‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 51 sur 125 · L^ÂRT EN ALLEMAGNE, ANGLETERRE, ESPAGNE · texte numérisé non relu

L^ÂRT EN ALLEMAGNE, ANGLETERRE, ESPAGNE

sabeth se constitue, pour se continuer bien après la mort de la reine. Quoiqu'elle n*ait fait construire pour son compte que la galerie de Windsor, Elisabeth encourage, dans rarislocratie, l'édification de grands châteaux à la campagne et de palais à la ville ; et par là elle exerce sur la propagation du style de la Renaissance une action indirecte. Les formes de la Renaissance italienne, les chapiteaux corinthiens ou ioniques, les entablements doriques, les pilastres et les « ordres » commencent à l'emporter sur les souvenirs gothiques, dont la persistance se fait pourtant sentir encore et anime çà et là les silhouettes. — John Thorpe, le premier architecte d'Elisabeth et de Jacques I", dirige les travaux de Bethnal green, Kirby House, Audley End, Wollaton Hall, HoUand House , Old Somerset House , Hatfied House , Bramshill. — Thomas Holt d'York, imitateur de Philibert de l'Orme, construit une partie de la bibliothèque Bodléienne à Oxford (1597-1601). — Inigo Jones (1572-1651), après plusieurs voyages d'études en Italie, construit la façade de St-John's Collège à Oxford, et le palais de Whitehall à Londres (1619- 1621). — Les postes de peintres du roi et de la reine sont d'ailleurs occupés par des étrangers, Italiens ou Flamands, jusqu'à l'arrivée de Van Dyck. Celui-ci en 1620, fait à Londres un voyage, y retourne en 1627 et revient en 1632 s'y établir définitivement, attiré par la faveur royale, retenu par l'accueil empressé, flatteur et lucratif de la plus noble clientèle. C'est lui, à vrai dire, qui fut le véritable créateur de l'école anglaise de peinture que nous verrons se développer par la suite.

L'art en Espagne. — Au réalisme âpre et fougueux qui était dans les instincts de l'art espagnol et que le contact des Flandres et de la Bourgogne au xv* et au xvi* siècle n'avaient pu que servir, l'esthétique italienne de la Renaissance avait opposé son < idéalisme > abstrait et impersonnel. Encouragés par Charles-Quint et Philippe II, les artistes italiens s'étaient établis nombreux dans le royaume, et jusque sous Philippe IV, ou les vit rester à la cour, avec le titre de peintres ou sculpteurs du roi, même à côté d'unVelasquez, contre lequel ils prétendaient défendre le grand art. Un Vincenzio Carducho, en 1633, dans ses Dialogties sur la peinture^ parlait avec dédain de ces artistes

c qui, sans carton préalable, jettent à même leurs couleurs sur la toile et se contentent de peindre des natures mortes ou des portraits, genres évidemment secondaires et qu*on ne saurait comparer aux œuvres qui exigent de longues méditations, du style, des qualités d'un ordre supérieur ». L'influence florentine de Yasari est là assez sensible, et on la retrouvera encore dans \Arie de la pintura (1649) de Pacheco, peintre médiocre, quoique dévot admirateur de Raphaël. Mais Tart vénitien avait fait des conquêtes encore plus rapides, exercé sur les peintres espagnols une plus profonde influence. — Louis Fernandez Navarrete (f 4579), Juan de las Roëlas (f 1625), coloristes hardis et vigoureux, s'en étaient inspirés. Ils avaient rendu possible l'apparition de Herrerale Vieux (1579 f 1656), dont Isi, rude énergie, la manière âpre et vigoureuse, le réalisme passionné jusqu'à la brutalité, le goût pour les scènes de martyres, de torture ou d'extase répondaient si bien au mysticisme sensuel et à l'ascétisme violent du catholique pays de l'Inquisition et des auto-da-fe, — L'œuvre de Josef (ou Giuseppe de Ribera, 1588-1656), Espagnol de naissance et de tempérament qui vécut surtout à Naples, celle de Francisco de Zurbaran, le peintre le plus convaincu, le plus expressif et le plus suggestif de la vie monastique, participent du même caractère. Avec leurs vives oppositions d'ombres et de lumières, elles achèvent de donner à la peinture espagnole une allure triste et farouche. — Don Diego Velasquez de Silva allait la faire sortir du cloître, la mettre en contact plus direct avec la vie, et, dans le règne grandissant du classicisme, se lever à l'extrême sud de l'Europe comme le représentant d'un réalisme souple, affranchi et puissant, au moment même où, au nord, Rembrandt et les peintres hollandais, sous d'autres influences, dans un milieu politijque et moral tout à fait difl'érent, faisaient entendre contre l'esthétique académique une protestation non moins retentissante. Velasquez vécut jusqu'en 1660, Murillo jusqu'en 1682. Le commentaire de leur œuvre trouvera sa place dans l'étude de la seconde moitié du xvn® siècle.

BIBLIOGRAPHIE

Voir au tome IV la bibliographie du chapitre vu, p. 303-305 et en outre :

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