‹ Histoire générale du dix-huitième siècleChapitre 18 sur 26 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

De la Pene, depuis 1^94, jusqu'eD 1794;

Schah'Hussein , prince faible , ivrogne et voluptueux i v\i\h monté en 1694 sur le trôoe de Perse. Gouverné pai' d'indignes ministres » il laissa tout tomber en confusion. Cependant» aux extrémités de son empii«> sur les

confins de la Perse et des Indes , vivait un peuple 'guerrier ei féroce , les Afghans , autrefois transporté par Tamerlan du Sclnrvaii dans le Kandahar, et attendant depuis trois siècles roccasiou de recouvrer son indépendance. L n de ses principaux chefs » Mir-Veis , avait vu la cour de Perse et les désordi'es on elle était en proie. Il représente à sa nation que Tinstant est venu de s'affranchir de la domination persane. On le proclame prince de Kandabar , chef suprême des Afghans , et le massacre de tous les Persans répandus dans le pays est le pren.ier acte de leur indépendance ( 1710 ). Mir-Vcis rallerinit par la détuiîe de toutes les armées enxoyees pour le réduire. Après lui , son ûïs M ir-M a/moud ne se borne poial à se défendre. Il attaque l'empire dans son centre. Parti du Kandahar à la tête de 40»000 hommes * il défait le sophi à la journée de Gulnabad (8 mars 1722) » le repousse » l*assiége jusque dans sa capitale, et, le 23 octobre, le malheureux Hussein , après avoir parcouru en liahiîs de deuil les rues d'ispaiiau el dit adieu à ses sujets, résigne sa ronronne au conquérant, qui bientôl , par une mort prématurée et violente, digne expiation des barbaries qui souillèrent son règne éphémère» la laisse à un nuire usurpateur» Aschraff, sou parent ét son meurtrier (1725).

Lors de l'abdication d'Hussein » son fils Schah-Thamas rassemblait des troupes dans Jes provinces* A leur télCf

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il essaya -de défendre ses droits. Mais à la fok assailli par les Afghans qui soumirent le Khorasan et la plupart des provinces méridionales, par le» Turcs qui poussèrent

leurs conquêtes jusqu'à Tauris et Amadan , par les Mosco« vîtes qui s'emparèrent du Schirvau et du Gliilan , par les Géorgieus qui refusèrent de reconiiaUrc son autorité et battirent plusieurs do ses iieulenaos, il fut cutiu réduit à la seule pravînce de Mazandéran» que ses défilés et ses montagnea rendaient presfjue inabordable, et qui lui donna un sûr asile dan» la forte ville de Férabad. Ce fut là que vint, se présenter à lui un aventurier » un ohef de brigands, destiné à Le replacer sur le trône et à délivrer la Perse des étrangers qui Topprimaient. Nadir-Koidi (l'Esclave des mervciUes ) elait filsd'utt pâtre du Khorasan. Dédaignant la vie pastorale, il se fit connaître d'abord par la rapine et la violence. A la tète d'une troupe de bandits » il pilla les caravanes que le pèlerinage de Mesched attirait dans- le Khorasan de toutes les parties de la Perse. Mais lorsque sa renommée eut grossi sa bande et qu'elle put |)asser pour une armée , il convertit son briganda^îe en une guerre iionorable contre les Afghans. Déjà devenu redoutable h ces usurpateurs par plus d'un heureux fait d'armes., il vint trouver Tliamas et luioflrit de se dévouer à sa cause , s*il lui promettait de le faire sqq athemat-doulet (dignité équivalenteà celle de.grand-visir) , - quand il L'aurait rétabli snr le trône. Schah-Tbamas, le^ baisant au front , Tassura qu'il le regarderait désormais, comme son propre père , et le nomma chef de son armée avec une autorité absolue. Le nouveau général quitta son nom de Nadir , et se fit appeler Ïiianias-Kouli-Khan , c'est-à-dire le çkBf mlave de Thama$ ( 17^7 ). ii justifia"! par de brillans succès la confiance que Thamas avait mise en lui. Ayant fait rentrer successivement sous To^ béissance du souverain légitime la plupart deSr provinces, occupées par les Afghans, il consomma la restauration par deux éclatantes victoires qu'il reni|)or:a sur A se lira IV en personne dans les plaines de Daviyon et dans le voisi- Q^go de Moriçhakof , et par la prise d'ispahau,, doul

502 niSTOIRË GÉNÉRALE

portes M rmiTrireiit pour Schah-Thamaffsepf ans et ringt* un jours après que son père Hosseio Ijds aTait ouTertes à Mahmoud (1729). Asehfaff, ayant fait ammner, la

veille (le sa fuile, Hussein jusqu'alors captil dans le palais^ se relirait avec nu poiil nombre de troupes vers le Kandahar. Assailli parles Bélouiciiis, au milieu des sables^ du Ségestao , il y fut tué dans un combat.

La puissance des Afghans étant abattue, ii restait^ pour rétablir Fempire daos son tntéprilé » à recouvrer lesprovinees-fronti^s que ses voisins avaient envabies^ durant les troubles. Dans une rapide et brillante campagne contre les Turcs, Nadir s'était rendu maître d*A* madan , de Kermanshali et de Tauris (1750). Tandis qu'il employait une trêve à réduire les Abdalis rebelles qui s'étaient emparés delà ville d'Hérat» Scbah-ThamoSt qui se plaignait que Nadir le tenait en tntète» enit que «'était le temps d'en sortir et de eonsaerer son émancipation par la victoire. Au fort de l'hiver , il franchit les montagnes d'Arménie et s'avança jusqu'à Erivan (1731). Vainqueur dans une première rencontre , le délaut de vivres et de fourrages le eonfrni<^ni( de reprendre la roule de Tauris. L'armée persane, poursuivie parles Ottomans», fut taillée en pièces snr les bords de la rivière de Zengni,. non loin dn mont Araratb. Tanris retomba au pouvoir des Turcs* Une nouvelle bataille perdue par Schah-Tfaa* mas sons les murs d'Amadan et le honteux traité qui la suivit consommèrent la iionte et la ruine de ce prince. Par ce traité (16 janvier 1752), les vainqueurs obtenaient la cession de rArménie et de la Géorgie; la rivière d'Aras devenait la borne des deux empires, et les Turcs acquéraient ainsi la souveraineté de plus de deux cents, lieues de pays do nord au sud. Cette paix humiliante indignait les soldats, qui, sous Nadir, étaient accontli-> més à la victoire. Un murmure superstitieux s'éleva parmi les peuples; on entendait répéter de toutes j)ar[s que l'astre des s.ophis était ecli[i>é el qu'une autre faniiile. im[)êriale devenait nécessaire pour en ranimer l'éclat, kouli-fihan était alors à l'autre extrémité de l'empire à Id))

Mite jd*iuie maée victoriew ies rebdlen » et qu'il avait pris soin de former de TurcomaDs et de Tartares^

Usbecks, aventuriers disposes à attacher leur forUine à celle de leur général, el sur lesquels il exerçail une autorité plus personnelle que sur les Persans. Instruit des . revers de Thamas $ il lui avait maildé de se tenir sur la défensive et de se refuser à tout accomuodeai^nt , en. attendant rarrivée de Tarmée da Kandaban Lorsqu'il sut qu'au mépris de ce message , Thamas avait traité à des^ couditions honteuses; bien plus, lorsqu'il reçut de ce prince Tordre de congédier les troupes qu'il commandait , Tathémat-doulet , s'abandonnant tout ensemble à sa colère et à 9pn ambition , marcha sur Ispahan , fit déposer- Thamas comme iqdigne de régner , mil à s^ place son^ fils Abbag''Mirs(a t «nfant encore an Wceau». et gauver^ia; SQUSSoanom avec une autorité absolue*.

Une nouvelle guerre avec les Turcs suivil promptement la depositiou de Thamas. Lorsque le jeune Ahbas III, Taigrclte royale attachée au front» avait été apporté m. présence de la cour pour recevoir les hoiumages- di9s. grands prosternés devant lui, il- avait jeté des. cris dans; son berceau, «t Le royal enfant * avait dit aiissitôt Nadir». » jedemande les province» cédées au- Tùrc par la dèr-. i» .nière paix. Elles lui seront biculoL rendues. » Ayant commencé les hostilités par là. prise d-Amadan et de^ Kermanshah , tout-à-coup il d'escend rapidement au midi ^; et met le siège devant |iagdad. Le paeha , pressé par la, famine apvès.un ble6iis^& buit mais«. était près de se^ lendrct Im^pt» Tapproebe d'iine armée -ottomane ». simis> ' las.ordres dli.cé1èbre> T&paMmm , rompit les négociations. Nadir marclie à la rcucoutre de Tennemi , perd,, le 19 juillet 1755, la bataille de Kerkoud , et se relire à . Auiadau pour y réparer son armée. Loin de lui adresser^ des*reproâbes^•il4ui donne des éloges sur son coiir^Cf. et li|i: propiet veugeeiiçe^ Informé que Topal*»Osman ne^ fesoit;pas4esrenforts^nt ila besoin , il réprend rôffen*. sivedéuK mois après sa défaite, et livre en peu de jours; iu^mhats ^ur combats à l euai^oii. Le %ii octobre ^Je^^

50^ HlgTOlaB GÉnÉRÀUS

Persans mettent les Tores dans une complète déroute a I«r

journée àWkJcrbend, qui coule la vie à Topal-Osuian. Nadir revient assiéger Bagdad , conclut avec le pacha de cetfe ville un traité de paix favorable aux Persans et (|ue le divan reluso de ratifier, va châtier une iosurrectioa dans la Perse méridionale » et de là court achever dans le nord la guerre contre la Tnrquie par la Tictoire d*£rfvan (juin 1735). Les Turcs » menacés d'une guerre avec la Russie , se résignent à mettre fin à celle de Perse en garantissant à celle monarchie, par un Irailé solennel, TArménie et la Géorgie , déjà recouvrées par les armes, de Nadir.

Au commencement de cette guerre , Rouli-Khan avait recherché l'alliance de la czarine et obtenu de cette princesse la restitution du Ghilan et du Schinran. Ainsi la monarchie persane avait retrouvé ses anciennes Umites.

C'était Touvrap^e de Theureux Nadir. Les peuples Padmiraient et le céh lii aient comme le libérateur de la patrie. Il acheva de [ja^i^nor leur affection par la réforme de quelques abus, par un gouvernement sage et équilable. Sur ces entrefaites» mourut le jeune Abbas Ili (1736). Sa mort , naturelle ou non , fut très-utile aux projets de Kouli-Khan, qui» ayant fait deux rois» pensa qu'il était temps de Fétre lui-même. Ayant convoqué dans son camp les éfaîs-généraux delà ualion : « Si mes services, leur » dii-il, me donnent quelques droits à la couronne , j*y » renonce ei vous rends la liberté des suffrages. » — « Nadir est seul digne de régner sur nous, s'écrie Tas- « semblée composée de ses créatures; Nadir est le grand, « roi de Perse. » En même temps » lès assistant se prosternent » touchant trois fois la terre de leur front ; puis » se traînant sur leurs genoux, ils s'approchent de Kouli- Khan, baisent le bas de sa robe , et enfln , le soulevant entre leurs bras , le portent au trône et lui jurent serment de fidélité : après quoi, il fait son entrée solennelle dans Ispahan , et est proclamé et couronné dans la grande mosquée sous le nom de Schah-Nadir.

^t^ni alors en paix au dedans et au dehors» le noiiveaiK,

utonarqne poursuivit les réformes qu'il avait commencées^. dâQs le gouvernement. Il régla la succession au trône , abolit l'usage introduit par Abbas-le-Grand de renfermerdans le harem les prinees du sang royal ei voulut qo'ilg^. acquissent de rexpérieneeen prenant part aux choses pabliqaes'* Il défendît an contraire» sons peine de mort , aux eunuques du palais de s'immiscer^ dans le gouvernement 011 ils avaient pris, durant les derniers règnes , une sipernicieuse influence. Il embellit et fortifia Ispalian , rendit à la culture les terres abandonnées pendant les troubles , distribua des grains aux pauvres» supprima plusieurs . impôts et diminua certains droits sur les marchandises étrangères. Tandb qu'il gagnait f amour du peuple par ces^ bienfaits, prémices trompeusesd'un règne violent , il s'attira la haine des Mollahs en publiant un édit de tolérance par lequel il permettait à tous ses sujets d'embrasser indiiréremment la secte d'Omar ou celle d'Ali et enjoignait aux magistrats de punir sévèrement tous ceux qui s'injurieraient et se maltraiteraient pour cause de religion . Instruit que Jes Mollahs mécontens murmuraient contre ltti> il les fit venir en sa présrace et leur demanda à quoi.ils appliquaient leurs revenus. « A l'entretien des. ministres du » culte, répondiront-ils, et à celui des mosquées et des » collèges.— Je m'en charge, répliqua Nadir; et en attendant comme voici les instrumeus dont Dieu s'est » servi pour relever cet empire (il montrait ses soldats) ^ n ce sont là les véritables prêtres dn Très-Haut* l'ordonne » que* dès ce jour» tous. vos. biens, soient affectés à 1» » subsistance de mes braves. »

La révolte des Afghans du Randahar , appuyée par le. Grand-Mogol , lui remit bientôt les armes à la main. L'insurrection fut étouffée par la réduction de la ville de* Kandahar» qu'il fit démolir et non loin de laquelle il éleva» une nouvelle ville ^ appelée de son nom iV<uitr-iltec{, et qui est leKandahar-d'aujoard*hni. Le châtiment des Af^ ghans ne fut point assez pour Schah-Nadir. Le ressenti-, ment des secours que l'empereur Mogol avaiï fournis aux, j^bqll^s , et en même temps l'ambition d'une grande cofi>

50G BISTOIMB atamALU

quête l*eûtrâlnèjr«Dl «w Indes qui étaient alors sous le^ sceptre du viAufiuem Maham^Schah. Lm vîoes-rais du Caboolistan et du royanne de Lahor s^opposèreEt Taioemefit à rioYasiofl ( 1758). Tout plia devant Nadir , et la

bataille de Karnal ( 1759), où Mahauied fut vaincu en persouue et perdit plus de 30,000 hommes avec tout son bagage, son artillerie et ses élépbans, décida du succès de Texpédîtiou. Mabamed se livra à la discrétion du vainqueur, qui le traîna à sa suite » dépouillé desomcmens iapériaux > dans sou entrée soknodle à DMy, où il disposa de tout eo souverain » durant deux mois qu'il y demeura. Il était occupé à recueillir les iuiuieii&cs trésjrs dt 1 liide , lorsqu'uDo sédition excilée par quelques seigneurs Mo«^ols, (M où t),000 Persans périrent, attira sur Dehly la terrible explosioa de sa colère. Cette superbe ville fut mise à feu et à sang ; en un seul jour» le dmeterre persan la joncha de iOO»000 cadavres. Au milieu de ces scènes d'bonreur , un derviche se présenta à Schah- Nadir» et lui dit : « Invincible Scbah , si tu es un Dieu , n sois clément c(nume Dieu; si lu es un propbète, nion- » tre-Dous le cheuiin du salut ; si tu viens en roi , ne nous » égorge pas; règne sur nous et rcuds-Dous heureux. » Nadir lui répondit : « Je ne suis Dieu.» ni prophète» ni » roi : je suis un guerrier que Dieu envoie dans sa colère- » pour châtier les natioBS de la 'terre. » Après ce vaste carnage» vint une autre désolatioB. Une inquisition ef« froyahie, aidée de la torture , extorqua partout l'argent» Tor et les pierreries , et mit un butin de plus de deux: miilianls au pouvoir des conquérans. Avant d'aller étaler à la Perse ce iruit de son triomphe» Nadir régla le gouvernement de rindostan. Il daigna reodfe la couronne au faible Mabamed; maisll ne lui bùsaa que le vain titre^ d*empereur et donna la réalité du poaviûr à un régent et à un conseil qu'il institua. 11 attribua à la couronne de Perse toutes les provinces situées sur la rive droite de rind us, exigea que le Grand-Mogol se reconnût son tri-»butaire ; et » après avoir célébré le mariage de son fils avecr

BC mHBcmÉiiE si£cus. ' 507

«De iirinoem impériale » il reprit lé chemiii de ses état»

(mai 1759).

L*armée persane , convoyant les dépomlles de l'Inde sur 500 élépharis, 10,000 chevaux et autant de chameaux et de mules , eut beaucoup à souilrir dans sa marche t soit par le débordementdes rivières que de grandes pluie» avaient enflées » soit pàr les incursions des habitans da pays dont la vue de tant de trésors ravis par des vainqueurs avares stimulait la vengeance ou la cupidité. Elle répondait au brigandage par le brigandage , et s'avançait de saccagemens en saccagemens. Arrivé sur les bords du Tcbenab» Nadir , craignant que ses soldats, devenus trop riches t ne fussent désormais moins propres à la guerre, et satisfaisant en même temps son avidité » revendiqua pour le trésor royal toutes les pierreries et For que possédait l'armée , et ordonna, sous peine detnort , de tes reinetlre k des commissaires institués pour l<s recevoir. Il Délaissa à ses soldats que leur argent inounoyé dont les difficultés du voyage et le poids de leur armure ne leur permettaient pas de porter nne forte somme. Ayant atteint les provinces que Mahamed^Schah lui avait cédées à Touest de Tlndus^ il fat obligé de conquérir celle du 'Sind , dont le gouverneur refusait de se soumettre, et éette conquête lui coûta plus de monde que l'expédition de rindostan. Enfui, après deux ans, il revit la Perse et sa ville de Nadir-Abad. 11 ne resta pas long-temps en paix et se hàtad'àller punir les Lesghis et les Tartares^Usbecks des incursions qu'ils faisaient en Perse» soumit rapide* ment les pays de Khieva » de Bockara et de Karism , et ayant ramené dans le Khorasan , sa province de prédilectiou , un grand nombre de Persans tirés de captivité, il en peupla une ville qu'il ht bâtir sur le plan de Di'lhy , dans le lieu où il avait pris naissance. Non loin de ce même lieu , s'élevait le château de Kcelat ; il en augmenta les fortifications et y déposa ses trésors.

Pendant sa longue absence, il avait confié le goover'» nement du Khorasan à son fils aîné Riza-Kouli'Mirz^. btité des exactions que ce prince avait eiLercées, des ha-

508 HISTOIRE GÉNl&BALS

))ilu(les de souveraineté qu'il Avait prises , de la mort da malheureux Schah-Thamas qu'il avait ordonnée de* sa ' pleine autorité » Nadir le priva de son gouverneinent « et

l'ayant donné à son second fils Nmf^AHah , il partit , toujours infatigable et impalicDl durepos, pour aller réduire les peuples du Caucase ( 1741 ). Blessé d'une balle au bras droit dans les défilés du Mazandéraii et soupçoncant Kiza-Kouli-Mirza d'être riusligateur du crime ^ il lui fit crever les yeux. Depuis ce temps , Nadir , naturellement ombrageux» avare et cniçlt sembla redoubler de cupidité de défiance et de férocité* A son retour de Tlnde » il avait fait remise à l'empire de deux ans des taxes existantes. Mais bientôt il en avait créé de nouvelles et de plus onéreuses, que nécessitaient les accroissemens énormes de son état militaire. Il n'entretenait pas alors moins de 25O,O0!O hommes. Une telle armée excédait les ressources d'un empire où , depuis l'invasion des A%hans» les guerres civiles et étrangères avaient anéanti le eommercci^ Cette nombreuse soldatesque était Finstrument et le soutien de sa puissance, mais en même temps elle la faisait dégénérer en (yi amiie, et au lieu de l'admiration et de la reconnaissance qu il avait inspirées jadis par l'expulsion des Afghans et des Turcs, il n'excitait plus que la baine par ses exactions odieuses qui tarissaient toutes les sources de la prospérité publique et absorbaient la substance de la Perse. Il continua de fatiguer ce malheureux pays, de ses expéditions guerrières et de son sanguinaire despotisme jusqu'en 1747 où il fut assassiiKî dans son camp , à Felh-Abad, par quelques-uns de ses généraux persans, au moment où, se défiant de ses troupes de cette nation , il projetait , dit-K>n, de les faire massacrer par les soldats, étrangers» Turcom^ns, Tartares» Kourdes » Afghans, qui formaient une grande partie de son armée.

Sa mort mit la confusion dans ce ramas d'hommes de tous les pa)s. Ils se battirent et s'entre- tuèrent , n'ayant plus de chef, et llrent à Nadir-Schah de sanglantes funé^ railles par le massacre les uns des auîres; puis, ce pre-. mier momepl passé de trouble et de fureur , ils se sép^-^

t*èfent et rega^nèreul leurs dillerentes patries. Un neveu de Nadir» AU-Kouli-Khan, chef secret de laconspiralion , accoumt aussitôt y s'empara du trésor de Kaiat» se lit recoDnattre roi» et » pour populariser sod électioD » se fit proclamer sons le nom A^AM^Sthik [m de justice), annonçant par là que les temps de la paix et delà clémence allaient succéder à ceux de la guerre et de la rigueur. 11 n'en fil pas moins périr foute la famille de son oncle, à Texcepliou du jeune Schah-Rockh, hh de Kiza-Kouii et d'une fille de Scliah»Hasseîn. Adel-Schah occupait à peine le trône depuis un an, qu'il en fut renversé par son frère Ibrahim. Bientôt après f celui-ci reçut la nouyelle que le Khorasan et Tlrak-Agémi avaient proclamé Schah-Rockh qui, en qualité de descendant des sophis eî de petit-fils de Nadir , réunissait en sa pi rsonue les droits des deux dynasties.Ibrahim, marchant contre lui, lui abandonné de sou armée , et l'histoire cesse de faire mention de ce prince» soit qu'il ait péri en cette eccasion , soit qu'il ait désormais préféré l'obscur repos d'une condition privjée aux périls de la royauté. Cependant Schah-Rockb,n'étant reconnu que par deux provinces, entreprit de ranger les au ires à son obéissance. Il voulait commencer par le Kandahar ; mais AcIimed'ScluUi , qui venait de iouder un nouvel empire afghan dans cette contrée t le prévint en prenant roflen-* sive. Tandis que les Persans et les Afghans se faisaient une guerre acharnée, Héraelim, prince de Géorgie, en^* vahissait TArménie et l'Aderbijan. F^e Mazandéran, le Gliiian , le Daghestan , le Schirvan , l'Aslrabad , étaient eu armes et obéissaient à d'autres chefs. Chaque khan , assez riche ou assez fort, s'érigeait en souverain indépendant. La Perse était en proie à toutes les horreurs de l'anarchie. Schah-Rockh, dont les titres avaient paru d'abord devoir réunir les suffrages de la nation , avait bientôt perdu l'espérance de prévaloir contre tant d'usurpateurs. Enfin , ayant élé ballu et lait prisonnier |)ai Tuit d'eux, le àer-^ \ iclm Uirza'Seïd-Doub , deseendanl coinuic lui, mais à un degré plus éloigné, de la race des sophis , il avait eu les yeux crevés^ supplice que ses généraux, vainqueurs à

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leur tour , avaieol bientôt reuduà sou cruel compétiteur. Mais Schali-liockh avait tini par tomber erili e les mains d'Achmed-Schah qui, ne le regardant pas comme redoutable dans réiatde cécité où il était » avait daîgné lai laisser leKhorasan eo mémoire de SchahrNadir.

Au milieu de la confusion où la^Perse était plongée, AH-Merthan-Khan , un des plus illustres généraux de Aadir, avait produit uu certaiu /smaï/, peùL-iiis prétendu de Schah-Hussein , l'avait fait proclamer dans Ispahan par une assemblée de grands , et avait pris le titre de régent de Tempîre sous ce fantôme de roi d'une monarchie en dlisBolulion ( 1750). 11 fut assassiné deux années après par un de ses généraux » Kérim-Khm, qui continua d'appuyer sa régence sur la royauté d^Ismail , qu'avaient reconnue les proviuces du golfe Persique et a laquelle le nouveau regenl entreprit de soumettre le% provinces de Mazandéran , de Ghilan et d'Astrabad qui obéissaient à l'usurpateur Mahamed'Uassan-Khan, Vaincu plusieurs fois, il s'enfuît à Schiraz , et abandonna à Mabamed Ispahan et le jeune Ismaîl, prête-nom de tous les ambitieux qui se disputaient alors la monarchie des sopbis. Mahamed-Uassan, dur et superbe, était haï de^ Persans qu'il affectait de mépriser. Il expia son orgueil au siège de Schiraz ou la défection de sou armée ne lui laissa plus de ressource qu'une prompte fuite pour éviter de tomber entre les mains de son rival. Poursuivi dans les défilés du Mazandéran » il y périt les armes à la main. Les contrées où il avait établi sa puissance se soumirent à Kérim , qui reprit les rênes de Tétat (1761). Aimant mieux gouverner en paix les provinces qui reconnaissaieul sou autorité que de s*evposer aux chances douteuses de la guerre pour reconquérir celles qui avaieul été démembrées de Tempire des sopbis, il confirma Schah-Eockh dans la possession du Kborasanet fit alliance avec Achmed , schah des Afghans. Mais n'ayant plus besoin du simulacre de toi qu'il avait présenté aux peuples» il fit déposer Ismail sous prétexto d'incapacité. Sa régence de dix-huit ans (car il ne prit pas le titre de roi) , quoique troublée par plus d'une ré^

Volte , fût une période de calme et de tranquillité pour la Perse, en comparaison des temps qui Tavaient précé* dée. Maïs, après sa mort (1779)» Tempirefut de nouveau en proie à des révolutions qai remplissent toute la fin du dix-huitième siècle et dont nous épargnerons à nos lecteurs la sanglante et monotone histoire. Deux grandes factions , celle des lourdes et colle des Khajars , divisaient l'empire. La première, qui souleiiaii la famille de Kérim, dominait dans les provinces méridionales, et la seconde» attachée à la famille de Mahamed-Hassao , dans les provinces du nord. Les descendans de Kérim succombèrent enfin » et Textinction totale de sa race en 1794 laissa Méhimêl-Khan , second fils de Hahamed, en possession de loulela Perse. Cruel meurlrier de Schah-Rockh , qu'il fit mourir dans un allu u\ supplice, il périt lui-mùitM» de mort violente en 1797. Il eul pour successeur son ueveu Maba^Khan, qui, en montant sur le trône, changea son nom en celui de Faley-AH, et y joignit le titre de scliah » ^u lieu de celui de vakil ou régent. Ce prince, ami des arts et de la gloire , qui cultivait la poésie et envoya deux ambassades à Napoléon, Irouva la Perse dans Télat le plus déploirilile , sans agricnhure, sans commerce, et réduite à 10,000,000 dMiabitans. , c'est-à-dire au quart de la population qu'elle avait eue dans le temps de sa prospérité» lorsque Chardin visitait ses provinces et contem* plait avec étonnement la splendeur de ses villes et la fertilité de son territoire fécondé par une industrie laborieuse en dépit d'un sol naturellement aride et d'un ciel avare de pluie et de rosée. Quel changement dans riulervalk; d'un siècle ! Maïs soixante années de révolutions et d'anarchie^ de guerres intérieures et extérieures avaient passé sur cette nation.

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