‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 78 sur 192 · GUERRES ET CONQUETES DE CIIARLEMAGNE · texte numérisé non relu

GUERRES ET CONQUETES DE CIIARLEMAGNE

jtlus, il concentrait ses forces à portée de tous les rebelles; en effet, de là il put achever la conquête du pays. Il recommencera sept fois la réunion de l'assemblée générale en terre saxonne, et si, les deux dernières fois, ce put être seulement pour attester le succès obtenu et l'accord des deux peuples franc et saxon, dans les autres cas il avait un intérêt direct à grouper toutes ses forces en terre saxonne. Dès 777, le résultat parut acquis : beaucoup de nobles et d'hommes libres se tirent baptiser; la soumission parut complète. Mais, tandis qu'en 778 le gros des armées franques était occupé en Espagne avec le roi, Widukind, qui avait fui au nord de l'Elbe, revient. Il assemble tous les Saxons, jusque-là divisés, demande du secours aux Danois, expulse ou massacre les prêtres, pénètre jusqu'à Coblentz. Il dévaste la Hesse et la Thuringe, chasse les moines de Fulda (779). Charlemagne fait alors un effort décisif. Après avoir refoulé l'invasion saxonne par la victoire de Bocholt (779), il consacre tous ses efforts à la conquête de la Saxe.

Les Saxons no pouvaient auère livrer de bataille rangée à la grande armée franque. Les contrées jusqu'au AVeser furent bientôt domptées. Alors Charlemagne s'occupa de donner à sa conquête une organisation régulière. Le pavs fut divisé en comtés, auxquels on préposa des Saxons tîdèles ou des Francs. Six évêchés furent institués : Miïnsler et Osnabriick pour les Westphaliens; Paderborn et Minden pour les Angriens; Verden et Brème pour les Osiphaliens. Les païens étaient baptisés de gré ou de force. En 782. fut tenue aux sources de la Lippe une grande assemblée pour constater la conquête. A peine Charlemagne et ses hommes étaient-ils rentrés en Austrasie que Widukind souleva la Saxe, prolitant d'une guerre contre les Sorbes (Slaves entre la Saale et l'Elbe). L'armée envoyée contre lui fut trahie par ses auxiliaires saxons et taillée en pièces au mont Suntal, sur la rive droite du AVeser. Cette fois (Charlemagne no se contenta pas do la fuilo (b^ AVidiikind et do l'humble soumission des Saxons. Il vint cjiinpor à A^erden. sur l'Aller, sr lit livrer les guerriers (|iii avaient fait défection, les jugea, on lit exécuter ioOO. Il proiiiiilgiia un édit interdisant sous peine de mort les prali(]iies religieuses du paganisme,

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imposant le baptême, la stricte observance des lois de l'Eg-lise, le paiement de la dîme (782). A ces mesures sano'iiinaires répondit une insurrection p'nérale dirigée par rinfati£;^able Widukind. La lutte fut terrible; après une première bataille indécise, près de Detmold. les Saxons essuyèrent sur la Haase un désastre sans remède ("S'i). Deux années de dévastations méthodiques achevèrent de briser la résistance. Charles parcourut lui-même les rives de la Saaie el de l'Elbe, emmenani par foules les hommes en âge de porter les armes. Son fils fit de même dans les cantons occidentaux (184). L'année suivante on opéra de même au nord de FElbtv Les prisonniers étaient déportés loin de leur patrie. Widukind lui-même comprit l'inutilité de la résistance. 11 vint à Attigny, en Champaiine, recevoir le baptême, en grande pompe, avec luunJji-e de ses compagnons (185).

La grandi^ guerre de Saxe était linie, mais hi soumission n'était pas <'omplèle. L'obligation du service militaire, très lourde pour les lointaines expéditions contre les Arabes ou les Avars, provoqua des mécontentements. En 192, Saxons et Frisons refusèrent de partir. Tout le nord de la Saxe s'insurgea; les églises et les couvents furent livrés aux llammes, les évêques et les prêtres chassés. C'était à un moment très critique pour l'Empire '. Le conquérant transigea : entré en Saxe avec deux puissantes armées, il se liàta de traiter, faisant d'assez larges concessions.

Après son triomphe, manifesté à la grande assemblée de Francfort (194), il reprit la lutte, résolu à parachever son œuvre en Saxe. Les Saxons étaient d'ailleurs j»ris à revers par les Obotrites, Slaves protégés des Francs. Pendant trois années (195-198), les armées franques parcoururent le pays en tous sens; on transplanta jusqu'au tiers des habitants de certains cantons dans d'autres parties de la monarchie; les terres des rebelles étaient confisquées, distribuées aux fidèles, aux comtes, aux évêques, aux abbés. Puis Charlemagne passa l'Elbe et fit subir le même traitement aux Nordalbingiens. Après la vic-

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