Sir John Strachey, p
s'attribuer des titres étrangers capables d'inspirer le respect. Il se donne à lui-même le nom de Khan, de Cheikh, de Seid, nom d'un descendant du prophète. »
« Au Pendjab, où la conversion au mahométisme s'est pratiquée sur une très grande échelle, il existe une chanson proverbiale oii l'on met ces paroles dans la bouche d'un converti : « L'année dernière, j'étais un tisserand, cette année je suis un cheikh. L'année prochaine, si le grain se vend bien, je serai un seïd ' » .
« Les souvenirs de leur ancienne domination, dit encore M. Strachey, les monuments splendides qui attestent la magnificence de leurs souverains, ont exercé une influence considérable en perpétuant parmi les classes supérieures des musulmans du nord de l'Inde l'orgueil vivace de leur race et de leur religion. Mais leur importance politique a diminué depuis la révolte de 1857, car beaucoup de ces familles, impliquées dans la rébellion, ont été frappées comme elles le méritaient. Ils possèdent encore, pourtant, une situation politique plus importante, que celle à laquelle leur nombre leur donnerait droit; ils sont généralement plus énergiques que les Hindous, d'un caractère plus indépendant. Pour la perfection des manières et la courtoisie, le gentleman mahométan du nord de l'Inde est sans rival. »
Ce n'est pas une préférence que la presse d'opposition musulmane de l'Inde a marquée, généralement, dans ces trente dernières années, pour la domination anglaise, mais une sorte d'indifférence; elle l'accepte comme un pis-aller, tout en proclamant son loyalisme. Les sentiments des musulmans de l'Inde sont assez crûment exprimés dans un article d'un de leurs journaux les plus populaires, VAivadh AkJibar^, au lendemain du voyage du prince de Galles : « Une qualité qui nous est particulière, c'est d'obéir au souverain et d'être patients. Toutefois, nous ne sommes pas satisfaits. Serait-ce parce que nous sommes soumis à une nation étrangère? Non, ce n'est pas cela. Que fait aux sujets indiens que ce soient des chrétiens qui les