CHAPITRE XV
Sous la prépondérance espagnole
Situation générale de la Péninsule : décadence politique et littéraire. — La période dont nous allons nous occuper fut la plus triste de l'histoire de l'Italie. Le congrès de Bologne avait consacré la perte de l'indépendance nationale, et avec la chute de Florence (1530) s'étaient effacées les dernières formes de liberté politique. La génération née depuis ces deux événements ne pouvait être que débile, énervée, sans enthousiasme et sans idéal. L'intolérance religieuse, en étouffant la liberté de pensée, empêchait tout développement intellectuel, pendant que d'autre part elle induisait les Italiens à couvrir leur incrédulité du manteau de l'hypocrisie. Si l'on devait juger des faits par les apparences, en présence de cet extraordinaire fourmillement de frères et de moines, de cette pompe des processions, du nombre des églises construites durant cette période, il faudrait conclure que jamais il n'y eut en Italie tant de sentiment religieux; en réalité, celte restauration catholique ne pénétra point les consciences.
Cette continuelle dissimulation ne pouvait manquer, à la longue, de fausser le caractère national, et toutes les manifestations de la vie ne tardèrent pas à s'en ressentir, particulièrement la littérature.
Torquato Tasso (1544-1595), le chantre de la Jérusalem déli-
vrée, clôt Tftge glorieux du CinquecetUOy et laisse la place à Jean- Baptiste Marini (1569-1625), le chef de cette tourbe de poètes dits Secentisti, qui suppléaient à Tabsence d*idée par des phrases précieuses et amphigouriques. Bien peu surent, et encore pas toujours, éviter celle tendance pitoyable; citons Gabriello Chiabrera (1552-1637), Alessandro Tassoni (1565-1635), Fulvio Testi (1593-1646). L'histoire, qui dans la période précédente avait donné des œuvres si éclatantes, s'arrête dans son développement. Quelques-uns de ses fidèles, comme Davila (1576- 1631) et Bentivoglio (1579-1644), trouvant qu'aucun fait n'est digne d'être noté au milieu de cette grande déchéance de l'Italie, tournent leurs regards au dehors de la Péninsule, et le premier nous raconte les guerres civiles et religieuses de la France, pendant que le second s'occupe des insurrections des Flandres. La plupart des autres mettent leur plume au service des divers Etats italiens, la vendant au plus offrant.
Au reste cette défaillance des sentiments de dignité était à peu près générale. Les nobles étaient devenus les courtisans très humbles et les âmes damnées des princes, et ceux-ci, dans le faste qui enguirlandait leur propre servitude, n'avaient qu'une préoccupation : ne pas déplaire à l'Espagne. Les pays les plus riches et les plus fertiles. Milan, Naples, la Sicile, la Sardaigne, élaient soumis à cette puissance, et le reste de la Péninsule subissait indirectement la même domination. Ainsi la papauté traitait en amis les Espagnols pour s'assurer leur appui dans sa politique ecclésiastique, et en maintes occasions cette sympathie avait toutes les apparences de la servilité ; les Médicis avaient recours à eux dans les moments de troubles; la république de Gênes, depuis l'époque d'André Doria, élait leur alliée, pour ne pas dire leur vassale : sans parler des duchés de Ferrare, de Mantoue et de Parme, trop faibles pour oser garder une attitude indépendante. L'Italie ne comptait plus dans la polilique européenne : elle n'était plus qu'une province de l'Espagne.
Seuls entre tous les Etats de ce malheureux pays, le duché de Savoie et la république de Venise surent maintenir leur dignité et faire respecter leur indépendance.
C'était dans ces deux Etats que se rencontrait ce qu'il y avait de meilleur dans la vie nationale d'alors; aussi y trouvons-nous encore des historiens et des politiques d'une certaine valeur : Giovanni Botero (1540-1617) en Piémont, Paolo Paruta (1540-1597) et Paolo Sarpi (1552-1623) à Venise.
Le duché de Savoie : Emmanuel-Philibert. — Qui aurait visité les domaines de Savoie vers Tan 1559 aurait été frappé de l'aspect affreux de cette contrée. Depuis plus de vingt ans elle était le théâtre de luttes continuelles entre Français et Espagnols; les campagnes désolées, beaucoup de villages détruits, les cités saccagées; plus d'industrie, plus de commerce, plus d'enseignement, et chez le petit nombre d'habitants qui restait, nulle confiance en Tavenir. On peut donc dire que Emmanuel-Philibert fut le second fondateur de la maison de Savoie.
Né à Chambéry en 1528, il avait vu dans son adolescence les Etats paternels mis à feu et à sang par les Français et les Espagnols. Il combattait sous Tétendard de Castille dans les Flandres lorsque, en 1553, lui parvint la nouvelle de la mort de son père Charles III, dit le Bon, qui, avec ses principes de neutralité désarmée, avait fini par perdre presque toutes ses terres. Emmanuel-Philibert devenait duc de Savoie, pour ainsi dire, seulement de nom. A ses sujets, peu nombreux et tout éparpillés, il manda qu'ils eussent à lui garder fidélité, mais qu'il ne viendrait en Piémont que lorsque son épée aurait réglé les destinées de sa famille. La victoire de Saint-Quentin confirma ses prévisions optimistes; par la paix de Cateau- Cafnbrésis il recouvra ses États et épousa Marguerite de Valois, sœur de Henri II.
A la fin de 1559, il fit avec eMe son entrée dans Nice à la grande joie des populations; puis, après avoir visité les principales cités de ses Etats, il alla s'établir à Verceil, car Turin, avec quatre autres places, était encore occupé par la France, pendant que les Espagnols se maintenaient à Asti et Santhià.
Il se proposa, tout d'abord, deux objets grands et difficiles : reconstituer le pays, et obtenir que les étrangers l'évacuassent. Soldat, il s'occupa avant tout de réformes militaires ; il recruta
et dressa une milice nationale et construisit des forteresses. Il réorganisa l'administration de la justice, restaura les finances, favorisa l'agriculture et l'industrie, abolit la servitude de la glèbe, rouvrit l'Université. Le premier entre les princes savoisiens, il décréta Temploi de la langue italienne dans les actes publics, où n'étaient employés jusqu'alors que le latin et le français. Quand la duchesse donna le jour à un fils (1562), les Français se décidèrent à évacuer quelques places et en particulier Turin, où le duc alla s'installer. Ils ne retinrent que Pignerol et Savigliano, qui du reste furent ensuite restitués par Henri III (1574). Bientôt l'Espagne retira ses troupes d'Asti et Santhià, et les domaines de Savoie furent libres d'étrangers.
Au début de son règne Emmanuel-Philibert dirigea des expéditions contre les Vaudois, dans les vallées du Chisone et du Pellice, au-dessus de Pignerol. Ils s'étaient ralliés aux doctrines de Calvin. Le duc, élevé dans un milieu espagnol, désireux aussi de plaire au papp, résolut d'extirper l'hérésie de ses domaines, et, après avoir envoyé dans les deux vallées des prédicateurs qui n'obtinrent aucun succès, il y dépêcha des soldats. Les montagnards se défendirent énergiquement. Enfin le duc, par l'intercession de sa femme, consentit à un accord qui permettait aux Vaudois l'exercice de leur culte dans leurs vallées sous certaines conditions déterminées.
Il mourut en 1580. Ses possessions avaient alors une populafion de 1 200 000 âmes.
Charles-Emmanuel ^^ — Il eut pour successeur son fils Charles-Emmanuel I", âgé de dix-huit ans. C'était un jeune homme d'un caractère fier et prompt, ambitieux, hardi, inquiet. « Il aime la guerre, par-dessus tout, écrivaient de lui les ambassadeurs vénitiens, et il est à la vérité doué de toutes les qualités qu'elle exige : vif, robuste, familier et prodigue avec les soldats, ami de la confusion et du désordre, patient aux privations, insatiable de gloire. » Dans les huit premières années de son règne, malgré ses efforts pour faire naître par tous les moyens possibles des circonstances favorables à ses desseins d'agrandissement, rien pourtant ne lui réussit. La voie ne lui fut ouverte que par les événements de France en 1588. Il
envahit alors le marquisat de Saluées, annexé à la France depuis quarante ans *, et le conquit entièrement. Puis il offrit son alliance au duc de Mayenne et, pénétrant à Timproviste en Provence, poussa jusqu'à Marseille. Après la mort de Henri III il en vint à convoiter la couronne de France comme fils de Marguerite de Valois. Mollement secondé par TEspagne, menacé en Savoie même par Lesdiguières, il fut contraint de se retirer et d'adhérer à la paix de Vervins (1598).
Le peu de loyauté qu'il avait trouvé dans le gouvernement de Madrid, la mort de sa femme, Catherine, fille de Philippe II, la mort de celui-ci, enfin l'inertie de Philippe III, détachèrent Charles-Emmanuel de l'alliance espagnole. Il commençait à regarder vers la France. Mais entre Henri IV et lui persistait le conflit relatif au marquisat de Saluées, que le roi de France voulait recouvrer, et que le duc de Savoie était résolu à ne pas restituer : d'où la courte guerre de 1600. Elle se termina par le traité de Lyon (1601), en vertu duquel le roi de France cédait Saluées à Charles-Emmanuel, en échange de la Bresse, du Bugey, du Valromey et de Gex. Le duc atteignait ainsi l'un des buts de sa politique : exclure les Français de l'Italie.
Un autre de ses desseins, que la maison de Savoie ne put d'ailleurs jamais réaliser, était la réoccupation de Genève, qui s'était émancipée au temps du duc Charles III. Charles- Emmanuel, sans avoir déclaré la guerre, tenta de nuit l'assaut de la ville (1602). Il fut repoussé.
Peu à peu, ses rapports avec la France allaient s'améliorant. Après de longs préliminaires, il en vint à conclure avec elle la fameuse alliance de Brosolo, dans la vallée de Suse (1610), (n vertu de laquelle Piémontais et Français devaient combattre côte à côte pour affranchir la Lombardie de la domination étrangère. La mort subite de Henri IV empêcha l'exécution de ce grand dessein, qui ne devait se réaliser que deux siècles et demi plus tard, par la glorieuse campagne de 1859. Charles- Emmanuel eut alors à passer par de durs moments. Exécré
1. Occupé par Henri II en 1548, la possession en avait été confirmée à ce prince par la paix de Cateau-Cambrésis.
de TEspagne, il se vit bientôt abandonné par Marie de Médicis, ennemie, par traditions de famille, de la maison de Savoie et favorable aux Espagnols. Ce fut en vain que, tournant ses regards vers rAnglelerre, il espéra quelque assistance de Jacques P'.
En 1612 mourait François IV, duc de Mantoue et Montferrat. Il laissait une fille, Marie, et un frère, Ferdinand de Gonzague, qui prit le litre de duc. Charles-Emmanuel prétendait que le Montferrat était un fief féminin, et qu'il devait être détaché du Mantouan pour être attribué à Marie, fille d*une de ses filles. Il envahit le territoire contesté. La cause du Gonzague fut défendue par l'Espagne et la France réunies, et la Savoie dut restituer sa conquête. Toutefois, son duc resta en armes.
L'Espagne, qui ne voyait pas sans dépit la politique inquièle et indépendante du prince piémontais, le somma de licencier ses troupes. Au lieu de céder, il invita les Etats italiens, et en particulier Venise, à soutenir contre Tennemi commun une guerre d'indépendance nationale, et se lia plus étroitement avec les Hollandais et TAngleterre. Personne en Italie n'ayant répondu à son appel, il ne se découragea pas. Seul avec sa petite armée, il soutint le choc des troupes espagnoles, démontrant ainsi qu'au milieu de la décadence militaire et poliique des divers Etats de la Péninsule, il y en avait un pourtant qui savait porter haut le nom italien. Des poètes acclamèrent alors en lui le libérateur de l'Italie, et, pour la première fois, les sympathies et les espérances des patriotes se tournèrent vers la maison de Savoie. Son renom se répandit en Allemagne, où les adversaires de la maison de Habsbourg, à la mort de Mathias (1619), le proposèrent pour candidat à la couronne impériale. Cette tentative n'eut d'ailleurs pas de suite.
Pendant ce temps, il avait renoué d'intimes relations avec la cour de France; le mariage de son premier fils, Viclor-Amédée, avec Marie-Christine, sœur de Louis XIII, avait scellé cette réconciliation ; si bien que, lorsque Richelieu prit en main le pouvoir et manifesta nettement l'intention de reprendre les desseins de Henri IV, rien ne s'opposa plus à la conclusion d'une ligue entre la France et la Savoie pour l'occupation de Gênes et de la Lombardie. Dès le début, Charles-Emmanuel
remporta de notables succès et poussa ses troupes jusqu'en vue de Gènes; mais, le gouvernement français tardant à lui envoyer du secours, il fut contraint d'évacuer la Ligurie pour courir à la défense de la forteresse de Verrue, assaillie par les Espagnols de Lombardie. Verrue se défendit héroïquement et Tarmée assaillante dut battre en retraite. Mais la France traitait déjà secrètement avec l'Espagne et, le 5 mars 1626, signait la paix à Monzon sans que le duc ni Venise, ses deux alliés, en eussent été avertis. A dater de ce jour, le duc se prit à exécrer Richelieu qui, par cette paix hâlivô, Tavait empêché de tirer aucun avantage d'une guerre qui lui avait tant coûté et qui avait débuté sous les meilleurs auspices.
Peu après, la lutte recommença en Italie, à propos de la succession des Gonzague (1627). Charles, duc de Nevers, appartenant à une branche collatérale établie en France S vint à Mantoue prendre possession du duché. Charles-Emmanuel V' aussitôt invoqua ses droits sur le Montferrat et s'allia avec l'Espagne, qui ne se souciait pas de voir une famille française installée dans une principauté italienne. Pendant qu'il occupait la plus grande partie du Montferrat, les Espagnols assiégeaient Casai. La France ne cachait pas son intention d'intervenir en faveur du duc de Nevers. Celui-ci avait levé en France 14000 hommes, qui, sous le commandement du marquis d'Uxelles, accoururent à marches forcées pour secourir Casai; ils furent repoussés par le duc de Savoie dans la vallée de Varaita (1628). Richelieu, qui venait de prendre La Rochelle, résolut d'agir énergiquement et se mit lui-même à la tête d'une armée. A son tour l'empereur Ferdinand II envoya des troupes contre Mantoue, déclarant qu'il s'agissait d'un fief impérial et que la solution du litige ne regardait que lui. Toute la Haute-Italie se trouva ainsi parcourue et ravagée par les diverses armées. Elles finirent par y amener la peste. Ce sont ces années douloureuses qu'a décrites avec tant de vérité Manzoni dans ses Fiancés,
Richelieu, après avoir essayé de prendre le duc de Savoie,
i. Un Louis tie Gonzague (mort en 1505), qui avait gouverné Saluées pour la France, avait épousé Henriette, fille et héritière de François, duc de Nevers.
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enleva Pignerol, pendant qu*un second corpâ français, commandé par le roi en personne, entrait en Savoie, puis, joint au premier, se répandait sur le Piémont et occupait Saluces. Le duc rallia toutes ses forces à Savigliano pour livrer bataille. Epuisé par la longue lutte, découragé par ses revers, c'est là qu'il mourut (26 juillet 1630). Prince à coup sûr de haute intelligence, il ne sut ou ne voulut jamais mesurer à la faiblesse f^G ses moyens la grandeur de ses desseins.
Vicb^r-Amédée I". — Son fils, Victor-Amédée P', signa. Tannée suivante, la paix de Cherasco : il recevait la majeure partie du Montferrat, mais cédait Pignerol aux Français, qui se faisaient, en outre, autoriser par le duc de Nevers à tenir garnison dans Casai, une des villes du Montferrat qui restaient à ce prince avec le duché de Mantoue. Les Français avaient donc repris pied en Italie. Richelieu sut profiter du caractère plus accommodant de Yictor-Amédée V et de sa parenté avec Louis XIII pour faire de lui un ami dévoué de la France. En 1635, par le traité de Rivoli, il lentraina dans une ligue contre l'Espagne, avec les ducs de Mantoue et de Parme. La guerre était à peine commencée lorsque Victor- Amédée I" mourut (1637).
La régence : guerre civile. — Il laissait deux fils, François-Hyacinthe, âgé de cinq ans, et Charles-Emmanuel, qui n'en avait que trois. Leur mère, Marie-Christine (Madame Royale), assuma la régence au nom du premier. Les frères du défunt duc, le cardinal Maurice et le prince Thomas, s'irritèrent de n'avoir point de part au gouvernement. Sur ces entrefaites François-Hyacinthe mourut (1638), et Madame Royale continua à exercer la régence sous le nom de son autre fils. Ses beauxfrères protestèrent encore, et comme elle était soutenue par la France, ils s'allièrent à l'Espagne, et avec des troupes espagnoles s'emparèrent de Turin (1639). Une armée française, sous le commandement du comte d'Harcourt, accourut a l'appel de la duchesse, assiégea et reprit Turin (1640). A la fin, les princes de la maison de Savoie comprirent que leurs dissensions ne profilaient qu'aux étrangers et qu'il valait mieux en venir à un accord (1642) : la duchesse conserva la régence; le cardinal
Maurice devint gouverneur de Nice, le prince Thomas de Biella et dlvrée. En 1648, Charles-Emmanuel U, ayant à peine atteint sa quatorzième année, fut reconnu duc régnant. La situation de TEtat n était certes pas aussi misérable qu*un siècle auparavant, mais elle était encore bien triste, d'autant plus que durait toujours la guerre contre TEspagne, guerre de petits engagements, mais qui causait des maux infinis aux populations.
La république de Venise : splendeur appax .ni;e. — Quiconque se fût, en 1559, transporté du Piémont, appauvri et dépeuplé, a Venise, riche et superbe, se serait cru en quelque pays enchanté. Venise ne s'apercevait pas encore du ralentissement de son mouvement commercial, ni du déclin de sa puissance, qui ne faisaient d'ailleurs que commencer. Elle consacrait alors pai* la gloire des arts sa prospérité politique. Cependant elle était déjà sérieusement menacée, et rincendie déchaîné en 1569 dans son arsenal, en lui occasionnant des pertes immenses, sembla favoriser les desseins des Turcs, qui. Tannée suivante, attaquèrent Chypre et finirent par conquérir Tile entière. La République arma plus de cent galères qui combattirent à Liépante. Les résultats positifs de cette victoire furent à peu près nuls. Venise fît la paix avec les Turcs {1513), leur abandonnant leur conquête *. L*année suivante, Henri III de Valois passa par Venise, qui Thonora de fêtes magnifiques, et il alla visiter le Titien dans son atelier même.
Conflits de la République aveo Paul V : l'interdit. — La République, si zélée catholique quelle se montrât, avait toujours défendu les droits de TEtat contre les empiétements de rÉglise ^ Fréquents étaient donc ses désaccords aveo la Curie. Ils se manifestèrent plus vifs au temps du pape Paul V, qui avait une opinion excessive de la puissance pontificale dans ses rapports avec les États. En 1605, la République avait fait