérétiques

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