‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 27 sur 125 · Voir ci-dessous, chap. xxii (Amérique · texte numérisé non relu

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Germain et de Saint- Laurent qui avaient été rétablies après la rentrée du roi à Paris. Le commerce extérieur se ranima aussi : Henri IV y contribua par d'habiles négociations. A Constantinople, il obtint en i604 le renouvellement, avec extension de privilèges, des capitulations. Un traité, conclu la même année avec la Ligue Hanséatique, ramena la marine du Nord dans les ports français. Les relations commerciales n'avaient été qu'imparfaitement rétablies avec TEspagne après le traité de Vervins et, en 1603, Philippe II avait tout à coup frappé d'un droit de 30 p. 0/0 les importations et les exportations. Henri IV répondit en frappant d*un droit égal les marchandises de provenance espagnole et celles qui étaient destinées à TEspagne. Cette guerre de tarifs, qui menaçait de faire passer le commerce aux mains des Anglais, aboutit, grâce à l'énergie de Sully, au traité du 12 octobre 1604, qui rétablit la paix entre les deux pays en supprimant de part et d'autre l'impôt des 30 p. 0/0 et la défense d'exporter. Des difficultés commerciales s'étaient élevées aussi avec l'Angleterre; elles se terminèrent par le traité de 1606, par lequel « la liberté et égalité du commerce devoit être gardée le plus que faire se pourroit ».

Henri IV commençait, ainsi que les Valois l'avaient fait avant lui, à employer les douanes comme un instrument de protection industrielle. Les notables de 1596 avaient demandé qu'on interdît l'entrée du royaume aux étoffes d'or, d'ai^ent et de soie. Désireux « d'apporter à ses sujets toute la commodité possible et de leur donner moyen d'entendre et de vacquer plus utilement à toutes sortes de manufactures p, il rendit l'édit de janvier 1599, qui prohibait l'entrée des étoffes étrangères et la sortie de plusieurs matières premières, telles que soies et laines. Les fabricants de Tours furent satisfaits; mais le commerce de Lyon fut mécontent; il réclama, et le roi, se trouvant en 1600 dans cette dernière ville, rapporta son édit. Il ne subsista que peu de prohibitions, et les quelques restrictions que le roi mit au commerce furent amplement compensées par les facilités qu'il donna au transport d'une province à l'autre et même à l'exportation des denrées agricoles.

Quatre ans après la mort de Henri IV, sa politique économique eut à subir l'épreuve de l'opinion publique, librement manifestée dans les Etats généraux de 1614, et il est intéressant de voir ceux-ci tantôt lui donner raison pour son système de commerce extérieur, tantôt critiquer son système corporatif et la prétention qu'avait eue la royauté, dans ses ordonnances de 1581 et de 1597, de soumettre tous les artisans au régime des jurandes et maîtrises : « Que toutes les maîtrises de métiers, dit-il dans son cahier, érigées depuis les États tenus en la ville de Blois en 1576, soient éteintes; sans que par cy-après elles puissent être remises, ni aucunes autres de nouveau cslablies; et soient ces exercices desdits mestiers laissés libres à vos pauvres sujets sous visite de leurs ouvrages et marchandises par experts et prudhommes qui à ce seront commis par les juges de la police. » Le Tiers demandait, en outre, labolition des lettres royales de maîtrise, la diminution des frais divers qui grevaient la réception des maîtres, la fabrication en France des marchandises qu'on avait coutume d'importer de l'étranger^ la suppression des douanes à l'intérieur, la protection douanière contre la concurrence, la prohibition absolue de certaines

importations.

BIBLIOGRAPHIE

Consulter la plupart des ouvrages indiqués ci-dessus, t. IV, chapitre V, p. 206, ainsi que la bibliographie relative aux règnes de Henri IV et Louis XIII, chapitres vi et viii du présent volume. Ajouter : G. Fagniez, L'Économie sociale de la France sous Henri IV ^ Paris, 1897. — V* d'Avenel, Histoire économique de la propriété et des salaires, 2 vol. in-4, 1894, Paysans et ouvriers depuis 700 ans, in- 18, 1899. — Bonnassieuz, Les grandes compagnies de commerce, 1892. — Fromenteau, Secret des finances, 1581, in-8.

— Le traicté de l*(Economie politique d'Antoine de Montchrétien a été édile en 1889, in-8, par Th. Funok-Brentano, avec introduction et notes.

— Olivier de Serres, La cueillette de la soie, in-8, 1599; Théâtre d agricul^ tare, in-f^, 1600, et nouvelle édition, 2 vol. in-4, 1804-1805; La seconde richesse du mûrier blanc, in-8, 1603. — Des vies d'Olivier de Serres on tété publiées par Dorthôs et François de Neuf château, 1 790 ; Reisnes, 1858 ; CombeB, 1866; ViUars, 1872; H. Va8chalde, 1887. — Consulter DeBclozeaux, Études critiques sur les €Economies Royales de Sully, dans la Revue Historique de 1887.

— R. de Maulde, Le servage en Sologne au XV h siècle, ibid. — A. Joubert, Les misères de l* Anjou aux XV^ et XVl^ siècles, Angers, 1886, in-8. — Voir ci-dessus, p. 300, sur François Miron.

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