‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 139 sur 202 · IV. — Républiques boers · texte numérisé non relu

IV. — Républiques boers

On a vu dans un chapitre précédent ' l'histoire des Républiques hollandaises de l'Afrique du Sud jusqu'à une date très récente. Nous n'avons à nous occuper ici que des événements qui ont immédiatement précédé et causé ki rupture entre ces Etats et la Grande-Bretagne.

Les faits précurseurs de la guerre. — Après l'accalmie qui suivit nécessairement le raid de Jameson, et pendant laquelle la politique britannique, qui s'était montrée au monde sous un jour si fâcheux, avait été condamnée à quelque réserve, on avait recommencé à s'occuper beaucoup des affaires du Transvaal. Il n'était question que de contraindre cet Etat à modifier sa politique abusive envers l'industrie minière, à laquelle il nuisait par des impôts trop lourds, par les tarifs élevés qu'il avait permis aux chemins de fer de fixer, et par le monopole de la dynamite qu'il avait concédé à une compagnie. Il faut reconnaître que le gouvernement de Pretoria faisait peu de concessions sur ces points, et qu'il favorisait le jeu habile de l'Angleterre s'ingéniant à isoler moralement le Transvaal en répandant partout la conviction (ju'elle était le champion représentant des intérêts des porteurs de mines d'or contre la rapacité des Boers. D'admirables campagnes de presse furent menées dans ce sens en Angleterre et jusque sur le continent. Elles ont continué pendant les années 189" et 1898, s'atténuant un peu pendant cette dernière, tandis que l'Angleterre ayant à régler les affaires du Niger, puis celles du Ilaut-Nil, avait intérêt à ce qu'on ne s'occupât pas trop de celles du Transvaal.

Au printemps de 1899 les Anglais avaient enfin les mains libres, et il devint évident qu'ils allaient aborder énergiquement

Page 1