‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 3 sur 125 · Voir ci-dessus, t. IV, p. 447 et suiv · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, t. IV, p. 447 et suiv

1570-1571, les Jésuites converlircnl le margraviat de Bade, qu'Albert V gouvernait de Munich comme tuteur du jeune margrave Philippe. — L'exemple du duc de Bavière fut bientôt suivi par le prince-abbé de Fulda^^^Balthazar de Dernbach (1570)rpar Tarchevôque-électeur de Mayence, Daniel Brendel, qui restaura le culte catholique à Ëichsfeld (1574); par le duc d'Autriche, Rodolphe II, qui interdit les offices protestants dans les villes (1578); par les évoques de Wûrtzbui^ (1582) et de Paderborn (1585); par Tarchiduc Ferdinand, qui supprima le culte prolestant en Styrie, Carinthie et Carniole (1598). De cette façon, une grande partie de l'Allemagne du Sud et l'Autriche entière furent regagnées au catholicisme. En organisant ainsi la contre-réforme, les princes catholiques d'Allemagne ne faisaient qu'user des pouvoirs que leur reconnaissait le droit public de l'époque, tel qu'il résultait notamment de la paix d'Augsbourg. Mais il est juste d'ajouter que leurs efforts furent puissamment secondés par un jésuite flamand qui prêcha sans relâche pendant cinquante ans des bords du Rhin à ceux du Danube, le bienheureux Pierre Canisius (f 1597).

Si, en Allemagne, le luthéranisme perdit du terrain à dater du concile de Trente, en Suisse et en France le calvinisme n'en gagna plus. Lorsque Calvin mourut en 1564, il avait vu les limites géographiques que ses doctrines ne devaient point franchir. En Suisse, grâce, aux conseils et aux bons offices de saint Charles Borromée, les sept Cantons catholiques contractèrent ensemble, pour la défense de leur religion, celte alliance célèbre connue sous le nom de Ligue Borromée ou Ligue dor \ En France, pour ramener les réformés à la foi catholique, les évèques organisèrent des missions et des conférences auxquelles ils prirent souvent part en personne. De Du Perron à Bossuet, il se forma ainsi une grande école de controverse, qui arrêta en France les progrès de la réforme protestante et développa les progrès de la réforme catholique. — En Espagne, ce soin incomba plus spécialement à l'Inquisition royale, organisée dès 1481 dans un but à la fois politique et religieux par Ferdinand

i. Voir ci-dessus, t. IV, p. 468,409.

et Isabelle la Catholique * ; et en Italie, à llnquisilion ecclésiastique, réorganisée en 1542 sous Tinfluence du cardinal Carafîa, qui la forlifîa encore quand il fut devenu pape en 1555 sous le nom de Paul IV *. Dans les deux pays, llnquisilion redoubla d'activité sous le pontificat de Pie V (1566-1572) ».

Nouvelles Institutions ecclésiastiques. — Les évèques n'avaient pas partout des hérétiques à convertir ou à réprimer; ils avaient partout leur clergé à réformer. Un grand nombre s'occupèrent avec persévérance du rétablissement de la discipline; et, pour atteindre ce but, se servirent des moyens recommandés par le concile de Trente : visites régulières dans les paroisses, réunions périodiques de synodes, promulgation de statuts synodaux, exercices préparatoires au sacerdoce, fondation de séminaires pour la formation et l'éducation des clercs. Cette institution des séminaires, qui devait devenir générale dans l'Eglise, était alors une innovation; jusqu'alors les clercs avaient fait leurs études seuls ou dans les Universités. Parmi les évèques qui se sont fait remarquer par leur zèle pour la réforme, après Charles Borromée, qui est resté le modèle achevé des pasteurs, il faut citer le cardinal de Marquemont, archevêque de Lyon, Charles de Montchal, archevêque de Toulouse, Taugustin Alain de Solminihac, évêque de Cahors, le doux François de Sales, évêque de Genève (1602-1622), Barthélémy de Donnadieu, évêque de Comminges, Toratorien J.-B. Gault, évêque de Marseille, etc.

Les papes de leur côté ne restèrent pas inaclifs, et, par différentes mesures, surent prolonger et affermir Teffet produit par les décrets disciplinaires du concile de Trente. Le concile, entre autres choses, s'était préoccupé des moyens d'empêcher la diffusion des livres hérétiques et l'altération des livres canoniques. Les papes s'en préoccupèrent à leur tour. — Dès 1559, Paul IV avait fait rédiger un catalogue ou fndex de livres dont la lecture était interdite à tous les catholiques, sous peine

Page 1