‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 39 sur 125 · Né à Troyes, vers 1540, mort après · texte numérisé non relu

Né à Troyes, vers 1540, mort après

Celle-ci s'adressait aux lettrés seuls, qui fréquentaient peu le théâtre. Le peuple et les bourgeois sans lettres demeuraient fidèles au vieux genre comique, et se plaisaient encore à voir jouer les anciennes farces dans une forme un peu rajeunie.

Les prosateurs : Amyot. — Si Ton admet qu'une langue soit surtout un magasin, un trésor de mots et de tours, Amyot \ dans notre langue, est parmi les plus grands écrivains, et tel était bien Tavis de Montaigne : « Je donne la palme à Jacques Amyot sur tous nos écrivains français », dit-il. Et Vaugelas, au siècle suivant, dans ce xvu" siècle en général si dédaigneux des gloires du passé, rendait un hommage éclatant au style d' Amyot : « Personne n'a jamais mieux su le génie et le caractère de notre langue. » Il va plus loin; après l'épuration commandée par Malherbe, et acceptée par l'Académie, Vaugelas ose écrire : « Bien que nous ayons retranché la moitié de ses phrases et de ses mots (car la langue d'Amyot est en effet merveilleusement riche), nous ne laissons pas de trouver dans l'autre moitié presque toutes les richesses dont nous nous vantons et dont nous faisons parade. »

Une telle gloire d'écrivain fut rarement accordée à de simples traducteurs, et Amyot n'a guère fait que traduire; encore ses traductions laissent-elles fort à désirer du côté de l'exactitude, mais elles ont, ce qui est plus rare, la fraîcheur et la vie. Amyot a révélé Plularque à la France, et par là ce traducteur, qui avait modestement renoncé, en écrivant, à penser par luimême, se trouve avoir exercé une plus grande influence, et plus profonde, et plus durable, que la plupart des penseurs et des philosophes. Toute la Grèce et Rome entière sont dans Plutarque, mais singulièrement embellies, transformées, élevées au sublime par la plume complaisante d'un aimable sophiste. Or toute la France moderne, sauf quelques lettrés, quelques érudits, ne connut l'antiquité qu'à travers Plutarque, traduit par Amyot. Depuis Montaigne (que Plutarque rendait emphatique, au point de le faire s'écrier : « Nous autres ignorants étions perdus, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier ») jusqu'à Vauve-

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