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chrétiens, lient le nationalisme osnianli en échec. La [)résence (le musulmans à la tête des autonomistes albanais est sii^nificative : « Au point de vue religieux, l'Alhanie peut être divisée en trois zones différentes : un tiers des Albanais comprend des chrétiens cléricaux (catholiques et orthodoxes); un tiers est composé de mahométans ; l'autre tiers, ce sont les indépendants {hehtnchis \ protestants et libres penseurs). Le nombre des bektachis est de plusieurs centaines de mille. Le bektachisme n'était à l'origine qu'un schisme islamite; introduit en All)anie au xvie siècle, il semble avoir évolué si rapidement qu'il peut être considéré aujourd'hui plutôt comme un ensemble de principes panthéistiques que comme une religion ayant un culte et des cérémonies » -.
Il est également remarquable que, dans ces derniers temps, les Kurdes autonomistes, exclusivement musulmans, aient cru devoir faire sur le papier, dans leur journal le Kurdistan, publié à Genève, des avances aux Arméniens, dont ils invoquent la parenté marquée par le langage. Pour combattre ces mouvements autonomistes des musulmans, le sultan et le parti nationaliste ont essayé, en Albanie, de semer la zizanie entre musulmans et chrétiens, et entretiennent l'irritation nationale des Albanais contre les Slaves et les Grecs; aux Kurdes, ils ont offert le pillage des Arméniens; pour rallier à l'osmanlisme les Kurdes et les Arabes réunis, ils ont imaginé un expédient militaire, et formé la cavalerie Hamidlé. Les régiments nommés Bamidié, du nom du sultan Abd-ul-Hamid, ont été créés en 1891 ; ils se recrutent parmi les Achirétis (organisés en tribus) Kurdes et Arabes du Kurdistan, de Mésopotamie et de Syrie centrale. « Les points principaux de l'organisation de la cavalerie bamidié sont : la réduction du service sous les drapeaux, en temps de
\. Les bektachis sont, officiellement, un ordre religieux musulman. Son fondateur, Hadji Bektack Véli, « saint Hadji Bektach », est le légendaire patron des Janissaires. Tous les Janissaires étaient affiliés à Tordre, et le cheick (abbé) des derviches était capitaine honoraire de la 99^ compagnie du corps.
Le tombeau de saint Hadji Bektach, au couvent du même nom (entre Kir Cheher et Césarée, dans le vilayet d'Angora), est également vénéré par les musulmans, sous le vocable de Véli (saint) Bektach, el par les chrétiens du pavs sous celui de Agltios (saint) Haralambos.
•2. Albania, 30 juillet 1897.
Histoire générale. Xlf. "1
paix, à de courtes périodes d'instruction ; le maintien des hommes dans leur pays ; l'adaptation des formations militaires à l'organisation des tribus et l'attribution d'une partie des grades aux chefs indigènes » '. La création de cette milice, en dehors des services militaires qu'on en attend, a eu surtout pour but de tenir les chefs kurdes et arabes par les grades qu'on leur distribue, l'avancement qu'on leur fait espérer, et de les osmanliser par le contact avec les officiers de l'armée régulière.
En somme, le parti nationaliste turc concentre ses efforts sur l'Asie Mineure, où l'immigration des musulmans dépossédés dans les provinces européennes, l'assimilation des petits groupes musulmans provenant de la désagrégation des tribus organisées, Turcomanes, Yuruks, Tatares, Kurdes, et de l'afflux des Gircassiens, la détresse des Arméniens et le courant d'émigration qui s'est produit parmi les Syriens chrétiens, lui permettent d'arriver à des résultats sensibles.
Avortement du parlementarisme ; transformation et divisions de la Jeune-Turquie ; nationalisme et panislamisme. — J'ai indiqué ^ qu'on avait confondu, sous le nom de Jeunes-Turcs, deux partis dont l'un, plus ou moins sincère, croyait à la panacée des réformes sur le papier, des constitutions, de la copie servile de l'Europe et du parlementarisme; l'autre, très sincère dans ses enthousiasmes révolutionnaires, <i très turc, très national, très anti-européen parce qu'il était national », revint très vite de son engouement pour les choses européennes, et de sa confiance dans les réformes constitutionnelles. L'avortement du parlementarisme, suffisamment absurde dans un pays où l'on parle cinq langues différentes, et où la population est divisée non seulement par races et par langues, mais par communautés confessionnelles et par castes professionnelles, cet avortement qui éclatait aux yeux de tous (lès la première réunion du parlement ottoman (1877) et qui fut suivi à courte échéance de la guerre avec la Russie, acbeva d'oter leurs illusions à ceux des Jeunes-Turcs révolu-
1. Capitaine La.mouche, L'Ot'fjanisation militaire de l'Empire ottoman.