‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 24 sur 192 · LE ROYAUME OSTROGOTH D'ITALIE · texte numérisé non relu

LE ROYAUME OSTROGOTH D'ITALIE

gré fort médiocre. A Constantinoplc, rempereur Anastase avait eu pour successeur un officier de fortune, Justin. Celui-ci et son neveu Justinien, qui devait lui succéder, entreprirent de s'appuyer sur les catholiques orthodoxes et négocièrent avec Rome une formelle réconciliation. Le pape Hormizdas (514- 523) avait succédé à Symmaque. D'accord avec lui, Justin et Justinien s'en prennent aux hérétiques; on commence par les Eutychéens et les Nestoriens, on finit par les Ariens. A partir de 523, on se mit à leur enlever leurs églises, à les convertir de force. Théodoric se sentit atteint directement; il était parmi les princes le principal représentant de l'arianisme; il avait à craindre que cette agitation religieuse n'atteignît l'Italie et n'y troublât cet accord entre les deux peuples que tous ses efforts s'appliquaient à maintenir. Il est probable qu'il y eut en Italie des symptômes d'émolion religieuse, que Théodoric s'irrita et eut de violents pourparlers avec les Romains. Il manda le pape Jean (élu en 523) et l'envoya avec trois sénateurs et le patrice Agapet à Constantinoplc , pour obtenir de l'empereur qu'il cessât de persécuter. Le pape avait refusé cette mission jusqu'à ce qu'il fut menacé de mort.

Pendant cette légation se passa un grave événement. On a déjà prononcé le nom de Boëce. Anicius Manlius Torquatus Severinus Boethius est un des grands personnages de lllalie au temps de Théodoric. Sa noblesse, un premier mariage avec la fille du patricien Festus, son érudition, son éloquence, la grande dignité de sa vie, lui font une place éminente. Sénateur, il porte la parole au nom du sénat, lors de la visite de Théodoric. En 510, il est consul. Il avait épousé en secondes noces Rusticiana, fille du patricien Symmaque. Cette famille des Symmaque est aussi très considérable. Dans les derniers temps de l'Empire romain, elle avait tenu pour l'Empire et pour le paganisme. Un Symmaijuc (350-420), consul en 391, écrivain fécond, avait essayé de défendre l'autel de la Victoire, condamné par Valentinien II et saint Ambroise. C'est un païen de la transition, un sceptique, qui nomme encore Jupiter par habitude, mais se contente le plus souvent de mots vagues, dieux, puissances célestes, etc., qui demande seulement la tolérance. C'est

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un aristormî.- comain «les derniers jours. dédaiiiJiantlo dieu de la Judée. Sof ii'si'i'iidaui. SYmmatriio. le i)oau-père de Boëce, qui étoii i-hrétien. rréhiit cerk^s pu? fMiin|i(iiit\ Esprit cultivé, iovi épris des yrauds souvenirs tle Koine. il aimait à iiàlir et nous l'avons vu emplové par Théodoric. Dans ce milieu vivait Boëce, avec des hommes occupés des lettres, des arts. et. par accident, de !a ftoiitique. Boëce t^si le premier narmi eux; il sail tout ce :|u'on neiit -savoir de son temps : 1<:i!l<' ia science, toute la saii^esse antiques. C'esf 1111 penseur, lucn supérieur à (lassiodore par ses écrits, mais i'oii phs un i)olitiuue comme lui. C'est un Uomam ]tJus li*')- : il .) loue Théodoric (luund le roi vint n Rome, mais li se vante d'avoij- virotei^ré les liomains contre des ahus d'ofticiej'S 20t)is. Demeuré indépendant, li tut aisém^'d impli((ué lans une accusatioi- de tiahison.

Vers ie iponient di- .lepail du pape Jean, le référendaire Cypiien déiionça au ioi une correspondance criminelle entre le consulaire Albinus et l'empereur .luslin. Boëce, informé du danger de son ami. s-i rendit à Vérone auprès de Ihéodoric pour ànfciutiv Albinus. < .ela je perdit. Gyprien produisit des témoins nui aiontièreni des lettres de Boëce, fausses au dire de celui-ci. Le- roi refuse d'entendre Boëce, le lit condamner à mort et le reliiit en prison, t^'est là que le philosophe écrivit son livre de ' 'nnsolafione. Kn o2i ou en o2o, on le lit périr d'un horrible supplice. Symmaque fut aussi mis à mort. Le pape Jean, jeté »^n prison à son retour de (lonstantinople. v mourut (d2()).

Il esi ■•iajj ({ue ces trois Inumnes oni été soupçonnes p.n Théodoric d'entielomr des lelolions avec i'Empire d'Orient. Le réveil de la question relideuse avait été une occasion naturelle pour les Romains de eoiispirer contre le Jiarhare arien. Il avait été aussi 'xiY^ occasion oour les Byza>/lins de renouer leurs intrigues. Peut-être y eul-il de rnlîeclation dans l'enthousiasme et le rcspecl «pi'on montra au pape Jean quand il vint à Consluntinoide. Ijh ville, empereur el patriaiclie en tèle, eltiit allée 'H d: VMiii .|,- lui ;;i -louze milles. Toul (e monde, empeieur i.'Oîi!|iiis s'agenouilla devant lui. Le p.ip» à cheval, reprit sa Tu.tichr. .-utr.! |,;,v la Porte Dorée, puéril «|(iei((Mes mnlluureiix.

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