‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 23 sur 202 · HKLGIQUE. PAYS-BAS. LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

HKLGIQUE. PAYS-BAS. LUXEMBOURG

Pie IX, dans l'Encyplique Quanta cura, et dans le Si/Ilabus qui la complète (18G4), avait lancé l'anathème contre le libéralisme, même catholique, et affirmé que le pouvoir civil doit èlre subordonné à l'autorité de l'Eglise. Un jirofesseur d'université catholique ayant attaqué publiquement « la liberté de Terreur», c'est-à-dire la liberté de conscience et celle de la presse, reçut du pape un bref où on lisait : « Plût à Dieu que ces vérités fussent comprises de ceux qui se vantent d'être catholiques tout en adhérant obstinément à la liberté de la presse et à d'autres liliertés de la môme espèce, décrétées à la lin du siècle dernier par les révolutionnaires et constamment réprouvées par l'Eglise. » Les évèques belges adoptaient la politique pontificale et se signalaient par leurs attaques continuelles contre les adversaires de leur parti. L'évèque de Liège déclara dans un mandement que « nul catholique ne peut en conscience voter désormais, dans aucune élection, en faveur d'un candidat affilié aux associations dites libérales et patronné par elles ». L'évèque de Namur déclarait indigne de recevoir les sacrements tous ceux qui seraient membres d'une société libérale. D'au 1res évèques inlcidirent aux fidèles d'envoyer leurs enfants dans les établissements laïques. L'un d'eux, usant jusciu'au bout des droits que lui donnait la convention d'Anvers, fît adopter au collège de Chimay un règlement qui autorisait laumùnier à « combattre le libéralisme comme une hérésie », et défendait aux professeurs de faire partie dune réunion libérale et de s'abonner aux organes libéraux.

Dans le parti catholique lui-même, les anciennes habitudes de tolérance et d'autonomie étaient réprouvées. La Croix, organe catholique belge, puldiail un bref dans lequel le jiape s'élevait « contre les doctrines coupables ou pour le moins fausses, et reçues en plus d'un lieu, telles que le libéralisme catholique qui tâche de concilier la lumière avec les ténèbres, la vérité avec lerieur ». Dans un grand banquet à Malines, présidé par larchevèque-primat de Belgique, on porta la santé du pape avant celle du roi. Pie IX avait exprimé devant des pèlerins belges son désir de Aoir le gouvernement permetire que les unions fussent consacrées à l'église avant l'accomplis-

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seiiiont dos fonnalilés civiles; un groupe do calholiijuos o-anlois fit une pélilion pour domaiidtM" la su[)prcssion du niariage civil sous prélexle que « c'est à la [)uissance ecclésiaslirjuo qu'il appartient exclusivement de réiiler les choses (|iii louchent ait mariage ». Le ministère ne donna aucune suite à cette demande. Il était cmharrassé par les exigences des ultramonlains. Les évèques commençaient à s'en prendre aux fonctionnaires et aux chefs jtoliliques de leur [)arli. Un procur<Mir (]ui avait fait appliquer la loi au désavantage d'un conseil de fabrique fut menacé d'être privé des sacrements. Un inaire dut s'engager à prendre l'avis du curé pour les enterrements. L'évêque de Tournai blâma, dans une lettre publique, l'ancien ministre catholique d'Anethan pour avoir proposé une transaction dans la question des cimetières, dont les curés entendaient rester les maîtres. Le clergé recommandait aux fidèles la lecture des journaux ultramontains qui accusaient les ministres de tiédeur. Un seul organe catholique soutenait la polit i(jue du gouvernement. Au Congrès de Matines, les évèques se })laignirentde « l'abandon » dans lequel le cabinet laissait les intérêts de la foi (1878). Il était évident que si les progrès du parti calholi([ue continuaient, le pouvoir passerait aux partisans de l'Encyclique et du Syllabus.

La dernière victoire politique des libéraux. — C'est ce (|ui amena la réconciliation des deux fractions libérales, les doctrinaires, c'est-à-dire les modérés, et les progressistes, c'està-dire les radicaux. Ils s'étaient brouillés sur la question du cens, que les premiers refusaient d'abaisser. Une tentative de rapprochement avait été faite entre les deux fractions en 1870^ au moment critique où se décidait le triomphe des catlioliques. A cette époque, un Couvent libéral, où dominaient les prog-ressistes, avait proposé comme programme commun l'ailjonction des capacités sans conditions de cens pour les élections provinciales; l'extension de l'enseignement primaire de façon adonner à tout enfant la capacité requise pour voter sans condition de cens; la séparation de l'Etat et des Eglises, la revision de la loi de 1842 sur l'enseig'iiement primaire, la sécularisation de l'enscig'nemcnt, plus d'exemptions militaires aux ecclésiastiques.

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