‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 25 sur 125 · Voir ci-dessous, cbap. xn {La guerre de Trente ans · texte numérisé non relu

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avait dit quelques années auparavant le roi prenant possession de la Bresse, que la langue espagnole demeure à TEspagne, lallemande à rAUemagne, mais la française doit être à moi. » Il envisageait donc Téventualité d'une guerre générale sortie du conflit pendant sur le Rhin et réunissait, au printemps de 1610, trois armées sur les diverses frontières.

Assassinat de Henri IV. — Avant d aller commander celle de Champagne, il voulut assurer le gouvernement du royaume en son absence, conféra la régence à Marie de Médecis, et, le 13 mai, la fît sacrer à Saint-Denis. Il était agité de sinistres pressentiments ; des bruits de complots et d'attentats étaient dans Fair. Le lendemain, au moment où son carrosse passait lentement dans la rue de la Ferronnerie, un homme monta sur le marchepied et le frappa de deux coups de couteau. Le roi, ramené au Louvre, expira sans avoir recouvré la parole.

L'assassin était un nommé Ravaillac, qui déclara dans son procès, au milieu des atrocités de la question, n'avoir point do complices. Ce n'était qu'un cerveau troublé par les visions régicides qui hantaient depuis vingt ans l'esprit des derniers tenants de la Ligue. On a voulu cependant voir en lui l'instrument de coupables restés cachés et quelques-uns de haut rang. Il paraît prouvé aujourd'hui que Henri IV, au moment môme où il fut frappé, était menacé par des conspirateurs mystérieux dont la trace, aperçue un moment dans les relations contemporaines, se perd aussitôt l'attentat consommé sans eux, peut-être à côté d'eux. Sa mort fit tomber le Grand Dessein et changea au profit des « Espagnolisés » la politique française.

Henri IV dans l'histoire. — A la nouvelle de cet événement, les regrets furent unanimes, ou peu s'en faut, en France et en Europe. Vivant, Henri IV avait été méconnu et attaqué par les partis, car il ne se livrait à aucun et cherchait à s'élever, sans y paraître, au-dessus de tous. Mort, catholiques et huguenots s'unirent pour le louer. Jean de Saulx-Tavanes, le ligueur irréconciliable, compare son œuvre libératrice et réparatrice à celle de Charles VIL « Il ne faut pas être Français, écrit le protestant Henri de Rohan, ou regretter la perte que la France a faite de son bonheur. » L'historien Pi^arre Matthieu, le poète

Malherbe attestent ce gémissement universel dont Bossuet retrouvait dans ses souvenirs de famille et offrait, cinquantecinq ans plus tard, le témoignage à Louis XIV. Toujours vivant sous les yeux des Parisiens dans sa statue du Pont-Neuf, il s'imposa pour longtemps à la mémoire populaire; on revoyait, à rentrée du siècle, cette figure dont les portraits de Jannet et de Porbus, et surtout Tadmirable buste en cire colorée conservé à Chantilly, ont fixé pour nous les traits; ce front large et découvert, cet œil brillant et mobile, ce nez tombant et busqué, cette bouche souriante encadrée par les moustaches hérissées et la barbe descendant sur la cuirasse et récharpe blanche; enfin cette physionomie gauloise et gasconne, martiale et joyeuse, où Ton croyait lire, avec les séduisantes qualités de l'homme, les heureux résultats du règne.

Au xvn" siècle, sous le règne triomphant de son petit-fils, il ne bénéficia point de la haine subsistante contre les < Guisards » et les « Lorrains » ; le peuple l'oublia quelque peu, et le roi feignit de croire accomplir ses volontés en révoquant l'Edit de Nantes. En revanche, au xvni" siècle, sa mémoire devint une des religion» de la France. Il fut successivement le héros de la Henriade de Voltaire et de la Partie de chasse de Collé, en même temps que a le diable à quatre » et le « vert-galant » de la chanson. Dans ce bon roi, qu'on représentait avant tout comme ennemi du fanatisme et sensible aux maux du peuple, ami de Sully et amant de Gabrielle, mondains, philosophes et politiques retrouvaient une personnification rétrospective de leurs faiblesses, de leurs passions et de leurs espérances. De notre temps, Henri IV a échappé à la légende dont on enveloppe volontiers les fondateurs de dynastie. On le juge, non plus sur des anecdotes douteuses ou des bons mots apocryphes, mais sur une longue et authentique série de lettres missives, sur ses harangues, ses déclarations, ses actes publics. Ceux qui considèrent surtout en lui l'homme privé peuvent encore l'appeler, comme au xvm® siècle, « le Bon Henri »; ceux qui apprécient son œuvre comme roi, en France et en Europe, lui rendront le surnom qui était déjà dans la bouche de ses contemporains, celui de Grand.

BIBLIOGRAPHIE

Les documents et Uvres relatifs à ce règne peuvent se répartir en trois sections, suivant leur objet : l" la personne de Henri IV et Tensemble de son règne; 2^ les affaires religieuses; 3^ la politique étrangère (Voir ci-dessus la Bibliographie des pages 173 et 174).

1'* section. — Doetimenta. — Letiics missives de Henri IV, 8 voL, édit. Berger de Xivrey (Coll. des documents inédits sur VHistoxre de France) ; à quoi il faut ajouter les recueils particuliers édités par de Rommel, 1840, Guadet, 1872-1876, le prince GaUtzin, 18G0, Halphen, 1866-4886, et les recueils de Lettres choisies par Dussieuz, 1876, et Guadet, 1879. — Le prince de Valori, Journal militaire de Henri /K, 1821. — D. Félibien et Lobineau, Histoire de Pam^ t. V, Preuves. — Uecueil des anciennes lois françaises, t. XV. — Registres des délibérations de la ville de Paris, t. IX à XI, 1902.

— Procès-verbaux des États Généraux de 1593, édit. Aug. Bernard, dans Coll, Doc. inédits, 1842.

Ouvrages contemporaliui. — De Thou, Histoire universelle, liv. 97 à 138. — TTAxibignéy Histoire universelle, éd. de 1626, t. lU, liv. 3 à 5. — Histoires de la vie ou du règne de Henri le Grand par Boutrays (en latin), 1610, L.egTain,1614,So88iu8, 1622, Matthieu, 1624, Hooft (en hollandais), 1626, Dupleix, 1632. — SuUy, (Economies royales. — Palma Cayet, C/tronologie novenaire (1589-1598), Paris, 1608, 3 vol., in-4, ci Chronologie septénaire (1599-1604), Paris, 1605, in-8. — Duc de Mayenne, Correspondance, édit. Heury et Loriquet, Reims et Paris, 1860-1864, 2 vol. — Corresp. du duc cfeMeroœur et des Ligueurs bretons avec l'Espagne, édit. G. de Carné, Rennes, 2 vol., 1899. — Mémoires de Groulard, Chivemy, Villeroy, Caumont-la- Foroe, Duplessis-Momay; {Journal) de OUer, conseiller au Parlement (publié en 1876) ; de Jehan Griyel (Mem. de la Soc. d'Émulation du Jura, 1885) ; d*un curé ligueur (publié par Ed. de Barthélémy, 1886); du duc de Neyers, Paris, 1625, 2 i^; du duc d*Angoulôme (Michaud, t. VI, etc.); de Pierre Comelo (dans Mémoires de la Ligue) .

Ouvrage» plus récent». — Au xvn« et au xviii^' siècle, les oraisons funèbres, éloges, portraits, recueils d'anecdotes ont été très nombreux et ont servi à constituer la légende de Henri IV. Pour cette période, il n'y a guère à signaler que la Vie de Henry le Grand, par Hardouin de Péréfixe, 4661, et le Parallèle des trois premiers rois Bourbons, par Saint-Simon, édit. P. Faugère, 1880.

Citons encore, parmi les ouvrages plus récents : Dominikus, HeinrichlV Kœnigvon Navarraund Frankreich, Zurich, 1797, 2 vol. — Poirson, Histoire du règne de Henri IV, 1857, 4 vol. in-8. — Ch. de Lacombe, Henri IV et sa politique, 1860, 3^ édition, 1877. — Lesoure (de). Les amours de Henri IV, 1864. — P. Henrard, Henri IV et la princesse de Condé, Bruxelles, 1885, in-8. — L. Léger, Le siège de Rouen par Henri IV, d*après des doc. tchèques, dans Aev. Hist., mai 1896. — Haag, art. Henri IV d^nsldi France protestante.

— Loiseleur, Ravaillac et ses complices, 1873. — Combes, L'assassinat de Henri IV et la diplomatie étrangère (dans ses Lectures historiques, liv. 10, i883). Hanotaux, Études sur le X 17^ et le XVII* siècle, Paris, 1886, in-12.

— Guadet, Henri IV, sa vie et ses écrits, Paris, 1876, in-8. — L. Pingaud, Henri IV et Louis XIV (Revue des questions historiques, 1889). — De Camé, Henri IV {Revue des Deux Mondes, 1845). — Miron de l^spinay, François Miron et Vadm. municipale de Patis sous Henri IV, Paris, 1885. — P. Robiquet. Histoire municipale de Paris, t. II, Règne de Henri III, 1886; t. 111, Règne de Henri IV, 1904.

S* meetWnk. — Doenineiita. — Mémoires de la Ligue^ t. IV à VI. — L'Estoile, Journal du règne de Henri IV (important surtout pour la fin de la Ligue à Paris). — Le 3« centenaire de TÉdit de Nantes, études et doc. publiés par N. Weiss, etc., dans Bull. So*i. protestantisme français, 1898.

UviHMi. — Segrétain, Sixte-Quint et Henri /K, 1861. — Stœhelin, Der Uebertritt Kœnigs Heinrich IV zur rcBmischen-cat/iolischen Kirche, 1856. — Féret, Henri IV et V Église catholique , 1875. — Carré, Le Parlement de Bretagne après la Ligue, i888. — Elle Benoit, Histoire de VÊdit de Nantes, 1. 1^*" Deirt, 4693. — An^ez, Histoire des assemblées politiques des réformés, 1859. — Read, Henri IV et le ministre Daniel Chamier, 1854. — Prat, Recherches historiques et critiques sur la Compagnie de Jésus en France au temps du P. Cottin, 1876, 4 vol. — Peirens, l'Église et VÉtat sous Henri IV et sous la régence de Marie de Médicis, 1872, 2 vol. in-8, 1. 1«'. — Ch.Labitte, De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue, 2* édit., 1866. — H, de LépinoiSy La Ligue et les papes, 1886. — L. Manfronl, La Legazione del Cardinal Cactani in Francia, 1893. — Voir aussi les ouvrages publiés sur la Ligue en province, entre autres ceux de d'Estaintot sur la Normandie, 1862; de Grégoire sur la Bretagne, 1856; de Mourin sur TAnjou, 1856; de Legré sur la Provence, 1867, etc. — Laronze, Essai sur le régime munie, en Bretagne pendant les guerres de religion, 1890.

3* «eetloii. — Documenta. — Canaye, Lettres et ambassades, 1635- 1636, 3 vol. — Négociations de Bellièyre et Sillery, du président Jeannin, du cardinal du Peiroiiy de Jean de Gontaut-Biron, etc. — D'Ostat, Lettres, 1692, 2 vol.; Lettres inédites, éd. T. de Larroque, 1873. — Bongars, Lettres, La Haye, 1695, 2 vol. — Relation des voyages de M. de Brèves, 1628. — Stevenson, Correspondence of sir Henry Vnton, amb. from qiieen Klizabeth to Henry IV (4591-4592), 1847. — La Popelinière, Histoire de la conquête des pays de Bresse et de Savoie, 1601.

Livre*. — PréYOst-Paradol, Elisabeth et Henri 7^(1595-1508), 1862.— Kermaingant (de), L'Ambassade de France en Angleterre sous Henri IV (1598-1602), 1886, 2 vol. — Rott, Henri IV, les Suisses et la Haute-Italie, 1882. — Du même, Hist, de la représentation dipf. de la France auprès des cantons Suisses, Berne et Paris, 1902. — Négoc. de la France avec la Toscane, édit. Desjardins, dans Coll. doc. inédits, 5 vol., 1851-1875. — ZeUer (Berthold), Henri IV et Marie de Médicis. 1877. — Gaberel, Henri IV et Genève. — Philippson, Heinrich IV und Philipp III, Berlin, 1870-1876, 3 vol. — Anquez, Henri IV et l* Allemagne, 1887. — Perrens, Les mariages espagnols, t. I", 1869. — A. BaudriUart, La politique de Henri IV en Allemagne [Revue des questions historiques, 1885).

Il a été publié un certain nombre de biographies se rapportant à cette époque, notamment celles de Gabrielle désirées, par Desclozeaux, 1889; de Lesdiguières, par Videl, 1638, puis par Dufayard, 1802; du cardinal du Petron, par Tabbé Foret, 1877; du cardinal dVssat, par Tabbé Dutert, 1894; de d'Épernon, par de Montbrison, 1874; du duc de Bouillon, par Laugel (dans la Réforme au KVI^ siècle. Études et portraits^ 1881); de Grillon, par MUe de Lussan, 1757, et Fortia d'Urban, 1823; de Sully, par Hoff, 1782, etLavisse, 1880; de Catherine de Bourbon, par Mme d'Armaillé, 1865.

Voir en outre les recueils de documents, les ouvrages contemporains ou modernes communs à ce règne et aux règnes précédents. On en trouvera la nomenclature à la Bibliographie du chap. m, p. 173.

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