‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 33 sur 202 · L KS1>A/;.\K · texte numérisé non relu

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4875, il passait l'armée eu revue à Péralla. I^llc comprenait 49 500 hommes, 2 500 chevaux et 8G pièces de canon. Une attaque Générale des lignes carlistes fut décidée; le chef carliste Mendiri ahandonna ses positions de la rive gauche de TArga; le 3 février, l'année royale s'empara de la Sii.u'ra del Perdon, qui forme le rebord méridional du bassin de Pampelune; la capitale de la Navarre était débloquée. Mais l'échec de la brigade Barges à Lacar et à Lorca décida les chefs de l'armée à remettre à d'autres temps une attaque générale. Le roi retourna à Madrid et le général Quesada eut le commandement de l'armée du Nord, bien diminuée, en face de 44 000 carlistes disposant de 85 pièces de canon.

Ce que D. Alphonse n'avait pu obtenir par la force, il l'obtint par la politique. Au mois de mars 1875 la convention de Londres, signée par Cabrera, offrit aux Vascongades une amnistie générale et le maintien de leurs fueros. Les oflîciers et les fonctionnaires carlistes devaient conserver leurs grades et leurs emplois. Cette convention prépara la désorganisation du parti carliste. Au mois de juillet, Quesada battit les carlistes à Nanclarès et débloqua Vitoria. Le gouvernement se décida à pousser la guerre à outrance et à en finir à tout prix avec l'insurrection.

On commença l'attaque par l'armée du Centre. L'ennemi disposait de 11 800 hommes et de 840 chevaux. Echague avait réussi à le tenir éloigné de la ('ote et à détruire ses ateliers de Lucena et de Yillahermosa. Jovellar prit le commandement de l'armée royale le 9 juin, occupa Chelva et marcha avec toutes ses forces sur Cantaviéja, où les forces carlistes se trouvèrent bloquées. Le 1" juillet, les chefs insurgés tinrent un conseil de guerre, et se décidèrent à disloquer leurs troupes. Le 6 juillet, Cantaviéja se rendait : le 11, les bandes de Dorregaray étaient séparées de celles d'Alvarez et, le 19, la capitulation du fort de Collado achevait la défaite des carlistes du Maestrazgo.

Les armées royales se portèrent alors contre les carlistes de Catalogne. Dès le printemps de 1875, ^Martinez Campos, nommé capitaine général, avait occupé définitivement Olot et les formidables positions de Castelfullit, assurant ainsi ses communications avec Girone. En avril il s'avança jusque sous les

murs d'Urpel. En mai il fit une expédition sur RipoU. En juin il enleva aux carlistes les forts de Miravet et de Flix sur l'Ebre, et coupa leurs communications avec les insurgés de Valence. Profitant de son absence, Savalls avait mis le siège devant Puycerda. Martinez Campos se liùla d'accourir et, sans l'attendre, les carlistes se retirèrent sur Urg'el qui fut bientôt assiégé et pris (27 août). Pendant le siège d'Urgel, les carlistes chassés de Valence étaient entrés en Catalogne par FAragon, poussés en queue par Jovellar. Ils tentèrent inutilement de descendre vers la mer, de faire lever le siège d'Urgel et de passer en Cerdagne. Au prix de peines inouïes, Dorregaray parvint à gagner la Navarre en longeant les Pyrénées. Le reste des bandes carlistes se réfugia en France. Au commencement de novembre, Castets y passait à son tour avec soixante-dix hommes, seul débris d'une armée qui trois mois plus tôt en comptait vingt mille.

Le gouvernement eut alors toute latitude pour mener activement la campagne dans le nord. Le général Quesada nettoya la Rioja et les environs de Pampelune. Au mois de novembre 1875 l'armée du Nord fut divisée en deux : larmée de droite s'établit entre Tafalla et Pampelune, sous le commandement de Martinez Campos, avec mission de couper la route de France aux carlistes et de s'emparer d'Estella. L'armée de gauche, confiée à Quesada, devait chasser l'ennemi de la Biscaye et donner la main à l'armée de droite pour cerner l'armée carliste dans le Guipuzcoa.

Du 29 janvier au 21 février 187G, à travers d'épouvantables tempêtes de neige, Martinez Campos occupa Elizondo, Irun, Tolosa, et opéra sa jonction avec l'armée de gauche, tandis que son lieutenant Primo de Rivera s'emparait d'Estella.

L'armée de gauche avait commencé son mouvement dès le 23 janvier. Quesada entra le 30 à Ordufia, et le 1" février à Bilbao. Le 13, douze bataillons carlistes étaient battus à Elgueta, et le IG un conseil de guerre était tenu à Vergara, Le 18, Alphonse XII venait prendre le commandement des armées combinées, et dix jours plus tard, D. Carlos passait la frontière française avec quelques fidèles. Le 17 mars le roi rentrait à

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Madrid avec la satisfaction d'avoir terminé la guerre civile. La convention de Zanjon à Cuba mit lin (|uek|ucs mois plus lard à la guerre qui désolait la grande île, et, pour la première fois depuis la chute d'O'Donnell, l'Espagne entière fut en paix. Les historiographes officiels décernèrent à D. Alphonse le surnom de Pacificateur.

La guerre carliste avait coûté à l'Espagne des sommes immenses, et, si elle n'avait pas été très sanglante, elle avait donné au pays des habitudes de banditisme que le gouvernement eut grand'peine à faire disparaître. On vit des trains attaqués par des brigands sur la ligne de Madrid à Lisbonne. La répression fut rude et parfois ]»rutale. Les exécutions sommaires des mozos de la escuadra ont laisssé en Catalogne de cruels souvenirs.

Ces guerres interminables, qui étaient pour l'étrang-er un sujet d'étonnement, démoralisèrent l'Espagne et prouvèrent qu'en luttant contre le gouvernement central pour un prince inintelligent et débauché, les Basques, les Catalans et les Valenciens ne poursuivaient pas d'autre but que la conservation ou le rétablissement de leur autonomie locale. 11 fut évident pour tous que le clergé avait soufflé sur le feu et avait armé la population pour la défense de sa domination temporelle. Les libéraux espagnols en conçurent une vive irritation et demeurèrent persuadés qu'aucun progrès ne serait possible aussi longtemps que l'Eglise demeurerait maîtresse des esprits. Les conservateurs, au contraire, comprirent que combattre l'Eg-lise était s'exposer à une défaite certaine et se résignèrent pour garder lepouvoir à lui faire tous les sacrifices qu'elle demanderait.

Canovas del Gastillo. — Le règne d'x\lphonse XII a été à proprement parler le règne de Canovas del Castillo. Cet homme d'État, un des plus habiles de l'Espagne contemporaine, eût été en tout pays un homme distingué. Historien, littérateur, orateur éminent, causeur charmant, homme du monde, il rappelait, par la variété de ses aptitudes et de ses connaissances et par l'universelle curiosité de son esprit, nos philosophes de l'ancien régime. Il en avait aussi la légèreté, le scepticisme et l'immoralité politique.

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Libéral dans sa jeunesse, il avait pris part au mouvement vicalvariste, mais son idéal politique n'avait pas été plus loin qu'une monarchie constitutionnelle, et il était en 1874 l'homme de confiance de D. Alphonse à Madrid. Très favorable au clergé, il paraît avoir été catholique bien plutôt par politique que par conviction. Il s'oublia un jour jusqu'à dire au marquis de Pidal « que l'immense majorité des Espagnols était indifférente en matière de religion ». Personnellement intègre et généreux, il adopta une politique réactionnaire et se fit une arme de la corruption, parce qu'il ne crut pas possible de concilier en Espagne la monarchie et la liberté, et parce qu'il lui parut de bonne guerre d'acheter ses adversaires, toutes les fois qu'ils offrirent de se vendre. En cinq ans de ministère il distribua 1 275 titres et décorations, remplit les ayuntamientos de fonctionnaires, plaça tous ses amis politiques, et les amis de ses amis. Il exagéra jusqu'à la folie le système de duperie et de mensonge qui donne à l'Espagne le nom et l'apparence d'une monarchie constitutionnelle et qui fait d'elle, en réalité, la proie de deux ou trois coteries politiques. Il y eut une constitution, des ministres responsables, des élections, des Chambres; on alla jusqu'à écrire dans la loi le principe de la liberté religieuse, on proclama la liberté de la presse; les institutions parlementaires fonctionnèrent avec une régularité jusqu'alors inconnue; conservateurs et libéraux exercèrent alternativement le pouvoir. Mais tout cela ne fut qu'une vaine parade. La constitution n'empêcha aucune dilapidation ni aucune violence. Les ministères s'élevèrent et se défirent non pour les principes, mais pour les individus. Les élections restèrent de grandes manœuvres politiques, militairement commandées par le parti au pouvoir. Les Chambres ne surent exercer sur le gouvernement aucun contrôle sérieux ni efficace. Les cultes dissidents demeurèrent à peu près proscrits et les journaux soumis à l'arbitraire; 110 procès de presse en quatre ans montrèrent jusqu'où allait le libéralisme de Canovas. Les partis ne furent plus que des compagnies d'assurance contre les risques politiques. On vit des familles se partager entre conservateurs et libéraux pour avoir toujours un pied dans

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chaque cam|). Al[)li()ii.se Xll disait [«laisaiiiinciil (|iio le gouvernement de l'Espagne serait la chose du monde la j)lus aisée si chaque Espagnol pouvait émarger au budget.

Ce n'est pas que Canovas ait manqué de grandes idées. Il a cherché à rendre la [>aix à l'Espagne, il a voulu reiiricliir, il a offert comuie but à son ambition une alliance étroite avec le Portugal, le rachat de Gibraltar, l'extension territoriale en Afrique. Il a vu où sont les intérêts de son pays et les a compris avec grandeur. Mais il n'a pas su entraîner la nation, il n'a pas voulu fortement toutes ces choses qu'il avait conçues; il s'est surtout préoccupé de durer et de faire durer la dynastie. Il a été un habile parlementaire, il n'a pas été un grand homme d'Etat. « Il a voulu, disait un journaliste, unir l'ordre et la révolulion comme (jn unit le paiu et le bouillon pour faire de la soupe » et n'a su faire qu'un mauvais potage.

La coastitution de 1876. — La première diflicnlté qu'eut à résoudre Canovas fut le vote d'une nouvelle constitution. Il réussit assez vite à faire la paix avec les républicains modérés. Sagasta reconnut le nouvel ordre de choses. Le 8 mars 1873. Serrano vint au palais baiser la main du roi. Il fut plus difficile de décider quel caractère devait avoir la nouvelle constitution. Les vieux alphonsistes voulaient revenir purement et simplement à la constitution de i84o. Les libéraux ne voulaient pas abandonner celle de 1869. Canovas réunit une junte de 341 membres, tous anciens députés ou sénateurs, qui nommèrent à leur tour une commission de 39 délégués chargée d'élaborer le projet de constitution (20 mai 18"o).

Les ministres n'ayant pu s'entendre sur le régime électoral à appliquer, Canovas quitta le ministère (12 septembre) pour y rentrer trois mois plus tard (2 décembre) et présider aux élections du 22 janvier 1876 qui se firent au suffrage universel, d'après la loi de 1870, et prêtèrent aux mêmes critiques que les élections faites sous tous les autres régimes.

La nouvelle constitution ne fut votée qu'après de longs et orageux débats. Elle partageait le pouvoir entre le roi inviolable, des ministres responsables, un congrès de députés, élus par des électeurs censitaires, et un Sénat formé de hauts digni-

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taires, de membres à vie, et de membres élus par les députations provinciales. L'article P"" de la Constitution reconnut le catholicisme comme religion d'Etat, interdit toute manifestation publique d'un autre culte, mais déclara platoniquement « que nul ne pourrait être inquiété pour ses opinions religieuses, ni pour l'exercice de son culte, sous réserve du respect dû à la morale chrétienne ». Cette gauche concession, faite de si mauvaise grâce, eut encore le don d'irriter les cléricaux, qui protestèrent bruyamment et firent protester le pape contre « cette atteinte à la vérité et aux droits de l'Eglise ». Les tribunaux réprimèrent avec rigueur toute manifestation publique hostile au catholicisme. Les évêques se montrèrent plus hautains et plus intransigeants que jamais.

Modification des Fueros. — Les provinces basques et la Navarre avaient été les foyers les plus redoutables de l'insurrection carliste. D. Carlos vaincu, les hommes d'Etat voulurent profiter du triomphe des armes castillanes pour faire rentrer la Navarre et les Yascongades dans l'unité nationale. Les autorités locales durent reconnaître en principe les lois espagnoles; à ce prix elles obtinrent leur maintien provisoire, mais les Yascongades furent soumises au recrutement militaire, à l'impôt territorial et industriel; elles payèrent les droits sur les mines, le sel et le papier timbré.

Progrés du commerce et de l'industrie. — La Constitution votée, et l'unité nationale assurée, Canovas donna tous ses soins au rétablissement de l'ordre à Cuba. Un emprunt, garanti par les richesses de l'île, permit d'y envoyer 30 000 hommes de renfort, et, après dix-huit mois de lutte, le maréchal Martinez Campos parvint à signer avec les insurgés la convention de Zanjon, qui assimilait Cuba à la métropole et accordait aux Cubains le droit d'envoyer des représentants aux Corlès (1878).

Le roi voulut se rendre compte par lui-même des besoins de la nation et entreprit un long voyage dans les provinces de l'est et du midi. Il trouva partout les ruines les plus lamentables. Le commerce ne se faisait plus que par voies ferrées, le commerce de mer avait presque entièrement disparu. Les

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iiiil)ùl.s accablaient le i>e(il imhisli-iel; seules (]ucl(jiics gi'andcs faijri(|Lies, montées à laide île ea[tilaii.\ étrangers, réussissaient à pros[)ércr.

Ce[)en(lant tout n'était pas mort. Les Catalans étaient pressés de se remettre au travail. En quelques jours, liarcelone improvisa une exposition des produits du pays qui lit le [)lus grand honneur à l'industrie catalane. Dans son discours d'ouverture des Corlès, le roi prononça l'apologie du travail, et parla comme eût pu le faire un fervent disciple de Cobden.

Mariages du roi. — Alphonse XII s'était épris de sa cousine Doua ^Maria de las Mercedes, troisième fille du duc de Montj)ensier. Canovas crut trouver dans cette union un sûr moyen de rétablir la concorde dans la famille royale; la nation fut gagnée par l'élégance andalouse de l'infante, par tout ce qu'avait de gracieux et d'insolite ce mariage royal oii l'amour semblait avoir plus de part que la politique. Le mariage fut célébré le 23 janvier 1878 dans la basilique d'Atocha, avec une somptuosité digne des plus beaux jours de la monarchie; mais cinq mois plus tard la reine succombait à un accès de fièvre pernicieuse (27 juin).

La mort de Dofia Mercedes ne fut pas seulement un deuil cruel pour le roi; ce fut un malheur public. Il semble que le charme ([ui avait régné jus(|u'alors entre l'Espagne et son jeune roi se soit évanoui. Un an après la mort de l'inFante, Alphonse XII épousait l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, et Canovas présentait cette union comme un nouveau pacte de famille entre les deux puissances les plus catholiques et les plus réactionnaires de l'Europe. La nouvelle reine donna au roi trois enfants, et assura l'avenir de sa maison, mais ses vertus domestiques n'ont })U la rendre populaire en Espagne : elle est restée l'étrangère au milieu de son peuple.

Martinez-Gampos et Canovas. — Le 25 février 1879, le maréchal Martinez-Campos était rentré de Cuba, et le 7 mars le roi l'appelait au ministère, sur l'avis même de Canovas, qui voulait laisser au maréchal la responsabilité des mesures impopulaires qu'il avait décrétées à Cuba.

Les Cortès furent dissoutes; mais la crise parut si bien

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déterminée par de simples convenances personnelles que toutes les oppositions prirent part aux élections et que les opposants firent entendre au maréchal les plus amères vérités.

La mort de l'infante Dona Pilar, sœur du roi, vint renouveler à la cour toutes les douleurs de l'été précédent. D'épouvantables inondations ravai;vrent les plus fertiles cantons du royaume^ de Murcie. La cliarité parisienne trouva plus d'un million pour les inondés, au moment même ou les négociateurs du mariage autrichien orientaient l'Espagne vers une alliance allemande. Le cabinet Martinez-Campos tomba avant que le roi fût marié, avant d'avoir aboli l'esclavage à Cuba, avant d'avoir pu faire approuver le plan de réformes qu'il avait proposé d'appliquer à la grande île. Castelar trouvait que les Cubains avaient déjà trop de liberté, et c'était l'avis de tous les politiciens espagnols. Canovas accusait Martinez-Campos de l'avoir dupé, « de lui avoir fait tirer du feu la question de l'esclavage ». Meilleur orateur et se possédant mieux que le maréchal, il en triompha aisément. Revenu au pouvoir, il eut la satisfaction de conclure un traité de commerce avec l'Autriche, et de régler dans une conférence internationale réunie à Madrid les rapports du Maroc avec les puissances chrétiennes. Les ravages du phylloxéra obligeaient la France à importer des vins étrangers ; l'Espagne surtout bénéficia de ce mouvement. Canovas profita de ces circonstances favorables pour émettre un emprunt de 260 millions à 8 p. 100, hypothéqué sur le trésor de Cuba, et qui fut souscrit près de trois fois.

Sagasta. — Cependant le 8 février 1881, Canovas cédait la place à un cabinet de concentration libérale, présidé par l'ancien ministre républicain Sagasta. Martinez-Campos avait le portefeuille de la guerre.

Sagasta rendit quelque liberté à la presse et à la chaire, fit marcher comme ses devanciers la machine électorale et présenta un budget en équilibre avec un boni apparent de 300 000 piécettes. Mais la coalition qui l'avait porté au pouvoir ne tarda pas à se désagréger. Le 8 janvier 1882, les démocrates jetaient le cri de guerre républicain. En février, les industriels de Madrid se refusaient à acquitter l'impôt sur l'industrie, les

Catalans protestaienl contre le traité de commerce avec la France. Les carlistes organisaient un grand pèlerinag-e à Uome, auquel l'archevêque de Tolède avait toutes les peines du monde à ôter tout caractère séditieux. En 1883, l'association anarchiste de la Mdiio ne<jra occupa pendant plusienrs mois la police et les trihunaux d'Andalousie. Il y eut 300 arrestations et 15 condamnations capitales. La rupture de Sagasta avec la gauche dynastique, groupe nouvellement organisé par Serrano, porta à l'extrême l'exaspération des partis.

Émeutes militaires. Le voyage d Allemagne. — Le o août 1883, on api)ril avec stu[iéfaction par une dépêche de Lisbonne que la g-arnison de Badajoz s'était soulevée. Martinez- Campos équipa en quatre heures une division de 2 000 hommes qui prit aussitôt le train pour Badajoz. Des renforts suivirent à bref délai; les insurgés se virent perdus avant d'avoir combattu et passèrent en Portugal au nombre de 900 fantassins et de loO cavaliers.

Cette échaufTourée eût passé presque inaperçue si d'autres mouvements insurrectionnels n'avaient éclaté presque en même temps à Santo-Domingo de la Calzada, à San Martin de Provensals et à la Seo de Urgel.

Les moins clairvoyants comprirent qu'une grande insurrection républicaine avait été sur le point d'éclater. Le parti libéral en fut rendu responsable par les conservateurs. Le roi sentit son trône menacé et, après un voyage rapide à travers les principales places fortes de l'Espagne, il partit pour l'Allemag-ne oîi il était depuis longtemps attendu. Après un court séjour à Paris et à Tienne, Alphonse XII alla assister à Hambourg- aux grandes manœuvres allemandes, et l'empereur Guillaume le nomma colonel propriétaire d'un régiment de uhlans en garnison à Strasbourg-. Alphonse XII accepta et se montra à une chasse revêtu de l'uniforme prussien. Il poussa l'inconscience jusqu'à revenir par Paris, où une partie de la population le siffla. Le Président de la République lui exprima les regrets du gouvernement et le pria d'accepter le banquet préparé à l'Elysée en son honneur. Alphonse XII consentit à s'y rendre, et ce regrettable incident put être considéré comme

clos. Les EspagTiols ne devaieiil pas tarder à montrer que leur patriotisme est aussi chatouilleux que celui des Français.

L'idée d'une alliance avec l'Allemagne parut d'abord acceptée par la nation. Le prince impérial allemand vint au mois de novembre 1883 rendre visite au roi d'Espagne, et reçut un accueil respectueux; mais, au mois de juillet 1885, l'Espagne apprit avec stupeur qu'au moment où les navires Manila et San Quintin allaient prendre solennellement possession des îles Garolines, la canonnière allemande Iltis les avait occupées au nom de l'Empire. Madrid bondit sous l'injure, comme Paris l'avait fait deux ans plus tôt. La foule se porta à l'ambassade d'Allemagne, arracha l'écusson et la hampe du drapeau, et courut faire une ovation monstre à l'ambassade de France.

Alphonse XII comprit le danger; aidé par la sagesse de l'empereur Guillaume, il apaisa la noise, et la question qui divisait les deux nations fut soumise à l'arbitrage du pape, dont la réponse ambiguë ne satisfit personne.

Des crises ministérielles répétées, des tremblements de terre en Andalousie, une terrible épidémie de choléra, avaient attristé les dernières années. Le roi avait montré du sang-froid dans la politique et une grande activité au milieu des malheurs publics. Sa visite à Aranjuez au fort de ré})idémie lui valut une réception enthousiaste à son retour à Madrid, mais sa constitution débile ne put résister au surmenage de travail et de plaisirs qu'il aimait. Déjà miné par la tul)erculose et affaibli par un catarrhe intestinal, il succomba le 25 novembre à une bronchite capillaire qu'il avait gagnée dans une chasse d'hiver au Pardo.

Alphonse XIII. — Depuis la mort d'Alphonse XII, le pouvoir exécutif appartient en Espagne à sa veuve la reine Marie-Christine, régente du royaume au nom de son fils posthume Alphonse XIII, né le 17 mai 1886. La régente a conquis le respect de l'Espagne, mais n'a pas su y devenir populaire. Elle remplit avec une impeccable correction son rôle constitutionnel; elle assiste impassible et mélancolique aux querelles des factions et à la ruine du pays qu'elle est censée gouverner.

Sous sa main débile les partis continuent leur vie monotone. Un caldnet Sagasta alterne régulièrement avec un cabinet

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Canovas, mais que les liltéraux ou les conservateurs soient an pouvoir, c'est la môme incurie, c'est le même gas[»illage. Le gouvernemeiil \ il au J<»ui' le j<»iir. décidé à acheter toutes les complicités et tous les silences tant (ju'il lui restera une peseta. L'adoption du sulVrage universel (1800) n'a pas amélioré les mœurs [)olili(|ues. L'Espagne vit en réalité sous un régime prétorien. L'armée compte GOO officiers généraux, la marine en compte 200. Pour perpétuer la domination de l'armée les écoles militaires sont maintenues au grand complet. Pour plaire à l'armée le gouvernement viole les traités conclus avec les indigènes de Cuba et des Philippines, fait voler aux Corlès un tour d'avancement exlrordinaire et général, s'embarque dans une guerre contre le Maroc et dans une nouvelle guerre contre Cuba et les indigènes des Philippines. Les administrations civiles sont gangrenées par la politique et la concussion. Il n'est pas de mois où n'éclate quelque scandale. Certaines caisses provinciales doivent jusqu'à 800 000 piécettes aux instituteurs, trois seulement sur quarante-neuf sont au pair avec eux; l'ayuntamiento de Madrid est convaincu de malversation. Les fonctionnaires, irrég'ulièrement payés et menacés d'éviction à chaque changement de ministère se hâtent d'amasser pour se mettre à l'abri du besoin pendant la durée du ministère suivant. De lemps à autre un cri d'indignation, un appel aux armes retentissent et troublent un instant la somnolence nationale. C'est Villacampa qui essaie de soulever la garnison de Madrid au cri de Vive la République! [21 septembre 1886); c'est Martinez Campos qui menace le Sénat d'un coup d'Etat militaire (1890); ce sont les officiers de la garnison de IMadrid qui envahissent les bureaux de rédaction des journaux anlimilitaires et bàtonnent les journalistes ; ce sont les anarchistes qui ensanglantent le théâtre et les rues de Barcelone et que Canovas fait torturer dans les cachots du Montjuich. Mais tout ce bruit s'éteint dans l'indifTérence générale. Le peuple a perdu toute foi en ses chefs et peut-être toute foi en l'avenir.

Cependant l'ordre matériel n'a pas été sérieusement troublé depuis vingt-deux ans. L'Espagne s'est remise au travail. Ruinés par le phylloxéra, les vignerons français ont acheté les

vins espagnols. La Rioja, la Manche ne sont plus que d'immenses champs de vignes. Des capitalistes étrangers ont commencé l'exploitation rationnelle des mines. Le réseau des chemins de fer a passé de 5 600 kilomètres en 1870 à 11 500 kilomètres en 1896. Environ 30 000 kilomètres de chemins ont été ouverts. La marine marchande a passé de 500 000 tonnes à 652 000 tonnes, mais, malgré cet accroissement, comme d'autres nations ont marché plus vite, la flotte commerciale de l'Espagne est tombée du quatrième au septième rang. Bilbao a poussé comme une ville américaine, Barcelone est devenue une des grandes villes industrielles de l'Europe et le port d'attache des transatlantiques espagnols. Elle a ouvert en 1888 une Exposition internationale qui a attiré des milliers de visiteurs et manifesté d'incontestables progrès. Le mouvement des échanges, qui était en 1874 de 785100 000 francs est monté en 1887 à 1 533 millions. En 1895 l'Espagne a exporté à Cuba pour 136 millions de marchandises, à Puerto-Rico pour 44 millions, aux Philippines pour 25 millions. Le budget des recettes a passé de 663 millions en 1876 à 791 millions en 1896.

Malheureusement la plupart de ces progrès sont dus à des étrangers ou à quelques groupes indigènes. La masse de la population reste ignorante et paresseuse. On compte 12 millions d'illettrés sur 17 millions d'Espagnols. Les statistiques accusent 53 p. 100 d'individus n'exerçant aucune profession. Les moines, un moment chassés, ont reparu et recommencent à propager le goût de la vie contemplative. Les jésuites montrent, il est vrai, beaucoup d'activité et possèdent les maisons d'éducation les mieux installées de l'Espagne, mais on ne peut compter sur eux pour rendre aux esprits l'activité qui leur manque. Une récente guerre vient de montrer jusqu'où l'hypocrisie politique peut conduire une nation.

Au mois de février 1895, Cuba s'est de nouveau insurgée et pendant trois ans a tenu en échec tous les généraux que l'Espagne a envoyés contre elle. Ni la mansuétude de Martinez Gampos, ni les rigueurs de Weyler n'ont triomphé de la ténacité des Cubains. L'Espagne a emprunté et gagé sur Cuba plus

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(liiii iiiilliiu'd el demi cl ;i perdu jdiis de cliKiu.iule mille liomincs par le feu de reiiiiemi et |)ar la liè'vie. Tandis (|ue Cuha etail en feu, les Philippines se sont soulevées à leur lour contre le despotisme des moines (septembre 189G). Au moment où l'insurreclion semblait éteinti; aux Philippines et près de linir à Cuba, les Etats-Unis ont pris une attitude menaçante. Un croiseur américain, le Maine, a sauté en rade de la Havane. On ne connaît pas, on ne connaîtra sans doute jamais la cause exacte de la catastrophe, mais ce malheureux événement a amené la guerre entre l'Espagne et les Etats-Unis, L'armée et la marine espagnoles ont payé cher l'incurie de l'administration et l'incapacité de leurs chefs. La marine a été aux trois quarts anéantie dans les deux batailles de Cavité, aux Philippines, et de Santiago de Cuba. Les généraux Augustin et Toral ont résisté à Manille et à Santiago jusqu'à l'épuisement total de leurs forces. Le maréchal Blanco est resté à la Havane sans tirer parti des 80 000 hommes qu'il avait sous la main, et l'Espagne, menacée de voir une escadre américaine apparaître sur ses côtes, a acheté la })aix par l'abandon de toutes ses colonies.

Elle n'a plus ni Cuba, ni Puerto-Uico, ni les Philippines. Elle reste chargée de la dette cubaine, et les militaires qui n'ont pas su la défendre, mais qui veulent continuer à l'exploiter, réclament le service militaire universel et obligatoire.

IL — Le Portugal.

Situation économique. — Le Portugal h'a pas mené depuis trente ans une vie aussi aventureuse que l'Espagne.

Quelques progrès économiques ont été accomplis. La population montait en 1878 à quatre millions d'habitants; elle atteint aujourd'hui cinq millions. De 1872 à 1881 le Portugal a envoyé 130 000 émigranis au Brésil. L'industrie, presque exclusivement concentrée dans les deux villes de Porto et de Lisbonne, occupe environ 100 000 ouvriers, mais soulTre de la

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concurrence anglaise. L'industrie minière a pris un développement considérable; le Portugal, qui comptait seulement deux mines en exploitation en 1833, en avait 246 en 1874. La marine marchande est remontée à près de 100 000 tonnes. On a construit 2 oOO kilomètres de chemins de fer qui rattachent les principales villes au réseau espagnol. De bonnes routes parfaitement entretenues ont remplacé les mauvais chemins muletiers d'autrefois, et la sûreté parfaite du pays y rend les voyages extrêmement agréables.

Mais ces progrès ont été réalisés trop vile, aux dépens de la bonne gestion des finances. Le Portugal s'est livré à la fièvre des entreprises et des spéculations; des syndicats de banquiers ont lancé des affaires, des milliers de titres ont été jetés sur le marché, et pendant quelques années une prospérité apparente a paru justifier toutes les espérances. Les gaspillages, les concussions, les mauvais rendements ont eu bien vite absorbé les ressources des compagnies; elles ont fait appel à la garantie de l'Etat. Pour équilibrer les budgets en déficit il a fallu contracter des emprunts, les impôts sont devenus trop lourds pour une population peu inventive, peu laborieuse et incapable de soutenir la concurrence étrangère. Le paysan s'est découragé, plus de quatre millions d'hectares autrefois cultivés sont aujourd'hui en jachère, et la propriété foncière a subi dans les vingt dernières années une dépréciation de 25 p. 100.

Les institutions et les partis. — Le Portugal doit ces tristes résultats à la contradiction qui existe entre le degré de culture auquel il s'est arrêté et le régime politique auquel on l'a soumis. Le peuple portugais se compose pour les quatre cinquièmes d'illettrés, et le Portugal est pourvu des institutions parlementaires les plus compliquées. La constitution a été remaniée en 188G dans le sens le plus libéral. La pairie n'est plus héréditaire, les députés ne touchent plus d'indemnité, les minorités sont représentées. La législation a été complétée par la publication d'un code civil (1869) et d'un code de procédure civile (1877). Le Portugal a des cercles politiques et trois cents journaux.

Mais les partis ne sont guère que des coteries, dont les chefs

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liillcnllos mis conlre les autres avec une complète absence <lc scrupules et un parfait oubli tle l'intérêt public. Tout est apparence et mensonge. Le roi est censé ne pas gouverner, et il suspend les g-aranties constitutionnelles par simple décret. Les ministres sont censés responsables, et ils commettent inipuni'-ment toutes les illégalités. Les élections sont censées libres, mais les Chambres sont toujours favorables au cabinet qui dirige les élections. Les municipalités, les magistrats ne sont pas plus indépendants que les députés. Les partis constitutionnels s'entendent pour persécuter le parti républicain et le parti socialiste, et ceux-ci gagnent chaque jour du terrain, parce que, malgré l'indilTérence générale, les Portugais n'attendent plus rien des conservateurs ou « régénérateurs », ni des libéraux ou « progressistes ».

Don Luiz ^^ — Deux rois ont régné en Portugal depuis

D. Louis I'', prince instruit et bien intentionné, s'était heurté en 1879 à l'opposition conservatrice. Laissant désormais le champ libre aux manœuvres des partis, il subit tour à tour des ministères régénérateurs et des ministères progressistes. En 1877, il chercha à réveiller l'esprit d'aventures et envoya en Afrique une expédition commandée par le major Serpa- Pinto. L'explorateur traversa l'Afrique Australe de Loanda à Durban et fut un moment très populaire, mais le principal résultat de son voyage fut de réveiller la jalousie de l'iVngleterre qui, dès 1881, ne dissimulait plus ses convoitises en Afrique Australe.

Le mariage du prince royal D. Carlos avec la princesse Amélie d'Orléans servit de prétexte au gouvernement français pour expulser le comte de Paris.

Un mouvement démocratique très marqué amena au pouvoir un ministre réformateur, M. Luciano v Castro; les Cortès furent dissoutes, mais la nouvelle assemfjlée comprit une majorité progressiste et même quelques députés républicains. Don Carlos I". — Le prince D. Carlos succéda à son père D. Luiz le 19 octobre 1889, et se trouva aussitôt en face de l'Angleterre hostile. Dès cette époque les Anglais avaient formé

le projet de relier la colonie du Cap et d'Egypte par un chemin de fer à travers toute l'Afrique. Les Portugais possédaient le Beng'uéla, sur la côte atlantique, et le Mozambique sur la côte de l'océan Indien; ils se croyaient les maîtres incontestés de tout l'hinterland. La compagnie anglaise de l'Afrique du Sud s'entendit avec les IMakololos du bas Chiré et les détermina à se })lacer sous son protectorat. M. Johnslon, consul d'Angleterre à Mozambique, leur envoya même des drapeaux anglais. Au mois de novembre 4889, les Portusrais battirent les Makololos et proposèrent à l'Angleterre de soumettre la question à un arbitrag-e. Le 11 janvier 1890, IxVngleterre réclama l'évacuation immédiate du territoire contesté, et somma le ministère portugais de répondre dans les vingt-quatre heures. Le Porlug-al céda à cette menace de guerre, mais les Gortès refusèrent de se soumettre. Il fallut les dissoudre, et M. Serpa- Pimentel n'obtint une Chambre à peu près docile qu'en restreig'nant le droit de réunion et en supprimant la liberté de la presse. Le 20 août, une convention abandonnait à l'Angleterre la partie sud du Nyassa et le Chiré supérieur. Le Portugal perdait tout espoir de rejoindre jamais ses possessions de Benguéla et de Mozambique. La nouvelle Chambre ne put se décider à accepter ce dur sacritice. Le 31 janvier 1891 une insurrection républicaine éclata à Porto, et ce ne fut que le 28 mai que le cabinet Abreu et Souza obtint des Chambres la ratification du traité signé avec l'Angleterre.

Cette g'rosse afTaire était à peine réglée qu'une crise financière terrible se déclarait. La dette du royaume représentait le chiffre énorme de 500 francs par tète d'habitant. Après avoir réduit le nombre des officiers, pratiqué sur les traitements des retenues variant de 5 à 30 p. 100, établi d'énormes impôts de consommation, le trésor se trouva au mois de juillet 1892 hors d'état de faire face à ses oblig-ations et ne paya plus qu'un tiers des intérêts de la dette. La France dut même intervenir à plusieurs reprises pour protéger les intérêts de ses nationaux.

Toutes ces humiliations ramenèrent les conservateurs au pouvoir. Le cabinet Hintze-Iîibeiro rédigea les plus beaux programmes, mais quand il voulut percevoir de nouveaux impôts.

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des émeutes lui répondirent. A la lin de 1801, le Poi'lui^al faillit se trouver en guerre avec le Brésil, et une lAclieuse indiscipline se manifesta dans l'armée. Le gouvernement en profita pour accentuer sa politique de réaction. Le nombre des députés fut réduit de 480 à 120; la Chambre perdit le droit de vérifier les pouvoirs de ses membres. Fortifié par les nouvelles lois, le gouvernement a pu se réconcilier avec le Brésil, signer un traité de commerce avec la Russie, dompter quelques révoltes aux colonies. Mais la détresse financière a augmenté, et la perte de ses dernières colonies n'est plus pour le Portugal qu'une question de temps. Le « tout petit royaume de quatrevingt-dix lieues » ne peut espérer le salut que dans une politique d'économie et d'étroite union avec l'Espagne.

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