‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 79 sur 192 · GUERRES ET CONQUETES DE GHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

GUERRES ET CONQUETES DE GHARLEMAGNE

toire de Suentana (799), dix mille familles furent transportées. Les Obotrites reçurent une partie du pays, les rives de la Baltique. En 803, dans sa villa de Saltz (sur la Saale franconienne), Charlemagne put proclamer la pacification complète.

Saxons et Francs ne forment pas encore un seul peuple; mais ils ont la même langue, la même foi, les mêmes institutions; leurs destinées resteront inséparables; ils formeront une même nation. L'annexion définitive de la Saxe et de la Bavière fait de Charlemag-ne le vrai fondateur de l'Allemagne.

Annexion de la Bavière. — L'annexion de la Bavière avait été plus préparée que celle de la Saxe par les prédécesseurs de Charlemagne. Le duc de Bavière avait toujours été considéré plus ou moins comme vassal des rois francs. Cependant la dépendance n'était que nominale. Il y a^ait là un véritable Etat, entre le Lech et l'Enns, avec sa dynastie nationale des Agilolfing, son organisation propre, son église et son archevêché de Saltzbourg-, sa politique extérieure et ses relations rég:ulières avec les Lombards. Le duc Tassilo, gendre de Didier, était un personnage considérable : on comptait en Bavière d'après les années du duc. Celui-ci n'amena de contingent ni pour les expéditions d'Italie, ni pour celles de Saxe. Il s'abstint de paraître aux assemblées générales du peuple franc, réunissant à part ses g^rands, ecclésiastiques et laïques, et son peuple, au milieu duquel il a l'allure d'un Aéritable souverain, rendant en son nom les décisions sur les affaires ecclésiastiques et laïques. Charlemagne temporisa pendant toute la durée de la grande guerre saxonne. Mais quand il l'eut terminée, il ag-it. En "8", Tassilo fut sommé de renouveler le serment de vassalité. Il n'osa refuser et vint à l'assemblée de Worms; là, suivant la formule, il donna son duché au roi, qui le lui rendit en fief; il fournit des otages, dont son propre fils. Cette précaution n'était pas inutile. Tassilo avait cédé pour gagner du temps; mais il négociait la formation dune coalition, avec le duc lombard de Bénévent, avec les Avars, établis sur le moyen Danube. Sa femme Luitgarde, fille de Didier, le poussait à la lutte. Il semblait possible de soulever les Lombards d'Italie, d'obtenir b^ concours des Grecs, de rallumer la

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guerre «le Saxe. Mais rÉsrlise était dévouée au roi franc, en Bavière comme ailleurs : une ambassade pontificale accompag^ne l'ambassade franque qui avait été sommer Tassilo de renouveler le serment de vassalité; l'évèque de Freisingen et Tarchevèque de Saltzbourg étaient, en Bavière, cà la tète d'un parti ecclésiastique qui se confondait avec le parti franc. Les intrigues de Tassilo furent donc prévenues. Convoqué à l'assemblée générale d'Ingelheim (788), il y fut accusé par quelques-uns de ses propres sujets de trahison, et mis en jugement pour son ancienne défection, quand il avait abandonné Pépin en Aquitaine. Condamné à mort sur ce chef, il fut tondu et se retira dans un cloître; son fils, sa femme et ses filles furent également cloîtrés. La Bavière fut annexée au royaume franc et un beau-frère de Charlemagne, Gérold, lui fut préposé. Quand il eut })éri en comlnillant les Avars, le duché fut démembré en comtés. Le peuple bavarois prêta serment à Charlemagne, (pii s'attacha directement par le lien de vassalité plusieurs dos grands.

Guerres contre les Avars. — La coalition méditée par Tassilo était rompue par sa chute, mais la guerre contre les Avars ne fut que retardée. Ils avaient succédé aux Huns dans le bassin du Danube; ils avaient combattu Sigebert en Thuringe. Arrêtés à l'ouest par les Francs et les Bavarois, au sud par les Slaves, qu'IIéraclius établit sur la Save (Serbes et Croates), ils s'installèrent dans la Hongrie actuelle. Sous leur Khagan et leurs chefs secondaires, ils faisaient de perpétuelles razzias et étaient la terreur de leurs voisins, surtout des Slaves qu'ils opprimaient durement. D'immenses richesses avaient été entassées dans leur Rinrj, camp central (près de la Theiss), protégé par une triple enceinte. Charlemagne entreprit une grande expédition : lui-même conduisit le long du Danube les Francs, les Saxons et les Frisons; son fils Pépin partait d'Italie avec une autre armée. On pénétra jusqu'au Raab, mais l'armée franque, décimée par une épidémie et afîamée, dut battre en retraite. La guerre se prolongea durant plusieurs années et paraît avoir été la crise la jdus redoutable du règne de Charlemagne. Les Arabes d'Espagne t'uvahissaient la Septimanie;

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