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LES PAYS-BAS LES LUTTES RELIGIEUSES

/. — Des ducs de Bourgogne à Philippe IL

Les Habsbourg dans les Pays-Bas. — Les Pays-Bas avaient, à la mort de Charles le Téméraire devant Nancy (1477), passé de la dynastie de Bourgogne à celle des Habsbourg par Tunion de Marie avec Maximilien. Ce mariage allemand eut des conséquences aussi décisives que le mariage français de Théritière de Flandre avec le premier duc de Bourgogne, cent ans auparavant. Pour un siècle, environ, les Pays- Bas échappent à Tinfluence politique de la France et finissent par passer sous celle de TEspagne avec Philippe II \

Lorsqu'à la mort du Téméraire ils s*étaient révoltés contre la centralisation despotique des ducs de Bourgogne, Marie, dans sa détresse, avait dû accorder à ses sujets une constitution libérale, le Grand Privilège (1477). Mais Maximilien ramena les traditions monarchiques et finit par dompter la guerre civile en

1. Voir ci-dessus, t. UI, p. 431 et suiv.; t. IV, p. 89 et suiv., p. 117, p. 344 et suiv.; t. V, p. 87, 440, 154.

Flandre. Le mariage avec Jeanne la Folle fit bientôt de son fils Philippe le Beau le roi de toutes les Espagnes et des vastes colonies du Nouveau-Monde, en même temps que le souverain des Pays-Bas. Le fils de Philippe, Charles de Gand (né en 1500), recueillit, avec ce superbe héritage, celui des possessions allemandes de son grand-père Maximilien, et il ceignit après lui la couronne impériale.

Charles-Quint : couronnement de l'unité territoriale et politique. — Les Pays-Bas, où le commerce, l'industrie, les arts, les lettres et les sciences prennent un essor admirable, furent comme le cœur de sa vaste monarchie, « sur laquelle jamais le soleil ne se couchait >. Anvers, sa riche métropole, était le centre des transactions commerciales, la grande bourse, la capitale de Timprimerie et le premier port de mer de l'Europe septentrionale : en un mot, le Londres du xvi* siècle.

Tout absorbé qu'il était par son rôle européen, Charles-Quint ne perdit jamais de vue sa patrie. Fidèle aux traditions de ses ancêtres maternels Philippe le Bon et Charles le Téméraire, il poursuivit opiniâtrement et acheva méthodiquement Tunification territoriale des Pays-Bas. Successivement il annexe Tournai et le Tournésis (1522) qu'il enlève à la France, la seigneurie de Frise (1524), la principauté épiscopale d'Utrecht avec sa dépendance la seigneurie d'Over-Yssel (1528), les seigneuries de Groningue et de Drenthe (1536) et enfin le duché de Gueldre avec son appartenance le comté de Zutphen (1543), courbant ainsi sous son autorité cet allié séculaire du roi de France contre les maisons de Bourgogne et de Habsbourg. Alors se trouvèrent réunies entre ses mains les dix-sept provinces des Pays-Bas. En outre, les principautés épiscopales de Liège et de Cambrai, quoique nominalement indépendantes encore, devenaient les humbles satellites du grand empereur gantois.

En même temps il veut soustraire définitivement les Pays- Bas à toute immixtion de l'étranger. Par le traité de Madrid (1526) et par la paix de Cambrai (1529) il rompt le lien sept fois séculaire de suzeraineté qui, depuis le traité de Verdun (843), unissait les pays de la rive gauche de TEscaut (Artois, Flandre, Tournai) à la couronne de France et, pour assurer Tindé-

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