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reur. Il voulait évidfinmnil. (|iian(l lo combat ôtail onroro indécis, oagner ropiuiun (l(\s jn'ovinciaiix par colle sorte d'investituro que reuipereur lui aurait donnée : l'euipei-eur ne la donna pas. Zenon étant mort en 491. Anasiase ne se hâta pas plus que son prédécesseur. Alors, dit TAnonyme do Viilois, les (î(»tlis confirnièi'ent à Tliéodoric le titre roval sans attendre le déci'et du nouvel empereur. Le sens de cet acte n'<'s! pas une conlirmaiion de Tliéodoric (((lume roi des Ostroiiollis : il l'est déjà, et ravènenient dnu iiouv»^ empereur n'y chaniic rien; il faut compicndre (jue les (lollis reconnaissent ïhéodoric comme roi d'Italie et rauloi-iseiil à jirendre le costume roval.
Il continue à néi;o<'i(M' la reconnaissance du nouvel État par l'Empire. Il n'oldint jamais rien de précis. En 498, le patricien Festus. envoyé à Constantinople, parvint à faire remettre à Tliéodoric les insii^nes impériaux jadis renvoyés par Odoacre. Théodoric ne devint pas empereur pour cela; ses rapports avec l'empereur, par conséijuent avec la populatioji romaine, n'en sont pas mieux établis, riiéodoric dépense toute son lialiileté à éviter de iiros emhai'ras. Il lui fallait vivre en jiaix avec Constantinople. et en même temps il tenait, pour les Goths et pour lui-même, à rester le chef indépendant d'un nouvel Etat. Il prodigue à l'empereur les titres les plus éclatants; il lui demande l;i conlirmaiion des conseils nonnnés par lui. Sur les monnaies tigure seul le nom de l'empereur; sur les monuments il (\>l placé avant celui de Théodoric. Celui-ci ne refuse pas à In cour impériale ces petites satisfactions, les marques d'iiouurur>. I;i |ii(''S(''aiu-e même» sur le sol italien. C(^ sont là des concessions de forme. Il ne cède rien sur l'essentiel. Il lutte de finesse avec les Byzantins. La première lettre du livre I des Vai'iaru7n ent un chef-d'cruvre de Cassiodore parlant au nom de Théodoric. Le ton y est aussi i-espectueux que possible. mais pas un mot ne laisse soupc(»nner une dépendance etï'ecfive du roi d'Italie.
Gouvernement de Théodoric. — Nous avons dil que les mercenaires d'Odoacre axaient pi-is le tieis des terres: les (lotbs firent de même. Il y a ici une «jueslion très controversée (pie nous retrouverons à propos des Bur-oudes, des Wisii^idlis et
des Francs : s'auit-il réoUomont du liers de toutes les terres ou seulement des terres domaniales? La }»remière hypothèse paraît avoir les textes pour elle. En Italie, où il y avait tant de terres vacantes, la mesure a pu })asser presque inaperçue. On sait d'ailleurs qu'elle a été exécutée avec heaucoup de prudence et de modération. Des maiiistrats d'oriiiine romaine furent chai'g^és de l'opération; il ressort d'une lettre de Théodoric qu'il y eut positivement un partaiie et que ce partage ne fut pas une occasion de troubles.
Dans son gouvernement, Théodoric, comme Odoacre, a respecté complètement les lois et les institutions romaines. Toutes les fondions établies par Constantin dans l'Empire romain sont maintenues. ]jes charges de la cour conservent les mêmes noms et les mêmes attributions; lo sénat, ses honneurs et son impuissance. Les a(hninislnileiirs de jtrovince ont les mômes titres et les mêmes fondions. D(^ même les lois ont été conservées. Nous avons ici un monument législatif, VEdit de Théodoric : rien de nouveau; ce docunKMit est pui'ement romain. La conclusion des travaux critiques les }»lus autorisés, c'est qu'il n'v avait nullement un droit pour les Gotlis et un droit pour les Romains : il y avait un seul <lroit pour les uns et les autres, qui était le romain. Sans doute il y avait des atténuations, toutefois moins importantes (ju'on ne l'a cru. Théodoric a institué pour cha(jue province un « comte des Golhs », et Cassiodore nous a laissé la formule de cet emjdoi, le seul (jui soit nouveau. Encore ce comte des Goths peut-il être un Uomain.
Pour les tinances on n'a pas non jilus innové. Théodoric a son domaine, comme l'empereur. Les sources du revenu })ublic sont les mêmes <]ue sous l'Empire. Le jniuce lixe le chifîre de l'impôt; le préfet (hi pr(''toire le publie; l(\s curiales le répartissent et le perçoivent. Les Goths payent comme les Romains, C{ui, n'a vaut pas été vaincus, ne peuvent être traités en vaincus. C'est donc le svstème i-omaiu. mais moins oj>pressif parce (|ue le gouvernement (b' rJK'odoiic écoute et même recherche toutes les jdaiutes et |iai-ce (|ue la prospérité de l'Italie, enlin Iranijuille, rend rim|tôt nioiiis lourd. Des remises sont accordées en cas de calamités locales. Surtout les curiales
LE ROYAUxME OSTROGOTH D ITALIE St.
sont activement protégés. Un édit du roi Athalaric est très curieux à ce point de vue. Sous la phraséologie on y trouve un programme de gouvernement qui a été celui de Cassiodore et de Théodoric. Ce qui est dit des curiales du vi® siècle concorde à merveille avec ce que l'on sait des curiales des derniers temps de l'Empire. Le mal y est très bien défini; vient ensuite le dispositif édictant certaines peines contre ceux qui oppriment les curiales, leur demandent plus qu'ils ne doivent ou exigent quoi que ce soit sans avoir qualité pour cela. En revanche, les curiales sont invités à bien faire leur devoir. IL n'y a pas de texte où l'on puisse mieux voir le caractère singulier de ce gouvernement qui est tout romain. On n'a pas songé à trouver un remède au mal en modifiant le système de l'impôt; les curiales sont toujours attachés à la curie; et.. malgré les efforts de Cassiodore, il y a toujours des curiales> persécutés.
Pour l'armée on pourrait croire au premier abord que le système n'est plus celui des dernières années de l'Empire; qu'ici du moins il y a quelque chose de nouveau, de germanique. Il n'en est rien. Si Théodoric a commandé ses armées en personne avant la conquête de l'Italie, il les a fait commander ensuite par des généraux, absolument comme Honorius. Parmi ces généraux il y en a de purement Romains, comme Liberius et Cyprianus. Ibbas, qui alla en Gaule combattre les Francs, n'est pas un Goth. Théodoric a une garde personnelle de tous points semblable à celle des successeurs de Constantin, composée de cavaliers et de fantassins qui sont qualifiés de domestiques (domestici). Il y a sous Théodoric comme sous Constantin des officiers préposés spécialement aux provinces frontières et portant le titre déjà usité sous Constantin ; tel était le duc des deux Rhéties. Les troupes de Théodoric en campagne sont entretenues et soldées selon le système romain. On pourrait poursuivre en détail la preuve de ce fait que l'armée de Théodoric est entrée exactement dans les condilions où ont vécu les précédentes armées barbares des empereurs.
S'il ne se trouve guère de Romains dans ses rangs, si les Goths paraissent seuls chargés des devoirs militaires, ce n'est
Histoire générale. I. (1
8i LF. MONDE BARIiAî:!
pas du loin j)Hj' le fait d'une volonté arrêtét; ^ mîic loi : dopmfofî lonetemps, on le sait, les Romîtins./ les llMlicns, fuyaient it service militaire: ïhéodoric, (jui n a rien in-iové, ne les y a pas contraints. Devenu par le fait successeur des empereurs, il se s(;rt d une armée Jîarbare, comme iis faisaient. Seulement celle armée, c'est la sienïio relie du peupl'^ dont il était roi avant d'entrer en ïtaiie
Pour la marine on continue les Iraddi » is de la marine impériale, oa plaint on les re[irend : K ivenao redevient une des nlus importantes stations de la tlotle reconslitucf^
La seule nouveauté c'esl l'ordre qui re^jae maintenant cl Italie plusieurs années de suite. De là des indices de prospérité renaissante. Des travaux sont eiilie|U'is poiiv le desséchemcn'. des narais de Spolèle et des Marais Po'iiiis '^i faveur revenait doue aux travaux agricoles sans ipio (ujdant l'Italie suffi! encore a s(? nourrir: il fau; toujours de-nander du lié à la ?>iciie, en fuirez venir d'Espagne, interdire tnil'' exportation, et uiôme, sous un des successeurs de ruéodon:, fixer un maximum du prix des grains, li y a aussi comme une sorte de renaissance commerciale : ce n'est pas le grand commerce, bier eiiiendû, du iemps do la prospérité romaine; mais sur les routes bien entretenues circulent librement les services de Caiabulenses. sortes do postes pour les iransporls, qui dataient du temp.^ de l'Empire. La reprise du cabotage favorisait aussi le commerce intérieur. La foire qui «;: tenait à Gonsilinum en Bruttium (elle s'ouvrait le jour de la naissance de saint Cypiicn) paraît avoir été très fréquentée. Eu certaiîis fioini , oC réveillait ains^ la vie ancienne. ■ -
Voici où l'on • reconnaîtra une administiation vraiment romaine. Il y avait à RoîtU' une sorte d'Université légalement établie depuis Vaîcntinien IlL Les Gotiis U L-onservent; ïbéodoric et ses successeurs tu protègent. Quand le roi Athalaric a ■:de informe qu'on voudrait réduire les traitements des professeurs de cette école, il ftouve qu'il faudra;! oint ,i les augmenter.' Le guuvernemeni, s'o'ccupe même de la freu . • italion régulière des écoles, comme on le vo=! pas- une lettre d'.Ulialaric adressée a« gouverneur du Bruil peur iorcer les iiruitiens notable;-
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à la résidence dans les villes; autrement les enfants ne pourront s'instruire.
On pense hxon (|ue ce pouvernenieni n'a pu faire que la lauiiue cessât de se corrompre, le izoùt de se iiàler, (jue les sciences devinssent moins superficielles. Les littératures et les lanprues ont leurs destinées comme les peuples; la littérature et la laniiue romaines avaient accomjdi la leur. PouiManl les Goths ilésapprennent la laniiue ïiothiijue. Théodoric parle latin, ou du moins le com[)i-end. Sa famille reçoit une éducation toute romaine, tandis que c'est merveille qu'un Romain apprenne le ^•oth comme font les lîls <lu patricien (lypriamis : ce dont Alhalaric loue fort leur père.
Théodoric protège les arts autant (|ue les lettres. 11 y a qucl- (jues magistrats préposés au soin des bâtiments. Ses épîtres [trouvent (jue le roi a conirihué <le ses d(Mii(U's à l'iMitretien ou à la construction de monuments publics. Citons celle à Symmaque : le roi le loue pour les bâtiments (pi'il a déjà fait élever; il le chariie de la restauration du tbéàlre de Pompée. Les aqueducs, les éiiouts, notamment ceux de Home, sont soiiiueusement entretenus. Ravennc est l'objet d'une sollicilude jiarticulière : }tardessus tout, le palais de Théodoric. Le «zoût n est pas plus sur (|u'en littérature : il suffit de voir ce (ju'admire Cassiodore pour en être convaincu; en sculpture, en archilecture comme en littérature, c'est la recherche, le |irécieux, le bizarre.
^iais n'est-ce pas avoir obtenu beaucoup d'un Barltare qu'il s'intéressât à ces choses? Théodoric fait mieux : quand il vient à Rome en l'an 500 pour la première fois, reçu par Symmaque, le pape, et, dans la curie, par Boëce. il ne se contente jkis d'accorder des remises d'impôt, de faii'e au peuple des distributions de blé : il promet de suivie l'exemple des anciens princes et donne des jeux dans le cirque. Il n'autorise pas les combats de iiladiateurs, à jamais condamnés; il i-éjtiouve même les combats contre les bètes, (juoitju'il <'è(b' au ^oùt })Opulaire. Il paye les pantomimes publics, choisis aj)rès concouis par le peuple. Ces comédiens sont soumis à la surveillance d'une sorte d'inspccb'ur roval. Théodoric pavail les jeux ihi cicijue, appointait b-s mciHcurs cocbers. Si! favorisait la iiaiclé. il
réprimait sévèrement les désordres qui se produisaient fréquemment quand on se divisait en partis hostiles désignés par les couleurs de tel ou tel cocher, ou qu'on se battait à propos d'un mime.
Rien ne manque à la démonstration de cette opinion que Théodoric a régné en Romain, non en Germain. Administration romaine, finances romaines, lettres romaines, arts romains, mœurs romaines, vices romains, rien n'y manque. Si bien qu'on ne peut s'empêcher de remarquer qu'il est impossible qu'un Goth ait connu et compris tout ce qui a été écrit en son nom. Il a été élevé à Conslantinople, mais il n'en est pas moins resté Barbare; il ne sait pas lire. C'est un chef de guerre. Il l'a montré dans sa jeunesse et surtout dans sa lutte contre Odoacre. Puis il a disparu dans son palais de Ravenne. Il est probable qu'il était intelligent et qu'il a laissé faire : c'est tout ce qu'on peut dire. Mais cet homme qui avait la force eut des ministres qui pensaient et qui parlaient pour lui : Cassiodore surtout. Par l'effet d'un accident, le pouvoir fut exercé par un lettré, un érudit, un ])hilosophe chrétien, qui eut toute une politique, laquelle consistait à garder le passé, à le restaurer, en mettant à son service des Barbares qui par eux-mêmes n'avaient nulle idée d'avenir.
Politique de Théodoric à l'extérieur. — Théodoric eut une politique extérieure dont nous allons passer en revue les principales manifestations.
Son royaume, oîi il portait le titre vague de maître {dominus rcncin) qui convenait très bien à sa situation équivoque, comprenait toute l'ancienne préfecture d'Italie (à l'exception de la Pannonie orientale, des îles de Sardaigne et de Corse occupées par les Vandales) et une partie de l'ancienne préfecture d'Illyrie : le diocèse de Dacie.
Les principaux peuples du monde barbare étaient alors, en allant de l'est à l'ouest : au nord du Danube, les Gépides établis à peu près entre le Grau, le Danube et le Séreth; dans la région de la Moravie et de la haute Silésie, les Hérules, mélangés de Rugiens, de Scires et de Turcilinges; ensuite les Lombards qui, dans les premières années du règne de Théo-