‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 24 sur 202 · BELGIQUE, PAYS-BAS, LUXEMBOUUG · texte numérisé non relu

BELGIQUE, PAYS-BAS, LUXEMBOUUG

Mais les doctrinaires avaient refusé d'accepter ce programme qui leur paraissait trop avancé, et la brouille avait contiuué entre les deux fractions libérales. Ce fut le progrès de l'ultramontanisme qui les réconcilia. Les doctrinaires, menacés par la propagande des évoques, devinrent moins tolérants et moins respectueux des formes du culte. On vit, comme aux époques criliques de 181-2-1847 et de 18o7, les libéraux répondre au catholicisme intransigeant par un anticléricalisme militant. Ils recommandent la lecture des livres hostiles à l'Eglise, répandent des caricatures contre la robe et les habitudes des curés, recommandent et pratiquent le baptême, le mariage, l'enterrement civils, donnent beaucoup de publicité aux fautes des membres du clergé, opposent aux pèlerinages des contre-manifestations qui amènent parfois des rixes. Le parti libéral reconstitué adopte comme devise : « l'union par l'action ». La plupart des sociétés libérales se groupent en une Fédération. La lutte contre les catholiques s'engage partout, même en Flandre, oii est fondé un journal important, la. Flandre libérale. Malgré tous leurs efforts, les libéraux échouent au renouvellement par moitié de 1876. Alors la Fédération des associations libérales réclame une enquête sur les conditions du vote : elle révèle les faits de pression exercée par les prêtres, l'inscription de faux électeurs sur les listes avec la complicité du clergé, et elle réclame une réforme pour garantir la sincérité du scrutin. Le ministère accorda le système du ballot australien, récemment adopté en Angleterre; l'électeur devait recevoir, à son entrée dans la salle de vote, une liste imprimée portant les noms de tous les candidats, marquer sans témoins, dans le « couloir », le nom qu'il choisissait, et remettre le bulletin plié dans l'urne (1877). Au renouvellement par moitié de 1878, les libéraux gagnèrent une majorité de dix voix : ils restèrent au pouvoir six ans. Leur chef, Frère-Orban, à la fois anti-démocrate et anti-clérical , prit le pouvoir avec un ministère de doctrinaires et de progressistes.

La loi sur l'enseignement primaire laïque (1879). — Rupture avec Rome. — L'union des libéraux avait comme principal article de son programme l'abrogation de la loi de

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1842 sur renseigncnicnl primaire. Le nouveau cabinet se consacra à l'élablissenient des écoles laïques. II créa dès sa formation un ministère spécial de l'Instruction publique qui fut confié à un progressiste; puis il fit voler après six mois de discussion la loi scolaire du 1" juillet 1879, qui obligeait chaque commune à organiser et à entretenir au moins une école publique. L'Etat donne le programme, nomme les inspecteurs et oblige les communes à prendre des instituteurs pourvus d'un brevet. L'école devait être gratuite pour les pauvres et pouvait l'être pour tous les enfants si la municipalité le voulait. Elle était neutre, mais les prêtres y étaient admis en dehors des heures de classe pour donner l'enseignement religieux. Cette concession ne satisfit pas le clergé, qui voulait le maintien de l'enseignement religieux obligatoire suivant la loi de 1842. Les évêques réunis à Matines condamnèrent par deux lettres collectives le nouveau système scolaire comme « pervers, impie, contraire aux lois divines ». Ils décidèrent en commun d'organiser partout des écoles catholiijues, d'excommunier les pères qui n'enverraient pas leurs enfants à l'école confessionnelle libre, les membres des comités scolaires laïques, les élèves et instituteurs des écoles normales, les instituteurs publics qui consentiraient à donner eux-mêmes l'enseignement religieux aux enfants. Le ministère, ne pouvant rien contre les évêques, qui en Belgique ne sont pas fonctionnaires, s'adressa au nouveau pape Léon XIII. Le pontifie fit déclarer au représentant de la Belgique à Rome qu'il ne pouvait désapprouver la conduite des évêques, mais qu'il leur recommandait le calme et la modération. Frère-Orban, satisfait de cette concession, maintint malgré son parti l'ambassade auprès du Vatican. Mais les évêques continuèrent leur opposition el le ministère apprit que l'archevêque-primat les avait avertis secrètement que le pape approuvait sans réserves leur conduite. Alors Frère-Orban se décida à rompre avec Rome; il rappela le représentant de la Belgique auprès du Vatican et renvoya le nonce (juin 1880). La lutte devint acharnée entre le gouvernement et l'Eglise. Les catholiques avaient des écoles partout; les procédés recommandés par les évêques et appliqués par les curés réussissaient si bien que l'enseignement clé-

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