Ve bello vanddlico, livre
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et lui donne en otasre son lils Ilunerie. En même temps il prenait ses précautions, et, pour se mettre en garde contre les deux Empires, il entrait en relation avec les Huns.
Aétius et Attila. — Aétius, (jui avait été hanni en 431, revint en 432 avec une armée; il fut le bienvenu. Il reprit le rôle de Slilicon et de Constance. Il déplova une çrrande activité. Il rap[)ela aux Bursrondes leur condition de fédérés, les châtia <|uand ils se soulevèrent. Les Francs ayant passé la Somme, il les refoula au nord. Sa politique était de maintenir ces peuples séparément dans la vassalité romaine et de les coaliser sous les ordres de Rome contre de nouveaux ennemis.
Les Huns ne s'étaient pas arrêtés au Dniester ; ils avaient avancé jusqu'au Danube; mais ou ne les avait pas vus comme ennemis dans l'Empire parce qu'ils étaient divisés et que, par fractions, ils entraient au service des Romains ou des rois barbares. L'union vint avec Rona ou Rugilas, qui mit sa capitale en Pannonie et, de là, négociant avec Ravenue et Constantinople, menara les deux Em[)ires. Théodose II lui conféra les dignités romaines et lui paya un tribut de 3oU livres. Rona mourut en 43o. Ses deux neveux Bléda et Attila, fils de Moundzouk. lui succédèrent. Attila se débarrassa de Bléda par un assassinat (iio).
La plus curieuse parlie de riiistoire d'Attila n'est pas celle que l'on raconte. C'est dans la formation de son empire qu'il a déployé le plus de force et d'habileté; car, après avoir g-roupé autour de lui lout«^s les tribus hunni(|ues, il s'est attaché par les liens d'un service personnel tous les peuples germains ou autres, du Volga au Rhin. Outre les Ostrogolhs et les Gépides, il a des Thuring-iens, des Hérules, des Rugiens à son service. C'est avec les Huns et ses vassaux d'Occident que, franchissant le Caucase par les défilés de Bakou, il va ravager les provinces asiati<jues de l'Empire il'Orieut; faire la guerre en Arménie, en Syrie, sur l'Euphrate et le Tigre, où il menace les Perses. A partir de 441, il se louriu^ contre l'Europe et l'Empire d'Orient. Les lignes du Danube sont forcées; l'évèque de Margus livre sa ville. L'invasion hunnique, détruisant tout sur son passage, se déchaîne sur la Thrace et la Macédoine et
arrive jusqu'à quelques milles de Coiislantinople. 11 fallut traiter, payer une forte contriltution de guerre, 6000 pièces d'or, s'engager à un tribut de 2100 pièe-es d'or, rendre les Iluns captifs, payer la rançon des prisonniers romains (443). (Chaque année Attila énonce de nouvelles prétentions. Théodose Il n'a pas un moment de repos : à cha({ue instant des attaques et des ambassades. En 447, Attila ravage de nouveau laïhrace : il faut lui céder la rive droite du Danube, de Singidunum à Naissus. A propos de l'exécution de ce traité, il faut de nouvelles ambassades. On envoyait à Attila les hommes les plus élo(|uents, par exemple le rhéteur Priscus : nous avons le récit de son ambassade et c'est surtout par Priscus (jue nous connaissons Attila.
Il ne faut pas s'imaginer (juc ce fût une bète sauvage : il a fait une impression de terreur, (|ui a trompé. Les contemporains nous ont laissé un portrait de lui : ils parlent de sa poitrine large, de sa tète énorme, presque imberbe, de ses petits yeux ardents, de son nez écrasé, de son teint basané, de sa couronne de fer rouillée. Ils lui prêtent des mots : « Je suis le tléau de Dieu, le marteau de l'univers » ; « où mon cheval a passé, l'herbe ne repousse pas ». Priscus fait bien voir ce qu'est cette barbarie. Il a vu en Pannonie (près de la ville moderne de Tokai) le village royal. Au milieu, le palais en bois, entouré de }>etits bâtiments en bois pour les femmes et les serviteurs : toutes les maisons sont en bois et chaume; c'est encore le camp barbare; les bains seuls sont en pierre, bâtis par un architecte romain. Dans cette capitale on déploie un grand luxe, tout comme à Constantiiiople et k Ravenne, luxe (|ui provient du pillage. Dans les maisons des grands et des femmes d'Attila on voit les plus beaux tapis, de la vaisselle d'or et d'argent, des perles jusque sur les harnais et les souliers. En revanche, le roi mange dans de la vaisselle de bois et il est habillé comme un pâtre royal. Les siens le vénèrent plus encore qu'ils ne le craignent. Les femmes et les jeunes filles le saluent jiar des cantiques. (Juand il est là, point d'orgie; il permet pourtant (]u'on rie, mais veut iju'on clianlc In gloire des ancêtres. Ses femnu's rentoui-ent, puis s(>s enfants, les plus grands placés suivant l'âge,
les petits sur ses oenoiix. En temps de paix, il rend la justice et reçoit des ambassadeurs. C'est un justicier sévère, mais point inexorable aux supjdiants. Avec les ambassadeurs il est très prudent, 1res méiîant, mais très scrupuleux observateur du droit des pens. 11 n'a commis aucune violence contre les personnes, même quand Feunucjue Chrysaphius de Constantinople tenta de le faire assasiiier; il s'est contenté d'envover à Constantinople doux ambassadeurs (|iii , parlant à Tliéodose 11, l'appelèrent « vil esclave ».
Avec Attila est donc porté à la perfection cet empire asiati(pu\ rappelant un peu l'empire moniiol du xni" siècle, si ditï'érent d'un empire européen, composé de tribus hunniques comme centre, llan(|ué de peuples vaincus, tenus par leurs otages, par la terreur, par la part au butin; un empire qui ressemble à une grande association de brigands. Le gouvernement est très simple; les groupes vivent selon la coutume; en cas de contlit, le cbef su})rème juge ; ce cbef donne les oi'di'os pour les expéditions. Cet empire est fondé sur la force brutale : point d'autre Dieu qu'une épée qu'un prêtre a trouvée dans le gazon : point d'autre politicpie (pie la ruse. Tout cela très primitif et par consécpient pou solide.
Après avoir hésité entre l'Orient et l'Occident, c'est contre l'Occident qu'Attila se dirige : soit parce que Marcien, choisi par Pulchérie en ioO pour succéder à Théodose II, sait se rendre redoutable au roi des Huns, au(piel il refuse do l'or et promet du fer; soit parce (pi'il veut aller châtier les Wisigoths qu'ils consi(bh-ait comme des reb(dles ; soit parce (pie Genséric, qui craignait avec l'aison Aétius, Ta décidé à se tourner vers la Caule. Il ti-oiiva un curieux prétexte. N'aieiiiinien III avait une sœur (hi nom d'Honoria. On avait résolu, ;ilin d'éviter une couipétition ])ossibl(^ à l'Empire, (;u'elle ne se mariei'ait pas; en (b'MJommagemenl, on lui axait donné le titr(^ (VAufjusta. Or Honoi'ia voulait absolument se marier : elle épouse son chambellan Eugène, el beiu[iereur la relègue (bins uu monastère à Coustantinojde. De là (die envoie par un lidèle euiuKjue son anneau à Attila, lui disant ipr(dle est sa fiancée et sera son épouse. Sur cette nouvelle on la rap[ielle à Ravenne; on lui fait
épouser un oflicier sans inipoiiance, puis on renferme. Attila la réclame et avec elle sa dot.
Attila franchit le Rhin à la tète d'une armée formidable; on a parlé de six cent mille iiuerriers. La Belgique fut ravajrée ; mais Orléans arrêta les Barbares, et Aétius accourut à la tète d'une armée formée de AVisipoths, de Francs et de Burgondes. Les Huns se retirèrent et subirent une iirande défaite <lans les Champs Catalauniques (451). Dans la joie du succès on évalua leurs pertes à des chiffres fantastiques. En 452, Attila descendit en Italie; Aquilée fut ruinée; presque toutes les villes de la vallée du Pô furent détruites; des fuiiitifs allèrent fonder Venise dans les lag-unes. Aétius ne crut pas pouvoir ris(|uer une bataille. Une ambassade, où se trouvaient le pape Ijéon et le sénateur Aviénus, vint trouver Attila. Elle le décida à la retraite, par ses prières et ses présents. D'ailleurs il vovait la peste dans son armée et savait les armements de Marcien. Il menaçait de revenir chercher Ilonoria. A son retour il mourut en Pannonie (453).
Aussitôt son empire se démembra. A la bataille livrée en 454 auprès de la Netad en Pannonie, et où périt Ella, fils d'Attila, les peuples iiermaniques et slaves, parmi eux les Ostroiroths et les Gépides, regaijnèrent leur indépendance. Il v eut alors comme une nouvelle répartition de peuples ; en Dacie, les Gépides; en Pannonie, les Ostroiioths; à l'est de ceux-ci, au nord de la réjiion alpestre, les Ilérules, les Uuaiens, les Scires. les Turcilinges ; au nord-ouest, les Lombards en Moravie el Silésie. Quant aux Huns, chassés du Danube, ils échouèrent dans une expédition contre l'Empire d'Orienl. (!e (jui restait d'eux alla se perdre dans la vallée du Volga, parmi les Bulgares, les Avars, les Khazars.
Anarchie dans l'Empire. — L'Empire n'était pas sauvé: c'était pour eux (ju'avaieul vaincu les France, les Burgondes. les Wisigotlis. 11 faut ajouter que. depuis les ])remières années du v" siècle, l'île de Bretagne est aliandonnée à elle-même : en 449, les premiers Saxons ont débanjué à Thanel. D'ailleurs l'Empire semble se livrer. Aétius est assassiné })ar Valeiilinien III (45i). l^'anarchie est complèh» ; les Barbares de Dalmatie se déclarent indépendants: Égidius en (Inule jucnd
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dos Francs à sa solde. A Rome ce n'est qu'intriiiiies el désordres. Valentinien III désiionore la femme du sénateur Maxime, qui le fait massacrer. Le meurtrier, non content d'occuper le trône, force Eudoxie, la veuve de Valentinien, à l'épouser. Eudoxie appelle Genséric en Italie. La Hotte vandale arrive devant Ostie. La populace romaine éiioriie Maxime; le pape Léon est député auprès de Genséric. Le roi lui promet de ne pas mettre le feu à la ville i^t de ne pas tuer; mais pendant quatorze jours il pille en Vandale. Les dépouilles de Rome sont rapportées à (larthaiie (4oo). Pendant vinat ans encore, Genséric sera le maître de la Méditerranée, fera trembler les Romains, brûlant ou dispersant les trottes envovées contre lui et survivant à l'Empire d'Occident, car il ne mourra qu'en 4"".
En Italie, l'Empire d'Occident s'affaissa par sa propre impuissance. Le Suève Ricimer. maître de la milice, accepta comme empereur le rhéteur Avilus. (jue son disciple ïhéodoric II, roi des Wisiiioths, avait fait proclamer à Arles. Avitus ne régna pas long-temps : il abdiqua et demanda un évêché. Son successeur. Majorien (4o"), fit de vains ell'orts pour rétaldir la discipline, pour combattre les Alamans et les Vandales. Ricimer avertit Genséric, et fit assassiner Majorien (461). Il proclama Sévère III. La cour orientale lui ayant envoyé à la place Anthémius, il l'accepta et lui lit épouser sa lille : alliance peu heureu-se, car Anthémius tomba sous les coups de son beau-père, et leur quercdle amena un nouveau pillage de Rome. Genséric Ht alors un empereur, Olvbrius. Ricimer étant mort, Olybrius disparaît. Puis on proclame successivement Glycérius, Julius Xejios, envoyé d'Orient; Oreste, l'ancien secrétaire d'Attila, Orcste fait empereur son propre fils Romulus Augustule, enfant de six ans. Les mercenaires veulent partager l'Italie comme d'autres Barbares ont fait en Gaule. Ils demandent un tiers des terres. Oreste, qui refuse, est battu et tué, Romulus est conliné dans une villa. Il n'y a plus d'empereur à Rome.
Odoacre. — Odoacre, chef des mercenaires, renvoie les insignes impériaux à Constantinople (4"G) et demande à l'empereur d'Orient Zenon le droit d'administrer l'Italie et le titre do patrice. L'Empire subsistait donc : Constantin()[il(' était capitale
cl Zenon se cj'oyail si l)ien le niaîlrc do l'Italie (jue bientôt il y enverra Théodoric.
L'opinion (jue l'Empire <lure eiicorr. n'csl point jiarticulière aux empereurs; c'est aussi celle des Barliarcs. Clovis sera très honoré quand il recevra les insii^nes de patrice, et parmi ses successeurs il en est qui traiteront encore les empereurs en souverains. Au milieu du iv" siècle, Jornandès constate que Rome, (jui avait conquis le monde, le possède encore Idéalement '. La loi romaine subsiste; le souvenir des institutions polili(]ues reste vivant; le personnel romain lui-même est toujours là. A Toulouse, llavenne, Lyon, Vienne, Genève, à Paris, les rois barbares deviendront forcément à demi romains. Il nous reste maintenant à voir (juelles furent les destinées des principaux royaumes fondés par les Barbares dans l'Empire.
Celui d'Odoacre dura peu malgré les talents de son fondateur. Odoacre, Uuiiien d'oriiiine -, était venu en Italie avec une de ces troupes qui s'y rendaient pour prendre du service. C'était un beau géant à grandes moustaches. Il entra en 474 dans la garde palatine et jtrit bientcM sur ses camarades, les mercenaires germains, l'inlluence qui, lors de leur révolte, assura sa fortune. Devenu roi, il donna aux mercenaires un tiers des terres; mais il respecta les lois impéi-iales, le sénat, et confia, sans v rien changer, l'administration aux fonctioiuiaires romains. Arien, il ne persécuta pas les catholiques. C'est par le sénat qu'Odoacre fit demander à Zenon de lui confier le gouvernement de l'Italie avec le titre de patrice. Zenon, (jui recevait en même temps les ambassadeurs de Népos, le dernier empereur rég-ulier, répondit au sénat en lui rappelant <|ue, tant (jue Xépos vivra, il sera souverain légitime; c'est à lui <pi'il faut demajuler pour Odoacre le titre de patrice. Dans la lettre (jue Zenon écrit à celui-ci pour lui signifier ses volontés, il loue la façon dont Odoacre a gouverné, en respectant les lois romaines et (hms cette même lettre il le traite de patrice. Toute la pnlili(jue bvzanliuo est dans celte
1. Vis enim cognoscen: qi/omodu rcspublicu ca'jul et tenidl, /oluiin/Uf pcne naindam su/jerjit, ul haclenus vcl imaginarie Irnet.
2. On fait de lui aussi un Hernie ou un Scire. Son jK-re aurait été Edécon, roi d'une tribu seire, garde du corps ou même secrétaire d'Attila.