‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 69 sur 125 · Voir ci-dessus, chap. x, sur les beaux-arls en Espagne · texte numérisé non relu

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rinstruction superficielle qui est nécessaire aux membres des classes supérieures de la société. Les bons maîtres eux-mêmes font défaut, et le grand nombre des écoles ne sert qu'à grossir la foule des déclassés.

Les sciences. -^ Le despotisme politique et religieux enlève à TEspagne toute originalité scientifique. La philosophie se réduit à des commentaires sur Aristote et sur saint Thomas. Les sciences mathématiques sont presque ignorées. En astronomie, le système de Copernic est prohibé. Les études philologiques sont à peu près abandonnées. Les Espagnols citent cependant avec fierté un grand nombre de criminalistes et de jurisconsultes éminents, dont les plus connus furent Suarez, l'auteur du traité de Legibus, le précurseur de Domat, et Ramos del Manzano. Ils mentionnent aussi les noms de quelques publicistes remarquables, de Mariana, de Navarrete, de Saavedra Fajardo et surtout d'Antonio Ferez. Les études d'érudition historique sont très cultivées, mais viciées par l'absence de critique : c'est le moment où le faussaire Roman de la Higuera fabrique les Chroniques de Flavius Dexter sur les origines chrétiennes de l'Espagne. La science préférée est la théologie. Parmi les théologiens, les uns, les mystiques, exercent une action profonde sur le catholicisme : Louis de Grenade, Louis de Léon, Jean de la Croix, sainte Thérèse ont des continuateurs au xvu* siècle, tels que Marie d'Agreda, l'auteur de la Mystique Cité de Dieu (1655). La dévotion à la Vierge, le dogme de l'Immaculée Conception, se développent sous leur influence. D'autres, les casuistes, dont les principaux furent Sanchez, Diana, Dicastillo, Vasquez, Escobar, s'efforcent d'accommoder la morale chrétienne aux exigences de la vie mondaine et, suivant l'expression de l'un d'eux, « d'élargir les voies de la vertu ».

La littérature. — En revanche, ce demi-siècle est l'âge d'or de la littérature espagnole. Au premier rang de ses manifestations se place l'art dramatique, développé sous l'influence du peuple, dont le théâtre est l'une des passions. Trois cents compagnies d'acteurs représentent jusque dans les petites villes les productions variées des poètes espagnols, les Mystères {autos sacr amentales), les drames faits des incidents de la vie ordinaire

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