Capitulaire de
3. Lettre 111 : Non tanios habet justitix odjutores quantos ctiam subversores, nec tantos prœdicafores quantos jjrœdalorcs.
On a vu combien de fois la règ-le canonique avait été violée pour les élections, au temps mérovingien. Sous Charlemagne, / il est (le principe que le roi nomme les évêques, si ce n'est peut-être en Italie. Après Dieu, il se considère comme leur supérieur. Ce n'était point en vertu d'un droit précis : la force des choses et le caractère de l'institution carolingienne voulaient qu'il en fut ainsi. Charlemagne palliait l'abus en ne faisant que de bons choix. C'est que les évêques faisaient partie intégrante de l'Etat. Ils sont, pour Charlemagne, les collaborateurs des comtes. Il s'inquiète de leurs rapports avec ceux-ci. Une des questions adressées aux niissi est : Comment les comtes s'entendent-ils avec les évêques '?I1 est ordonné aux uns et aux autres de se prêter un mutuel appui afin que chacun puisse bien remplir son office ^. Tentative curieuse et qui montre bien les difficultés du gouvernement. La bonne volonté réciproque des comtes et des évêques était une nécessité absolue; or elle ne devait pas se rencontrer. Les comtes sont indociles; il y a mauvaise volonté du laïque contre l'ecclésiastique. Les missi, dans leurs lettres aux comtes, s'en plaignent; Charlemagne s'en plaint amèrement, dans une lettre circulaire. Il a appris qu'on n'accorde pas aux prêtres l'autorité qu'ils doivent avoir; il ordonne que nul de ses fidèles ne désobéisse à l'Eglise dans les choses qui regardent Dieu. Mais que signifient les termes de cette lettre? Quels étaient les droits et les devoirs réciproques? Nul ne le sait. Et Charlemagne s'inquiétait toujours. Dans un capitulaire de 811, il annonce qu'il veut interroger à ce sujet évêques et comtes. Après qu'il les aura interrogés séparément sur les causes de leur désaccord, on discutera <lans quelle mesure l'évoque ou l'abbé doit s'immiscer dans les alïaires séculières, le comte dans les affaires ecclésiasti(|ucs. La question est bien posée, mais on ne peut la résoudre; elle n'est pas encore complètement résolue aujourd'hui. Louis le Débonnaire trouvera une très mauvaise combinaison^: charger les évêques de lui dire comment les comtes rendent la justice,