HISTOIRE GÊNER ALB
•ODciiit { août 1790) la paix de Wserate » qui félablit lit limites de§ deux états sur la pied des traités précédensal
Crmît aux Roues de p<^er lovtes leurs forées contre I Ottomans.
La *:iRTre lurque n'avait pas ti'abord répondu toui-afait aux iirillanles espérances dcCatlu rine et de Potemkm. 11 fallait a|){*or(<'r Ks vivres (l'une très -grande dislaoce ; la famine » puis la peste* avaient décimé les. armées russes. La prise de Choczim par les Autrichiens aidés de Soltikoff , celle d'Pczdfce/jrparPoterakin ( 1788 aTaieDt coûté des flots de saiiff^ O'aotres succès moini importans forent achetés par des partes immenses. Les provinces moscovites ne sullisaient plus aux recrutemens; on enrôlait jusqu'aux exilés de Sibérie. Mais Catherine redoublait d'efforts pour forcer la forluue et fixer la victoire. £n 1789 , les armées réunies^de Souwaroff et de. Cobourg battirent les Tores à Fokszamg en Moldavie et près de MartiM9tie , sor les. bords do Rf/mnik* Bientôt après • Bender tomba au poovoir des Rosses, et la eam* pagne de 1790 fat pdor eux one soite rapide de triom* phes. La Moldavie, la Valachie , la Bessarabie furent conquises et de\a>tées. La forte place d'Ismmî fut prise, après un siège mt urlrier qui coûta aux Ottomans plus de 40»OPO hommes tués ou prisonniers. Constautiuo^ crot ▼oir à ses portes le redoutable Souwaroff.
Mais Joseph il éçtaot mort le 2 février 1790» la pdi-. tiqoe aotrichienne changea sous le noovel empereor. Léopold //. Ce prince , considérant que racqoisitioo de . quelques provinces d'une possession incertaine ne pouvait balancer le danger du voisinage et de ragrandisseuieot des Russes, ne songea qu'à se retirer de la lutte où la^ fougue irréfléchie de son prédécesseur avait engagé l'Au- . triche. La paix de Szistowa , qu'il conclut le 4 août 1791 » soos la médiation de la Hollande et de la Prosse , laissa ta Hossie chargée seole de toote lagoerre. Elle la poorsoiirit avec succès jusqu'au milieu de 1791 , où, voyant le roi. de Prusse Frédéric-Guillaume H convoiter Tborn et .Daniitickf et craignant un soulèvement en Pologne» elia^
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eoiHsèntU à traiter avec la Porte, Les prélimmairei de la paiic ftreitt signés k il août k Gallatsch mr le Danube »
et convertis en paix définitive à Yngiy en Moldavie r
le 0 janvier 1792. Par ce traité , le Meslerfut établi pour frontière perpétuelle entre les deux empires. Les Turcs cédèrent à la Russie la forteresse d*Oczakoff, avec tout le paya.^ situé entre le Bog et le Niester. La cession de la Crimée, de Tile de Tanctoi et du Kuban fut confirmée. Mais la Rus^e restitua toutes ses autres eonquètes , en stipulant* toutefois » la conservation des privilèges delà Valachie et de la Moldavie. Ainsi s'évanouissait pour Catherine ce songe brillant d'un nouvel empire de Byzance. Son ambition, mal assouvie en Orient » se rejeta sjar l'infortunée Pologne.
Tandis que les forces de la Russie étaient occupées, «poutre les Siiédois et contre les Turcs , les Polonais avaient essayé de changer, les. vices. de leur constitution et de. rietremper par cette réforme le gouvernement de leur, république. Une diète extraordinaire ayait été convoquée . à Varsovie en 1788 , et s'était formée en coniedc ratioti pour éviter les inconvéniens du liberum veto et de l'unanimité ejj^igée dans les diètes ordinaires. Ce fatal veto, <^nsacré par la constitution de 1775 , était » à bon droit» regardé par la grande majorité de la nation comme la cause première de tous ses maux. La violence avec la^^ quelle la Russie l'avait soutenu lui avait comme imprimé un caractère de réprobation , et il était devenu si odieux que quiconque eût osé s'en prévaloir était sur de se couvrir d'opprobre et courait risque de perdre la vie. Les^ esprits étaient également frappés des inconvéniens . de l'éligibilité du trône > qui était » dans l'état r comme une., maladie périodique^ donttm avait éprouvé ^ans le même^. aiècle trois rechutes , toujours plus funestes les unes que les autres. Les Polonais, en gémissant avec indignai ioa sur l'usurpation des trois puissances , ne se dissimulaient plus les fautes qui avaient préparé cet état d'avilissement et de calamité. Eclairés enfin par uoe cruelle expérience* î|s désiMent ^érieusemenl 4fù» la diète , |Mir de sagea.
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réformes, réparât tant d'années d'erreurs » de préjagés et de dissensions. Âyant cassé en 1788 le conseil permanent, elle fut» en 1789 « encouragée à oser davantage • par une lettre da roi de Prusse qui offrait à la république
son aniilié et lui domaedait la sienne , lui témoignait le désir de luriiier avec elle des liaisons solides, et pour cela, souhai!ait que la réforme de son gouvernement s'opérât le plus tôt possible.- Un comité de législation fut établi pour s^oecuper sans retard des changemens nécessaires.et rédiger le plan d'une constitution nouvelle. . Cette résolution de la diète , qui détruisait le gouvernement garanti par la Russie en 1775 , devait irriter rimpérati ice. Oa pouvait prt;voir que sa colère, alors retenue par la guerre de Turquie , éclaterait tôt ou tard sur la Pologne, et la prudence conseillait aux Polonais de se mettre en mesure de la braver en améliorant leurs finances et en organisant une bonne armée« L'assurance officielle de la protection prussienne • et , bientôt après » le traité d'alliance que Frédéric-Guillaume conclut avec leur république (29 mars 1790 ) , leur inspirèrent trop de sécurité, et la diète perdit un temps considérable à discuter le nouvel acte constituUonnel qui lui fut soumis par ses commissaires. Le roi Stanislas-Auguste , après avoir bésité long-temps à se séparer de la Russie , ayant enfin cédé au mouvement universel et adhéré aux vœux du parti patriotique « la nouvelle eansUtuûon fut décrétée
Car acclamation» le 5 mai- 1791. Elle déclarait le trône éréditaire et Passurait à la maison électorale de Saxe , après la mort du roi régnant. Elle abolissait le liber uui veto et la loi de ruuauimité. La diète , composée , comme auparavant , du roi , du sénat et des nonces , avait le pouvoir législatif. £lie devait s'assembler tous les deux ans » sauf convocation extraordinaire en cas de minorité , de guerre étrangère » de troubles intérieurs ou de famine générale. Le pouvoir exécutif appartenait au roi et à son conseil , composé de six ministres responsables , mais ne pouvant être accusés que lorsque les deux tiers de la diète se réuniraient pour demander leur jugement. L'ar-
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Knée était entièrement à la disposition do pouvoir executif, et le droit de nonimer aux emplois, tel que le roi rcxcrc/iit avant la diète de 1775» lui était rendu. Dans l'intervalle des diètes» le roi et son conseil pouTaient provisoirement foire des réglemens et des traités. On accordait aux habitans des villes libres la faculté d'élire leurs juges et l'aduiissioii de leurs députés a la diète. Du reste y les uobies étaient uiaiuîenus dans foute Tétendue ^e leurs droits et prérogatives, et quant aux paysans , on ^e bornait à leur promettre la protection de la loi et du goavemement , en sanctionnant d'avance les conventions que les propriétaires voudraient passer avec leurs colons pour améliorer leur sort. Enfin la diète , s*applaudissant •d'avoir s^wsfra// la Pologne à Yoppression étrangère et aux désordres intérieurs , et relevé un gouvernement capable d'assurer la Uberté et V intégrité de la patrie, di r Lirait que 'quiconque oserait s'opposer à la conslilutiou , comploter -sa ruine, troubler le repos de la nation par une révolte formelle, une confédération ou autrement, serait regardé comme onnemi du pays , traître et conspirateur , et traduit devant le tribunal de la diète.
Reçue avec eiUliousiasme par l'immense majorité des Polonais, cette constitution ii'avail pour ennemis que quelques nobles dévoués à ia Uussic ou dont l'ambition 45e voyait à regret frustrée par la loi de l'hérédité des chances d'arriver au trône. Ils sollicitaient les secours de rimpératrice contre le vœu légal et généralement reconnu de leur patrie. Catherine, qui ne jugeait pas à propos de se prononcer avant la conclusion des aflaires de Turquie , fit déclarer au con<îrcs d'V assy qu'elle n'avait aucun dessein de soutenir ei) i'olo;;iie les antap^onistes du nouvel ordre de choses. Mais a peine eut-eiie tait la paix avec ia Porte que, prompte à se parjurer, elle engagea ces mécontensà former une confédération tendante à détruire les innovations de la diète de Varsovie, et à remettre en vigueur l'ancienne constiiulion de la république. Pour soutenir cette confédération , qui fut signée ii Targomtz le 14 mai 1792 , elle lit entrer eu Pologne des troupes
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nombreuses précédées d'un de ces manifestes elTronlét dont elle avait coutume d'ajouter Timposture à ses entreprises les plus coupables. A Tentendre, elle ne s'armait que pour le maintien des traités violés par les constitutionnels , eontre lesquels die dressait une étrange liste de griefs faux et ridicule»» promettant , du reste, l'amnistie à ceux qui renieraient la constitution , et invitant les Polonais à mettre toute leur confiance dans la yrandeur d*âme et h désintéressement qui dirigeaient toutes ses démarches» La diète, voyant s'approc lier l'orage, avait entin pris des mesures vigoureuses. Elle avait ordonné la mise de l'armée de ligne snr le grand pied de guerre» la levée de plusieurs corps de troupes légères et un emprunt de 30,000»000 de florins. Parlant du principe que » dans un danger commun , tous doivent réunir leurs efforts pour le détourner et que chaque malheur individuel est une calauiilé générale , en même temps qu'elle avait rappelé à tous les Polonais l'obligation où ils étaient de se sacriiitT pour leur pays, elle avait annoncé, dans un décret mémorable» que, lorsqu'une ville, un village» unepfopnété quelconque, auraient été détruits» pillés» endommagés par l'ennemi» la perte serait supportée par la nation entière» eommedans une assodalùm fraternelle : en censé* quence , elle avait établi une commission qui devait vérifier l'état dos dommages» et» après la guerre» en acquitter la valeur.
La nation ne trompa point les espérances de ses députés , et il y eut un élan universel pour la défense de la patrie. Mais le roi de Prusse qui » en vertu de l'alliance de 1790» devait fournir i8»000 bommes à la république» et même 50,000 , le cas Texigeant » fut infidèle à ses eDga^ïemeiis. liLessé du refus qu'avait lait la dielc polonaise d'ailiiieUro un traité de commerce qui eut abandonné à la Prusse les villos de Tboru et de Dant/ick, craiguant» au moment où la révolution française éclatait avec violence » d'avoir à combattre la Russie en même temps qu'il se verrait forcé de faire laguerre à la Franoe» et finalement amorcé par la proposition d^un .nouveau
«démembrement delà Pologne» Frédéric-Guillaanie avait d'abord éludé par des réponses évasives les demaiides de» Polonais, puis, rompant omorlcinent avec eux, il s'élait préparé à faire cause commune avec leurs oppresseurs.
Déjà 90,000 Russes » vétérans des goerres de Suède et de Turquie y avaient envahi la Pologne. Investi par 1& diète d'une autorité dictatoriale pour la direction de la guerre , ayant , dès le début , une armée de 60,000 hommes et les moyens de la doubler en peu de temps , Ponialowski répondit mal à la confiance de la nation. Retombant dans ses perplexités à l'approche des troupe» ' moscovites » et subissant de nouveau Tascendant de Catherine^ qui; dans une lettre menaçante^ lai mandait de mériter son pardon en se joignant aux confédérés, il paralysa par ses hésitations, par ses ordres contradictoires, ractivité de ses t^eiiéraux. Euliii , lorsque, tière de la glorieuse journée de Dubienka ( 17 juillet 1792), où 8,000 Polonais, sous le brave Kosciuszko, avaient tenu tôte à 20,000 Russes, l'armée manœuvrait pour foreer rennemi à une bataille générale» elle apprit avec désespoir que le roi » abjurant cette constitution qu'il avait proposée et jurée , dont il s'honorait naguères d*éf re le créateur et le gardien , avait accédé à la conféderalioa de Targowitz et garanti Tassentiment des troupes (25 juillet). Maîtres du roi et du gouvernement, les confédérés torcèreat le faible Ponialowski de souscrire à toutes les conditions que rimpératrice voulut dicter. Ils suppri* mèrent une taxe extraordinaire de guerre décrétée par la diète» attendu» disaient-ils « que la république n*était engagée dans aucune guerre. Pour faire manquer Temprunt de 50,000,000, ils publiai eut qu'aucun prêt ne serait regardé comme dette de Téiat, et que les préteurs perdraient leurs capitaux, lis s'occupèrenl ensuite de la dislocation et de la réduction de l'armée. Pour s'assurer le mojende licencier plus facilement les corps suspects » on lâ morcela en fielites divisions , dont chacune se trouvait entourée d^uu nombre supérieur de troupes russes. Ce licenciement s'exécuta d'une manière oulrageuse et
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cruelle pour des braves qui s'étaient dévoués à la défensé
de leur patrie. La plupart, renvoyés sans avoir ivvu. l'arriéré de leur solde , furent réduits à mendier pour faire U'ur route. Plusi( urs (J'oiilr'eux avaient mérite des décoralioii&lioQorâbles; ils furent indignement dépouillés •de ces marques glorieuses, conquises au prix de leur sang. N'ayant plus à craindre rarmée» les confédérés» ■selon la coutume des fédérations précédentes « établirent , comme centre de leurs opérations, une généralité qui, comjJosiL; de ce que la Pologne avait de plus abject , se signala par tons les excès du despotisme et anéantit en quelques y\\\v> tous les décrels de la diète de Varsovie. Ensuite, ou envoya une dépulaliou remercier bassement rimpératrice Catherine» Sa féte fut célébrée à Grodno par la généralité avec un faste qui ipsultait à la misère universelle , et des réjouissances et des prières solennelles furent ordonnées en 1* honneur de la grande souveraine / qui menait sa gloire à restaurer la république.
Cependant les cours de Pétcrsbourg et de Berlin étaient déjà d'accord pour un second démembrement de la Polofjne. Des troupes prussiennes envahissaient ce malbeureux pays et s'y répandaient à Texemple des Russes , et les deux puissances proclamaient dans leurs manifestes ( mars et avril 1795) que, les Polonais étant livrés à Tesprit de discorde et de révolte et à Pinfluence anarcbique de clubs afliliés aux jacobins de Paris, elles avaient reconnu n'avoir rien de mieux à taire, dansPiulérôt de leur ti lilé et de celle de la Pologne, que d'incorfjorer ci d unir à leurs étals les provinces polonaises qui les avoisiuaieut , et de resserrer la république dans des bornes plus analogues à la forme de son gouvernement. £n même temps que, par une assimilation menteuse dont s'indignaient également par des motifs divers les patriotes polonais et les démocrates parisiens, les deux cour^ accusaient de jacoi)ijiisu)ç une naîion qui venait de se donner des lois monarciiiques , elles l'engageaient, avec une injurieuse ironie* à se réunir en diète pour favoriser les vues salutaires du roi et de l'impératrice , et assurer à la répubU*
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que une paix solide el une consîiîution ferme et s!a!)îe. Lesgéoéraux de Catherine dirigèriiil rélcction de celte diète ; elle se tint à Grodno, au milieu de 20»000 Eusses : daos cet état de coatraiote » elle ne pot que ratifier les nouvelles usurpations des deu^c puissances. Par les dmus iraïu's que la violence lui arracha le 15 juillet et le 25 septembre 1795, elle céda a la Russie les palaiinafs de Podolie , de Poîock , de Minsk , une poriioQ de celui de Wilna, la moitié de ceux, de Novoogrodeck , de Brzesc et de Voihynie, et la moitié de la Liihmnie; le roi de Prusse eut la meilleure partie de la Grande-Pologne, y compris , Ihom ^\Daiat%ickp la ville de Czmstokow dans la Petite* - Pologne, et une extension de frontières jusqu'à la rive ' gauciie des ri\ ic: es de Pilica , de Skierniewka et de Bzura. Daps: ces deux traités, comme ilaiis lelui de 1775, les puissances co«partageantes garantirent à la république, de la manière la plus expresse et la plus obligatoire » rintégrité des possessions qu'elles lui laissaient. On ne tarda pas à connaître la vdeur de cette garantie dérisoire.
L*iniquité des dernières conventions , jointe aux mille vexations où la Pologne était en proie , soulevait tous les esprits. La diète même de Grodao, eu adijérant à l'acte de cession, n'avait point dissiinulé la vioîon( (ju'elij subissait, et les nonces avaient déclaré soleonelieiaeaX que» dans Pimpossibilifé d'empêcher Pelfet d'une force op près* sive* ils léguaient à leur postérité t peut-être plus heu* reuse » le soin de sauver la patrie. Une association secrète se forma à Varsovie pour délivrer la Pologne du joug qui raccablail. Elle trouva de nombreux pariisans dans l'armée qui, d'après les arrangemens pris avec la îlussie, devait être réduite à 15,000 hommes. Les patriotes comptaient sur Passistance de l'Autriche qui n'avait point pris part au dernier démembrement ; ils se flattaient que la Suède et la Turquie ne laisseraient pas consommer la raine de la Pologne el ne resteraient pas spectatrices in* diflereutes de ses elTorls pour reconquérir son indépendance. Un guerrier qui avait servi avec éclat la cause do la liberté américaiue et qui plus récemment avait signalé
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ses taîeiis et sa bravoure dans la campafrne de it9î^ Koscîuszko devait être le chef de i'insurrcctiou. 11 était d'avis de la diflerer pour en mieux préparer les ressorts et Ib succès* Mais MndcUinski, qui commaDdait une hn^ gade de cavalerie • sommé de.la licencier* donna par son relus le signal dn soulèvement. Bientôt Koscinisko , à la tête de quelques milliers d'insurgés , s'est rendu maître de Craeovie. Les habitaus de la ville et du palatinat, par un ac!o d'insurrection publié le 24 mars 1794 , lui conlèreut le commandement suprême des troupes et une sorte de dictature qui doit durer aussi long-temps que le péril de la patrie. Prenant les aatels à témoin de la justice de leur cause, ils se rendent en foule à Téglise Ste.-Harie » et y prêtent serment à la constitution dn S mai qu'ils s'engagent à défendre aux dépens de leur fortune et de h urs jours. Consacrée par la religion , et, bientôt après , inaugurtic par la victoire que le jjénéralissime , avec 4,000 Polonais sans artillerie et mal armés, remporte sur 12,000 Kusses près àeRasîawîce, Tinsurrccfiou fait des progrès rapides. Dans la nuit du 17 avril • le tocsin sonne dans Varsovie contre les iO,000 Russes qui maintiennent dans cette capitale la tyrannie du général Igehtrom. Les habitans s'emparent de l'arsenal et chassent l'ennemi de leurs remparts, après un combat de deux jours où les deux tiers de la garnison russe sont tués ou faits prisonniers. Déjà la Lithuanie, la Samogitie, le palatinat de Sandomir» les districts de Brzesc et de Grodiio sont sous les armes. De proche en proche l'étendard de la Pologne se relève dans tontes ses anciennes provinces. On peut ' espérer nn instant qu'elle va redevenir une nation. .
Mais les moyens réels des insurgés ne répondaient pas à leur courage. « Malgré les [^rciniers succès, on ne fut pas long-temps à s'apercevoir qu<' l'esprit public n'était pas assez mûr en Pologne pour une entreprise de la na« ture de celle dont il s'agissait. La bourgeoisie n'y était ni assez nombreuse ni assez opulente pour servir de centre à la révolution qu*on prétendait opérer» et la servitude dans laquelle vivait le paysan était peu propre à lui ins*
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l^irer cet enthousiasme nécessaire au succès d^une insurrection. Les patriotes étaient d^ailleurs divisés d'opiaion ; et le roi, quoiqu'il parût approuver leurs eflbrts, secon* dait secrètement les partisans de la Russie. Une partie des nobles iiirnie se trouvait peu disposée à soutenir eificacemeut la cause de la liberté. Toute coulribution leur pesait ; ils répognment aux levées qui les privaient de cultivateurs » et ttemblaîent , d'autre part , de perdre les droits et les privilèges dont ils jouissaient exclusivement. » ( Koch, Tablemides révoluitons. ) « On voulait aussi couvrir trop de pa) s et les torces fureal trop divisées. 25,000 Poloriaiï^, engagés au service de Russie, n'attendaient qu'au moment favorable pour se réunir à leurs IVcres, Les mesures mal prises pour cette réunion furent cause que 5,000 senlement pénétrèrent par la Moldavie et la- Gallicict et que le reste fut désarmé. La levée en masse ne devait d'ailleurs inspirer que peu de confiance, les paysans et la plupart des bourgeois n'étant armés que de pi(jues et de faux, » { Komafzewski , coup et œil sur !a déeadence de la Pologne.) Euim , quoique dans toutes les déclarations qu'il faisait parvenir au\ puissances élraugères , Kosciuszko ne cessât de répéter que a Tinsurrec- Cion polonaise avait des principes absolument ditférens de ceux qu'on suivait en France ; qu'il regardait comme ennemis delà patrie tous ceux qui voudraient établir des ciubb 011 Jes sociétés particulières )> ; néanmoins , soit par une reacîion presque inévitable dans les graiîdes révolutions, soit par suite d'insiigaîions maclîiavéiiques atîribuées aux^ agens russes et prussiens» il y eut à Varsovie et à Wilna des violences populaires qui rappelaient trop les scènes sanglantes du régime conventionnel. Kosciuszko réprima promptement et sévèrement ces cruels excès. Mais ils n'eû servirent pas moins de texte aux caloniiiiis de» puissances et à leurs dLxiaaiaùons contre le jacobinisme polonais. Cependant, malgré la faiblesse de ses moyens et des difficultés de toute espèce» rinsurrecûon se soutint pendant sept mois et ne succomba que sous l'immense supériorité des forces ennemies.
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A la suilp (Wiiï avantage qu'il oblint près de Chelm, le 8 juin , le roi de Prusse s'approrha do Crac i>vie , que lui li\ra la trahison du commandaul W iuiaski. Eusuile, sou- Wnu d'un corps russe, il mit le siège dovant Varsovie. 20,000 insurgés défendaieot cette ville depuis deux mois contre plus de 50,000 hommes , lorsque le soulèvement des provinces échues à la Prusse dans les deux dèmembrcmens força Frédéric-Guillaume de lever le siège pour aller combattre riiisurrccîion dans ses propres èlats. Mais , laiîdis (|ue l'arnuM» prussienne s'éloignait, marquant sa route et vengeant sa retraite par les dévastations et les incendies , on apprit que TAutriche , neutre jusqu'alors » s'était jointe aux ennemis de la Pologne» et que ses soldats, maîtres de Sandomir, étaient entrés dans les palati* nais de Ghelm et de Lublin. Cette puissance , prenant part à cette guerre inique, sans avoir eu aucune plainte à former contre les Polonais , sans même alléguer aucun prétexte , annonçait assez qu'elle n'avait d'autre Lut (jue de se dédommager de ne s'être point associée au second démembrement en réclamant son lot dans le troisième. Elle avait jeté les yeux sur Cracovie qu'elle ne voyait pas sans ombrage occupée par les Prussieiis » et ce fut cette occtt« pation même qui la décida à se déclarer. En même temps s'avnncnil , à iravcrs la Lifbuanie , sous les ordres de Sonaiitofft une nouvelle armée russe deux fois vicloîieuse des insnro^és de cette province. Kosciuszko « voulant prévenir la jonction de cette armée avec celle du général russe Fersen, attaqua celui-ci prés de Macejowicê, le 10 octobre 1794. Dans cette journée meurtrière, l'armée polonaise» victime de son ardeur imprudente à poursuivre un ennemi qu'elle croyait vaincu et qui , se ralliant subitement, fil tourner la chance du combat , perdit plus de 6,0«î0 iionnîîes et son vaillant chef qui, dangereusement hle^^é, tomba au pouvoir de l'ennemi.
A la nouvelle de ce désastre , les généraux polonais Dombrowski et Madalinski , qui occupaient les forces prussiennes dans la Grande-Pologne et dans la Prusse occideQtale> abandonnèrent ces provinces pour aller secou*
DU BIX-HCmÈME SIÈCLE. 4-8S
rir Varsovie. Biealôi Souwaroff fut sous les murs de celte TiUe avec une nombreuse armée russe » grossie d'un eorpa considérable de Prussiens. Le 4 navèmbre» fut livré ce terrible assaui qui rappela les horreurs d^Ismall et joncha
de 18,000 cadavres les ruines du faul>our«x de Praga, Alors Varsovie, lra[)pee de terreur, demanda a capituler , et, le 9 novembre, elle ouvrit ses portes à Souwaroff. Les troupes polouaises mirent bas les armes , riusurrectiou fut étouffée» Catherine envoya à Stanislas- Auguste Tordre d'abdiquer » et le démembrement final de la Pologne fut arrêté entre les trois puissances. Après de longues et hon-> teuses discussions sur le partage de leur proie, la Russie prit tout ce qui restait à la Pologne delà Lii huante jusqu'au Niémen et au Bnq , la plus grande partie de la Samogitie avec toute la Courlande et la Sémigaîle, la partie du pays de Chelm située sur la rive droite du Bug et le reste de la Volhynk* L'Autriche eut la plus grande partie du palatin net de Craetme, ceux de Sanébmir et de LtiAlin, avec la parlie du pays de Ckêïm et celles despalatinatsde Brzesc,^ de Podlacliie et àe Masovie , qui s'éî codaient sur la rive gauche du Bug, On assigna à la Prusse la partie des palatiuals do Podlachie et de Maso vie , siîuée sur la rive droitedu même fleuve, la partie delà Liihmnie et de la Samogitie qui est en^çà du Niémen et un petit district dam hfakuinai de Cracovie. Le roi démissionnaire accepta un ' traitemeat abnnel de 200,000 ducats. Du reste, il n*eùt pas long-temps la honte d'être le salarié de ses spoliateurs, et, le 11 février 1797, il termina à Pétersbourg, où il s^était rendu après Tavéacmeul de Paul I, une vi$î iunesle à la Pologue.
Ainsi fut rayée de la liste des états européens la pairie deSobieski» la vaillante nation qui avait long-temps servi, de barrière àTEurope contre les Russes, les Turcs et les Tartares. Ainsi fut consommée celle longue et persévé-^
raute iniquité (|ui cmporia pièce à pièce , qui mutila membre à inrinliro rintorlunée Pologne, qui trois fois mit la liaclie dans ses chairs vives et enlin la frappa au Cfieur*. Calherine II » qui avait arraché la. meilleure part^
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de ses lambeaux , ne jouît pas long-temps du fruit de ce grand crime. Le 9 novembre 1796 , la Sémiramis du liord , qui , par la l'orce de ses armes ou les intrigues de sa politique, avait raugé sous sa domiualion 7,000, 00(^ de nouveaux sujets» qui deux fois s'était crue sur le chemio de Byzance et se préparait à le reprendre , qui d'une inaÎD meoaçait la Frauce févolutioDoaire et, de Tautre p s*apprêtait à planter son étendard sur les rives du Bosphore d'oii les rêves de son orj^ueil la promenaient déjà par (oule TAsie, Ca(herine-la-Vietorieuse , Catberine-la* Grande cessa de vivre . L'apoplexie foudroya celle téle altière, vengea la Pologne et termina ce règne fameux par des usurpations sans exemple » par des dépenses sans mesure, et qui ne fut pas moins désastreux pour la Russie que pour ses voisins» si Ton considère avec quelle barbare facilité Catherine II prodigua les trésors et le sang de son peuple, au ç^ré de ses passions désordonnées et de son insatiable ambition. Celle princesse eut incontestablement des qualités brillantes et vraiment royales; mais un effréné besoin de célébrilé , une fièvre de gloire, en firent le fléau du nord^ Flattant l'Europe littéraire» elle en a obtenu de son vivant ce qu'elle désirait » une place parmi les grands monarques; et sans doute plus d'une institn» tion , plus d*un monument utile » plus d'une réforme dans* les lois cl dans Tadminislration de son vaste empire justifient une partie des éloges qu'elle a reçus. Cependant, sous ce rapport même, sa renommée dépassa de beaucoup sou mérite réel, tressée de jouir elle courut d'ébauche en ébauche sans presque rien achever. Elle attirait à grands frais des colons de toutes les contrées de FËurope et laissait périr ces malheureux sur les rives désertes du Volga. Elle fondait des villes dont les noms pompeux figurent encore sur les caries ef ([ui ont eu le sort de ces peuplades^ éphémères que Poleniivin .i\;iiî transplantées sur le Dniéper, lors du voyai^c irioniphal de ia lauride. EUerassenabiaii à bt.-Péierâbourg ^ des extrémités de ses états ^ quelques centaines de Toui^oullis ^ de Baskirs » de KaU laoucks et d.e Samoîèdest, étonnés, de se trouver ensem.btei»
, w Mx-^nnrrin siècle. IST
leur faisait donner lecture d'un code de lois quMls écoutaient §ms les entendra et les renvoyait avec des aiédailles^ de légUlatears dans leurs sauvages contrées où D*ont ja^ mais été connues ces lois qui les, devaient civiliser. Le commerce vasse » dont elle se, flattait d'être la créatrice • était exploité par les Anglais. Les arts, encouragés dans^ quelques objets de luxe, étaient, pour les besoins oïdinaires do la société, exercés en gênerai par des étrangers. Catherine pouvait acquérir un solide honneur en travailtent à adoucir le sort de ses^ sujets» à préparer leur affranchissement , à éclairer leur superstitieuse ignorance) Sa vanité» dédaigneuse de ces soins patiens d!une adininistratioa bienfaisante, n'aspira qu'àfrapperlesregardsdu vulgaire et donna tout à l'ostentation et au prestige. Aussi sa mémoire fut promptement déshéritée d*ane partie de cette glaire tant et à si grand bruit proclamée par la renomniée contemporaine» et». au tribunal de la, postérité, quelques réglemens sages ^ quelques réformes louables » quelques fonîdatiops heureuses» demandent en vain grâce pour tant de honteux scandales, pour tant d'entreprises, injustes , pour Tassassioat de Pierre 111 e.t pour le déchire^ ^ ' ment de la Pologne^.