‹ Histoire générale du 4e siècle à nos joursChapitre 77 sur 125 · AVÈNEMENT DES ROMANOF · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DES ROMANOF

village de Domnino, perdu dans Tépaisseur des bois de Kos- Ironia. Ils saisirent, au village de Derévnitchi, le paysan Sousasine et voulurent le contraindre à leur indiquer le chemin : plutôt que de trahir son maître, il se laissa torturer jusqu'à la mort.

Campagnes contre les chefs de bandes. — Le 11 mars 1613, le nouveau tsar fut solennellement couronné au Kremlin. Âpres Moscou, il restait à délivrer le reste du pays. Les Kosaks du Don, en majorité, avaient reconnu Michel; mais Zaroutski, surtout avec des Kosaks petits-russiens, bloquait Moscou. Les voïévodes de Michel le battirent à Voronèje et détruisirent presque entièrement sa bande. Il passa le Don, se rendit maître d'Astrakhan, souleva les Nogaïs, implora le secours du shah, du sultan, des Kosaks du Yolga. Il finit par être arrêté dans une île du fleuve Oural et amené à Moscou avec sa maltresse Marina et son tsarévitch, alors âgé de quatre ans. Celui-ci fut pendu, Zaroutski empalé, Marina enfermée dans un couvent.

Un autre chef de bande, Baloven, attaqua Moscou, fut battu et disparut. Sur la Dvina, les habitants firent eux-mêmes justice des Zaporogues qui infestaient le pays. Contre le condottiere Lisowski, le prince Pojarski dirigea une brillante campagne.

Paix avec la Suède et trâve avec la Pologne. — On essaya d'en finir avec la Pologne. En 1615, les plénipotentiaires moscovites et polonais se réunirent à Smolensk, sous la médiation de Handelius, envoyé de l'empereur Mathias. Il fut impossible de s'entendre : les Polonais ne voulaient même pas admettre l'élection de Michel, exigeant que Vladislav fût reconnu tsar de Moscou. « Autant valait essayer de réconcilier l'eau et le feu », disait Handelius.

Les Suédois aussi restaient en armes. Maîtres de la Karélie et de Novgorod, ils avaient essayé de prendre Pskof et échoué tians cette tentative. Le nouveau roi de Suède, Gustave- Adolphe, qui d'ailleurs avait sur les bras la Pologne et le Danemark, commençait à pressentir le grand rôle qui l'attendait en Allemagne. Les médiateurs entre Suède et Russie, l'Angleterre et la Hollande, dont le commerce souffrait de ces guerres du Nord, se montrèrent plus énergiques que Handelius. Un congrès se réunit à Stolbovo (1617) : Gustave-Adolphe res-

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Utuàit Novgorod, Staraïa-Roussa et Ladoga; il gardait Ivangorod, lam, Koporié, Oréchek, et recevait 20000 roubles.

Les Moscovites purent alors disposer de toutes leurs forces contre la Pologne. Le « tsar » Vladislav et Chodkiewicz prirent d'abord Toffensive : ils emportèrent Dorogobouge et Viazma, mais échouèrent devant Kalouga, défendu par Pojarski, et devant Mojaïsk. Ils étaient bien près de Moscou : le monastère de Troïlsa fut de nouveau assiégé. Le tsar Michel, inquiet du voisinage de son rival, redoutant les intrigues des anciens par-

tisans de Vladislav, réunit les Etats généraux et exigea de ses sujets un nouveau serment. Tous s'engagèrent à résister aux « séductions du Korolévitch (fils de roi) », et promirent de tout sacrifier pour le repousser. Vladislav, comptant sur Texistence d'un parli polonais dans Moscou, fit une tentative sur la ville et échoua. Alors un congrès se réunit à Déoulino, non loin de Troïtsa (1619). On ne put encore s'entendre ; on se contenta de conclure une trêve de quatorze ans et six mois : la Pologne gardait Smolensk et la Sévérie; Vladislav ne renonçait pas au titre de tsar. On échangea les prisonniers : le voïévode Cheïn et le métropolite PhilarèLe rentrèrent en Russie.

Gouvernement du tsar Michel et du patriarche Philarète. — Le plus précieux résultai de cette trêve, c'est que Michel, par le retour de son père, recouvra un appui dont il avait grand besoin, étant jeune, inexpérimenté, faible de caractère, à peu près illettré. Les boïars étaient redevenus les maîtres dans la Douma et opprimaient le peuple. Ils opprimaient aussi le tsar : ils empêchèrent son mariage avec Maria Ivhlopof, qui fut exilée à Tobolsk avec toute sa famille.

Philarète, du siège métropolitain de Rostof, fut élevé à la dignité de patriarche « de toutes les Russies ». Il était moins le conseiller que le collègue de son fils. Tous deux portaient le titre de grands-seigneurs ; ensemble ils signaient les actes et recevaient les ambassadeurs. C'était comme un seul souverain en deux personnes : le tsar et le patriarche. Philarète exila ou dompta les boïars. Il établit solidement l'autocratie tsarienne.

Ce gouvernement quasi théocratique fut en même temps un gouvernement presque parlementaire. Dans toutes les occasions

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importantes on réunit les Etats généraux. On cherchait à réagir contre Tancienne ignorance : Philarète, avant le célèbre Nicon, essaya de corriger le texte altéré des Livres saints.

Relations avec FEurope. — Contre la Pologne, associée avec le pape et les Habsbourg, avant-garde de la coalition catholique sur le flanc de la Russie orthodoxe, celle-ci trouva une alliée dans la Suède protestante. Des relations d amitié et de commerce se maintinrent avec Gustave-Adolphe et la reine Christine.

L'Angleterre, médiatrice à Stolbovo par Torgane de John Merick, exigeait le prix de ses services. Merick demandait que la Russie ouvrit au commerce russe la route de la Perse par le Volga et celui de la Chine par la Sibérie. Michel et Philarète consultèrent les marchands de Moscou. Ceux-ci répondirent que ce serait la ruine du commerce national.

En 1615, le tsar avait envoyé à Louis XIII le gonèts Kondyref pour solliciter du secours contre la Suède et la Pologne. En 1620, Louis XIII chargea Deshayes-Courmenin d'aller négocier à Moscou un traité de commerce. Il demandait pour nos marchands le libre passage par le Volga pour aller en Perse. Il éprouva le même refus que les Anglais.

En 1642, peu s'en fallut qu'on ne s'engageât dans une guerre tout aussi populaire que celle de Pologne : contre le sultan osmanli. En 1637, les Kosaks du Don avaient surpris Azof. Ils offraient d'en faire hommage au tsar de Moscou (1642). Les États généraux furent encore réunis : les nobles montrèrent de l'enthousiasme, mais les marchands se déclarèrent à bout de ressources. D'ailleurs on apprit que les fortifications d'Azof étaient en très mauvais état. Et puis il était imprudent de commencer une guerre contre l'empire ottoman quand rien n'était terminé du côté de la Pologne. On enjoignit aux Kosaks d'évacuer Azof : ils détruisirent la ville (1643).

Deuxième guerre polonaise : paix de la Polianka. — En 1632, mourut Sigismond, l'auteur de tant de maux pour la Russie. On résolut de profiter de l'interrègne et des désordres qui l'accompagnaient toujours. D'abord les voïévodes Cheïn et Ismaïlof conquirent vingt-trois villes. Comme ils assiégeaient Smolensk, Vladislav, élu roi de Pologne, accourut-

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Cheïn et Ismaïlof, cernés par larmée polonaise, durent capituler en rase campagne, n'obtenant que la libre retraite, avec perte du bagage et de Tartillerie. Là s'arrêtèrent les succès de Vladislav : il échoua devant Biélaïa. On signa le traité de la Polianka (1635) : le statu quo territorial était main tenu; Vladislav renonçait à son titre de tsar et recevait 30 000 roubles.

Progrès des influences occidentales en Moscovie. — Déjà on avait vu Ivan le Terrible rechercher la main d'abord d'une Polonaise, puis d'une Anglaise. Pour Michel, il fut question de mariage avec Catherine de Brandebourg : le projet échoua parce que celle-ci refusait de se convertir à Torthodoxie. Le même obstacle empêcha Tunion du prince de Danemark, Valdemar, avec Irène, fille du tsar Michel (1644). Les tsars durent continuer à choisir leurs épouses parmi leurs sujettes.

Par d'autres voies l'influence occidentale gagnait du terrain : le Hollandais Yinius, l'Allemand Marselein établissaient des fonderies à Toula sur la Yaga, la Kostroma, la Chéksna. On cite, en 1642, l'orfèvre anglais Thomas Atwood. On appelait à Moscou Adam Oléarius, de Holstein, astronome, géographe, explorateur en Tatarie et en Perse. Le cardinal de Richelieu envoyait au tsar le capitaine Bonnefoy (1630 et 1631), pour obtenir l'autorisation de faire en Russie de grands achats de céréales.

La religion : hérésies; le paganisme russe. — A côté de la religion officielle, figée en son cérémonial et ses formules hiératiques, subsistaient de vieilles hérésies, presque aussi anciennes que le christianisme : origénisteSy unanichéens^ de. Dès le xiv* siècle, s'étaient manifestés dans le pays de Pskof et Novgorod, les strigolniks, analogues à nos Vaudois : ils avaient été cruellement persécutés. En 1470, apparaissent, dans ces mêmes régions, lesjudaïsants, qui font à la cour d'Ivan III de nombreux prosélytes : ils sont traqués par l'éloquent Gennadii, archevêque de Novgorod, qui s'érigea en inquisiteur pour la foi. Son successeur, losif, sous Vassili IV, continue la perse-

cution, et, en 1504, obtient la réunion d*un concile, qui fait brûler trois des hérétiques. Mais contre lui s'élèvent des voix éloquentes : celles de Nil Sorski et des autres solitaires du lac Blanc. Le clergé et la cour se partagent en losiflianes ou zélateurs et en Nilianes^ partisans de la tolérance. Sous Ivan le Terrible, en 1554, furent accusés d'hérésie Matvéi Bachkine, habitant de Moscou, d'autres bourgeois, des moines d'outre- Yolga : ils auraient professé des opinions tendant à Tarianisme, blâmé le culte des images, loué < la foi allemande » ou protestantisme. Emprisonnés, traduits devant un concile, ils subirent seulement la réclusion dans divers couvents. En somme, la Russie a échappé aux maux dont souffrait alors l'Occident.

La masse du peuple russe était à peine chrétienne. Ses chants lyriques attestent combien, avec une orthodoxie d'écorce, il était, au fond, resté païen. Ses anciens dieux n'avaient fait que changer de nom et prendre figure de saints orthodoxes : à Yoloss, protecteur des troupeaux, avait succédé dans cet emploi saint Ylasii (Biaise). Il est trop évident que saint Elie, saint Georges, saint Jean, ont hérité des anciens dieux solaires; saint Nicolas, de Mikoula,dieu de l'agriculture; la vierge Marie, de Did-Lada,la bonne déesse. Les chants lyriques et les danses du peuple sont des restes de l'ancien culte : c'est pour cela que l'Eglise et le Domostroï réprouvent toute chanson et toute danse. Les croyances du peuple sont un < mélange étrange de la religion de la nature et de la religion révélée » (Âfanasief).

Missions chez les tribus finnoises et tatares. — Quant aux populations finnoises ou turques des plaines du Nord et de l'Est, elles étaient alors, et elles sont encore aujourd'hui, en grande partie, païennes et fétichistes. Lapons, Samoïèdes, Erzes ou Zyrianes de Permie, Yotiaks, Mordves et autres nations du Yolga, avaient conservé leurs tadibeys et leurs chamans (prêtres-sorciers), adoraient des dieux bons, des dieux mauvais, leur offraient en sacrifice des rennes, des ours, des animaux domestiques et des bètes sauvages, parfois des victimes humaines. De ce côté s'ouvrait un vaste champ au zèle apostolique de l'Église russe. Yers 1375, avait paru chez les Permiens l'apôtre saint Etienne Kharp, un Russe d'Oustioug : on lui attribue

rinvention de Talphabet permien. Au xv® siècle, Zozime» fondaieur du monastère de Solovetski sur la mer Blanche, el son disciple Théodorite baptisaient les Samoïèdes et les Lapons. Triphon, un fils de prêtre, s*installait chez les Lapons de la Petchenga, près du cap Nord, et luttait contre leurs chamans. En 1533, il s'adjoignit le moine Elias de Novgorod et leur bàtil des églises. En 1563, Macaire, archevêque de Novgorod, faisait travailler, chez les Tchoudes, non seulement à baptiser les païens, mais à réformer les nouveaux chrétiens, qui s'obstinaient à amalgamer les deux religions. Les apôtres du moyen Volga furentsaintGourii,premierarchevêquedeKazan(1555), et Jonas, archevêque de Riazan. Celui du pays d*Astrakhan fut Tabbc Cyrille (1558). Vers la même époque, Ivan IV envoyait au Caucase le prince Dmitri Vichnévetski, apôtre et chef de guerre, qui sabrait et baptisait, et qui subit son « martyre » -les armes à la main/ En 1575, un autre Triphon, originaire des bords de la Mezen, pénétrait chez les Votiaks. L'orthodoxie, en même temps que les armes russes, commençait à entamer la Sibérie. Les mœurs : réclusion des femmes. — Le trait caractéristique delà haute société de Moscou, trait qui parait étranger à l'ancienne Slavie, c'est la réclusion des femmes. Cet usaee s'est introduit sous l'influence, à la fois, du gynécée byzantin et du harem musulman. La tsarine, les boïarines, habitent l'étage supérieur de la maison (verkh), qu'on appelle aussi lerem. Si elles en sortent, c'est avec un voile (fata) sur la figure, et en litière fermée de rideaux. Les moralistes de ce temps, imprégnés de préjugés byzantins, s'étudient à restreindre l'importance de la femme. Née d'une côte arrachée à Adam, elle n'est point son égale, mais sa servante, son esclave. Le pope Silvestre, dans son Domostroïy reconnaît formellement au mari le droit de correction manuelle. Réduites à la condition de femmes de harem, les femmes moscovites en ont l'ignorance et la frivolité. Elles passent leur temps à se parer, à se farder outrageusement, à tâcher de réaliser, par les longs repos et l'abus des sucreries et farineux, l'idéal de la beauté turque, qui est aussi l'idéal de la beauté moscovite : la femme grasse et grosse. Rien de monotone comme la vie chrétienne que le Domostroï près-

crit aux croyants comme aux croyantes : non seulement les propos scandaleux, Tabus du vin, les combats de chiens et d'ours, mais la musique, les chants, les danses, les jeux, même les jeux d'échecs et de trictrac, sont interdits sous peine de damnation. La vie réelle était loin de répondre à l'idéal proposé par ces pieux moralistes. Les contemporains étrangers nous dépeignent les deux sexes, dans toutes les classes, adonnés à l'ivrognerie; tous également passionnés pour les combats d'athlètes, d'ours, de chiens; les maisons nobles entretenant des bouffons, des fous, des nains, s'amusant de leurs grossières plaisanteries, de leur infirmité ou de leur difformité. La vie intellectuelle, la vie de société n'existaient pas en Moscovie.

Littérature du peuple. — Le peuple avait sa littérature à lui, non écrite, conservée par la tradition orale, propagée, malgré les prohibitions de l'Eglise, par les chanteurs et les conteurs errants, transmise par les vieux aux petits enfants. C'étaient des chansons lyriques, d'inspiration toute païenne, pour le printemps, l'été, la moisson, les mariages, les funérailles. C'étaient des hylines ou chansons épiques racontant les gestes des héros fabuleux de la Russie, des anciens princes russes, de Vladimir, le « Beau Soleil » de Kief, et bientôt, les exploits d'Ivan le Terrible. C'étaient aussi des légendes pieuses sur l'Enfant Prodigue, saint Alexis, la vision de Dmitri Donskoï à la veille de Koulikovo. C'étaient des contes, des proverbes, des formules de conjuration et d'incantation.

Les lettres dans l'Église russe : Maxime le Grec. — Les lettrés, ce sont d'abord uniquement des moines et des évoques, et ils sont souvent des Grecs ou des Slaves du Sud : c'était toujours du Sud que la lumière était venue à la Russie. A part quelques contes ou légendes d'Occident ou d'Orient, traduits du grec en slavon, cette littérature est toute d'Eglise. Photius, métropolite de Moscou (1410-1431), était un Grec; son contemporain Grégoire, métropolite de Kief, était un Bulgare : on admirait fort leurs sermons, instructions, encycliques.

Le plus illustre des hôtes que l'émigration grecque amena en Russie fut un moine originaire d'Arta en Albanie, mais fils de parents aux noms tout helléniques. Manuel et Irène. Les

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Russes Tont appelé Maxime le Grec. Dans sa jeunesse, il avait passé dix années en Italie, étudié à Florence et Venise, approfondi la philosophie d*Aristote et de Platon en même temp^ que les Pères de TÉglise, fréquenté Lascaris et Aide Maauce, pleuré sur le bûcher de Savonarole. Puis il était devenu moine au mont Athos. En 1518, le grand-prince Yassili ayant demandé à la Sainte-Montagne un moine instruit pour mettre en ordre les manuscrits grecs dont abondait la bibliothèque du Kremlin, les supérieurs de Maxime le chargèrent de cette mission. Son premier travail fut la traduction d'un manuscrit intitulé le Psautier expliqué. Comme il ne savait encore ni le russe (il le sut bientôt en perfection), ni le slavon d'Eglise, le grand-prince lui avait adjoint deux de ses interprètes. Maxime traduisait du grec en latin; les interprètes traduisaient du latin en russe. En outre, Maxime corrigeait les traductions slavonnes des Livres saints, car elles fourmillaient de contresens et d'erreurs. Il dénonça plusieurs livres comme apocryphes. Par là, il nous apparaît comme un des précurseurs du Nicon, le patriarche réformateur. Par là aussi, Maxime indisposa contre lui tous ceux qui estimaient qu'en un texte sacré tout est également sacré. De ces corrections téméraires à l'hérésie, estimaient-ils, il n'y avait qu'un pas. Maxime, qui était un esprit libre, prit une part active aux polémiques, contre l'hérésie des judaïsant^, l'Eglise latine, l'islamisme, l'arménianisme, le protestantisme; puis à la polémique de Nil Sorski contre les zélateurs. Il soutint aussi l'opinion de Nil et de quelques autres qui pensaient que les grandes richesses des monastères et des églises nuisaient à leur sainteté. Pour toutes ces causes, il se fit beaucoup d'ennemis, et notamment le métropolite Daniel. EnGn il s'aliéna le grand-prince, en écrivant son opuscule sur « les désordres des rois et souverains ». Accusé de falsification des Livres saints, de propos trop libres sur les saints Thaumaturges de la Russie, de relations suspectes avec l'ambassadeur de Turquie, et enfin d'hérésie, il fut enfermé pour la vie dans un couvent de Tver (1531), où il mourut.

La Russie, ou plutôt son Église, avait déjà produit des hommes de science et d'éloquence. Citons Gennadii (1485-1504),

archevêque de Novgorod, et son successeur losif VoJotskî (1440-1515), si ardents contre les hérétiques; Nil Sorski (1435- 1508), des boiars Maïkof,. avocat de la tolérance; Vassian, archevêque de Rostof sous Ivan III; Pansii laroslavof, igoumène de Troïtsa, et Dosiihée, moine de Solovetski, auteurs d*hagiographies.

Le métropolite Macabre et le pope Silvestre. — Le

plus grand de ces lettrés d'Eglise fut Macaire (f 1563), archevêque de Novgorod, puis métropolite de Moscou, grand homme d'Etat, un des apôtres des Finnois, le véritable inspirateur d'Ivan IV après la chute des Chouïski. Très versé dans la littérature byzantine, il fut l'éditeur d'une vaste collection de Vies des saints, appelée les Tcheii Minet {Menalogium), qui devint la lecture favorite des boïarines instruites et des boïars pieux. Le prêtre Silvestre, l'aumônier et le directeur d'Ivan IV, l'auteur du Poslanié {envoty rapport) i Ivan IV sur la corruption de la cour et la nécessité de se réformer, fut, sinon l'auteur, du moins un des éditeurs successifs du Domostroï (l'Ordre de la maison). Macaire et Silvestre étaient tous deux de Novgorod, la ville la plus occidentale de Russie, et par conséquent centre important de culture pour la Moscovie. Les deux plus célèbres écrivains russes de la période suivante, Ivan le Terrible et le prince Kourbski, leur ont dû beaucoup, comme Silvestre et Macaire ont dû beaucoup à Maxime le Grec.

Littérature laïque : romans, chroniques, mémoires. — La curiosité des Russes instruits se repaissait aussi de romans en prose et en vers, pour la plupart traduits du grec en slavon, et où les légendes de l'Occident et de l'Orient se trouvaient plus ou moins remaniées *.

Les chroniques russes, jusqu'alors dispersées et localisées, tendent, comme les parties mêmes de l'empire, à se centraliser. Il s'en forme de grandes compilations, comme la Chronique de

1. Tels les récits sur Akir le Sage, une espèce d*Ésope au service d'un roi d'Assyrie ; /»an le fils du Sacristain, élaboration du conte égyptien des Deux Freines; Salomon et Kitovras^ où la sagesse du roi Salomon est tenue en échec par celle d'une demi-bête (le Centaure); Hélène la Belle; Alexandre de Macédoine; Rouslan LazarévUch, variante de Roustem le Persan; Digénis Akritas, emprunté à répoque byzantine du x* siècle; Bove Korolévitch, qui est le Beuve de nos Chansons de geste.

Xicofiy le Livre Tsarien^ la Nouvelle chronique^ la Chronique des séditions. A côté d*elles, des récits particuliers, des hag^iographies, des espèces de mémoires *.

Nous ne pouvons que mentionner, au xv* siècle, les Voyages du diacre Zozime aux Saints-Lieux, du moine Siméon en Italie, du marchand Nikitine dans llndoustan ; au xvi®, ceux des marchands Korobiédnikof et Grékof en Syrie, Egypte, au Sinaî, etc.

Le prince André Kourbski. — André Kourbski (1528- 1583), de la race des princes de Smolensk et laroslavl, l'ennemi divan IV, est surtout célèbre par ses Récits sur le règne du Terrible, si passionnés et si curieux, et par ses trois Lettres au tsar. Elles sont datées de Volmar (1565 et 1577), cl de Pololsk (1579). Le début de la première, écrite sous le coup d'une colère mêlée d'épouvante, est vraiment éloquent : « Tsar autrefois glorifié par Dieu! Tsar qui autrefois resplendissais comme un flambeau de l'orthodoxie! Pourquoi as-tu fait périr les forts d'Israël? Pourquoi as-tu fait mourir de divers supplices les vaillants voïévodes que Dieu t'avait donnés? Pourquoi as-tu répandu leur sang victorieux, leur sang sacré, sur le pavé profané des églises de Dieu, pendant les cérémonies augustes?. . . » Dans son exil enLithuanie, devenu un des plus turbulents /7a»s, en même temps qu'un passionné défenseur de l'orthodoxie, il écrivit des Lettres à divers princes ou prélats, une Histoire du concile de Florence^ une traduction de la Théodicée de saint Jean Damascène, et une curieuse Diatribe contre la flatlefne.

Ivan le Terrible comme lettré. — Ivan le Terrible avait une immense lecture; dans ses œuvres il cite les Ecritures, les Pères, les Conciles, les auteurs classiques, l'histoire sainte et profane. Ses Réponses à Kourbski (quatre, de 1564 à 1577), quoique diffuses, souvent pédantes, surchargées de citations, ont aussi, par moments, de Téloquence. Reprochant à Kourbski son passage dans le camp des ennemis de l'orthodoxie : « Penses-

1. Cominc la Vie de saint Philippe; comme le Siège de Pskof (sous Bâthory), par le moine Sérapion ; comme la l'ie du tsar Feodor Ivanovilch^ attribuée au patriarche Job; comme les nombreux récits contempK)rains sur Démétrius et le Temps des Troubles; comme le récit du Siège de Troïtsa, par le vaillant moine Abraham Palitsyne; comme les Mémoires attribués au patriarche Philarète; comme les Mémoires (1601-1649) du prince Semen Chakovskoï.

tu, maudit, te préserver? Si tu fais la guerre dans leurs rangs, tu seras contraint de ruiner les églises orthodoxes, de fouler aux pieds les icônes, de faire mourir les chrétiens. Quand même lu retiendrais tes mains, tu as déjà, par ta pensée meurtrière, accompli beaucoup de ce mal. » — La lettre divan IV aux moines de Saint-Cyrille, où il les accuse de traiter trop bien les boïars internés chez eux, est pleine d'humour : « Mon boïar Chérémétief trône dans sa cellule comme un tsar; mon boïar Khabarof lui rend visite avec les moines. Us boivent comme dans le monde. Est-ce une noce? est-ce un baptême?... »

Imprimerie. — G est sous la protection d'Ivan le Terrible que Tart de Gutenberg s'introduisit en Moscovie. En 1552, le tsar, par le roi de Danemark, fît venir l'imprimeur Missenheim, qui forma des élèves russes. En 1553, se fonde à Moscou une imprimerie que le tsar entretient de ses deniers. Elle est dirigée par le diacre Ivan Fédorof, Pierre Mstislavets, Maroucha Néfédief. En 1564, ils impriment les Actes des Apôtres, et, en 1565, le Livre dC heures. Mais les copistes et libraires en manuscrits, alors très nombreux, craignirent pour leur gagnepain, semèrent dans le peuple des accusations d'hérésie et soulevèrent une émeute qui mit le feu à l'imprimerie et força les typographes à se disperser. Le Terrible n'avait point osé punir les émeutiers. Sous son fils, l'imprimerie reparut à Moscou.

L'art russe. — Jusqu'aux débuts du xv® siècle, la Moscovie, pays de plaines et de forêts, ne connut guère que les monuments en bois : en bois étaient la plupart des cathédrales, les jmlais, même les remparts des villes. Dans un pays de religion orthodoxe, point de statuaire. Quant à la peinture, elle était astreinte aux modèles hiératiques, hérités de Byzance, et l'Eglise la surveillait de près. Le concile de 1551 décide : « Le peintre-imagier doit être sage, doux, pieux, ennemi des vaines paroles, du rire; il ne doit pas être querelleur, envieux, ivrogne, voleur, meurtrier... Il doit peindre les icônes avec le plus grand soin, sans jamais perdre de vue les modèles anciens. » Geux qui essaieraient de peindre à leur idée et fantaisie seraient punis par le tsar. Le manuel que consultent les iconographes moscovites est toujours celui de Manuel Panselinos (moine et peintre

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grec du xii® siècle). Cependant on constate chez eux un dessin plus élégant, un coloris plus lumineux et plus chaud que chez leurs devanciers grecs. On a conservé les noms de ïikonnik russe Dionysii et de ses compagnons, Konia et le pope ladrèts.

L*art russe s'émancipe un peu plus dans les miniatures des manuscrits : elles sont infiniment curieuses pour le détail des costumes, de Tameublement, du décor, des mœurs.

Il y a enfin un art personnel dans la garniture de ces icônes en laquelle on prodiguait Tor, les pierreries, les diamants. En 1611, les Polonais prirent au Kremlin une garniture d'icône qui pesait 350 livres d'or. Les Russes étaient passés maîtres en argenterie, orfèvrerie, niellerie, filigrane, etc.

Godounof fit fondre (sous Feodor) le tsar-pouchka et (sous son propre règne) le t^ar kolokol (la reine des cloches).

Les artistes italiens : monuments de Moscou. — L'arrivée en Moscovie des artistes italiens produisit en ce pays arriéré comme un reflet de la Renaissance artistique de TOccident. — Le plus grand de tous fut Rodolphe Fioraventi degli Alberti, de Bologne, plus connu sous le nom d*Aristole. Il était alors le plus fameux ingénieur et un des meilleurs architectes de ritalie. A Rome, il avait su transporter de la Minerva au Vatican d*énormes monolithes. A Bologne, en 1454, il avait réussi à déplacer, sans la démolir, une tour colossale (sans doute en bois). Sa réputation s'était répandue dans TEurope entière : presque en même temps il fut appelé par Bayézid II et par Ivan III. Il se décida pour la Russie (1475). Au service du grandprince, il fut architecte, ingénieur, constructeur de ponts, fondeur de canons et de cloches, batteur de monnaie, artilleur. Il joua auprès de lui le rôle des frères Bureau auprès de Charles VII. Il lui organisa le puissant train d'artillerie qui mit à la raison Tver, Novgorod, les Tatars de Grimée. Ivan III voulait démolir l'Assomption du Kremlin, commencée en 1472, mais jugée trop étroite et peu solide, et projetait délever un temple qui fût digne de la Moscovie nouvelle. Vainement il s'était adressé aux architectes allemands : ils ne l'avaient point satisfait. C'est alors qu'Aristote se mit à l'œuvre. Impatienté de la lenteur que mettaient les ingénieurs russes à la démolition des anciens travaux.

il inventa une sorte de bélier, qui en quelques jours fit place nette. Il enseigna aux Moscovites un procédé pour mieux cuire les briques. L'Assomption, que bâtit alors Aristote et qui fut dédiée en 1479, ne semble pas de la même époque que les lumineuses églises de la Renaissance italienne : des fenêtres étroites tombe une lumière douteuse, qui laisse régner, dans Féglise aux mosaïques d'or, une obscurité sacrée.

Ivan III reconstruisit aussi Saint-Michel-Archange du Kremlin, la nécropole des empereurs ; l'Ascension, où se célébraient leurs mariages; l'Annonciation, où sont les tombeaux des souverains; enfin le palais tsarien (1437), dont il ne reste aujourd'hui que les parties appelées le Terem et le Palais à Facettes. La tour dite d'Ivan le Grand, de 325 pieds de haut, contenant 34 cloches, est du règne de Godounof (1600).

D'autres Italiens prirent part à ces constructions : Aleviso de Venise, l'architecte du palais; Pietro- Antonio Solario de Milan, qui travailla aux remparts du Kremlin et éleva la Porte du Sauveur. Il acheva le Palais à Facettes, commencé par l'Ilaiien Marco en 1487. A ce Pietro et à deux autres Italiens, qu'elles appellent Antoine et Marc, les sources russes attribuent, comme un nom de famille, celui de Friazine\ mais ce nom (dérivé de Frison ou de Franc) signifie seulement « étrangers ». Celui qu'elles appellent Ivan Friazine est le Vicentin Gian-Battista de la Volpe, qui se mêla de diplomatie et frappa de la monnaie pour Ivan III. Un autre Friazine, Paul Bossio (ou Debossis), de Gènes, fondit des canons, dont un énorme (en 1488). (Incertain Triphon, de Caltaro, faisait de la vaisselle d'or pour le grand-prince.

L'édifice le plus étrange de Moscou est l'église surmontée de huit ou dix coupoles, éclatante de couleurs criardes, construite sur la Place Rouge, en 1554, par Ivan le Terrible en mémoire de la prise de Kazan. Elle est dédiée à Vassili le Bienheureux, un fou religieux (iourodivii) qui courait presque nu dans Moscou et qui, en 1547, aurait prophétisé le grand incendie. Elle est l'œuvre de deux architectes russes, Barma et Postnikof. Il faut lire dans Haxihausen, la description de ce monstre polymorphe et polychrome, qu'on pourrait prendre « pour un immense dragon aux écailles brillantes,

accroupi et dormant ». C'est cette église que Napoléon, en 1812, appelait « la mosquée » etqu*il voulait faire sauter.

La médecine. — Il ne peut être question de culture scientifique à propos des Moscovites de ce temps. Us étaient incapables de s'en assimiler même le peu qu'en avaient su leurs maîtres byzantins. — Seule la médecine pouvait un peu les intéresser : et encore, s'en tenaient-ils aux remèdes de bonnes femmes, c'est-à-dire de sorcières, et aux guérisons qui s'opéraient dans certains monastères. Les Khlopof, pour guérir leur fille, fiancée au tsar Michel, lui font boire de l'eau bénite, dans laquelle ont infusé des reliques. Les premiers médecins un peu sérieux vinrent, dès le xn® siècle, de Bulgarie, de Grèce, d'Arménie; puis des Allemands, des Juifs, des Italiens. Le Domostroî reste hostile aux médecins : toute maladie, même le rhume, étant un envoi de Dieu, elle doit se traiter par la vraie pénitence. Les malades n'étaient pas toujours faciles à soigner : les femmes étant voilées, on ne pouvait guère mieux les examiner que des sultanes. Le médecin était considéré comme un sorcier; s'il manquait la guérison, comme un sorcier méchant. On en eut, sous Ivan III, deux cas éclatants : un médecin qu'on appelle Antoine Niemtchine [C Allemande) soigna un prince tatar et le laissa mourir : Ivan le livra aux parents de la « victime », qui lui coupèrent la gorge. En 1490, un autre médecin qu'on appelle Léon Jidovitch {/ils de juifl) soigna le prince héritier Ivan : celui-ci mourut; Léon fut décapité. Une panique se répandit alors dans la colonie étrangère de Moscou : Fioraventi lui-même voulut partir; Ivan le mit aux arrêts et le fit surveiller de près. La cour du grand-prince et la Russie même étaient comme l'antre du lion : le difficile était d'en sortir. On cite un Russe, Skorine, à la vérité natif de Polotsk, qui, au temps de Vassili IV, prit à l'étranger le grade de docteur en médecine. Ivan IV eut des médecins allemands, outre le Hollandais Bomelius, qui se mêlait aussi d'astrologie. Sous son fils Feodor, l'Anglais Marc Ridley et le Milanais Paul. Sous Boris, Thomas Willis, envoyé par Elisabeth : on prétendit qu'il n'était pas un vrai médecin, parce qu'il n'avait pas de livres, et on le renvoya.

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BIBLIOGRAPHIE

CoUeetloiMi ruMnes) doeumeuto. — Voir ci-dessus, t. IV, p. 696 :

consulter les mêmes tomes ou les suivants. — Ajouter : K. Helnik et V.-B. Antonovitch, Mémoires relatifs à l'Mstoire de la Sud-Russie, Kief, 1890. — Correspondance des papes avec les souverains russes, Pétersb., 1834. — N.-I. VesséloTski, Monuments des relations diplom, et comm. entre la Russie moscovite et la Perse (notamment au temps d'Abbas le Grand), t. I.

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OnvPAffe» riUMies sur le» Institutions, In civliisntlon, les mœurs. — Lois d'Ivan III et dTvan IV, Moscou, 1819. — LeDomostroI (voir ci-dessus). — Stoglaf (décisions des conciles de 1547 et 1549), édit.

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Pour les ouvrages de I. Zabiéline, N. Zagoskine, N. Tchétchouline, KUoutcheTski, Nikitaki, Béréjkof, Ogorodnikof, Hamel, Ikonnikof, voir ci-dessus, L IV, p. 697-698. — N. lAvroaki, Des atuiiennes écoles russes, Kharkof, 1854. — L*archevéque Philarète de Tchcrnigor, Les Saints russes, 3 vol., 2<^édit., Pét., 1882. — Du même, Revue de la littérature ecclésiastique russe, dans les Èlém, de VAcad. de Pét., t. III, 1857. — Du même, Histoire de VEglise russe, voir ci-dessus, t. IV, p. 698. — L'archevêque Kaearii, Histoire de VÉglise russe, t. V et suiv., Pét., 1866. — Roudnef, Des hérésies et schismes dans VÉglise russe, Moscou, 1838. — Panof, L'hérésie des judaisants, dans le Journal du Min, de /7. P. (russe), 1877. — D. TsYiétaef, La lutte littéraire contre le protestantisme, Moscou, 1887. — Sokolof, Relations du protestantisme avec la Russie, Moscou, 1880. — Le Père NicolaéTaki» Fonda- \

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Diplomate», voyagreur«9 aventurier* d'Oeeldent eu Mo»covie. — A aucun moment, sauf pour Tannée 1812, il n*y a eu plus de récits européens sur la Russie. Voici d'abord les recueils où sont édités quelques-uns de ces récits : — Hakluyt, Collection of the early voyages, nouv. édit., Londres, 1809-1812, t. I. -^ Ouatriœlof, Récits des contemporains sur le faux Dmitri, 5 vol., Pét., 1831-1834. — Historise Russiœ monumenta, 2 vol., Pét., 1831-1842, et Supplément, 1848. —V. J. Lioubltch-Romano- ▼itch. Récits des étrangers sur la Russie, Pét., 1843. — A. B. Startchevski, Scriptoresextei'issculiXVIhistorisB Ruthenicœ, 2 vol., Berlin et Pét., 1841-1843.

— Rerum Rossicarum scriptorcs cxteri, Pét., 1851 (édition de la Commission arcbéograpbique). — BUioutcbeTakl, Récits des étrangers sur la Russie, Moscou, 1866. — Houkhanof, Recueil de documents, nouv. édit., Pét., 1866.

— Evers, Beilr. zur Kenntniss Russland, Dorpat, 1816. — Adelung, Kritischliterarische Uebersicht der Reisenden in Russland bis 4700, 2 vol., Pét., 1846 (on lui doit aussi des études sur Herberstein, 1818, et Meyerberg, 1827).

Voici maintenant une liste des principaux voyageurs européens en Mos-

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covie : — Marco Foscailni, ambassadeur vénitien (séjour en 1557), Relazione dell'imperio di Moscovia, dans Hist. Russ. Mon., t. 1. — Tiepolo, Vénilien, (séjour 1560), Ibid,, t. I. — Raphaël Barberinl, Romain (séj. 1565), dans Lioubitch-Romanovitch. — Justin, Suédois, évéque d'A.bo (séj. 1569), dan> Evers, t. I. — Jac. Ulfeld, envoyé danois (1575 et 1578), Hodoeporimn Ruthenicum, dans Startchevski, 1. 1. — Ellert Blruse et Joh. Taube, Lettri> au duc Kettler, dans Ewers et dans Startchevski. — Alex. Guagnino, Italien, au service du roi Bathory, Moseoviœ descriptio, Gracovie, 1578, et danf Startchevski. — Le pasteur Oderbom (en partie d'après le précédeol auteur), Johannis Rasilidis magni Moscoviœducis vita, 1585 ; publié dans Startchevski. — Lasitski (protestant), De Russorum MoscovUarum rcUgione, Spire. 1582. — Chancelor, dans Hakluyt, t. I. — Antoine Jenkinson. Voyages to Russia and Pei^sia, édit. D. Morgan et Goote (société Hakluyl), 2 vol., Londres. 1886. — Horaey (séjour 1572-1590), dans Russia at tke close of the XV! Centwy, édit. Edw. Bond, de la soc. Hakluyt, 1856. — Michalon le Ldtfananien, De morihus Tartarorum, Lithuanorum et Moschorum, Bâle, 1575. — Martin Bronewaki, Transylvain, envoyé de Bathory au Khan de Crim*k\ Tartarise descnptio, Cologne, 1595. — Eric Lassota, envoyé impérial (i.'îHv 1594), Tagebuchy traduit dans K. Melnik et V.-B. Antonovich. — Biaise de Vigenère, Description du royaume de Pologne et des pays voisins, Paris, 1573. in4; trad. russe, Ibid. —Jean Ck>bentzel, env. autrichien (séjour 4576), De legatione ad Moscovitos epistola, dans Startchevski. — Daniel, prince de Buchau (secrétaire du précédent), dans Scriptores rerum Livonicarum, t. U. — Schil, rapports à TEmpereur allemand, 1598, dans les Lectures de la .«^i^. hist, de Moscou, 1875 (trad. russe). — Antonio Poise-vino, jésuite (1534- 16H), Missio Moscovitica,\a.rsoyïe, 1585; nouv. édit. par le R. P. Pierling, Paris, 1882. — Reinhold Heidenstein (secrétaire du roi Bathory), Rerum polonicamm libii XII (de bello moscovitico), Francfort, 1671, et dans Startchevski, t. II. — Laurent Hailer, diplomate, Polnische, Liffi.y Mo^ch. Schtved. und andere Historien, Leipzig, 1585. — Salomon Henning^ (conseiller du dernier /awrfmeis^er de Livonie), dans Script.refum Livoniearum. — Jehan Sauyage, de Dieppe (aborde à Arkhangel en 1586), dans P. Paris, In Chronique de Nestor, 1. 1, pièces jointes, et dans Âdelung. — Gilles Pletcher (f 1601, envoyé britannique), On the russian Commomoealth, Londres, 1591. traduit dans la. Bibliothèque nisse-polonaise de Franck, sous ce titre La Russie au XVII® siècle, Paris, 1864. — Niklaa von Barkatch, envoyé impérial (trois fois : 1589, 1593, 1594), dans Adelung. — John Herick, envoyé britannique, The Russian Impostor, Londres, 1604. — Barezzo-Barezzi, Relatione,., del Demetrio gran-duca di Moscovia, Venise, 1605; ancienne trad. fr. éditée par le prince A. Galitsyne, Halle, 1859. — Thomas Smith, envoyé britannique. Voyage and entertainement in Russia, Londres, 1605. — Un anonyme anglais. peut-être "William Russell, The report of bloody massacre in the city of Mosco, Londres, 1607. — La Légende de la vie et de la mort de Démétrius (récit d*un témoin oculaire. Hollandais ou Allemand), en fr., Amsterdam. 1606; édit. Obolenski, 1839. — Georges Paerle, négociant d*Augsbourg, dans Oustria^lof. — Le capitaine Jacques Hargeret, Estât de l'empire de Russie (dédié au roi de France Henri IV), Paris, 1607 et 1854. — Pierre de la Ville, seigneur de Dombasle, Discours sommaire, dans Bibl, russe et polonaise de Franck, 1859. — Gerhardt Grœvenbruch, Tragœdia Moscovita^ Cologne, 1609. — Mathieu Schaum (Allemand, a servi dans la guerre suédoise), Tragœdia Demetrio-Moscovitira, Rostock, 1614. — Alexandre GHli (chantre italien dans la chapelle de SigismondlH), Historia di Moscovia, Pistoia, 1627. — Conrad Bussow (établi en Russie depuis 1601), dans Rerum

LA MOSGOVIE 797

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