‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 56 sur 125 · Voir ci-dessous, chap. xiv (Espagne · texte numérisé non relu

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représenter les crimes dont il chargeait son âme en soutenant les protestants. Lorsque le grand -prieur arriva, le cardinal venait de mourir (4 déc. 1642). Il mourait en plein triomphe, satisfait de son œuvre, sans remords et sans regret. Il avait trouvé la France affaiblie par des discordes intestines, déconsidérée par les hésitations de sa politique, menacée dans son influence par les progrès des Habsbourg, assiégée dans ses frontières par les envahissements des Espagnols : il lui avait rendu confiance, avait groupé sous sa direction des alliés intéressés à sa puissance, lui avait indiqué le but de ses ambitions légitimes, lui avait donné le Roussillon, TArtois, la Lorraine et TAlsace. En face de ces admirables résultats, poursuivis avec une persévérance que rien n'avait lassée et mérités par les plus hautes qualités qu'aucun homme d'État ait jamais mises au service de son pays, les ennemis mêmes de Richelieu éprouvent une involontaire admiration. Montesquieu, qui ne l'aimait pas, s'incline avec respect c devant ce puissant génie qui dévora l'Europe ». Pour nous, à qui de nouveaux documents ont permis de pénétrer plus avant dans l'intelligence de ses desseins, Richelieu reste la plus haute personnification du génie politique français. Mais ce n'est pas à la reconnaissance de la France seule qu'il a le droit de prétendre ; c'est à celle de l'Allemagne, qu'il a sauvée du despotisme des Habsbourg, à celle de l'Europe entière et de la civilisation.

Condé, Turenne, Torstenson. — Les difficultés intérieures contre lesquelles se débattit la régence d'Anne d'Autriche et surtout l'incurie de Mazarin en matière de finances auraient cependant compromis notre situation si les ressources des Habsbourg n'avaient été épuisées par vingt-cinq ans de guerre et si la fortune n'avait suscité deux généraux de premier ordre qui fixèrent la victoire sous nos drapeaux : Turenne etCondé. Formés à l'école de Gustave-Adolphe, ils appliquèrent ses leçons avec une telle supériorité qu'ils semblèrent avoir renouvelé l'art de la guerre. L'audace de Condé dans les batailles et celle de Turenne dans les manœuvres, la rapidité de leurs allures et la hardiesse de leurs conceptions assurèrent à nos armées une supériorité manifeste et triomphèrent

enfin des dernières résistances de Torgueil habsbourgeois. La victoire de Rocroy, qui ouvre avec tant d*éclat le règne de Louis XIY (19 mai 1643), est une grande date de Thistoire militaire et politique. Lorsque le jeune duc d'Enghien, après avoir enfoncé avec Gassion les escadrons du duc d*Albuquerque et de Francisco de Mello, réunit ses forces c contre les vieilles bandes » du comte de Fontaine < demeurées inébranlables au milieu de tout le reste en déroute », et après trois assauts furieux, brisa enfin cette redoutable forteresse, < le respect qu*on avait en Europe pour les armées espagnoles se tourna

du côté des armées françaises Cette journée devint Tépoque

de la gloire française et de celle de Condé » (Voltaire).

L*année suivante, Mazarin chargeait Turenne de réorganiser les troupes weimariennes, cruellement éprouvées par la mort de Guébriant à Rottweil et la défaite de Rantzau à Tuttlingen (nov. 1643). De ses chefs précédents, le maréchal d'Harcourt, Bernard de Saxe-Weimar, le cardinal La Valette et le prince Henri de Nassau, son oncle, Turenne avait appris avant tout à ne se décider qu'après de longues et mûres réflexions, mais à exécuter ses desseins avec hardiesse et persévérance. Prudent par tempérament et audacieux par volonté, toujours maître de lui, incapable de défaillance et tirant une leçon de chacun de ses échecs, ses manœuvres < pleines de sagesse et de génie et fécondes en grands résultats », ont mérité que Napoléon les recommandât à Tétude des militaires. La bataille de Fribourg (3 et 5 août 1644), où Condé et Turenne se ruèrent à lassant des redoutables positions de Mercy, ne fut qu'un carnage; mais Mercy, menacé sur ses derrières, fut contraint de battre en retraite et de livrer ainsi le Rhin aux Français. Philippsbourg fut pris par Condé, Worms et Mayence par Turenne. Mercy fut plus heureux à Marienthal (15 mai 1645); mais Turenne, au lieu de se replier sur le Rhin, marcha vers la liesse où il rallia un corps suédois. Lorsqu'il eut été rejoint par Condé, ils reprirent Toffensive et attaquèrent Mercy au village d'Allerheim, à quelque distance de Nordlingen ; la mort de leur général jeta le désordre dans les rangs des Bavarois, et, malgré une charge désespérée de Jean de Wœrth, les Impériaux furent battus.

Pendant que les Français s'établissaient solidement dans rÂllemagne méridionale et que Maximilien, menacé dans ses États, commençait à envisager la perspective d*une paix séparée, les Suédois, dégagés par ces vigoureuses attaques, remportaient sur les Impériaux d'éclatants succès. C'est en vain que Ferdinand décida Christian IV de Danemark à joindre ses armées aux siennes (1643). Torstenson, le plus remarquable peut-être des successeurs de Gustave-Adolphe dont il avait organisé et commandé l'artillerie, avec une rapidité d'autant plus admirable qu'il était torturé par la goutte qui l'obligeait à se faire porter en litière, se dérobe aux Impériaux. Lentement suivi par Gallas, qui n'avait jamais été qu'un soudard et qui ne dégrisait plus, — on l'appelait la < ruine des armées », — il envahit le Holstein et le Slesvig, tandis qu'une autre armée suédoise entrait en Scanie. Christian lY n'a plus d'autre idée que de se dégager d'une entreprise où il s'était risqué à la légère et, assez vite après, la paix de Bromsebro (1645), conclue sous la médiation de la France, rend a la Suède sa pleine liberté d'action. Cependant Oxenstierna avait décidé le prince de Transylvanie à envahir la Hongrie, où les protestants s'agitaient. Torstenson, qui accourait à son aide, envahit la Bohème et écrase l'armée impériale à Jankov, à trois milles de Tabor (6 mars 1645). La route de Vienne était ouverte et Ferdinand III se disposait à abandonner sa capitale. Il frappait à toutes les portes, demandant des subsides à Innocent X (1644-1655), qui n'osait les lui envoyer, offrant à Maximilien de Bavière une partie de la Silésie ou de la Bohème. La Turquie, qui ne Voulait pas que son vassal devint trop puissant et qui menaça Ràkôczy d'une rupture s'il ne faisait pas la paix avec l'Autriche, ménagea un répit à l'Empereur : il fut trop heureux d'acheter la neutralité de la Transylvanie par l'abandon d'une partie de la Hongrie. Réduit à ses seules forces, Torstenson dut se replier, mais les provinces héréditaires demeuraient ouvertes à l'invasion et jusqu'à la fin de la guerre, elles ne cessèrent plus d'être le théâtre des hostilités. Une bataille heureuse ou une marche hardie pouvaient amener les Suédois ou les Français sous les murs de la capitale de l'Autriche. En même temps, l'Allemagne, tou-

LA PÉRIODE FRANÇAISE îi75

jours plus lasse de la guerre, abandonnait TEmpereur : TÉlectéur de Saxe signait avec les Suédois une convention par laquelle il s*engageait à laisser ses États ouverts à leurs troupes et à leur payer un subside considérable; la Bavière entrait en relations avec la France. Ferdinand comprit que s*il voulait éviter des désastres irréparables, il devait se hâter de traiter et les négociations, jusqu alors très languissantes, prirent bientôt une tournure plus sérieuse.

Congrès de Munster et d'Osnabrflck. —Ni Louis XIII, ni l'Électeur de Bavière ni l'Empereur n'étaient indilTérenls aux souffrances de leurs sujets et ils apportaient dans les tentatives de rapprochement plus de sincérité qu'on ne le suppose d'ordinaire. La guerre entre l'Allemagne et la France demeurait toute politique, n'avait aucun caractère d'animosité nationale. Malgré ces bonnes volontés réciproques, la paix était difficile, à cause des intérêts multiples qu'elle touchait. La France, sur laquelle pesait depuis un siècle et demi le cauchemar des ambitions austro-espagnoles, était bien résolue à rendre désormais impossible tout essai de monarchie universelle. Elle exigeait du successeur de Charles-Quint qu'il abdiquât sans arrièrepensée la primauté du monde chrétien : le sacrifice était lourd et il est naturel que Ferdinand III ne s'y soit pas résigné aisément. Aussi les intentions pacifîques manifestées en 1637 par la diète de Ratisbonne demeurèrent-elles sans effet immédiat. Le pape Urbain YIII avait offert sa médiation et désigné Cologne pour le siège du congrès : mais les protestants refusèrent d'accepter son intervention et les négociations ne commencèrent même pas. Les projets d'entente n'étaient pourtant pas abandonnés, et, en 1641, une convention préliminaire décida que des conférences pour la paix s'ouvriraient à Munster entre la France et l'Empire, à Osnabrûck entre l'Empire et les Suédois. La date fixée était le mois de mars 1642.

Les ambassadeurs arrivèrent très lentement, le nonce Chigi d'abord, puis l'ambassadeur vénitien, Contarini, qui devait présider les discussions d'Osnabrûck : les médiateurs jouèrent d'ailleurs un rôle fort effacé ; par une cruelle ironie de la fortune, le pape présidait aux funérailles du moyen âge. Les

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envoyés français ne parurent qu'au printemps de 1644. Henri d'Orléans, duc de Longueville, était le chef officiel de Tambas* sade, mais le soin des affaires revenait tout entier à Claude de Mesme, comte d'Avaux, et à Abel Servien.

L'Espagne avait apporté au congrès des dispositions intransigeantes, très différentes de celles qui animaient l'Empereur : ses désastres, en ruinant ses forces, n'avaient pas abattu son orgueil et elle préférait mourir debout; elle souffrait moins de la guerre, précisément parce que l'état de misère de ses peuples avait créé chez eux une sorte d'insensibilité. Très au courant des événements qui se préparaient en France, elle espérait que la haine des grands contre Mazarin lui fournirait l'occasion d'une revanche, et ne désirait qu'une chose, se dégager de la guerre avec la Hollande, pour réunir contre nous ce qui lui restait de force. Il lui eût été impossible dans ces conditions de trouver un meilleur représentant que don Gaspard Bracamonte, comte de Peftaranda; non moins dévot à son pays qu'à son Dieu et à son roi, Peftaranda était le véritable type dé ces Espagnols, grandis dans la superstition de Charles-Quint et de Philippe H, dont la morgue hautaine enveloppait tous les autres peuples dans un égal mépris.

Parmi les protestants, la Suède ne désirait guère plus la paix que l'Espagne. La guerre, suivant l'expression d'Oxenstierna, était devenue la principale institution de l'État; elle en était aussi la plus lucrative industrie. En outre, le chancelier craignait que la fin des hostilités ne marquât le commencement de graves difficultés intérieures. La reine Christine, qui lui trouvait la main lourde et la protection impérieuse, était plus disposée à suivre l'impulsion de la France, qu'Oxenstierna accusait de duplicité. Ces dissidences avaient leur contre-coup dans l'ambassade, où le fils du chancelier, Jean Oxenstierna, s'entendait assez mal avec son collègue Salvius.

Les premiers mois furent presque entièrement remplis par des questions préliminaires et des discussions d'étiquette ; des deux côtés, le parti pris de gagner du temps était manifeste, la fortune des armes était encore indécise : la parole était aux généraux. Les négociations ne commencèrent réellement que

lorsqu'arriva le premier ministre de Ferdinand III, ïrautmannsdorf. Sa taille dégingandée, son nez retroussé, sa perruque bizarre, qui lui cachait presque les yeux, provoquèrent d*abord quelques sourires, mais on rendit bientôt hommage à sa franchise, à sa droiture et à sa modération. En pleine possession de la confiance de TEmpereur, il apportait la volonté bien arrêtée d'en finir.

Les demandes de la France ne soulevèrent guère d'opposition. Les discussions prouvèrent avec une clarté manifeste combien le sentiment national 8*était alors atténué dans TËmpire et combien les préoccupations patriotiques y étaient dominées par les intérêts particuliers. Non seulement les alliés protestants de la France, mais les plus puissants des souverains catholiques acceptèrent sans protestation la cession de TAlsace ; leurs scrupules, s'ils en eurent, ne résistèrent pas au désir de s'assurer une protection efficace contre les rancunes des Habsbourg. A Munster, le Collège des princes approuva sans réserve les sacrifices de Ferdinand : Maximilien jugea qu'il n'allait pas assez loin, le pressa d'abandonner Brisach. Les difficultés ne surgirent qu'à propos des exigences de la Suède et du modus vivendi entre les deux partis religieux. Les Suédois, dans les rangs desquels combattaient beaucoup d'émigrés tchèques, demandaient que l'on en revint à l'état de choses tel qu'il existait en 1618 : c'était arracher aux Habsbourg le seul fruit réel qu'ils eussent conservé de leurs victoires premières, les ramener à l'anarchie féodale, préparer la dissolution de leur monarchie. Ferdinand se refusa au suicide qu'on lui proposait. Il avait aussi des scrupules à abandonner l'Espagne : il résolut de tenter un dernier effort. La France, tout en blâmant l'intransigeance de la Suède, était obligée de la soutenir tant qu'elle-même ne serait pas parvenue à s'assurer le concours des princes catholiques. Mazarin était ainsi ramené à la politique de Richelieu; s'il réussissait à séparer l'Empereur de ses coalisés allemands, il l'obligeait à déposer les armes, et la France serait alors en mesure d'imposer à ses alliés des conditions équitables. Jusqu'au dernier moment, sa politique gardait ce caractère de mesure et de tempérament qui justifiait ses succès.

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Le principal objectif de Mazarin dans les dernières campagnes fut d'enlever à Ferdinand Tappui de ses auxiliaires, et surtout du plus puissant d'entre eux, Maximilien de Bavière. Menacé dans sa capitale par Turenne et Vrangel, TÉlecteur sollicita un armistice (mars 1647). Par malheur, dans le même temps, la Hollande signait une suspension d'armes avec l'Espagne et, pour couvrir la frontière du nord, le cardinal rappelait d'Allemagne la plus grande partie de son armée. Très irrité contre les Suédois qui refusaient obstinément de lui abandonner le Palatinat, Maximilien reprit les hostilités. L'Autriche avait rassemblé ses forces pour une suprême tentative : elle fut repoussée sur tous les points. La révolte de Masaniello à Naples et l'expédition de Brézé contre les Présides de Toscane retinrent en Italie les secours espagnols sur lesquels elle avait compté. Pendant que Condé, dans les Pays-Bas, remportait l'éclatante victoire de Lens (20 août 1648), Turenne et Vrangel battirent les Impériaux à Susmarshausen, malgré des prodiges de valeur de MontecucuUi, et forcèrent le passage du Lech. Les Franco-Suédois s'avancèrent sur l'Inn et menacèrent Vienne; la Bavière fut horriblement ravagée, et Maximilien, réfugié à Salzbourg, ordonna à ses commissaires à Osnabrûck de ne plus tenir compte des résistances de l'Empereur et de signer les préliminaires de paix (16 septembre 1648). Le comte de Kœnigsmark s'était détaché de Vrangel, avait envahi la Bohême et marchait sur Prague. Il surprit la forteresse des Hratchany et la partie de la ville située sur la rive gauche de la Vltava (la Petite-Prague) ; mais, tandis que ses troupes s'attardaient au pillage, la population courut aux armes et fortifia le célèbre pont de Charles IV. Les étudiants de l'Université, conduits par leurs professeurs jésuites, opposèrent aux assaillants une héroïque résistance. Les Suédois avaient essayé par ce hardi coup de main sur la Bohême d'arracher à Ferdinand les concessions auxquelles il se refusait; après leur échec, ils désespérèrent d'obtenir pour les protestants tchèques les libertés qu'ils réclamaient. L'Empereur, de son côté, abandonné par les princes d'Allemagne, se décida à traiter sans l'Espagne.

Paix de *Westphalle. — L^Allemagne était à bout de forces. Qu*on fasse aussi large qu'on voudra la part des exagérations des contemporains, un fait demeure incontestable : il lui fallut plus d*un siècle pour réparer ses pertes. Des milliers de villages avaient disparu ; dans les provinces les moins éprouvées, la population avait diminué de moitié, ailleurs des trois quarts ou même des sept huitièmes : dans le Brandebourg, on voyageait des journées entières sans rencontrer un paysan; en Bohème, le chiffre des habitants était tombé de 3 millions à 800 000; en Saxe, les loups, par bandes, pénétraient dans les villages. Plus de commerce ni dlndustrie : Augsbourg n'avait plus que 16000 habitants, Aix-la-Chapelle 25000.

La misère morale était plus navrante encore et plus profonde, et la convalescence fut aussi plus pénible et plus lente. Le célèbre roman de Grimmelshausen, le Simplicissimus, nous donne une idée de la grossièreté des mœurs, de la détresse intellectuelle et physique de la génération qui avait grandi au milieu de cette épouvantable tourmente. L'Allemagne du xy"" et du xv!"" siècle, si riche, si active, où la vie de l'esprit était si intense, retournait à la barbarie. La littérature, pleine de promesses encore au début du siècle, quand, sous l'influence d'Opitz et des poètes silésiens, elle se retrempait à l'étude de l'antiquité, se taisait ou ne produisait plus que des œuvrer de troisième ordre, dans lesquelles l'absence de l'imagination créatrice cherchait à se dissimuler sous l'enflure des métaphores et l'amphigouri des images. « La langue, si savoureuse à l'époque de Luther et de Hutten, était maintenant alambiquée, plate et ampoulée, grossière et servile. » La race allemande a donné bien des preuves de ses admirables qualités; elle n'a jamais été plus héroïque que lorsque, au lendemain de ses épouvantables soufi^rances, elle se mit à relever l'édifice de sa fortune ruinée.

Les traités de Westphalie, signés le même jour à Munster et à Osnabruck (24 octobre 1648), ont réglé le droit public européen jusqu'à la Révolution française.

La France gardait les Trois-Évêchés, qu'elle possédait depuis 1559, Moyenvic et Pignerol. Elle obtenait le droit de gar-

nison dans Philippsbourg. Elle recevait Brisach, le landgravial de Haute et Basse-Alsace, avec le Sundgau et les dix villes impériales. Les articles 73, 74 et 79 ne laissaient aucun doute sur Tabandon complet et définitif de la province d'Alsace par l'Empereur et l'Empire, < sans aucune réserve, avec toute espèce de juridiction, de supériorité et de souverain pouvoir ». Les réserves du paragraphe 87 étaient annulées par la conclusion en vertu de laquelle < rien ne devait être considéré comme disirait par cette déclaration de tout le droit de souverain pouvoir qui a été accordé plus haut ». La rédaction avait paru assez claire aux négociateurs français pour qu'ils n'eussent pas cru devoir retarder la paix pour une question de forme; mais les Allemands s'emparèrent immédiatement d'une prétendue ambiguïté des termes pour essayer de contester nos droits. Ce fut l'origine d'un long procès qui se poursuivit jusqu'en 1789 et d*où sortirent en partie les guerres de la Révolution.

La Suède recevait la Poméranie citérieure avec Rugen, l'île de WoUin et les bouches de l'Oder, Stettin, l'évèché de Verden, l'archevêché de Brème, sous réserve de la liberté de la ville, et Wismar dans le Mecklembourg. Mais, tandis que les territoires cédés à la France lui appartenaient en pleine propriété, ceux qu'occupait la Suède ne cessaient pas de faire partie de l'Empire, et la Suède avait droit de siéger à la diète, où elle disposait de trois voix. L'indemnité de 5 millions d'écus qui lui avait été promise fut payée avec une extrême lenteur, et les Suédois de leur côté mirent plusieurs années à évacuer les places qu'ils détenaient en Allemagne.

Le Brandebourg qui avait en vain réclamé la Poméranie tout entière, sur laquelle ses droits étaient incontestables, obtenait avec la Poméranie orientale les évèchés de Halberstadt, Minden et Gammin, et l'expectative de l'archevêché de Magdebourg, qui lui revint à la mort de l'administrateur saxon. La Bavière conservait le Haut-Palatinat et la dignité électorale. On créait un huitième électorat pour le fils de Frédéric V, Charles-Louis, qui rentrait en possession du Palatinat rhénan. La Hesse-Cassel recevait quelques agrandissements qui ne satisfaisaient pas son ambition et ne répondaient guère au zèle et à

la fidélité avec laquelle elle avait servi la cause protestante. L^indépendance de la Suisse et de la Hollande fut définitivement reconnue et elles cessèrent officiellement de faire partie de TEmpire. Le cercle de Bourgogne (Pays-Bas espagnols) resta au contraire rattaché à TAUemagne, mais l'Empereur s*engagea à ne pas intervenir dans la guerre entre la France et TEspagne.

Au point de vue religieux, la paix de Westphalie confirmait les traités de Passau et d'Augsbourg et fixait comme année normale Tannée 1624, c'est-à-dire que chacun des deux partis demeurait en possession des biens médiats et immédiats qu'il occupait à cette date. Les protestants reconnaissaient le réservât ecclésiastique^ et TEmpereur accordait le droit de siéger dans les diètes aux administrateurs des domaines sécularisés. La tolérance, qui en 1555 ne s*appliquait qu'aux luthériens, était étendue aux calvinistes; mais on maintenait le principe : Cujus regio ejus religio. Cependant divers acticles indiquent les progrès, bien faibles encore, des idées de liberté religieuse : Ferdinand III accordait quelques garanties aux Silésiens et, dans toute TAllemagne, les sujets qui ne voudraient pas abandonner leur foi, seraient libres de vendre leurs biens et d'émigrer. Les princes ne tenaient pas à voir diminuer le nombre de leurs con* tribuables et cette réserve modéra leur zèle de propagande. Le Tribunal Impérial et le Conseil Aulique durent toujours renfermer un certain nombre de membres protestants et, en matières religieuses, le Co7*ps évangélique, c'est-à-dire la réunion des Etats non-catholiques, put opposer son veto aux résolutions des diètes.

Le Congrès avait renvoyé à une diète constitutionnelle le soin de régler l'organisation politique et administrative de l'Allemagne. En réalité, ces questions demeurèrent toujours en suspens, c Le lien politique et national qui réunissait les différentes parties de l'Empire, ou, pour employer la nouvelle terminologie officielle, les différents membres du corps gei^maniqucy allait s'affaiblissant sans cesse, et les institutions communes encore existantes n'avaient plus aucune portée » (Himly). Le Saint-Empire n'existait plus, et le Congrès en ratifia la déchéance en confirmant solennellement tous les privilèges et

libertés des Elats : les princes jouirent de la pleine et entière < supériorité territoriale » ; ils eurent le droit de conclure des traités entre eux et avec les princes étrangers, sous la réserve platonique que ces traités ne seraient pas dirigés contre TEmpereur ou TEmpire.

Les traités de Westphalie, très vivement attaqués au début parce qu'ils ne donnaient satisfaction complèle à aucun des partis, finirent par être acceptés par tous comme la charte fondamentale de TEurope moderne. C'est qu'ils représentaient en somme une transaction équitable. La France, solidement établie sur le Rhin moyen, obtenait sans doute un accroissement de forces considérable, mais sa victoire, qui ne lésait aucun droit réel et ne laissait aucune plaie inguérissable, n'était menaçante pour personne. En Alsace, les difficultés que rencontra rétablissement de sa domination ne dépassent pas sensiblement celles qu'avaient opposées aux rois dans les diverses provinces les souvenirs particularistes ou les traditions municipales, et le patriotisme germanique se consola vite d'un sacrifice depuis longtemps préparé.

Les Habsbourg trouvaient dans la soumission de la Bohême et dans celle de la Hongrie, qui désormais n'était plus qu'une question de temps, une ample compensation de leurs échecs sur le Rhin, et comme ils avaient déjà créé une armée impériale, ils étaient libres désormais de constituer, sinon une nation, du moins un Etat autrichien.

En achevant la ruine de l'autorité impériale, la paix de Westphalie complétait l'œuvre de Luther et marquait le dernier terme du développement constitutionnel qui, depuis la chute des Hohenstaufen, tendait à transformer rAllemagne en une oligarchie princière : elle préparait ainsi la renaissance de la nationalité germanique qui devait peu à peu se grouper autour de ses princes. C'est du Congrès de Munster et d'Osnabrûck que date réellement l'Allemagne moderne. Comme à l'époque capétienne, comme à la Révolution, la gloire de la France coïncidait avec un progrès sensible de l'humanité.

BIBLIOGRAPHIE

Il ne saurait être question ici de donner une bibliographie complète de riiistoire de la guerre de Trente ans. On trouve de très nombreuses indications dans Charvériat, dans Ranke, dans les biographies de Bernard par Rose, dans l'histoire de Barthold, dans le 4« volume de Huber, dans E. Denis {Fin de V Indépendance bohème^ 1890, t. II, et La Bohème depuis la Montagne- Blanche, 1903, 1. 1), dans le recueil de Dahlmann et Waitz, dans les bulletins de la Revue historique rédigés par Reuss, etc. Nous nous bornerons à indiquer les ouvrages les plus importants ou les plus curieux à divers titres.

Les deux tableaux complets de la guerre de Trente ans les plus remarquables sont sans doute Charvériat, Histoire de la gueire de Trente ans, 2 vol., Paris, 1878, et la courte histoire de Gindely, Gesch. des SO^"* Kricges (dans la collection Dos Wissen der Gcgenwart), 3 vol. in-12, Prague et Leipzig, 1882.

Dœmneiito opigrlnanx. — Actes, Mémoires, Histoires contemporaines. — Briefe des Pfalzgrafen Johann-Casimir, édit. par Bezold, 2 vol., 1882-1884. -- Briefe Friedrich des Frommen, édit. par Kluckhohn, 2 vol., Brunswick, 1868-72. — Koch, Quellen zur Gesch, d. K. Maximilian //, 2 vol., Leipzig, 1857 et 1861. — Schwarz, Briefe und Akten zur Gesch. Max. Il; 1«> partie : Der Brieficechsel d. K. M. Il mit P, Pius V, Paderborn, 1889; 2« partie : Die Lage der Kath, Kirche, 1891. — Budolfi II epistolx ineditae, éd. B. c. de Pace, Vienne, 1771 ; Briefe und Akten zur Gesch, des 30^** Kriegcs in dcn Zeiten des vortoaltendcn Einflusses der Wiltelsbacher, édit. par Moritz Ritler; l*"" vol. : Grundung der Union (1598-1608), Munich, 1870; 2<^ vol. : Die Union und Heinrich IV (1607-1609), 1874; 3° vol. : Der Mlische Erhfolgekrieg, 1877. — Wittelsbacher Bnefe ans dcn Jahren 1590-1610, édit. par Stieve, Munich, 1885. — ; Villeroy, Mémoires d'État, 1574-159V, avec les lettres jusqu'en 1604, Paris, 1634, 4 vol. — Du Plessis-Mornay, Mémoires et Coirespondance, Paris, 1624, 12 vol. — Bassompierre, Journal de ma vie (Société de l'histoire de France), 1870. — Henri IV, Lettres missives (Coll. des Doc, inédits). — Henri IV, Correspondance avec Maurice le Savant, édit. par Rommel, Paris, 18i0. — Bongars (ambassadeur en Allemagne), Lettres, La Haye, 1695, 2 vol. — De Thou, Historiarum sui timpoiis litri CXXXVlll, 15^3-lGlO, Londres, 1733, 7 vol. in-P». — Histona soc. Jesu, par Orlandino (Rome, 1615), Possino, Sacchino, etc., Anvers, 1620-1715, G vol. — Imago primi sœculi Soc, Jesu, Anv., 16iO. — Ribadeneira, Alcgnmhe et Sottivel, Bibl, Script. Soc. Jesu, Anv., 1643. — Oretser, S. J., Hist. ord. Jesu, Ingolstadl, 1594. — StewartU Apologia pro S. J., Ingolstadt, 1593. — Lotichius, Rerum germanicarum sub Mathia, Ferd, Il et lll gestarum libri. — Abelin, Theatrum Europœum oder Bcschreibung aller denkxDiirdiger Gesch,, 1617. Francf., 1635-1738, 21 vol. info. — Khevenhûller, Annales Ferdinandei, 12 vol. in-f", Leipzig, 1716. — Oualdo Prioraro, Istoria délie guerre di Ferdin. Il et lll, Venise, 1640. — Lamormain, Ferdinandi II hojnanorum impei^atoris virtutes, 1637. — Korrespondenz K. F. Il und seiner erlauchien Familie mit P, Martinus Becanus und P. W. Lamoi'nmini, édile par Dudik {Arch, fur OEster. Gesch,, t. LIV). — Carafa, Relatione dello stato delV imperio e délia Germania, 1628. — Slavata, Mémoires (en tchèque), édité par Jirclchek, Prague, 1866. — Paul Skala (en tchèque), Histoire de la Bohême, édité par Tieftrunk, Prague, 1873. — Beckovsky, La messagère des anciens événements en Bohème (en tchèque), édité par Rezek, 4 vol., Prague, 1880. — Fiedler, Rapports des ambassadeurs vénitiens au XVll^ siècle dans les Fontes

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Pour les sources françaises (sur Henri IV, Richelieu, Mazarin), voir ci-dessus, chapitres vi et vni et t. VI, chap. i. — Pufendorf, Commentarioï'um de rébus suédois libri XXVI ab expeditione Gustavi-Adolphi, in-f*', Utrecht, 1686;

— De fœdeiibus inlev Sueciam et Galliam, La Haye, 1709; — Schriftsiucke von Gustave-Adolph, zumeist an evangelische Fursten Deutschland's, édité par G. Droysen. Leipzig, 1877. — Sébastian Buenter, Beschreibung des schwed. KriegeSj édit. par de Weech, Leipz., 1875. — Feuquières, Lettres et négociations, 1633-36, Amsterdam, 1752, 2 vol. in-8. —Feuquières, Lettres inéditeSi Paris, 1845, 6 vol.

Cowkgrem de liVcistpliAlie.^ — On trouvera tous les renseignements généraux dans les Annales de TEcole libre des sciences politiques, 1890, p. 129 : Répertoire de l'histoire diplomatique de TEurope depuis le Congrès de Westphalie. — Cp. Heigel, Das westph. Friedenswerk, dans ï^itschrift fur Gesch, und Politik, 1888. — Les textes sont réunis dans Dumont. Corps diplomatique. — Lundorp, Acta publica von Anfang Ferd. Il, 4<^ édit., Francfort, 1661. — Meiem, Acta pacis Westphalicœ, Hanovre, 1734, 6 vol. in.f), — Bougeant. Hist, des guerres et des négociations qui précédèrent le traité de Westphalie, Paris, 1727. — Bon résumé dans Odhner, Die Politik Schwedens im Westph, Fùrstencongress und die Grundung der schwed. Herrschaft in Deutschland, Gotha, 1877. — Lettres de MM, B. et S. (d'Avaux et Servien), Paris, 1650, in-12. — D'A vaux, Correspond, inédite avec son père (1627-1642), Paris, 1887, in-8. — Ogier (aumônier du comte d'Avaux), Journal du Congrès de Munster, publié par Boppe, Paris, 1893. — Con*espondencia de los plenip. esp. en cong. d. Munster, dans la Col. de doc. ined. para la hist. d'Espana, v. 82-84, Madrid, 1885. — Hippolithus a Lapide, Bisserlatio de ratione status in Imperio nostro germanico, 1640 (on est aujourd'hui d'accord pour attribuer à Chemnitz cet ouvrage très curieux pour Tétude de Topinion publique en Allemagne). — Pufendorf, Severini de Monzambano de statu xmperîi german. libei*, nouv. éd. 1714.

Lilvreis. — Schiller, Gesch. des 30'^ Krieges, 2 vol., 1793, continué par Woltmann, 1808, 2 vol. — Ranke, Die rœmischen Paepste, ihre Kirche und ihr Staat im XVI*^ und XYII*"* JaArA., 1834. — Ranke, Franzœsische Gesch.^ vomehmlich im À'V/*" und XV/^*Ja/irA., 1839 (traduction française). — Ranke, Zur deutschen Gesch., vom Religionsfneden bis zum 30^ Krieg, 1859, t. IV. — Huber, Gesch. Oesteneich's, t. IV (1547 à 1618), Gotha, 1892. — OrOnhagen, Gesch. Schlesien's, H. Gotha, 1886. — Kiopp, Gesch. des 50" Krieges, i^^ vol., 1893. — Korzan et Rezek, Histoire de la Bohême et de la Moravie, de 1620 à 1648 i en tchèque), Prague, 1891 . — M. Ritter, Deutsche Gesch. im Zcit alter des 30^ Krieges (dans la Bibliothek deutscher Gesch., 2 vol.), Stuttgart, 1889. — Gindely, Rudolf II und seine Zeit (1600-1612), Prague, 1863, 2 vol.

— Gindely, Gesch. des 30^ Krieges (ouvrage de premier ordre, malheureusement interrompu par la mort de Fauteur), Prague, 1878-1880. — Hurter, Gesch d. K. Ferdinand' s II und seiner Eltern, Schaffhouse, 11 vol., 1850-64.

— Schreiber, Maximilian 1 der Katholische und der 30* Krieg, 1868. Ouvrage* d^nn earaetère moliui ^énénU* ~ Préludes de la

GUERRE. — Schulte, Geseh, der Quellen und LUteratur des evangeliscJien Kirchenrechts in Deutschland und (Esteireich, Stuttgart, i881. — Heppe, Gesch, des deutschen Protestantismus, Marb., 1852. — Domer, Gesch. der prot. Théologie', bes. in Deutschland, Munich, 1867. — Ritachl, Gesch, des Pietismus, t. I, Bonn, 1880. — Preger, Ftaccius lllyricus und seine Zeit, 2 vol., Erlangen, 1859. — Dœllinger, Die Refotmation, ihre innere Entwicklung iindihre Wirkungen, Ratisbonnc, 1846. — Zimgiebl. Studienùber das Institut der Gesellschaft Jesu, mit bes. Beriicksichtigung der pssdagog, Wivksamkeit dièses Ordens in DetUschland, Leipzig, 1870. — Job. Huber, Die Kirch.-polit, Wirksamkeit des J. 0., erlin, 1873. — Maurenbreoher, Gesch. der KathoL Reformation, Bonn, 1880. — Brosch, Gesch. des Kirehenstaats, Gotha, 1880 1882. — Philippton, Les origines du catholic. moderne, Bruxelles, 1884.

— De Falloux, Saint Pie V, Paris, 1845. — Hûbner, Sixte-Quint. Leipzig, 1871. — Wiedemann, Gesch. der Reformation und Gegenre format ion im Lande unter der Enns, Prague, 2 vol., 1880. — Heidenhain, Die Unionspolitik Landgraf Philipp's von Hessen, 1557-1562, 1 vol.. Halle, 1890. — Kluckhohn, Friedrich der Fromme, der Schiitzer der reformirten Kirche, Nordlingen, 1878.

— Max Louen, De?* Kœlnische Krieg, Golha, 1882. — Iioasen, Der Anfang des Strassb. Kapitelstreites, Munich, 1889. — M. Ritter, Gesch. der deutschen Union von der Vorbereitung des Bandes bis zum Tode K. Rudolf s (1598-1612), 2 vol., Schafïhouse, 1867-73. — Stieve, Die Politik Baiems (1591-1607), Munich, 1878. — Stieve, Die Verhajidlungen iiberdie Nachfolge d. K. Rudolf!!, Munich, 1879. — Stieve, Das Kirchliche Polizeiregiment in Baieimunter Max, /, 1876. >> Bezold, K. Rudolf !! und die heiUge Liga, Munich, 1886. — Philippson, Heinrieh !V und Philipp l!I, 3 vol. in-8, Berlin, 1870. — Anquez, Henri IV et V Allemagne, Paris, 1887.

PÉRIODE BOHÊME, PALATINE ET DANOISE. — ReuBB, Destruction du protestantisme en Bohême, Paris, 1868 (indispensable, avec une excellente bibliographie). Il faut le compléter par les travaux considérables qui ont para depuis en Bohême. — Bilek, Histoire de la confiscation en Bohême, 2 vol., 1882. -—Bilek, La réforme catholique en Bohême, Prague, 1892. — Rezek, Hist. de Cinvasion des Saxons en Bohême, 1631-1632, Prague, 1881. — Rezek, Hist. de la Bohême sous Ferdinand IH, Prague, 1890. — Krasl, Le comte d'Harrach, Prague, 1885 (ces cinq ouvrages en tchèque). — Gindely, Gesch. der Gegenrefoi'mation in Bœhmen, Prague, 1894. — Zwiedinek-Sadenhont, Ulrich, Furst von Eggenberg', Vienne, 1880. — Klopp, Tilly im 30"" Kriege, 2 vol., 1861. — Villennont, Ernest de Mansfeld, 2 vol., Bruxelles, 1870. — Opel, Der niedersâchsich-dànische Krieg, 2 vol., 1872. — Von Reitzenstein, Dei' Feldzug des Jahres 4622 am Oberrhein und im Westphalen bis zur Schlacht von Wimpfen, 2 vol., 189M893. — Reichard, Die maritime Politik der Habsburger im XVII*'' Jahrh, Berlin, 1867. — J. v. Sœtl, Elisabeth Stuart (femme du Palatin Frédéric \), 3 vol., 1840.

Gustave- Adolphe et Waldstein. — De Parieu, Gustave- Adolphe, 2 vol., Paris, 1875. — Gfrôrer, Gustav-Adolf, K. von Schweden und seine Zeit., 2 vol., Leipzig, 1869. — G. Droysen, Gustav-Adolf, 2 vol., Leipzig, 1870. — Wittich, Magdeburg, G. A. und Tilly, Berlin, 1874 (voy. Reuss, Revue antique, I, p. 204). — Bahring, Venedig, G. A. und Rohan, Halle, 1885. — Ranke, Gesch. Wallenslein's, Leipzig, 1872. — Tadra, Briefe A. von Waldstein an K. vonHairach, 1625-27, Vienne, 1880.— Hallwich, Wallensteins Ende, ungedriickte Briefe und Akten, Leipzig, 2 vol., 1879. — Schebek, Die Lœsung der Waldstein s Frage, Berlin, 1881. — Schebek, Kinsky und FeuquièreSy

1882. — Hallwich, Mathias Thurn als Zeuge im Proccss Waldstein:^, Leipz.,

1883. — Hildebiand, Waldstein und seine Verbindungen mit den Schweden:

Aktensfucke aus dem scftwed. im Reichsarchiv zu Stockholm^ Francfort, 1885. — Gindely, Waldstein wxhrend seines ersten Generalats, 4625-1630, 2 vol., Prague, 1886. — Gindely, Zur Beurtheilung des K, Gênerais A, von Waldstein (réponse à Hallwich), Prague, 1887. — Oœdeke, W s. Verhandlmgen mit den Scktceden und Sachsen, 1631-34 (d'après les archives de Saxe), Francfort, 1885. — Bilek, Beitrxge zur Gesch. W s, Prague, 1886. — Dyonky, A. de W. jusqu*en 4624 (en tchèque), Prague, 1892. — Irmer, Die Verhandlungen Sckwedens und seiner Verbûndeten mit W., 1631-34 (dans les Publikationen aus der k. preuss. Staatsarchiven, t. XXXV et XXXIX). — 'Wittich, Zur Gesch. W* s., dans la Hist. leitschrift de Sybel, 1892 et 93. — Schmid, Die Wallenstein-Lilteratur dans les Mittheilungen des Vereins fur Gesch. der Deutschen in Bœhmen, t. XVII, XXI et XXIII. — On trouvera Tindication des travaux récents sur Waldstein dans mon livre sur La Bohême depuis la Montagne-Blanche, 1903. Le plus important est celui de Pekaij, très étudié et très nouveau.

Dernière période de la guerre. — Bartliold, Gesch, des grossen deutschen Krieges vom Gustan-Adolph's Tode, 2 vol., 1841-43. — Koch, Gesch. des deutschen Reiches unter der Regierung Ferdinands ///, 2 vol., 1865-66. — Rœse, Bernhardder Grosse von Sachsen-Weimar, 1829, 2 vol. — G. Droysen, Brmh. von Weimar, 2 vol., Leipzig, 1885. — Aleri, Der Tod des H. B, von Weimar, 1873. — Des Roberts, Campagnes de Charles IV duc de Lonmne et de Bar en AUem., en Lorraine et en Franche-Comté, 1634-36, 1 vol., Nancy, 1883. — Gonzenbach, Der General von Erlach, Bem, 1880-82. — Le laboureur. Histoire du maréchal de GuébHant, Paris, 1670, in-f». — Ramsay, Vie de Turenne, 2 vol., Paris, 1735. —Napoléon, Observations sur les campagnes de Turenne. — Dudik, Die Schweden in Bœhmen und Mœhi^en, 1640-1650, Brùnn, 1877. — Tischer, Obei'st Freihen Sigmund Myslik von Hirschov. — Heilmann, Die Feldziige der Bayern, 1643-1645. — Brockhaus, Der Kurfihtcntag zu Nûmberg, in-8, 1640. Leipzig, 1883. — Legrelle, L'acquisition de Strasbourg, Paris, 1880. — Reuss, La sorcellerie aux XVl*^ et XVW siècles. — Lammert, Gesch, der Seuchen, Hungers-und Kriegsnoth zur Zeit des 30*^ Krieges, Wiesbaden, 1890. — Opel, Die Anfœnge der deutschen Zeitungspresse, 1609-1650, Leipzig, 1879. — Scherer, Gesch. der deutschen Litteratur, 1883. — Œuvres d'Opitz, Gryphius (poètes de la seconde école silésienne), Grimmelshausen, dans la grande collection Deutscfœ National Litteratur, — F. Antoine, Étude sur le Simplicissimus, Paris, 1882.

Sur la cession de TAlsace et les polémiques inOnies qu'elle a provoquées, voir l'œuvre admirable de Reuss, L'Alsace au ZVIf« siècle, 2 vol. (1897 et 1898).

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