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protestants, mais une partie du clergé, en particulier les curés de Paris, TUniversitét surtout le Parlement, gardien-né des libertés gallicanes. Le procès des Jésuites, déjà entamé en 1564, fut repris après la défaite de la Ligue. L*avocat Antoine Arnauld, au nom de TUniversité, DoUé, au nom des curés parisiens, attaquèrent non seulement leur opposition récente à la Loi salique et leurs menées en faveur de TEspagne, mais leurs principes et leurs constitutions. Le Parlement, obéissant à la pensée royale, eût ajourné de nouveau le débat, si à ce moment (décembre 1594) un jeune fanatique, nommé Jean Gh&tel, n'eût attenté à la vie de Henri IV. Comme il avait étudié chez les Jésuites et soutenait avoir entendu enseigner par ses maîtres la légitimité du régicide en certains cas, le Parlement fit porter la peine de son crime aux professeurs du collège parisien dit de Clermont. Ils durent quitter la capitale sous trois jours et la France dans deux semaines. L*un d eux, le Père Guigqard, fut pendu en Grève pour le fait d'écrits ligueurs trouvés dans ses papiers. Les parlements de Rouen et de Grenoble bannirent également les Jésuites, celui de Toulouse prit fait et cause pour eux. Pendant plusieurs années les amis de la Compagnie durent envoyer leurs enfants dans les collèges situés en terre espagnole ou lorraine : a Dole, à Douai, à Pont-à-Mousson.
Quelques années plus tard, Henri IV provoqua le rappel des Jésuites. Il aimait mieux les avoir pour amis que pour ennemis; peut-être craignil^il d exaspérer ceux qui, sur la foi du De Rege publié récemment par le Père Mariana, se jugeaient autorisés à le tuer comme un tyran; peut-être voulait-il plaire au pape et à une partie du clei^é; surtout Jil ne voulait exclure de^ja France aucun Français et tenait à placer sous la protection des principes inspirateurs de Tédit de Nantes ceux qui s'étaient le plus opposés à cet édit. Enfin il espérait aussi se servir des Jésuites comme d'un contrepoids utile aux huguenots. Il les rappela donc par son édit de Rouen (1603), malgré les représentations de Sully et les remontrances du parlement de Paris : « L'on dit que le roi d'Espagne s'en sert, écrivit-il aux magistrats; je dis aussi que je veux m'en servir et que la France ne doit être de pire condition que l'Espagne, puisque tout le monde
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les juge inutiles. Je les tiens nécessaires a mon Etal, et s'ils y ont été par tolérance, je veux qu'ils y soient par arrêt. » En revanche, il régla nettement les conditions de leur rentrée : d'une part, il les maintint où ils étaient xestés, les laissa revenir à Paris, autorisa de nouveaux collèges, entre autre celui de La Flèche, qu'il dota richement et auquel il légua son cœur par avance; d'autre part, il imposa aux Jésuites un serment spécial, les soumit à \<yrdinaire^ se réserva d'autoriser leurs acquisitions de biens, exclut provisoirement tout Père italien ou espagnol. Le Père Cotton devint un de ses conseillers intimes et son confesseur*. La Compagnie répondit à ces faveurs en désavouant le livre de Mariana et en acceptant, au moins des lèvres, les « maximes du royaume ».
Mariage avec Marie de Médiois. — Le maintien de la paix publique impliquait des garanties données à la continuation de la dynastie. Henri était séparé depuis longtemps de Marguerite de Valois et n'avait d'elle aucun enfant; son neveu, le jeune prince de Gondé, était provisoirement Thérilier de la couronne. Cependant il vivait publiquement avec Gabrielle d'Ëstrées, qui avait succédé dans ses bonnes grâce à la < belle Corisandre », et il avait d'elle trois enfants. Il la traitait en reine, la faisait publiquement entrer à sa suite dans Paris et songeait à l'épouser. Gabrielle, douce, dévouée, serviable à tous, avait de puissants appuis à la cour. Que le roi parvint à faire annuler son union, toute politique et tant soit peu contrainte, avec Marguerite, et la favorite assurait le trône à elle et à sa postérité; mais elle mourut le 8 avril 1599, assez rapidement pour qu'on ait pu croire à un empoisonnement. Elle n'en devait pas moins compter des rois de France dans sa descendance. Une arrièrepetite-fille de Henri lY et de Gabrielle, la duchesse de Bourgogne, a été la mère de Louis XY.
Le roi, ayant enfin obtenu en cour de Rome (décembre 1599) l'annulation de son mariage, épousa (avril 1600) Marie de Médicis, nièce d'un de ses plus anciens alliés, le grand-duc de Toscane. L'année suivante naquit un dauphin, qui eut saint