‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 14 sur 202 · I. KMIMlîK lll'lS IMIKS i:i · texte numérisé non relu

I. KMIMlîK lll'lS IMIKS i:i

L'extension récente de la frontière nord ouest . —

La |)ui\ paraissait assur(''c [xnir 1oii!:1(mih»s. Mois dôs 1884 les progrès de la Hussie dans l'Asie eenlrale ont entraîné de nouvelles annexions, de nouvelles expéditions, qui ont fait porter l'efTectif de l'armée à 21.') 000 hommes, dont 74 000 Européens (1898). Voici les principales niudificaiions de la frontière nordouest de l'Inde dans la période contemporaine. Le Khan de Beloutchistan est devenu, moyennant suhside, un prince vassal sous le contr(jle d'un ag(mt (]ui dépend du vice-roi (Irailés de 1854 et 1876). En 1893, le gouvernement des Indes l'a contraint d'abdiquer parce qu'il avait tué son ministre, et l'a remplacé par son fils. Un chemin de fer stratég-ique parlant de l'Indus traverse le Beloutchistan, suit la passe de Bolan et aboutit au col de Khodjak, qui mène à la ville afghane de Kandahar; il a été construit très rapidement et à grands frais après la paix de 1880 ; 40 000 indigènes y étaient employés à la fois et gag'naient une roupie par jour : 10 000 moururent du choléra. Le district beloutchi de Quetta, où se trouve la passe de Bolan et le point terminus de la ligne, a été cédé par le klian à l'Inde ang-laise (1882). Les frontières du Beloutchistan et de l'Afghanistan ont été déterminées d'accord avec les Russes (1895), celles du Beloutchistan et de la Perse marquées par une ligne de bornes installées dans le désert (1896).

L'émir d'Afghanistan garde son indépendance, mais il est pratiquement sous la surveillance du gouvernement indou, qui lui paye un subside annuel. Il a demandé à traiter directement avec le gouvernement métropolitain, mais sans succès (1895). Les Anglais ont fait avec lui deux séries de conventions territoriales : 1" Entre l'iVfghanistan et la Russie, les frontières ont été déterminées par deux missions militaires, l'une anglaise, l'autre russe; on a d'abord fixé la frontière nord-ouest, entre Hérat, afghan, et Merv, occupé par les Russes en 1884. Pendant ces opérations, les Russes attaquèrent les Afghans dans la ville de Pendjeh, qu'ils leur enlevèrent (1885). On crut la guerre imminente entre l'Angleterre et la Russie. Le gouvernement des ludes leva des troupes et permit aux princes vassaux d'armer à l'européenne des régiments auxiliaires, mais la paix

I;i8 COLONIES ET DEPENDANCES DU ROYAUME-UNI DEPUIS 1870

fui inainlenue et Pendjeh laissé aux Russes. Il fallut ensuite déterminer la frontière afghane sur le Pamir où les Russes avaient pris pied en 1891. Ce fut l'affaire dune commission anglo-russe qui termina ses travaux en 1895. Toutes les difficultés furent résolues à l'amiable; les chefs des deux missions se congratulèrent et firent entendre des paroles de paix dans un banquet final. Depuis ces partages, les conflits entre Anglais et Russes ont cessé dans l'Asie centrale. — 2" La frontière entre l'Afghanistan et l'Inde anglaise n'avait été modifiée que d'une manière générale en 1880. Elle a été déterminée par une série de conventions dont la principale est le traité de Caboul conclu solennellement entre l'émir et le conseiller des Affaires étrangères de l'Indoustan. A cette occasion l'émir passa son armée en revue devant la mission anglaise et annonça à ses soblats qu'ils étaient désormais les alliés des Anglais et qu'ils combattraient avec eux, s'il était nécessaire. A la suite de l'arrangement, des officiers anglais sont venus diriger des fabriques d'armes et de cartouches à Caboul. L'émir avait reconnu aux Anglais la possession de toutes les vallées qui mènent du plateau de Pamir dans le Pendjab. La principale, celle de Tchitral, avait été occupée par eux dès 1892. Au sud de la passe de Kbaïber, il leur reconnaissait les droits de suzeraineté sur les pays de montagnes qui se trouvent entre les passes d'Afghanistan en Pendjab jusqu'à la frontière beloulchie. Sur celte frontière, le Siwistan est administré directement par l'Inde, et le point terminus du chemin de fer qui traverse le Beloutchistan et se dirige vers Kandahar est porté au delà du col de Khodjak, dans la ville afghane de Chaman, cédée par l'émir. Seul, le passage de Khaïber restait au pouvoir de l'émir. Une délimitation postérieure (1896) a permis aux Anglais d'en atteindre le débouché sud et a ainsi complété la frontière scientifique.

Les Anglais rencontrent donc sur ces points de grandes difficultés, mais elles sont locales et semblent devoir être vaincues à force d'hommes et d'argent, à moins de complications extérieures. Or les difficultés avec la Russie, qui ont failli amener une guerre (1885), semblent terminées depuis (jue des commissions militaires anglo-russes ont limité avec exactitude le territoire

TENTATIVES l)K l-'KDKU ATIOX I.M l'KUl Al^K i:;9

(les Elals iiulci)eii(ianls placés ciilro riiulo elles pro^illces russes (1885-95).

L'opinion indienne se plainl vivement de l'aiiiinuMilalion des charges militaires. Elle est méconlcnle siirloul de ce que la métropole ait employé, aux frais de l'Inde, des troupes indiennes à l'expédition du Soudan. C'est une question importante de savoir si l'empire des Indes — désormais à peu près pacitié — doit faire plus (|ue de défendre son immense territoire.

En somme, l'empire des Indes se compose d'une énorme population inerte (les trois quarts de celle de l'Europe) sous 200 000 Anglais dont 75 000 soldats. Tous les faits importants de son histoire, amélioration des méthodes de iiouvernement, rénovation ou changement des cultures, naissance de l'industrie à vapeur, sont le fait des Européens. Les indigènes ne s'assimilent guère, n'occupent dans les fonctions aucun rôle directeur, et commencent seulement à se former une opinion sur le gouvernement étranger.

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