‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 32 sur 202 · I. I<]SI'.\(;M · texte numérisé non relu

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tendre qiio riicurc de la Ueslauralioii n avail pas cmcoi'(3 soiiik''. Lo 2(> (l(''ccinl)rc 187i, le lu'igadicr Martiiiez Campes j)arlil de Madrid et se rendit àSagunto, où était cantonnée une brigade placée sous les ordres du général Daban. Le 29 décembre, à huit heures du malin, la brigade se mil en marche vers Valence; à 2 kilomètres en avant de la ville, Martinez Cam[)0S fit arrêter les troupes, les harangua et les invita à proclamer roi d'Espagne le fils d'Isabelle II. Officiers et soldats répétèrent docilement la leçon, sauf un vieux capitaine alplionsisle, qui déclara ne pas vouloir participer à un pronunciamiento. Jovellar, général en chef de l'armée du Centre, adhéra au mouvenKuit. Le capitaine général de Valence refusa son adhésion, mais laissa les alphonsistes occuper la ville.

Jovellar télégraphia au gouvernement de Madrid qu'il avait accédé au pronunciamiento « pour ne pas diviser l'armée et pour éviter de plus grands maux à la patrie ». Le capitaine général de Madrid, Primo de Rivera, était d'accord avec les alphonsistes; ne trouvant pas encore les circonstances assez favorables, il dissimula ses projets et s'engagea à arrêter tout mouvement de la garnison. Tandis que Sagasta et ses collègues comptaient sur lui pour maintenir l'ordre, la garnison, encouragée sous main, se prononçait en faveur de D. Alphonse, et la situation devenait bientôt tellement grave que Serrano, consulté télégraphiquement par Sagasta, conseillait lui-même à ses ministres de capituler et gagnait la frontière française. L'armée du Nord n'avait pas eu la patience d'attendre son départ pour proclamer D. Alphonse.

Les vainqueurs s'installèrent immédiatement au pouvoir. Canovas, qui avait désapprouvé le mouvement, prit la présidence du conseil, Primo de Rivera le portefeuille de la guerre, le duc de Sexto fut nommé gouverneur civil de Madrid, le comte de Toreno maire, et Martinez Campos général en chef de l'armée du Nord. Alphonse XII était à Paris au moment où il connut l'événement de Sagunto. Il s'embarqua le 7 janvier 1875 à Marseille, sur la frégate las Navas de Tolosa, arriva le 10 janvier à Barcelone, le 41 à Valence, et fit son entrée à Madrid le 14 janvier, au milieu d'un indescriptible enthousiasme.

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Alphonse XII. — Le nouveau roi d'Espagne avait dixsept ans. 11 avait suivi sa mère en exil en 1868, et la reine lui avait fait suivre les cours du collèg-e Stanislas, à Paris. Pendant riiiver de 1870, Isabelle l'envoya à Rome où le pape, son parrain, lui fit faire sa première communion. Sur quarante-trois prélats espagnols réunis à Rome, pour le concile de Latran, trente-neuf vinrent rendre hommage au jeune prince qui voyageait incognito, sous le nom de marquis de Covadonga. La guerre chassa la reine Isabelle de Paris ; elle se retira à Genève où D. Alphonse suivit les cours du Lycée. Puis il visita Vienne et Munich, et le 1" février 1872 entra au collège noble de Sainte-Thérèse à Vienne. Il passa ses vacances à visiter l'Angleterre, et entra le 12 octobre au collège de Sandhurst. Il était en vacances au palais de Castille, à Paris, quand Martinez- Gampos le fit roi.

L'exil avait été salutaire à D. Alphonse. A l'éducation de cour qui l'aurait gâté, le hasard avait substitué une éducation libérale dans les meilleurs étal)lissements de France, de Suisse, d'Autriche et d'Angleterre. On n'est pas obligé de croire avec les écrivains de cour qu'il ait appris l'allemand en quatre mois, (piil ail connu à fond l'anglais, le français et l'italien, et qu'il ait été « d'une force remarquable en grec, en histoire et en zoologie ». Mais si incomplète qu'elle eût été, son instruction en faisait pour son pays un prestigieux savant, et il y avait chez lui, avec un ensemble de connaissances assez étendues, une réelle bonne volonté, une intelligence assez sérieuse des besoins de l'Espagne, du courage et une grande activité. Malheureusement xAlphonse XII arriva au trône à l'âge où la liberté et le pouvoir présentent les plus grands dangers; il se jeta dans le plaisir avec frénésie, et sa complexion délicate fut bien vite atteinte. Posada Herrera, qui le vit à son retour en Espagne, disait : « Nous avons un roi intelliaent et actif; s'il se soigne bien, il est possible qu'il arrive jusqu'à la quarantaine ». Il mourut à vingt-huit ans, phtisique et épuisé.

La pacification. — A peine installé à Madrid, le roi résolut de profiler tlos renforts amenés par Serrano à l'armée du Nord pour en finir avec l'insurrection carliste. Le 23 janvier

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