‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 29 sur 192 · LE ROYAUME BURGO.XDE · texte numérisé non relu

LE ROYAUME BURGO.XDE

qui servaient comme auxiliaires dans l'armée romaine. 20 000 Burgondes seraient restés sur le champ de bataille. Ceux qui avaient survécu à ce désastre de 436 furent transférés en 443 dans la Sabaudia (Savoie), c'est-à-dire dans la région alpestre comprise entre le lac Léman, le Rhône et la haute Durance. Aétius song-eait peut-être à les opposer aux Wisigoths. En 451, ils le suivirent contre Attila; la grande victoire a laquelle ils eurent part laissa dans leurs traditions un profond souvenir; il en est parlé dans leurs lois. Bientôt après ils s'agramlirent (457), appelés dans la province de Première Lyonnaise par les provinciaux désireux de se soustraire à l'impôt. Voilà un nouveau mode d'établissement : il se fait sans l'agrément de l'Empire, cependant sans violence; les sénateurs de la province, les propriétaires cherchent des protecteurs. Sidoine appelle les Burgondes « patrons de sept pieds de haut » (septipedes patron!) . Les Romains veulent être protégés par les Burgondes non seulement contre la fiscalité impériale, mais aussi contre d'autres Barbares qui ne les valaient pas, comme les Francs et les Alamans, lesquels menaçaient le nord de la Première Lyonnaise, le pays de Langres. Un moment les Burgondes perdirent Lyon que Majorien reprit ; mais ils y rentrèrent après la mort de cet empereur. On sait que dès lors les relations furent presque impossibles entre Rome et la Gaule. L'extension des Burgondes continua donc facilement. Dès 463, il semble que la ville d'Arles fut comprise dans les provinces occupées par eux, car leur roi Gondeuch prend parti pour l'archevêque d'Arles contre celui de Vienne qui lui dispute la suprématie sur l'évêché de Die; il en réfère au pape. Déjà la puissance des Burgondes est assez considérable pour qu'on propose de partager la Gaule entre eux et les Wisigoths. En 475, les Burgondes sont maîtres de la vallée du llliùne jusqu'à la Méditerranée. Il est vrai (pi(> les Wisigoths leur enlevèrent la Provence en 480; mais, après la mort d'Euric (i8i), les Burgondes la reprirent et la irardèrent jusqu'en 500. En même temps ils s'étendaient au nord. Là ils se heurtèrent aux Alamans. Ceux-ci s'étaient de bonne heure soustraits à toute relation avec Rome. C'est par la conquête (juils avaient occupé

l'Alsace et le haut bassin du Rhin : ce qui explique que toute trace romaine ait disparu de ce pays, devenu purement germanique. Les Burgondes ont défendu contre les Alamans la partie occidentale de la province de la Grande Séquanaise, celle qui va jusqu'à l'Aar. Après 476, ils en devinrent les maîtres par la force des choses. A ce moment, ils ont atteint leur maximum d'extension et dominent à peu près tout le bassin du Rhône. Il faut noter que les Burgondes sont restés des fédérés dociles; ils aident l'Arvernie à se défendre contre les Wisigoths; leurs rois prennent le litre de maîtres de la milice. Ils se sont étendus sans conquêtes, sans violences, couvrant de leur patronage des provinces d'où l'autorité romaine se retirait et où leur roi demeurait un officier de l'Empire. On verra que cette fidélité dura jusqu'au dernier roi burgonde.

Gondebaud (474-516). — Après 474, les Burgondes sont gouvernés [»ar quatre rois : Gondebaud, Godcgisèle, Chilpéric, Gondemar. Le premier est le principal ])ersonnage. Il a fait périr Gondemar et Chilpéric; Godegisèle lui fut subordonné.

Avant d'être roi, Gondebaud a été en Italie; affublé par Olvbrius du titre de patrice, il a fait proclamer empereur Glycérius (qui a régné un an); tout comme Théodoric le Wisigoth a contribué à faire empereur Avilus. Gondebaud est le législateur des Burgondes. A lui remonte cette loi qui de son nom s'est appelée loi Gambette. Rédigée vers 488 ou 490, elle fut plusieurs fois retouchée, en dernier lieu par le roi Sigismond (518-524); elle reçut plus tard quelques additions, par exemple au temps de Charlemagne. Elle dispose que les Romains seront jugés selon la loi romaine; elle s'applique aux Burgondes dans les difficultés entre Romains et Burgondes. C'est en grande partie un tarif ' de dommages et d'amendes, rédigé sans nul ordre. Gondebaud fit rédiger une loi romaine des Burgondes {lex romand Burtjund/onum) d'après les sources romaines.

Rapports entre Burgondes et Romains. — Sidoine parle des bons rapports qu'ils eurent avec les provinciaux; dans les Niebelungen apparaît la bonté des Burgondes.

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