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Parent de la femme de Ghristoplie Colomb

comme ambassadeur à Péking à la cour de Wou-tsong (Tcheng- Té). Pires arriva à Nanking quatre mois plus tard. L année suivante (1518), le frère de Fern&o, SimSlo de Andrade, arriva à Canton avec un navire et trois jonques. Sa conduite fut toute différente de celle de son frère; ses exigences exaspérèrent les Chinois qui le bloquèrent et, dans la crainte de périr par la famine, il fut obligé de fuir (1521), abandonnant une de ses jonques. Furieux, il s'apprêtait à attaquer Tile de Sancian lorsqu'un commissaire envoyé par le roi dom Manoel, Martin Âlfonso de Mello Coutinho, le força à renoncer à son dessein. Mais il était trop tard pour se concilier les bonnes grâces des Chinois. Ceux-ci rencontrèrent la flotte de Coutinho près de Sancian (1522), lui infligèrent une sanglante défaite, s'emparèrent des navires portugais et de leurs cargaisons, qu'ils conflsquèrent, et firent de nombreux prisonniers, qui furent jetés en prison et massacrés. On n'est pas exactement renseigné sur le sort de Thomas Pires, le premier ambassadeur qui fut laissé en Chine par FernSLo de Ândrade : les uns prétendent qu'il fut mis à mort par les Chinois; d'autres, qu'il était resté en Chine et s'y était marié avec une Chinoise dont il avait eu une fille (que rencontra Fernâo Mendes Pinto en 1543, ainsi qu'un ancien compagnon de Pires, Vasco Calvo).

Un des compagnons de Fernao de Andrade, Jorge Mascarenhas, visita avec des jonques les îles Lieou-Kieou, plusieurs ports du Fou-Kien et du Tche-Kiang, et, quelque temps après, les Portugais s'établirent sur la rivière, à Liam-po, entre Tchin-haï et Ning-po. Les exactions des Portugais et, en particulier, le massacre sans raison de tout un village, par Lancerote Pereira, attirèrent la colère des Chinois sur la colonie portugaise. Elle fut complètement détruite en 1545 : 12 000 chrétiens, dont 800 Portugais, furent anéantis et 80 navires ou jonques brûlés : on m'a montré jadis l'endroit où avait eu lieu celte grande exécution. Un autre établissement que, probablement sur les conseils de Jorge Mascarenhas, les Portugais avaient créé au sud de Liam-po, dans le Fou-Kien, à Chincheo (Tchang-tcheou), subit le même sort en 1549. Chassés de Canton, du Fou-Kien et du Tche-Kiang, les Portugais, réduits

à faire le commerce dans les iles qui bordent le Kouang-toungr, et en particulier dans celles qui se trouvent dans Festuaire du Tchou-Kiang, s'établirent dans les îles de Sancian et de Lampacao, près de Macao. C'est dans cette dernière ile que se réfugièrent trente Portugais qui avaient échappé au carnage de Tchang-tcheou . François -Xavier, après avoir évangélisé les i

Indes et le Japon, se préparait à pénétrer en Chine, lorsqu^il mourut au seuil de la terre promise, dans File de Sancian (2 décembre 1552). Le lieu de sa mort fut Tobjet d'un pèlerinage qui attira un si grand nombre de Portugais que les fonctionnaires chinois restreignirent le commerce étranger à la seule île de Lampacao.

Occupation de Macao. — A quelle époque et dans quelles conditions les Portugais occupèrent-ils Macao? Quelques historiens prétendent que les Portugais, ayant aidé les autorites chinoises du Kouang-toung à détruire les innombrables pirates ^

(ladrones) qui désolaient Festuaire de la rivière de Canton, ■<

obtinrent la permission de s'établir dans la partie de File de Uiang-chan, consacrée à la déesse Â-ma, dont le port, A-mangao ou Ngao-meriy est l'origine du nom de Macao. D'autres historiens placent en 1557 la création de cette ville, qui reçut le nom de Cidade do nome de Deos de Macao. Suivant les Chinois, l'établissement des Portugais à Macao serait antérieur (1553) ".

Plus tard, dans la seconde année du 'règne de l'empereur Wan-li (1575), les Chinois construisirent une barrière pour séparer Macao du reste de fliang-chan. Il ne faudrait pas croire toutefois que les Chinois eussent abandonné tout droit sur Macao ; en réalité, les Portugais y étaient les vassaux des Chi-

1. « La trente-deuxième année de Kia-thsing (1553), dit Abel Rémusat (Aor/r. Mél. Asiatiques^ I, 328-329), des Taisseauz étrangers abordèrent à Hao-King. Ceux qui les montaient racontèrent que la tempête les avait assaillis et que Teau de la mer avait mouillé les objets qu^ils apportaient en tribut. Ils désiraient qu*on leur permit de les faire sécher sur le rivage de Hao-Ring. Wang-pe, commandant de la côte, le leur permit. Ils n*élevèrent alors que quelques dizaines do cabanes de jonc. Mais des marchands, attirés par l'espoir du gain, vinrent insensiblement, et construisirent des maisons de briques, de bois et de pierres. Les Fo-lang-Ki (Francs) obtinrent de cette manière une entrée illicite dans l'empire. Ainsi les étrangers commencèrent à s*établir à Macao du temps de Wang-pe. • D'après un ouvrage chinois dilTérent, Robert Morrison écrit : « Des étrangers de Macao, tribu de l'Océan occidental (Europe), commencèrent à arriver dès la trentième année de Kia-ftising. >

nois. Ces derniers ne manquèrent jamais de faire valoir leurs droits : ainsi, ils s'opposèrent au débarquement des Anglais en 1802 et en 1808, époque à laquelle Tamiral Drury fut reçu à coups de canon. D'ailleurs, depuis 1582, les Portugais payaient aux autorités chinoises une redevance de 500 taêls par an. En outre, il y avait une double douane à Macao : Tune chinoise, l'autre portugaise *. Aucun vaisseau étranger, en dehors des Portugais et des Espagnols de Marseille, n'était autorisé par les Chinois à venir faire le commerce à Macao : l'intérêt même des habitants de Macao ne pouvait que leur faire approuver cette mesure. Les Portugais étaient même obligés de payer pour leurs navires le droit d'ancrage et de mesurage. Leur avantage sur les nations étrangères était de n'avoir à payer aux douanes du Céleste Empire que la même taxe que les marchandises chinoises.

Les HoUandais en Chine. — L'établissement des Portugais à Macao, ainsi que leurs autres possessions d'Asie, ne devaient pas tarder à exciter la convoitise des Hollandais, leurs successeurs en influence et leurs rivaux en affaires dans toutes les parties du monde. D'ailleurs la haine des Hollandais contre les Portugais était dirigée en réalité contre l'Espagne, dont le roi, Philippe U, avait annexé (1580) le Portugal, et, par suite, les colonies de cet État. U n'est pas exagéré de dire que l'occupation espagnole, comme plus tard l'occupation française, ont été les causes principales de l'appauvrissement du domaine colonial des Portugais. La route des Indes étant fermée et inconnue aux Hollandais, ce fut, comme les Anglais, par le Nord, qu'ils cherchèrent le chemin de l'Asie orientale '. Le hasard, aidé d'ailleurs par l'intelligence, mit bientôt les Hollan-

1. Uoccupalion anglaise de Hong-Kong et la liberté du commerce proclamée dans celle ile modinèrcnt complètement les conditions économiques du Sud de la Chine. Aussi le gouverneur de Macao, Jo&o-Maria-Ferreira do Amaral, supprima-t-il successivement la douane portugaise (1846) et la douane chinoise (1849); les Chinois, fort irrités 4e ces changements, assassinèrent Amaral (22 août 1849). Depuis celte époque, les Portugais ont cessé de payer leur redevance annuelle et leurs taxes aux douanes chinoises. Le nouvel état de choses n'a été reconnu orficiellemenl par la Chine que parle traité signé à Péking le i*' décembre 1887.

2. De là, les voyages de Willem Barentz et de Cornelis Nay en 1594, de Barentz en 1595 et 1596, ce dernier avec Jacob van Heemskerk; plus tard ceux de Henry Hudson en 1609, de Jan Corneliszoon May en 1611 et de Willem Vermuydon en 1613.

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dais sur la voie de la navigation des Indes Orientales. Cornelis de Houtman, d'Alkmaar, étant prisonnier à Lisbonne en 1594, recueillit une foule de renseignements sur la route de rOcéao Indien auprès de pilotes et de négociants portugais; aussitôt libéré, Houtman s'empressa, Tannée suivante (1595), de former une Compagnie dite des Pays Lointains *.

Un premier voyage eut lieu en 1597, sous la direction de Houtman, commandant quatre vaisseaux, qui restèrent absents deux ans et quatre mois. De nouvelles expéditions ne tardèrent pas à partir d'Amsterdam, de Zélande et de Rotterdam. Puis, en 1602, fut créée la célèbre Compagnie des Indes Orientales néerlandaises '.En 1609, Pieter Bolh était nommé gouverneur général des Indes Orientales, et sous Jean Pietersz Coen, son troisième successeur, quatrième gouverneur général, le fort de Jacatra recevait, le 11 mars 1619, le nom de Batavia. C*était le point de départ de la puissance coloniale prodigieuse des Hollandais, qui devait s'étendre sur les deux mondes.

Coen entreprit la première véritable expédition pour la Chine : Gornélis Reyersz, qui la commandait, avait pour instructions de s'emparer, s'il était possible, de Macao, et de s'établir sur un point de la côte de Chine. Reyersz arriva devant Macao le 19 juin 1622. Obligé de s'en éloigner, le 24 juin, après un débarquement infructueux, et remontant le long du littoral, il s'empara des iles Ponghou ou Pescadores. dans le détroit de Formose. Les Chinois s'inquiétèrent de voir les Hollandais si voisins de la province du Fou-Kien : ils obtinrent d'eux le transfert de leur établissement dans File même de Formose, à Tai-ouan. C'est par un arrangement pris, le 19 février 1625, par Martin Sonk, premier gouverneur de la colonie, que ce transfert fut décidé,

Sous le quatrième gouverneur de Formose, Pieter Nuyls, le commerce hollandais, qui avait pris une très grande extension, commença à exciter la jalousie des négociants japonais qui, plus que les Chinois, leur faisaient concurrence dans Tile. Les

1. Elle était administrée par dix directeurs, dont voici les noms : Henri Huddo. Renier Paaw, Pierre Hasselaar, Jean Jansz, Carel de Oude, Jean Poppen, Henri Buyk, Dirk van Os, Syvert Pietersz Sem, et Arent van Grooienhuyze.

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