‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 48 sur 192 · EMPEREURS DES MAISONS DE THEODOSE ET DE THRACE · texte numérisé non relu

EMPEREURS DES MAISONS DE THEODOSE ET DE THRACE

le mérite et la fortune ont placé au-dessus Je lui, au lieu Je conspirer, comme un esclave perfîJe, contre la vie Je son maître. »

Marcien. — Marcien, que Pulchérie élève au trùne à la mort Je ThéoJose, parvient par sa fermeté à alTranchir TOrient des Huns, qui se détournent sur l'Occident. Ce sauveur do l'Empire, dont les contemporains célèbrent les vertus, est vieux, cassé par les infirmités. Il manque d'instruction. Du moins est-il modéré, désireux de rétablir Tordre. 11 rappelle les victimes des proscriptions de Théodose II. Il cherche à mettre fin aux dissensions de TEgiise par le concile de Chalcédoine (4ol). Avec lui disparaît la maison théodosienne (451). Marcien ne s'y rattache d'ailleurs que par son mariage avec Pulchérie, qui lui avait fait jurer de respecter sa virginité.

Léon F'" le Thrace. — Comme aucune loi ne règle la transmission du pouvoir, les avènements ont un caractère tumultueux. La dignité impériale est à la merci des pires aventures. Un général alain tout-puissant, lé patrice Aspar, la donne à son ancien intendant, le tribun thrace Léon, et gouverne sous son nom. Au bout de longues années de servitude, Léon s'afîranchit par le meurtre d'Aspar (4"1). A l'extérieur, la situation de l'Empire n'est pas moins misérable. L'Italie demande un empereur à Léon, qui lui envoie Anthémius (/iG"); mais Anthémius, lui aussi, est l'esclave d'un Bar])are, le j)atrice Ricimer; quand il veut agir en maître, il succombe (juillet 472), sans que Léon l'ait défendu. Julius jNepos, mari de sa nièce, dont il veut faire ensuite un empereur d'Occident (474), est chassé par un autre chef barbare, le patrice Oreste. De Carthage, le Vandale Genséric lui dicte des ordres, ravage les côtes de l'Empire, et, en 468, lorsque Léon se décide à envover contre lui une flotte, son beau-frère Basiliscos fait traîtreusement échouer l'entreprise.

Zenon. — L'Empire tombe plus bas encore, lorsqu'à Léon ' succède son gendre Zenon (février 474). Deux femmes intri-

1. Léon 1" avait laissé un petit-fils âgé de quatre ans, né de sa fille Ariadnc et de son gendre Zenon. Mais cet enfant, prociamé sous le nom de Lcon II, disparut bienLùl pour faire place à son père.

gantes et corrompues, Yérine, belle-mère de Zenon, Zénonide, femme de Basiliscos, le g-ouvernent au gré de leurs caprices. ReuA-ersé par Basiliscos (janvier 475), Zenon s'enfuit dans la montagneuse Isaurie dont il est originaire, et ne parvient à rentrer à Constantinople qu'après plus d'un an et demi (476). Dans la suite, de nouvelles révoltes compromettent un pouvoir dont il n'use que pour donner libre cours à sa cruauté et aux plus grossières passions. Lorsqu'il veut intervenir dans les troubles religieux par Y Hénoticon ' ou Édit d'union, il n'arrive qu'à les augmenter (482). Cependant, au nord, grandit la puissance des Ostrogoths. Nous avons vu la politique que Zenon a suivie à leur égard '.

Anastase. — Après Zenon, c'est un obscur personnage, Anastase, investi au palais des modestes fonctions de sile7itiaire (huissier), que la faveur d'Ariadne, veuve de Zenon, élève à l'empire (août 491). Il vaut mieux que son prédécesseur : les bonnes intentions ne lui manquent pas; il veut empêcher les exactions des fonctionnaires, il se préoccupe des classes inférieures. Mais les intrigues de palais, les troubles ne cessent i)as. D'ailleurs, Anastase entend gouverner TEtilise. Il déchaîne la guerre civile en voulant introduire une nouvelle formule, le Triscifjion, dans la liturgie.

L'Église. — Pendant celle triste période, l'Eglise grecque, dont rinlluence est si grande sur la politique, ne vaut guère mieux que l'Etat. Tandis que l'Eglise d'Occident, active et pratique, sert d'intermédiaire entre le monde ancien et les Barbares, celle d'Orient dépense son intelligence et ses forces dans de subtiles discussions sur le dogme et de misérables querelles. D'intrigants ambitieux, des anachorètes exaltés, des sophistes la remplissent et la gouvernent. Les meilleurs de ses chefs ne savent exercer aucune action utile. Sous Arcadius, saint Jean Chrysostome, arraché à la solitude où son imagination s'est exaltée par les longues méditations mystiques et les abstinences, devient patriarche de Constantinople sans dépouiller l'esprit monastique. Incapable de gouverner les hommes en comptant

i. Voir ci-dessus, chapitre ii.

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