Voir ci-dessus, tome X, p. 790: tome XI. p
LES CULTKS MIN ('.ATIKlLKjri: S Sa3
sition et sa doctrine môme, ne peut avoir aucune consistance. Le parti de la Low Churc/i est le moins divisé et manifeste une hostilité croissante contre la I/igli Church, dont il attaque le a rumanismc ». C est en etlet au sein de la IIi;/Ji Church que l'union avec l'Eglise romaine rencontre le })lus de partisans. En attendant, les Highchurchmen se rapprochent des pratiques et des rites catholiques. La restauration de la liturgie romaine est un des points essentiels de leur programme; d'où le nom de rilualisles qu'on leur donne souvent.
En avril 1895, Léon XIII écrivit son appel au peuple anglais, et les efforts persévérants de lord Halifax, qui avait gagné M. Gladstone à la cause de l'union, semhlèrent devoir aboutir. Mais une grave question surgit : celle de savoir si le pape reconnaîtrait ou non la validité des ordinations anglicanes. Pour les catholiques anglais, l'invalidité ne faisait aucun doute, et pratiquement, chaque fois qu'un ministre anglican converti désirait entrer dans le clergé catholique, il était réordonné. La question fut tranchée en septembre 1896 par \si\elire Apostolicœ curse, qui déclare nulles les ordinations anglicanes, pour des raisons à la fois historiques et dogmatiques. Les évoques anglicans essayèrent, dans une lettre collective, de défendre contre le pape la validité de leurs ordinations : ils s'attirèrent une réponse, courtoise, mais nette, des évèques catholiques anglais. Le mouvement de retour s'est trouvé par là, sinon arrêté, au moins ralenti. Depuis la mort de Gladstone, se dessine même un mouvement de réaction protestante. Mais les conversions individuelles continuent et viennent chaque jour augmenter le nombre des fidèles. Aujourd'hui, la population catholique du Royaume- Uni s'élève à cinq millions et demi (Angleterre, 1 500000; Ecosse, 365 000; Irlande, 3 550 000). Pour l'ensemble des possessions britanniques, elle est de 14 millions de fidèles, répartis entre 171 diocèses ou vicariats apostoliques ^ Par la force des choses, la protestante Angielerre est redevenue, au sens étroit du mot, une puissance catholique. .:
1. En 1878, Léon XIII a rétalili la hiérarchie catholique en Ecosse. En 189o, il a créé le vicariat apostolique du pays de Galles, érigé en diocèse en 1898. Cela porte à quinze le nombre des évêchés suffragants de Westminster.
Aux Etats-Unis, la diversité n'est guère moindre qu'en Angleterre. L'anglicanisme domine dans le Sud; le puritanisme dans le Nord-Est; le méthodisme et le baptisme dans le Centre et le Far- West. En laissant de côté les i/iinor sects, voici quelle était, en 1890,1a situation. En dehors des 10 millions de catholiques, on comptait : 4 millions 200 000 presl)ytériens, 3 millions et demi de baptistes de nuances diverses, presque autant de méthodistes, 1 million de luthériens, 435 000 congrégationalistes, 430 000 adhérents à l'Eglise épiscopale, etc.
Les Juifs en Europe. — Il nous reste à dire un mot de la condilion des Juifs en Europe. De 1848 à 1870, leur émancipalion politique et religieuse avait fait de grands progrès. Le mouvement continua dans les années qui suivirent. C'est ainsi qu'en 18"0, un décret, inspiré et signé par leur coreligionnaire Crémieux, membre du gouvernement de la Défense nationale en France, naturalisa en bloc tous les Juifs d'Algérie, et provoqua une insurrection des Arabes. — La Suisse, jusquelà réfractaire, suivit cet exemple en 1874 : la nouvelle constitution fédérale reconnaît en effet aux Juifs la qualité de citoyens. — En 1878, le traité de Berlin imposa aux Principautés danubiennes l'égalité des droits civils et politiques sans distinction de religion. Cette disposition, favorable aux Israélites, fut appliquée en Serbie et en Roumanie, mais éludée en Bulgarie, où l'influence russe prédomine. — Or, en Russie, les lois restrictives subsistaient. Les Juifs étaient notamment parqués dans un « territoire » déterminé, d'où ils ne devaient pas sortir et où ils ne tardèrent pas à devenir trop nombreux. Alexandre II, usant de bienveillance, les autorisa souvent à « essaimer » au dehors. Mais sous son successeur, Alexandre III, une vive réaction, inspirée par la crainte du nihilisme, fut déterminée par le procureur général du Saint-Synode, M. Pobiedonostzeff. La condilion des Juifs de Russie fut réglée par de nouvelles lois (mai 1882), exécutées d'abord partiellement, puis d'une façon rigoureuse en 1892. Les Juifs étrangers furent expulsés; les Juifs sortis du « territoire » y furent refoulés. — L'Empire ottoman a maintenu de même sa législation restrictive.
Il n'y a plus guère aujourd'hui que la Russie et la Porte dont
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la législation tienne ainsi compte île la nationalité et de la religion particulières des Juifs. Mais, à défaut des lois, un retour en arrière se manifeste en ce moment dans les mœurs. Dans divers pays, les Juifs émancipés ont man([uc de prudence. Très portés vers le commerce de l'argent, beaucoup d'entre eux ont acquis sur le terrain financier et économique une prépondérance estimée dangereuse, qu'ils ont cherché à acquérir aussi sur le terrain [»oliti(jue. De là ce réveil des anciennes hostilités, qu'on désigne sous le nom iï antisémitisme, et qui a gagné dans ces dernières années beaucoup de terrain en France, en Suisse, en Allemagne, en Autriche. Mais ce mouvement a surtout un caractère économique et poliliijue et n'a pas, comme on dit aujourd'hui, de caractère « confessionnel » : ce qu'il vise chezles Juifs, cestia ploulocratieoularace ; cen'estpaslareligion. Telle est aux approches du xx' siècle la situation générale de l'Église et des cultes non catholiques dans le monde. Sous divers rapports, elle laisse à désirer. L'heure n'a pas encore sonné oij, en matière religieuse, on pourra voir régner sur la terre la liberté et Y unité.
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