CHAPITRE
jusqu'en 395
L'invasion des Barbares et le démembrement de l'Empire romain ont mis fin à la civilisation antique et inausruré la période dite du ino]jen â;je, (jui forme la transition entre 1 âge ancien et Fài-e moderne.
Cette période de l'histoire a été lune des plus fécondes : c'est alors que se forment les nations de l'Europe nouvelle; que s'élaborent des institutions dont l'antiquité n'avait aucune idée; que se crée une civilisation très dilTérente de la civilisation Çréco-romaine, mais ijui. à ccrlains é^jards. ne lui est point inférieure.
Les débuis du moyen àiie furent marqués par le mélanire ou plutôt la confusion d'idées et d'usaiies romains avec des idées i^ermaniques, par le désordre dans les m<ruis et dans les lois. Au-dessus de ce chaos persistèrent deux influences : le souvenir de l'unité romaine, de l'Empire, et l'Enlisé en qui fut d'abord l'unité du monde moderne.
L'histoire du moyen Ai;e commen»-ant [>ar l'établissement de royautés ï;ermani(|ues sur terre rouiaine, il faut savoir d'abord ce (ju'étaient la terre rouiaine avant l'élalilissement des Barbares, les Barbares avant leur établissement sur la terre romaine.
Histoire générale. I. 1
LE MONDK ROMAIN .lUSQl'EN 395
/. L Empire romain jusqu'au IIP siècle.
Le pouvoir impérial. — Toute la région que baiiine la mer Méditerranée, l'Europe occidentale et méridionale jusqu'à la mer du Nord et au Danube, l'Afrique septentrionale jus(ju'au désert, l'Asie occidentale jus(|u'à l'Euphrate, obéissaient à l'empereur [imperator, princeps. Cœsar, Angustus). Il y était maître absolu, sa volonté faisait loi.
Fustel de Coulaniies a fort bien montré comment ce pouvoir absolu des empereurs est une conséquence naturelle de l'organisation romaine. Le principe fondamental du droit puldic a été de tout temps à Rome la souveraineté absolue de l'Etat. Les institutions ont eu pour objet non la liberté, mais l'obéissance des bommes. Ces règles ont régné sur l'esprit romain aussi bien avant César qu'après lui. Même sous la république, le pouvoir suprême était exercé par (|uel(|ues [)ersonnes à <|ui l'Etat déléguait sa puissance: entre leurs mains l'autorité était absolue, complète, sans limites; la magistralure n'était pas une fonction, elle était un pouvoir. On l'appelait d'un mot expressif : iinperium ( commandement).
Lors(|u'au lieu de plusieurs délégués il n'y en eut plus (ju'un seul, l'empereur, concentrant en ses mains toute l'autorité, il se trouva maître absolu. Les circonstances liistori(jues ayant détruit l'ancienne constitution romaine, des pouvoirs multiples et mutuellement pondérés furent remplacés par un pouvoir uni<|ue et sans limites. Quelques formes du passé avaient subsisté, respectées par Auguste, le fondateur du nouveau régime. L'einjM'reur }triiice absolu. — voilà le fait. — a été comme riiérilier des anciennes magistratures, — voilà la forme. Ce res[»ei-t de la forme créa une équivo(jue, aggrava les regrets des partisans du ])assé. l^e plus grave incoiivériienl fui lincerlitudt^ pour la li-ansmission du jtouvoir (ju'on n avait pas osé l'emlre Iiérëilitaire : de là un(^ perpétuelle inqui(''t(i(l(> de l'empereur. Dans la seconde [>éri(»ib^ (|ui commence à la tin du nf siècle et à laquidle on ap[)li(pie le nom de Bas-Empire, les