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CHAPITRE IX

SECTION PREMIÈRE

Turquie , depuis la paix de Passai owitz (1718)., }nsqu'à paix d'ïassy^

QtBtQUB: nécessaire que fût aux Ottomans la. paix de Poitarowitz , les vrats-croyans s'indignaient de la. cession

de Temeswar et de Belgrade et reprochaient au suUaii Achamt IJJ d'avoir avili Phonu^uc de P empire^. Ils n^épiiiu

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salent ce priuce iîKÎolcnt et voluptueux qui charmait ses^ Jours par la contemplation de ses monceaux d'or, Je ses magnifiques glaces de .Venise, de ses belles tulipes « et par le chant de ses rossignols. A ce mépris TiDi se joindre la baiae» lorsqu'un incendie ayant consumé près du tiers de Constantinople , Achmet et son visir Ihrahim refusèrent d'écouler les plaintes des malheureux ruinés par ce fléau. Enfin , l'issue fâcheuse des affaires de Perse , après la plus^ brillante perspective de conquêtes et d^agrandissement , mit le comhle au mécontentement des peuples et amena la chute du sultan.

£n 1722, le sopbi de Perse, SehaH^Htuteih, ayatt ét^ détrdné par le rebelle Mif'Makmùud , chef des Afghans duKandahar. Tandis qu'un des fils d'Hussein , le prince T/iamas, dispuiait son héritage à l'usurpateur, les Otto*mauset les Russes avaient à la fois envahi la Perse. Le czar Pierre I s'éîait emparé duSchirvan, du Ghilan et de toutes les cètesdela mer Caspienne. Les généraux d'Ach-^ met airaient soumis Téflis > Erivan , Tàuris arec tes- provinces qui en dépendent. Schah-Thamas ayant proposé au^ czar de lui abandonner ses conquêtes , sous ta conditkin qu'il l'aiderait à chasser les Afghans , Aschraff, successeur de iMaliiiioLid , proposa, de son côîé , à la Porte ottomane un (railé qu'une révolte de l'Egypte la disposait à accepter. Elle reconnut l'usurpateur en qualité de roi de Perse ( 1726 ) et , à ce prix » il ratifia la cession de la Géorgie et de l'Arménie déjà conquises par les armes turques* Par la réunion de ces deux belles provinces à Tempire ottoman , par la répression de la révolte du Caire etd^un autre soulèvement qui a'/ail éclaté à Smyrne , tout semblait prospérer à l'insoui iant Aelimet. Ce Ixmiieur dura peu. Le fils d'un pasieur du Khorasan , Nadir, naguère chef de brigands et détrousseur de caravanes t est venu mettre son courage et celui de ses compagnons au service du fib de Hussein, et, se dévouant à lui sous Thumble nom

Esclave de Thomas (Thamas«Kouli*Kban), a guidé «e». soldats à la victoire et t'a rétabli sur son frftne par la: défaite et le supplice de son rivai. A^ant j^uni l'usur^alipU;

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des Afghans, Nadir s'élève contre celle des Turcs, et ses ambassadears» devançant ses légions triomphantes, vont réelamer da sultan ja restitution des provinces enlevées à la Perse durant les troubles. Surpris par cette déclaration de guerre au milieu des fêtes qu'il donnait à son maftre dans ses vastes jardins de plaisance qu'illuminaient des milliers de petites lampes de cristal placées au eaiii e des fleurs, le vieil Ibrahim, nouvel époux d'une des filles du sultan , répugnait à quitter sa jeune fiancée pour aller aux. combats; et la mollesse d'Achmet. d'accord avec celle de son ministre y inclinait à céder les provinces redeman-» dées. Mais la crainte de Tuléma , des janissaires et du peuple, qui s'indignent à l'idée de cette resîitulion , obligent le grand-\isir de répondre bostilemen( au message hostile de Nadir. Cependant presque toutes les Iroupes sont licenciées , et pour fournir aux frais des nouvelles levées, l'avare sultan refuse d'ouvrir Timmen se et stérile trésor qu'il tient accumulé dans le séraiL En cette extrémité, le visir établit un imp6t sur les marchandises, ressource désastreuse qui , perçue arbitrairement par les douaniers et aux dépens de la classe populaire , n'avait jamais élé employée sans danger.

Pour calmer les esprits émus en excitant Tenthousiasme de la guerre » on annonce que le grand-seigneur marchera en personne contre les Persans , et il va camper avec toute sa cour à Scutari » lien indiqué pour le rendezvous des troupes. Mais cette résolution même devient la cause de sa perte. Constantinojile , sous l'autorité impuissante de qu("l(|ues ofliclers suball ornes, reste en proie aux mécontens qui organisent une des plus étonuanles révoltes que présentent les fastes de l'empire ottoman , si féconds en événemensde ce genre. Un corps de janissaires attendait dans la cApitale* que toute Farmée fût rassem* Mée pour aller la rejoindre à Scutari. Depuis long-temps le relâchement de la discipline permettait aux janissaires de mêler le service militaire et le négoce. Trois de ces soldats-boutiquiers , qu'indisposait la nouvelle taxe » i^/mna Co/t/ ^ revendeur de vieux habits» Muslu^ mar-

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chaud do fruits, AH, marcliaûd do café, conspirent un changcmeutdegouvei Dément. Tandis que, par de sourdes- TTienécs, ils échauffent la populace , on apprend que déjà Tarmée persane s'est emparée de Tauris« et qu'iaMèle à sa promesse » Âchmel , au lien de marcber à rennemi » a quitté le camp de Sculari pour aller retrouver ses Toluptés accoutumées dans un château de plaisance. Cette nouvelle est le- signal de la révolte*^ Elle ne rencontre aucun obstacle, et lorsque, tardivement et mal instruit de ses progrès, Arlimet revient avec son visir et ses courtisans au lieu de revenir avec une armée, il la trouve dominante dans Constantiuopie. Il fait déployer l'étendard de Mahomet et promettre trente écus de gratification à ceux qui viendront se ranger sous la bannière sacrée. Patrona poste 600 hommes non loin de Tétendard avec ordre de tirer sur quiconque voudrait en approcher. Les rebelles somment le sullaii de lui livrer le grand- visir et trois autres de ses principaux officiers, lis voulaient les avoir vivans , et il leur envoie leurs cadavres. A cette vue, leur fureur éclate; ils s'écrient que le sultan a trompé leur vengeance et qu'il leur a livré le corps d'un esclave immolé à la place dlbrahim. La déposition d'Achmet» FinstaUation de son neveu Mahmoud sont réclamées par cette foule irritée. L'iman Ispiri-Zadé , un des moteurs secrets de l'insurrection , se rend au serait avec les pachas que le sullan a mandés pour les consulter sur les conjonctures présentes, a Qu'y a-t-il de nouveau ? » lui dit le prince. Que demandent-ils? que veulent-ils de » plus ? — Le règne de Ta Uautesse est ûoi , lui répond » le perfide iman « en affectant une fausse douleur ; tes » sujets ne te^veulent plus pour inattre ; ils domandent » ton neveu Mahmoud. » Achmet résigné va sur-le-champ tirer Mahmoud I de sa prison , le ramène dans la salle du divan , rinslallc au trooe et succède à sa captivité (1750).

Patrona, en habits de janissaire , les jambes nues , tel qu'il éiait lorsqu'il exerçait son humble négoce par lesu rues de Cotestanlinople , est conduit devant son nouveau»

niaîtro. « Sublime empereur, lui dit-il, ceux qui savent » l'hisloire de cel empire iii'out assuré que ceux qui font » des sultans m meurent jamais datis leur lit. Mais j'ai » délivré ce pays de ses oppresseurs; je suis content. — » Par les âmes de mes pères» reprend Mahmoud étoooé » du langage de cet homme intrépide » je jure que , loin » de youloir attenter à ta yie* mon dessein est de te » récompenser. — Abolis donc le nouvel impôt. » Et • aussitôt Tabolition en est ordonnée. Quelque temps le nouveau Mazaniello est , au nom de Mahmoud , le réritable souverain. Il nomme des officiers et le sultan les confirme. Il veut qu'un boucher de ses amis soit bospodar de Moldavie» et le sultan défère à son désir. Le jour où la gratification 9 tribut accoutumé d*un nouveau règne» devait être payée à la milice, il demande et obtient que cette faveur soit étendue aux nouveaux enrôlés , qui en Bout ( \clus par l'usage, et même à ceux qui sont hors de service par leur âge ou leurs infirmités. Pour s'airrauciiir de sa dictature, on lui offre le pachalic de Romélie et il refuse.. Enfin, le grand-visir et les principaux officiers de Tempire» dont il convoite les charges pour lui et pour ses complices , pressent le sultan de sortir de tutèle. Mandés au sérail sous prétexte d'une importante affaire , Fatrona, Muslu, Ali, sont massacrés dans la salle même du divan. Trente hommes d'escorte, qu'ils oui laissés dans la première cour» sont appelés cinq par cinq dans la seconde» comme pour recevoir les libéralités du sultan» et successivement étranglés. Cinq cents de leurs amis » et entr*autres le boucher^priiice de Moldavie , qui tentent d'exciter ua ujouvemeul populaire, périssent du même supplice, et. les bourreaux étant las, une amnistie est pubiiép pour le reste de ces rebelles auxquels Mahmoud devait le trône.

La guerre était engagée avec la Perse. Elle était dirigée par le pacha Rmtan^ qui devait son poste à Patron a. Un capidji porte à Sélim-Aga, lieutenant du généralissime » Tordre de le faire arrêter et mettre à mort, et de prendre ensuite le commandement. A Tarrivée du capid|i , Séliuk

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venait d'o\j)iier dos suiles d'une Idossure , et Rustan célébrait uue vicloire remportée sur les Persans. Le pacha s'empare des dépêches, et, les ayant Inès, il écrit à la Porte : a Ma vie appartient an sablime snltan ; mais j'ai » vaincu rennemi ; j'espère le vaincre encore ; qu'ensuite » mon glorieux mattre ordonne de mes jour». Et le proscrit poursuit ses triomphes : il avait battu lî's Persans uue seconde fois et les avait repoussés jusqu'à Dcrbent , lorsque sa lettre parvint à Conslantinople.

La maxime du soupçonneux despotisme de Mahmoud était de changer son vent de visir. topal-Osman, le troi» sième en moins de deux années « fit bientôt place à un autre , et alla lui-même remplacer Ali-Pacba » qui avait succédé à Rustan dans le commandement de Parmée de Perse. Une nouvelle révolu! ion venait de changer encore la face de ce pays. IVadir, mécontent que Schaii- 1 hamas, elTrayé des succès des Ottomans , eût conclu la naix sans le consulter » Tavait précipité du trône dans une prison , «t avait proclamé sophi le fds de ce prince » enfant au berceau > sous le nom duquel il régnait comme régent» en attendant qu'il prit le sceptre pour lui-même. Ayant rompu la paix , il menaçait Bagdad avec une nombreuse • armée, quand Topal-Osman vient lui prtisciiler la Lalaille. Nadir est vaincu, et les têtes de 55,000 Persans, élevées dans Bagdad en pyramides, sont le hideux trophée de la victoire des Ottomans (1752). Topal-Osman est arrêté dans le cours de ses exploits par les déserts» qui sont comme le boulevard de la Perse , et par le défaut de vivres et d'argent dont le laissent manquer des ministres jaloux de sa gloire. 11 trouve dans son génie et dans sa renommée les ressources que l'envie lui refuse. 11 emprunte de l'argent au\ tribus arabes voisines de lia^rdad , rassemble et solde ses troupes qu'il avait disséminées , et réduit par deux vîcloires nouvelles le fier Kouli-Khan à demander la paix. Il rejette ses propositions» et expie ce refus par sa défaite et par sa mort sur m quatrième champ de bataille. Autorisé par la Porte à entrer en négociation-» le paclia de Bagdad achète par la restitution de la Géorgie*

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la paix qu'oD pouvait imposer naguères. Le mufti, les efl'endis et le peuple éclatent eu murmures contre ce traité. Abdallah» beau-frère du sultan , est chargé d*en négocier radoucissement à la téte de 60*000 hommes. Le présomptueux général prétend le faire révoquer par une victoire et le confirme par ses revers. Â la restitution delà Géorgie et de r vrméuie, la Porte est loreée d'ajouter la concession du droU de péleriuage à la Mecque et la reconuaissauce de l'usurpateur en qualité de soplti de Perse ( 1735).

L'impératrice de Uussie , Aune Iwanowna , voyant le» Turcs en guerre avec les Persans » avait jugé roccasion favorable pour reprendre Azoif et réparer la honte de la funeste campagne du Pruth. Déjà eHe avait préludé à une rupture avec Mahmoud par une alliance avec Kouli- Khan, lorsqu'une iii .asiou des Tartares en Uiviaine lui fournit le prétexte de guerre qu'elle désirait. En 1755, elle ordouqa en Crimée une expédition que suivit en 175& une déclaration de guerre contre la Porte» qui n'avait pasréprimé les courses des Tartares. Dans cette campagne les Russes se rendirent maîtres d'Azoff » et ayant forcé les lignes de Pérékop , pénétrèrent dans la Grimée , où la diminulioa de leur armée par la iaim e! j)ar les uialaJies les empêcha de se maintenir. Etî 17Ô7 , Terapereur Charles VI se présenta d'abord comme médiaieur au congrès stérile de IVie miroir; puis, lout-à-coup changeant de rôle » et se flattant de partager les conquêtes des Russes 9 dont la réduction d'Oczakotf élevait les espérances, il prit ToOensive contre les Turcs. Vaincu dans trois campagnes» il conclut en 1759 une paix désavantageuse par laquelle il céda Belgrade , Sabacz , Orsowa , avec la Servie et la Valachie autrichienne. Peu de temps auparavant, Munich avait remporté sur les Turcs la brillante victoire de Choczim , pris cette place et conquis la Moldavie. La Russie n'en consentit pas moins , par le traité de Belgrade, k rendre toutes ses conquêtes et à n'avoir aucun navire armé ou vaisseau marcliand ni sur la mer de Zabaclie ni sur la mer Noire, liu resie, ce mr*me Iraifé eut son avantage pour cette puissance eii ce qu il auuuUa

tous les pactes antérieurs et la délivra ainsi de toutes les enlraves que le traité da Pf ulh a¥ait mises à l'ambition

moscovite.

Sortis de cette guerre avec honneur» les Turcs auraient pu profiter , pour s'agrandir, de celle qui s'éleva bientôt

après entre les puissances chrétiennes au sujet de la succession d'Aulriclic. Mahmoud , au contraire , leur offrit sa médiation; et, n'ayant pas été écouté, il demeura tranquille spectateur de la lutte qui ensanglanta TAllemagne jusqu'en 1748. Vivant en paix avec l'Europe et jouissant de la tranquillité qu'il s'appliquait à maintenir dans Constantinople, il ne s'apperfut pas qu'à Textrémité méridionale de son empire s'élevait dans l'Yémen la secte redoutable des Wahabis , qui renouvelaient les dogmes , l'austérité et raïuhihon île ces fanatiques et intrépides Karmates, le fléau du malioaiélisme et la terreur de l'Arahie sous les califes abbassides. Le shcik Mohammed, homme audacieux , prudent et rusé , de la petite tribu des Arabes néjédis , prétendait réformer rislamisme et ramener à sa pureté primitive le Coran » qu'il interprétait d'une manière différente des Musulmans sunnites. En ce temps-là, du débris de plusieurs tribus affaiblies par leurs guerres mutuelles venait de se former un peuple nouveau que le vaillant Ebn-Sehoud ay^ït su réunir par l'ascendant de sa bravoure et de ses exploits. Ehu-Sehoud et ses Arabes embrassèrent la secte nouvelle dont Mohammed fut proclamé pontife » et ils en commencèrent la prédication armée par des incursions et des brigandages sur les territoires environnans. Ennemis d'abord obscurs et méprisés, ils ne parurent point , dans l'origine, dignes de l'attention de la Subiime-Porte , et Mahmoud I*^*". mourut en 1754 sans avoir pensé à les réprimer.

Ce sultan eut pour successeur son frère Olhman 111 , qui» tiré à cinquante-trois ans de la retraite où il avait vécu renfermé, n'apporta au trône que l'incapacité d'un vieil enfant , étonné et embarrassé de sa grandeur inattendue. Faible et inepte^ il n'en fut pas moins cruel. Par

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Ises ordres» trois fils d'AchinetllIt objets de ses défiances jalouses» furent secrètement empoisonnés. Plus changeant • encore que son frère dans le choix de ses ministres» il les tenoQvellait incessamment» et sous son règne de trois années , on ne voit que visirs et caïmacans» marionnettes éphémères d'un despotisme capricieux, paraître et disparaître sur la scène. Ce règne n'est marqué dans Thistoire que par celle perpétuelle instabilité du pouvoir, par un des plus effroyables incendies qui aient désolé Constantinople ( il consuma les deux tiers de cette grande yille ) » et par la dispersion sacrilège d*ane caravane de pèlerins attaquée à son retour de la Mecque par les Arabes du désert.

Après la mort d'Otliman (1757) , l'empire passa à son neveu Mustapha III , qui sur son visage pâle portait la trace du poison par lequel son oncle barbare avait voulu le joindre à ses trois frères. Appliqué, juste ^ laborieux» Mustapha » secondé par le grand- visir Raghib » réforma de nombreux abus dans Tadministration de Tétat, remit Tordre dans les finances, modéra les excès du luxe , et, pjr (le sages instilutions, s'efforça d'améliorer les mœurs pubiiqui s ou de iorùlier les ressorts du gouvernement. 11 s'occupa même de fondations savantes» et des bibliothèques établies» des assemblées académiques où le sultan venait s'asseoir parmi des poètes persans et arabes» annonçaient un prince d'un esprit noble et éclairé.

Malgré la bonne administration de Mustapha III , la prospérité et la tranquillité de l'empire n'étaient point parfaites. Le naufrage de soi\auie-dix bàtimcns chargés de grains pour Constantinople avait amené des émeutes populaires , où des femmes jouèrent le premier rôle et bravèrent le grand-visir Raghib i qui dédaigna de les punir; Le pacha de Bagdad , rebelle aux onires de la cour» avait refusé de livrer la contribution de son gouvernement, et coupé la tête au capidji chargé de i . importer la sienne. Le c Mintaii-paclia , ernuvé dans rAichipel pour y recueillir le tribut annuel , étant desceiidu dans l'île de Cos pour assister à la prière publique du vendredi ,

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soixante esclaves chrétiens s'étaient euiparés du vaisseau amiral et ravaiout conduit à Malte , où le roi de France le fil rnchetor et restituer aux OUomans consternés de savoir entre les mainë de» inCdèies le palladium de leur marine t ce pavillon naval qui porte aux quatre angles les noms des disciples du prophète t et pour emblème le Zulféear^ le sabre à deux pointes du fameux AU. L'Egypte et l'Arabie étaient agitées parla nouvelle secte des WahaliLs ; enfin , la guerre avec la Russie devenait <lc jour en jour plus iimiiiueote, et» depuis 1762, le sultan avait perdu le sage et liahile Raghib-Pacha.

A la douleur de celte perte succédèrent , en 17G5, les transports de joie que fit éclater la naissance d'un héritier du trône. Après deux empereurs morts sans postérité , Mustapha III avait un fils* A l'occasion de cet événement désiré , des fêtes dont la licence rappelait , au sein du (Icspolisme musulman, les saturnales de l'ancienne Rome, iurciU {)eniiises à tous les sujets , Mahométans» Grecs ou Juifs , pendant dix jours.

Cependant, après la mort d'Auguste ITT , Catherine II, ayant envoyé en Pologne une armée de 40,000 hommes, avait fait élire par la diète son protégé Stanislas Poniatowski. Mustapha , à qui l'impératrice avait promis de laisser l'élection libre , indigné d'avoir été trompé , et considérant d'ailleurs le choix de Poiiiatowski comme le prélude de l'asservissement de la Pologne dont les traités mettaient Tindépendance sous la sauvegarde de la Porte, voulait sur-le-champ déclarer la guerre à la czarine. J0 saurai réduire ces infidèleSp s'était-il écrié dans sa colère en apprenant que Poniatowski venait d'être élu sous la terreur des armes russes. Le Khan des Tartares , Crm- Guérdi, de la race de Gengis-Khan et di^ne du sang dont il sortait , brûlait de commencer les hostilités à la féte de ses hordes belliqueuses. Mais les ulémas et le divan , soit pusillaiûuiité , soit prudence, s'opposent à une rupture avec la Russie. Us représentent le mauvais état des armées ottomanes, la décadence des janissaires et des spahis jadis si redoutables , et les troubles de l'Egypte et

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(^TArabie, où les Wahab» meoa$aieiit la Mecque. Le

muphti , le Coran à la main » prouve que le livre sacré

ileieadail d'attaquer ceux qui laissaient eh paix Fcmpire ottoman. Arrêté par ces con ideralions poliliques t-r religieuses et par les trompeuses assurances de Catherine, qui promettait de retirer ses troupes du territoire polonais , le sultan retient la déclaration de guerre prête à lui échapper. Il destitue même le Khan de Crimée, après l'avoir fait enlever par surprise; et, honteux d'envoyer . en exil un homme dont il admire la vaillance et dont il partage l'ardeur généreuse : « Mou Irère, lui dit-il avec )) amerîume, que puis-je faire tout seul? Ils soul tous amollis eu corrompus ; ils n'aiment que leurs maisons » de plaisance , leurs musiciens et leurs harems* Je tra» » vaille à rétablir Tordre et les anciennes mœurs : aucun a ne veut m^aider. i» Mais, loin de rappeler ses armées de Pologne et de rendre à ce pays son indépendance , l'impératrice Topprime chaque jour davantage. Les paU ioles j>olonais, confédérés à Bar en Podolie , s'arment pour briser le joug qui les accable et invoquent l'appui des Ottomans. De quelques fausses couleurs que les Russes couvrent leur ambition, le divan persiste à penser que le sultan ne doit pas être l'agresseur, et que la religion lui défend de commencer la guerre tant que les limites de l'empire ne seront pas violées. L*at(aque et l'incendie de Balta par un détachement russe qui poursuit dans celte ville lartare uu corps de confédérés lève enfin \v> scrU" pules de Mustapha» et donne entre les deux uatious le signal d'une lutte terrible de six années (1708). Le sultan rappelle Crim-Guéraï de son exil, le rétablit sur le trône de Crimée , le con^ble de présens et d'honneurs , et lui confie le commandement de ses armées auxquelles ce brave prince est bientôt enlevé par la jalousie du grand-M^ir, (|u'ou accuse de l'avoir omnoisonné.

Mustapha ne vif pas la fin de cette liui rre pour la(|uelie le9 Turcs firent d'iumieuses et malheureux eiloris ( Vouez Chap, F///« Seciim Jll). U mourut le 21 janvier 1774^ Ce prince , qu'il ne faut pas juger sur quelques Iguobl^

49S ÉfstoifKB «èsrÉRi^ie

plaisauteries àe Catherine II et de Voltaire , fui on des souverain^ les plus remarquables de son temps, et un des sultans les plus dignes d'éloges par son esprit élevé , son amour du travail et sa constance dans l'adversité. S'il était vrai , comiue Tinsinae , contre tonte vraisemblaiice> l'impératrice son enneniie dans un portrait qu'elle a tracé de lui , qu'il ne sèf ni lire ni éerire» mi mérite n'en serait que plus grand d'avoir aimé et protégé les seienees et les arts f d'avoir fondé k Constantinople l'académie qui porte son nom , d'avoir réparé la magnifique mosquée de Mahomet 11 et la bibliothèque qui y est jointe, et de s'êlre fait traduire en langue turque le Prince de Machiavel « VAnf {-Machiavel de Frédéric II et les Afherimes de Boërhave.

11 eut pour successeur son frère AhM^Hamid ^ le dernier des fils d'Achmet III. Le règne du nouveau sultan

commença par une campagne désastreuse , suivie du honteux traité de Kainardji 1774), qui allrancbit

de la dépendance des Turcs les Tartares de la Crimée et du Kubau , et assura aux Russes la possession d'Azotr et de plusieurs autres forteresses importantes , ainsi que la libre navigation de la mer Noire et du Bosphore.

Après avoir cédé à la nécessité en subissant cette paix désavantageuse» le divan s'occupa de cbAtier les rébelh'ons qui avaient éclaté dans l'empire pendant la guerre. I\iiriis!re de la vengeance de la Potle, un capidji alla poignaiiii^r l'bospodar de Moldavie, coupable de connivence avec les Russes. Hassan-Bey envoya au sultan la tête du scfaeik Daher , qui s'était déclaré indépendant en Palestine. Ensuite, il parut en exterminateur sur les c6tes de la Morée , où les Russes avaient porté l'insurrection » ét plusieurs pyramides de têtes grecques s'élevèrent sous le cimeterre des Ottomans.

La paix de Kainardji n'était qu'une trêve à l'ambition de la Russie et aux périls de l'empire turc. Chaque jour les déplaisirs que Catherine s'appliquait à donner à la Porte » les sourdes menées qu'elle pratiquait dans ses provinces 9 annonçaient des intentions hostiles et des projets

M mX^BlItTIÉllB SIÈCLE.

uUérieurs dt- guerre et de conquélcs. Prévoyant une ruplure ioéviUibie » et atlribuaut avec raisoa ies succès des Russes à leur diseiplioe et à leur scieoce militaire , le sultan essaya de façonner l'impétuosité ottomane à la tactique européennet tt fit demander à la France des officiers , des ingénieurs et des canonniers Instructeurs. Une nouvelle aclivilé fui iiii[)ri!ii<''e à uue école d'artillerie et à des iooderies de canous et de bombes, déjà établies par le baroQ de Tott. On réorganisa l*armée , et Hassan-Bey créa une marine nouvelle avec une merveilleuse rapidité. Mais , malgré les efforts d*Abdul-*Hamid et les instructions des officim français • le» soldats turcs se pliaient mal aux «xereices de TEorope; et» dans la guerre qui éclata en 1787, après le fameux voyage de Catherine dans la Crimée ( Voyez Chapitre VIII , Section 117), les Oilomans «uccom!)i!roul encore à la supériorité que la tactique moderne donne à des troupes bien disciplinées sur une valeur bouillante et aveugle. Abdul-Hamid mourut au milieu de cette guerre» le 7 avril 1789. 11 eut pour successeur son neveu; le jeune Silim III , que les revers de «es armes forcèrent en 1792 de sodserire au traité d' Yastyf par lequel il abandonna aux Uu^sses k forleresse d'OczakoITavec tout le territoire situé entre le Bog et le Niesler, et conlirma la cession de îa Crimée , dont Catherine s'était emparée en 1785. Séiim ill continua les tentatives de son prédécesseur pour l'introduction d'un meilleur régime militaire; mais les janissaires s'indignaient du frein qu'il voulait mettre à leur licence , et sa déposition en 1807, puis , bientôt après, sa mort» furent le prix de ses réformes. Mahmoud H ne les a pas moins poursuivies de nos jours avec vigueur et persévérance. Mais les ciiangemens introduits dans les armées turques , faisant vio* lénce au caractère national et contrariant cette fanatique et impétueuse ardeur des Ottomans » qui répugne à celte froide tactique t à ce passif et docile mécanisme des bataillons européens 9 leur sont peut-être plus nuisibles qu'utiles, et n'ont pu empêclier la décadeuct^^ progressive d'un empire qui sen^ble égalej|ical coadoinué à périr do

500 IllStOtRE GÉNÉEÀiÈ

SCS Th aux cl tlo l(»urs romèdes, cl que la Russie inslill<* aujourd'liui d*uii palrouage aussi humiliant que la couquète.

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