Fille du prophète
Karmates, ravageaient l'Arabie et la Syrie, ils attaquèrent l'Egypte. En 969, ils finissent par s'en emparer : ils fondent alors la ville du Caire et y transportent leur capitale, (pii a été d'abord à Kérouan, puis à Méhédia (Tunisie).
A cette date, les Abbassides trônent encore à Bagdad. Mais après les grands règnes d'Abou-1-Abbas {"oO-~oi), d'Abou-Djafar- El-Mançour (7oi-"7o), d'El-Mahdi (7"o-"8o), de Ilaroun-Al- Haschid ("8o-809), de Mamoun (813-833), de Moutacem (833- 842), la décadence est vite arrivée. Neuf khalifes se succèdent jusqu'en 908; trois autres jusqu'en 940, é[»oque où les émirs-elonira ' se subordonnent le khalife. De toutes parts surgissent des dynasties militaires ou indigènes qui détachent à leur profit des morceaux de l'empire. Le Khorassan, l'Afghanistan, la Perse, la Mésopotamie, l'Egypte, ont secoué le joug du souverain de Bagdad.
L'unité politique de l'empire arabe a cessé d'exister aussitùl après la chute des Omméïades de Damas. Mais au vui" et au ix" siècle, à part les Edrissites et quelques petits princes africains, tous les Etats musulmans reconnaissaient encore la suprématie des souverains de Bagdad; l'Espagne même ne contestait guère leur autorité religieuse. Il n'y avait qu'un khalife, dont la puissance temporelle avait reçu plus d'une atteinte, mais qui demeurait malgré tout le chef spirituel de l'islamisme. Au x*^ siècle il n'en fut plus ainsi. Après les victoires du Falimite Obéïdallah et l'exaltation d'Abdérame III, trois khalifes régnent concurremment à Bagdad, à Cordoue, en Afrique, puis au Caire, et se partagent le monde musulman. Leurs forces sont alors très inégales.
Tandis que les Fatimites et les Omméïades font figure de chefs d'empire et de conquérants, les Abbassides fainéants sont le jouet de leurs mercenaires turcs et de leurs maires du palais, les émirs-el-omra. Ce sont eux cependant qui conservent dans leur obédience la plus vaste étendue de territoire et le plus grand nombre de fidèles, et c'est leur dynastie qui survivra aux deux autres.