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lion à rétudicr clans ses trois nianifeslalions principales : luthérienne, calviniste, anglicane.
C'est en Allemagne que le lulliérianlsme a conservé le plus grand nombre d'adhérents; mais lanlinomie enlie la loi (>l le rationalisme s'y révèle sous les formes les plus diverses, et le nomlire dès sectes s'accroît chaque jour. Dans le seul royaume de Prusse, on comptait, eu 1890, sur 1000 habitants (outre 41 catholiques et 38 juifs) : 40 évangéliques, 37 moraves, 33 mennonites, 73 baptistes, 119 apostoliques, lOG adhérents de sectes britanniques diverses, 38 dissidents et 475 habitants « sans confession », c'est-à-dire s'étant déclarés : partisans de la libre intelliirence, confesseurs de la vérité, coiritants, déistes, libres-penseurs, humanistes, mysticistes. théosophes, sécularistes, monothéliles, cosmopolites, athées, etc.
Dans ce chaos de doctrines, une unité apparenle est maintenue par l'Etat, non sans peine; car parmi ceux qui se rattachent encore à la Landeskirchc. il y a des courants très distincts. D'un côté, les luthériens orthodoxes, qui dominent encore dans les consistoires, veulent le maintien des croyances positives. De l'autre, les luthériens « libéraux », qui gag'uent chaque jour du terrain dans les Universités, ne considèrent la théologie que comme une ébauche de la philosophie, n'admettent pas qu'une Eglise ou l'Etat puisse en rien restreindre les droits de la critique, et aboutissent au pur rationalisme. Entre les deux, un tiers parti (Milte/spariei), qui s'accommode volontiers de la 'i théologie moderne » d'Albert Rilschl, imprécise et fuyante, se déclare partisan des Églises d'Etat, mais reproche au gouvernement prussien de tourner « au césaro-papisme byzantin ». En dehors de ces trois groupes, une école nouvelle, celle des chrétiens-sociaux, à laquelle appartient l'ancien prédicateur de la cour, M. Stocker, considère « que tout l'édifice de l'Eglise d'Etat est en contradiction avec la nature de l'Eglise », et cherche à détourner l'activité des pasteurs des questions de théologie et de critique pour la dériver du coté des questions sociales. Il s'est formé, sous l'action de cette dernière école, un mouvement « évangélique social », analogue au mouvement catholique social que nous avons signalé plus haut. Vu d'abord
avec faveur par Guillaume II, le mouvement social protestant a encouru sa disgrâce en 1896.
Les divergences entre ces difTérents groupes se manifestent surtout dans les revues Ihéologiques ou historiques: mais elles se révèlent de temps à autre au grand public par quelques affaires retentissantes. Telle a été notamment celle de la revision en 1892 du rituel (Afjende) publié par Frédéric-Guillaume III'. Celte revision a soulevé la question du symbole de foi, que les orthodoxes voulaient rendre obligatoire dans la cérémonie de l'ordination et les libéraux éliminer complètement. Une violente polémique s'ensuivit, chaque parti accusant l'autre de vouloir détruire l'Eglise. Guillaume II y mit fin en signant une nouvelle Agende, qui ne tranchait pas clairement la question et que chaque parti accepta. Le jour où l'Etat se retirera, le protestantisme allemand cessera de former une Eglise et ne sera plus, selon l'expression de M. G. Monod, que « la collection des formes religieuses de la libre-pensée ».
Outre sa politique « protestante », l'empereur a encore sa politique « catholique », spécialement dirigée contre le protectorat que la France exerce depuis des siècles sur tous les chrétiens du Levant et de l'Extrême-Orient. En 1885, escomptant la politique religieuse du gouvernement français. Guillaume F' essaya de faire nommer un nonce à Constantinople : ce nonce aurait dépossédé l'ambassadeur de France de ses prérogatives et n'aurait pas eu évidemment sur le sultan la même influence. Léon XIII sentit le danger et refusa de souscrire aux vues intéressées du Kaiser. Ce dernier renouvela peu après (1886) la même manœuvre en Extrême-Orient. Poussé par Mgr Anzer, chef des missionnaires allemands en Chine, il a soustrait ces derniers au protectorat français et demandé au pape la nomination d'un nonce à Pékin. La Propagande a répondu en maintenant « tous les droits de la France » '22 mai 1888). Une nouvelle tentative faite en 1899 par Guillaume II a également échoué.
Le protestantisme en Suisse. France. Hollande. —