‹ Histoire générale du dix-huitième siècleChapitre 5 sur 26 · HWVOlftS fiiHÎftALK · texte numérisé non relu

HWVOlftS fiiHÎftALK

pavok» : Du1mm6 fiai «oHiixié eomeUler d'éiat » en itite^dAiit

une plus haute et plus scandaleuse foxtune.

Il était difficile de présai^cr que toul le pouvoir ûàt tomber un jour aux mainb de cel hoiiiuie vil entre tons les plébcicus, à voir le piau anstocratique d'adipioiâtration que le due^ d'Or^jiAa adopté moins d'après Tautorité duduc de BQi|f|g«gBe à qui oi^ Taitribuait,

2e 4'après les çoiuaUf d« mi U^ofi Û^Simm » ixmi laisem était» nou» iiti^îl hd-oidna daaa let némoms, de commencer à msttre la noUms0 dam le ministère, avec la dit/mléel iMuiui ité ((in lui convenaient , aujp dépens de la robe et de la plmm , d'icai ter cette roitm de tous le.^ emplois supérieurs , et de soumettre tout à la noblesse en louie espèce d'administrajLùm, Mazariu, et» d'a^vèft seft maximeat, Louis XIV avaieiit éloigjaé Taneianne noM^se» si king-. temps tiirbuiente et factieuse» du uiaBieai^nt 4es aflliwres». et l'avaieat ooufié à des honnas |ioiiv«Ma qui no^ s'ap*, puyaient que sur le prince et qui n^avaieut d'autre intéi^l que sa grandeur dont leur puissance était émanée. St.» Siiiioi), profonde ment inibu des idées arislocraf i(ju( s et féodales, a>ait des lon^-temps engagé le prince a lornier, lorsqu'il serait le maître, des conseils dont les premières places seraient remplies par la aoUessa. Soixante ans auparavant , lorsque la (todalité • eomprimée plutôt qu'abattue par Riclielie»» avait encore une iiafluence provinciale et de récentes habitudes de révolte» ce plan eût été^. fort dangereux. Mais, sous le long règne de Louis XIV , la noblesse s'était façonnée à l'olx issance et a\ait ntis son suprême bonneur a porter les cbalues dorées de la cour. Les excès du jeu et du luxe lui avaient d'ailleurs porté des coups funestes. Enfin , le. propràs des lumières et les rail* lerîesdu théâtre lui avakttt l|M«C0Up ôté de son prestige.' Ajouloes à cela que rimmeuse accfoioseiuent des armée» royales ne lui permettait plus Tespoir de teolcr des ligues^ et des insurrections avec impunité. Le duc d'Orléans, jugea qu'il lui restait assez d*éçlat pour donner du relief à son ^ouveriienieiil , mais non iisM Z de force pour le troubl^er. 11 substitua dune aux. âecrelîûres d'état de Luuis^

lue Bix4nÉtiftMi nt^SLÉ-.

'XIV des conseils qu'il subordonna au conseil de régence ^ savoir m powr la politique» «d pour la guerre , un pour la mariDe» un ptforles finances» m poulr les affaires eeclé- «astiqiias, on poor oieUea de l'intérieur , et quelque temps «près «n poar le comneiieev qui était àms l'état ie plus déplorable (1). On voyait dans ces conseik des princes du saDg, des maréchaux de Francî, des ducs et pairs, des cardinaux,* des évoques, et aussi, a côté de ces bauts seigneurs, quelques plébéiens, hommes plus pratiques et plus positifs , que le bon sens du régeut y avait introdaits. «ftîen depios sageetde plus utileeu apparence* dit Manmiiitely que cette distrHmtioii des aBaires en autant cottseib» où ce qu'il y avidt déplus distingué dans le rojaurtfe était appelé au gouvernement , et qui pouvaient être une école pour former , durant la régence , des ministres au nouveau roi. Mais ni h s détails de Tadminislralion, ni la suile et rencliainemout des affaires, n'étaient assez iamiliers à des bommes incapables d'application» et qui presque tons avaient plus l'kaMtnde d'agir que de délibérer » et rambhiofn deee rendre agréaktes qne celle de se rendre utiles : auMi les Uns y naonque de lumières » les autres, manque décourage, presque tous, manque de résolution, suivirent Timpulsion du conseil de régence, ou plutôt du régent lui-même , réduits a être des fantômes d'importance et d'autorité. Mais ils mettaient Tautorité xéeUe à couvert du reprocbe » et dooDaieut une apparence de gravité à l'esprit qui la conduisait. » ( Histoire de h Mégmcê. ) Cet appareil en impesa aux adversaires du duc >d*Oiiéans» et par rincapacité, laUiifelesse» le dévouement <ia la servitude de ceu% ^u'il avait appelés dans les conseils , il régna d'abord aussi paisiblement que s'il eût été couronné. .

( 1 ) « Oo ne peut m figurer queSe était la détresse des citojeits et TanéanlisseBieiit'dtt commevce. Ufie VBiire exétrable rongeait les demieis débris des fortones , et le caftrice des lob liiovétflii^s aTait excité une ieUe délianoe qu'on ne trpuvait pas à 30 -pour i«0.8ar ài6fài çk TaîsseUed^afgent. » '^SMùmt^ , Hùi, de la rigtmoej»

Les principaux, embarras de son administraliou yiorent ie la pénurie des finaoces plus encore que de la mauTaiae volonté de ses ennemis. Les guerres et le faste de Louis XIV avaient chargé le royaume d^une dette im-> mense. Ce monarque, en mourant, n'avait laissé au trésor royal que sept à huit cent mille livres d'ar^j^ent comptant, et il était dû par Télat en billels au porteur, et actuellement exigibles, sept cent dix millions. La dette publique était en intérêts de quatre-vingt-six millions ; ces deux dettes réunies formaient un capital de plus de trois milliards. Il se trouva des hommes» et caqni éton* ne f Fintègre et sévère duc de St. -Simon était du nombre, qui voulurent persuader au régent que le nouveau roi n*était pas tenu de reconnaître les dettes de son prédécesseur, et qui proposèrent la banqueroute. Philippe rejeta ce moyen lionleux et violent de libérer le trésor royal , et aima niieux ( roire alors qu'à la lon^uie une sage économie et un régime réparateur guériraient le mal , tout invétéré qu'il parût. Il chercha donc dans les réductions légitimes de dépense et dans la réforme de divers abus ruineux ». les moyens de diminuer le poids de la dette nationale. Toute noblesse acquise par lettres depuis 1689 fut abolie , et, en même temps, tous privilèges accordés à ce titre» tant aux offices militaires qu'à ceux de judicature, de police et de iinaiK t s. On réduisit au denier vingt-cinq une certaine quantité de rentes qui étaient au denier douze. Des rentes viagères de 1714 et 1715 , dont le capital avait été fourni» moitié ea argent, moitié en effets décriés» furent frappées d'une léduction d'un quart; d*autres»

3ui avaient été acquises en papiers seulement » d'une réuction de moitié. On fit une diminution de trois millions quelques cent mille livres sur ks tailles de 1716, et des remises [i!u> ou moins considérables sur les autres impôîs. Depuis Louvois , il se levait des impositions iniliîaires sur de simples lettres ministérielles.; cet abus criant fut détruit. On fit dans les troupes une réforme de vingtcinq mille hommes » dont la maison du roi ne fut pas exempte ; on invita par des privilèges le soldat réformé à

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retûonier à la chaime ; eelui qui aurait huit enfan» > dont / ,

aucun ne se serait lail religieux , devait être franc d'im- ' positions. Une lettre circulaire , qai peint bien Toppression du peuple à cette époque, prescrivit aux intendans des provinces de veiller à son soulagement , et de « tenir » k raain à ce que les collecteurs, procédant par voie » d'exécmtioD contre les taiUables , n'enlevasseot point » leurs eheyanx et bœufs servant au labourage > ni leurs > lits» habits y ustensHes et outils , avec lesquels les » ouvriers et artisans gagnaient leur vie. » On accorda des exemptions sur le commerce du bétail pour en repeupler les campagnes; lo rommerce des t^rains fut libre de province à province , et même l'exportation permise » sous la simple condition de déclarer la quantité de grains qu'on ferait sortir.

Une des causes de la truine de Tagriculture avait été la , vmation des monnaies. La valeur numéraire des espèces

avait graduellement haussé depuis 1689 jusqu'en 1712, et graduellement baissé depuis 1712 jnsqu*cn 1715, en sorte que les engâgemens d'ancienne (l;ite étant basés sur une monnaie beaucoup plus iaible de poids que la mon-^ naie actudle, les fermiers et les débiteurs se trouvaient obligés de payer en réalité beaucoup au-delà des valeurs énoncées dans leurs baux et dans leurs obligations. Quoi» que » pour attirer les espèces dans le commerce , le gouvemement annonçât que leur valeur présente serait désormais invariable, le juiblic, après des diminutions ruineuses pour tant d(' dilnfdirs, attendait, comme tôt ou tard inévitable» une réaction en bausse. Cependant l'aigrat se resserrait, et les papiers perdaient quatre^ vingts pour ctnkt sur la place. Contraint par la force de», choses de faire ce qu'il eût voulu éviter» le gouvernement ordonna une refonte. 11 déclara qu^au premier janvier 1716 les louis d or anciens vaudraient \ingt livres au lieu de quatorze , et les écus cinq livres au lieu de trois et demie. On avait compté qu'il serait apporté à l'échange pour un milliard d'espèces» mais il ne s'en présenta dans l'espace de dii-buit mins que pour trois cent quatre-vingt

liitKoiis ; le bénéfice de ropéraCioii » ketoooop moiniré qv'oB ne TaTait espéré» fat à*eBwmm MHxanfe-doaze

millions, qu'où employa à payer les dépenses les plus uiigenfcs.

A ia refonte des monDaies succéda h; fameux édit du visa , pour la vérification et liquidation des différens effets royaux dont la déprécialioa continuait, et pour leur conversion en nne senle espèce de billets i donc la Taleur serait fixée inYariablenient. En vertu de cet élit » véfifi* eatioD fait^ du titre an^pidcluMïiui était possesseur de ces effets > ou en régla les réductions » et ils furent conTertis en liillefs d'état. La somme des papiers visés 8*élevaà six ceni millions , qu'une loi réduisit à deux cent cinquante millions en billets d'élat , portant intérêt à quatre pour ceut. Quatre frères , dont la capacité et les services ont nérité l'approbation publique , les Paris » dirigèrent ce travail épineux , prélude de celui qu'ils exiécutèrai après le systéMér.

Ensuite (nars 1716) parut Tédit qui étdylissait une

chambre de justice pour la recherche des traitans con— cussioiinairos : moyen dangereux, dont on abusa presque toujours , mais qu'autorisaient de nombreux exemples , oi que l'excès du mal semblait d'autant plus justifier aux yèttx du conseil, que Sully et Coibert avaient ap^iqué ce remède violent aux plaies du royaume. « La terreur ifistalia au cou^-ent des firands*Augustins la nouveUo chambre atdenley et disposa dans une salle voisine les inst rumens de torture destinés à l'interrogatoire des enrichis. Pour celle justice nouvelle il fallut uu code nouveau, et il fui aîroce : la peine de mort y était prodiguée sans mesure pour tous les délits des justiciables. Le carcan attendait les témoins négligens, les galères punissiûent rerreur dans la déclaration des fortunes. La mééi$mtê contre les délateurs étMt punie du dernier supplice; les dooiestiquesélaient autorisés à déposer contre leurs mat* Ires, gms noms emprunté» ^ Outre le ein4|oièmue des ( onliseatiuiis , ces dénoiicialeurs ^ece^ iUlMll des brevets qui Les dédaraient protégés du roi» les ailraiu;bi«!»aieul

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des poursuites de leurs créanciers, etc. Quatre mille ^aaùre cent soixante et dix chefs de famille forent înserits MÏr des tables âpcdialriees* L'effroi et le désespoir s'empalèrent de ces maisons superbes dont les financiers avaient décoré Paris , et d'où une loi imprévue letir défendit tout-à-côup de sortir, sons peine de la vie. Daus leur épouvante , quelques-uns hasardèrent leurs jours par la fuite; d'autres les terminèrent par le suicide. Quelquesuns furent exécutés à mort ; d'autres subirent une exposition infamante. Cependant l'excès des violences y amena an étrange remède. Le régent, qui avait promis d'être inflexible, céda an torrent des réclamations. A ce signal , tontee qni l'entonralt, princes, ttmés (1), intrigans, femmes perdues, tout s'érigea en solliciteurs. L'indulgence eut ses tarifs , comme la vengeance avait ses listes ; et la cour de France ne fut plus que le marché scandaleux d'un royaume mis au pillage. » ( Lemontey , Uist. de la Régence. ) On avait compté qnc cette poursaite produirait trois cent millions ; elle ne rendit guère au-delà de denx cents, dont on perçut h peine le tiers jusqu'à l'édit de 1717, qui supprima la cbambre de justice.

Cependant tous ces expédiens financiers avaient jeté dans les esprits de nouvelles inquiétudes. Le crédit de toutes les caisses pubUqurs étail anéanti, et l'on était dans l'impuissance de payer même le prêt des troupes. Dans ces momens de détresse, l'écossais Law, grand joueur et grand cambinateuf, dit St.-Simon, vint proposer an régent un plan qui, dénaturé par la suite, produisit une eflroyable catastrophe» mais qui était sage et salutaire dans son principe, savoir, l'établissement d'une banque gém i^ile, uniquement destinée à faciliter la circulation. Elle lit l'ouverture de sf*<i opérations le â mai 1716, avec un fonds de douze cents actions de cinq mille livres chacune. ËUe s'était prudemment interdit toute entreprise de commerce et la faculté de contracter

(1) C'était le nom que le régent donnait à tes toOters, compagnons de aes

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aucune dette. Se buriiaiit à l'escompte des lettres de chauge, à la régie de la caisse des particuliers, à Téchauge en argent de ses billetg 9 <iui étaient tous à vue et paya* bles eu espèces , par sa bonne administration elle exerça bientôt une heureuse influence sur la confiance publique. L'intérêt , précédemment usuraire» se mit au niveau de la banque» et les affaires reprirent de TactÎTité. Restait néanmoins la grande plaie de l'état, la dette et le déficit. Les revenus libres de Tannée 1716 n'allaient guère qu'à soixante-quinze millions, et, malgré les économies, la dépense s'élevait à plus de quatre-vingt-dix. La difficulté de combler ce déficit , et surtout d'amortir l'énorme dette» héritage du dernier règne, par le système lent desréduc* lions ; de plus » la disparition de la moitié de l'argent du royaume, que la* variation des monnaies et l'inégaUté du commerce à noire désavantage avaient fait passer chez réfran;^cr, < t que l'ajj^riculture el l'industrie ne pouvaient rappeler qu'ÎDsensiijlemeat , donnèrent cours au funeste projet de remplir le vide par une monnaie idéale qui» dans la circulation , tînt lieu de la réalité.

Le succès qu'avait obtenu la banque de Law avait acquis à'cet aventurier une grande renommée financière* Il lui fut facile de faire adopter à ua prince hardi dans ses projets et impatient dans ses désirs» comme était le duc d'Orléans, un plan tout éblouissant de belles espérances, et qui de^aii , disait-il, non-seulement liijuider les deties de l'état, mais en décupler les riclusses. Il consistait à mettre la banque au compte du roi , mais combinée avec rétablissement d'une compagnie de commerce, dont le» actions seraient pay.ées en billets d'état et donneraient aux billets de banque une nouvelle activité. Ce système créait ainsi dc^ux sortes de papiers » dont Tun aurait le caractère des biens-fonds et porterait des revenus susceptibles d'accroissemons ; i'aulre ollVirait à la circulalion une monnaie d'uru; valeur éi»ale à celle de l'argent et d'un usa^;e plus commode. A ^rai dire , la combinaison de ces deux moyens» dans une juste mesure» pouvait produire d'heureux et puissans elfets. « L'erreur de Law fut de

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ionner à sou système une étendue extravagante, de supposer à ses moyens une lorce qu'ils n*avaieiU pas ; et , au lieu d'établir , comme ii était facile , régalité de coa* currence entre Targent et le papier-mannaie f d'avoir pu se persuader, ébloui par de vains sophismes, que les avantages du papier*monnaie feraient constamment pré« férer sa valeur idéalé à la valeur réelle du plus préeieux des métaux. Son crime fut de présenter au plus faible et au plus facile des princes un projet dangereux et propre à séduire une nation crédule, imprudente et légère; d'attirer dans les mains d'un roi tout le numéraire de son royaume, de faire accepter en échange une monnaie fantastique et multipliable à volonté ; de donner ainsi à la prodigalité du souverain des facilités sans bornes; d'ouvrir à la cupidité des intrigans» des favoris et des maîtresses, une source que son abondance ferait regarder comme inépuisable , jusqu'au moment où ses canaux fragiles se briseraient Ions à la fois. Un plus grand (TÎme fut encore de retarder la décadence de ce système pernicieux par des moyens vîolens ou perfides > et tous d'autant plus coupables qu'ils étaient impuissans , et que , sans espérance de remédier au mal » il ne faisaient que Taggraver; » {Marmontel),

Au mois d'août 1717, fui établie, par actions de cinq cents livres, la Compagnie d! Occident , dont Law fut nommé directeur. L'objet spécieux de l'enlroprise, Vappàt jeté aux capitalistes , était le bénéfice à espérer de l'exploitation des terres de la Louisiane, que le roi cédait à la Compagnie. Law ne pouvait ignorer le misérable état de cette colonie » et combien avaient été trompeuses les premières spéculations sur ce pays. Ce qu'on avait racoiile do ses mines d'or n'était , selon ioule apparence , qu'une chiriiere; et cependant le premier soin de Law, en annonrant son entreprise , fui de répandre que la Louisiane reniérmait des trésors immenses, et de faire divulguer mystérieusement que ses mines étaient enfin connues avec certitude et d'une richesse extraordinaire. Le Parlement dupe, comme le conseil, de l'imposture»

64 HISTOIRE ftÉNÉftALÉ

passa sans difftcalté Fédit qoi étaMiiaàit k CompdgDidf/

Le seul iWiguesseau , plus clairvoyant , inanifcsla de rofrposiiioîi , vl fu( exilé à sa terre de Fresoe, Dès le ] rifiUiii|)s prochain, on fit parlir pour la Louisiane six ^avircs chargés de colons, parmi lesquels il y avail des ouvriers pour exploiter des mines d'or qui n*existaieiit pas (1). Le public crédule et avide, rêvant déjà d'énor-^ mes bénéfices, s'empressa de pi'endre des actions.

LaWy voyant les esprits fascinés ^ et peut-être se faisant illusion à lui-même , élargît sur un plan gigantesque la sphère de sa compagnie , el projeta d'en faire comme un édiiice mai;'u|ue, où le prestige du crcdii attirerait toutes les richesses du royaume. Successivement il lui fit accorder le privilège du commerce du Canada pour les castors , celui du Sénégal pour la traite des nègres • celui de la nav igation et du négoce dans toutes les mers d'orient » la fabrication pour neuf ans de toutes le^ monnaies de France , la ferme du tabac , enfin le bail des fermes et les recette? générales; en sorte que la Compagnie d'occideiil , devenue Compagnie des Indes , eui dans ses main» tousles revenus de Félaî ef tous les produits du commerce. A chaque nouveau privilège qu'elle obtenait , la soif des actionnaires devenait plus ardente. Ils se ruaient sur les actions» réputées cbaque jour plus lucratives ^ avec une fureur extravagante* « Le principal but des concurrens était de recevoir ces papiers à leur source* La plupart des souverains de l'Europe } prétendirent et entrefînrent à Paris des maudaiaires pour lesquels ils imploraioal avec

( l ) « L'cxpcdilion que Law pri jiara pour ia Louisiane fui LoiuUiilc avec une ioiprévoyance barbare. La police lui fournit , pour aller peupler et cultiver cette colonie , tout ce que les déplia de mendicité oflraieut Se plus impur dam les deux aeiea. Six miHe malheureux, quon appelait ouvriers, aocal>lés des infir^ mités qui uaisaent de i'oxtrème iniîigcnce et surtout du vice , entassés dans des vabseauv où l'on n'avait pris aucun«' pr«'caulion de salubrité, allérentseGonsumer t'i p^rir dans ce prétendu pays de l'or. Law, en les faisant embarquer , avait eu grand soin d" < Imrirf r l«'s vai^-^itaux de tous li'f in?lnimen? propres h l'exploîtalion des mino>. (.'csi tout ce '|ii<' If» piiMic ptiivr*' iip» rcui dans une expédition qui n anr.-iil du Uù iiispiirr (jue du uégoûl. » (ii. l.aci'etflitf Hiêtoir^ du idix-hnàu mc iiic/e j

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leomissioii les faveurs do régent. Après ces agietennt couronnés yenaienC sans honte les plus grands seigneurs ie la France ( 1 ) , souscrivant de vils placets des plus beaux uoins de la moiiarchie. Quand la part des privilégiés était faite , le reste appartenait à la constance des plus robustes athlètes. Dès qu'une distribution nouvelle commençait, l'hôtel de la Cctmpa^nie, r^orgeant d'une, ibule acharnée , eét vainement essàjé de feriçer ses portes. On voyait ces âpres sollieiteurs » étroitement serrés^ l'observer entre enx oeH faroache , èt gémir sahs plier sons le poids de l^wt des porte-feuilles. Leur phalange s'avançait durantplusieurs jours et plusieurs nuits vers le bureau d'échange, comme une colonne compacte que ni le sommeil, ni la faim, ni la soif ne pouvaient démolir. )> {LemofUey, Hist. de la Régence.) A la faveur, de ce délire, plus les fabricateurs d'actions, le& moitié pliaient , pins le j^Hx en haussait démesurément , et Law, au lien de modérer cet excès , s'applaudissait , dit Mar^ montel , d'avoir sous sa main, pour ainsi dire, la roue de la fortune» et de lui donner chaque jour une nouvelle impulsion.

La somm^ totale des actiojk&dela Compagnie finit par s'élever à seize cent soixantêTqninze millions « ce qui était plus que le double de tout l'argent du royaume à cette, époque; mais Lavir comptait» pour établir. la balance» sur le papiër^monnaîe de sa banque. On y portait l'argent , et on l'y échangeait eu billets ; ceux-ci passaient à la Compagnie en échange des actions ; les actions , à leur tour, passaient dans la caisse de la banque pour y répondre de Temprunt des billets; et, tandis que les actions doublaient» triplaient » décu(daient de valeur, les billets, dont le prix était invariable » tenaient lieu de l'argent et

( 1 ) L'arriére petit-Gk d^i grand Coi|dé , le dijc Bourbon , était à leur tète. Eorîcbi par ces booteax moyens, H rebâtit avec somptuosité le cbftteau de, Chaatillj que son aieul avait décoré de sa gloire. î| étalait «n jour à ChemîUé y l*un de ses fomiliers, Topolence magique de son porte-feuille : Mouseignetn'f reprit ce liaprdi towrtîm^deuxa/itiùnsde votre aïeul valent mieux qfte tQuted ceUis-là.

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même lui étaient priilérés. En 1719 , on fabriqua u&e si énonDe quantité de ces billets» quUl fallut doubler le nombre. des commis à la signature. Cette émission insensée n*effraya personne et ne ralentit point l'ardeur de FagiO" tage. Les mois d'octobre et de novembre de cette année furent un temps d'ivresse et de vertige , et l'apogée du système de Law (1). Mais l'aveuglement ne pouvait être de longue durée, et le jour où la moindre inquiétude ferait naître la pensée de réaliser en argent ces billets dont la valeur excédait si prodigieusement celle des espèces en circulation » tout ce«flKtastique édifice devait crouler. A la vérité» on avait soin de faire subir des variations à la monnaie pour entretenir la prédilection de la multitude pour les billets , dont la valeur ne changeait pas Mais ce violent moyen de décrier Targent el de soutenir le papier fut bientôt insulijsant. Des agens^ parurent sur la place» chargés de bii4els qu'ils cherchaient à négocier. On en présentait à la banque , et leur nombre toujours croissant avertit Law que le moment critique était venu. Voyant sa banque menacée d'une ruine imminente par la baisse des actions et des billets» et par les réalisations , auxquelles il serait bientôt impossible de faire face , le 5 janvier 1720 , pour essayer de regagner du criidit, il se fit nommer contrôleur-général. Il coiumeijya sou minisîèrc par des variations iiouyelles dans la valeur des monnaies. Le public ne prit plus le change , et garda son argent. La banque royale fui réunie à la Compagnie des Indes, et n'en eut pas plus de faveur. Enfin f n'ayant pu avilir l'argent au point de soutenir 1^

f O f( Law faisait morvoille avec son Missîssîpi. C'était à qui aurait du Mississîpi. 11 s 7 taisait presque loul-à-cou|> des rûrlimcs immenses. Law , assiégé chez lui. de supplianf et de soupirans, voyait forcer sa porte, entrer du jardin par les feDétr«s, tondier dan» sod ciditnet par sa diemiDée. Oo ne pariait que par

millioDS Maïs je voyab bieo que tout le savoir de Law n'était qu'on habile

et nouveau tour de passe^pacse , qui mettait le bien de Pierre dans la poche de Jean , et qui n'enrichissait les uns que des dépouilles des autres; que tôt ou tard cela tarirait , le jeu se verrait à découvert , qu'une inCoité de gens demetkrtraient ruinés , etc. » {Mémoires de St Simon)

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billet au pair de l'espèce , Law fit rendre par le conseil un arrêt également absurde et tyrauuique p dans lequel , supposant qu'il y avait en France douze cent millions de numéraire que l'on s^obsiinaità tenir renfermés » le roi faisait défense à toutes personnes et communautés de garder chez- elles plus de cinq c^ents. Kvres d^^rgent , sous peine de confiscation au profit des dénonciateurs , et de dix mille livres d'amende. Cette loi , (\u\ provoquait la délation domestique , qui soudoyait jusqu'au soin des familles Tespionnage ut la Irahipon (1)» répondit une désolation générale. Les uns enfouirent leur argent > les autres le firent passer furtivement hors du royaume; te plus grand nom^bre» fatigués de leurs aiixiétés et intimidés par quelques exemples de rigueur, P-échangèrent contre le fatal papier. Mais en vain Law s'agitait en tout sens pour échapper à Fabîuie : Fabîme chaque jour se creusait plus profond, plus inévitable. La somme des actions et des billets dépassait démesurément la valeur de toju^t l'or et de tout l'argent qui pouvait être dans le royaume. Un arrêt les soumit à une diminution graduelle qui , à la fin de l'année 9 devait les rédidre dB moitié. Cet arrêt de banqueroute fut révoqué peu de jours après; mais il avait rompu le charme pour les plus créduks ; toute la confiance était détniile; rien ne put la faire renaître. Law > ayant dans sa caisse une grande partie du numéraire , chercha, pour dernier expédient ^ une odieuse et vaine ressource dans une augmentation criante de la valeur des . monnaies : il porta le marc d'argent k cent vingt livres ». et le marc d'or à dix-huit cent^. Cette opération déses-^ pérée-ne releva point sa banque. Les billets perdirent de plus en plus; enfin, ils s'annulèrent entièrement , et furent suppriiiiés au mois d'octobre 1720. Le peuple de Paris, les mains pleines de ces symboles trompoursd'unc richesse anéantie» ne pouvait avoir du pain. On ouvrit

M ; r' Los valet'! îr^liircnl leurs maîtres, le ciioycn devint resjiion du cîtojen ; ce qui lit dire ;i Milord Stnif^ qu'on ne pouvait doiih.-r de la calliolicilé de Law , pubqu il ètalilissait 1 mijui^iiioii , api ts avoir dt-ju |>iouvc la iranwul»!»- Uuiution parle changemeottles espèces en papier, m (J/ôm. secrets de Pitclos\

88 Hl&TOlAfi QtSÈÊJJM

poar lui une caisse où étaient payés en argent les billets

dt pt a de valeur. Trois hommes y furent ôtoufTés dans la presse. On porta leurs cadavres devant le palais d*Orléans; cette vue combla rexaspi i alion de la muitilude. Law , s' enfuyant dans son carrosse au graud galop de ses chevaux» courut risque d'être lapidé. Toutefois» qumque ehargé de la haine publique, il resta six mois encore auprès du régent. Enfin » il se retira en Angleterre» puis à Venise» où il mourat dans la plus étroite médiocrité, n'ayant, dit-on, emporté de Paris que deux mille louis d'or , lui qui avait eu dans ses mains toutes les richesses du royaume.

Après sa fuite , qui fut à peine aperçue dans la confusion dont Témissiofi de six milliards de papier, jetés dans le commerce par des voies inusitées » couvrait U France , Le Pelletier de la Houssaie fut fait contrôleur général. Le débris immense du système passa par Topé* ration duinsa, dont furent chargés les frères Paris, bar biles financiers, que Law avaiî eus pour principaux antagonistes. La suniiiie des ell'ets présentés à ce contrôle s'éleva à deux milliards deux cent vingt-deux millions. Le tiers environ de cette masse ayant été annuUé , U reste fut liquidé à dix-sept œnta et quelques millions. Une très-peiiie partie fut payée en argent; et il fallut se libérer du reste, en recevant les billets du vùa, soit poiup capitaux de nouvelles rentes , soit en paiement de nouveaux offices, etc. Ainsi se termina cette grande révolution financière. Law, son auteur, a trouvé des apologistes : mais, quoiqu'on pense de ses (alcns, il est évident qu'il manqua de prudence, de droiture et ^e Lonne foi (i); qu'après avoir débuté par une combinaison sage » U se laissa emporter par une imagination déréglée; et qu^avee une obstination impardonnable » il s'attacb^ » sans espoit

( 1 ) Si. -Simon prétend que « tmelque tùx soa système , il y était de la meil- « leare foi du monde ; que son intérêt ne le roaitri3aii point ; qu'il était vrai et a simple; qu'il avait de la droiture , etc. » mais il n'en parle ainsi que poin . dénigrer le duc de Noailles dont il était l'cnneini , ei qu'il accuse d'avoir contrarié les opérations de Law par des obstacles multiplié^

m viMiniite mAclb. 99

de flalot f à soutenir par des procédés ruineux et coupables l'échafaudage croulant de son système. Il semble que » dans la crise , lorsque BuUe illusion ne pouvait lui rester» - Il ait été saisi de ce Tertigè frénétique in joueur qui s'a*' ▼eugle sur le pré^piee prêt à l'eDgloutii^, et lutte en dé* «espéré contre la fortune qui va lui porter les derniers coups. A Tégard du récent , ou a peine à comprendre qu'un prince, d'ailleurs si éclairé, ait embrassé si pas^ sionnéraent ce système; qu'après qtie l'aveuglement générai fut dissipé, il soit resté long-temps encore sous le cliarme qui l'avait fasciné » et qu'Uait mieux aimé accuser de la ehûte de Law la mauvaise volonté de ses adversaires que la folie de cet aventurier* D regrettait ces heureux momens où il gouvernait en riant un peuple abandonné à l'enivrement de l'opulence et de la joie; où l'eiichautemen! circulait par toute la France avec le papier ma<rique de Law. L'illusion évanouie , il fallut voir la trisle rcaiiîé, la ruine d'une multitude de familles honnêtes, la fortune jcandaleuse des agioteurs» le bouleversement des cpnditioDSt la dépravation de toutes les classes par la grande mtée oflerte à leur avidité ( 1 ) .

Tandis que Law ruinait et démoralisait la France , un autre aventurier, l'ambitieux et téméraire Albéroni, du fond de l'Espagne , voulait remuer toute l'Europe. Apres la longue gumro de la succession , il fallait à l'Espagne un gouvmem^t prudent et laborieui^ qui» à l'aide du

(i) « I.e bouleveitemtat des fortunes, dit Bttdos dans ses Mémaireêitcreoi ^ V*« paB été le plus malheureux effet àa. qr^téBie et 4^ la jPégence. Une adaiH

nbtrutioD sage aurait pu rélaMîr les alTaires ; mais les mœurs , une fois dépravées, ne se rér;i!»lîssenl que par la révolution d'un Ëtal ; et j« lésai vues s ;i!î('rf»r s*;nsil»leraent. Dans le siècle précédent, la noblesse el le uiililaire n i t u* nt animas que par l'honneur ; le magistrat chercliail la considération : riiunuin- d<) letU'es , 1 liorauie à talent aiubilionoaiuDl la réputation \ le cuintucrc^unl be glorifiait de la foitube , par( equ'eUe était uQe preuve dlntelligence , de vigilance , de travail et d'ordre. Les ecdésiasiiqoes qui n'étaient pas vertueui étaient du Bioias forcés de la pândmî. Tontes les daaies de Ffitat n*ont aiijoard'h«i qa'nn objet , c'est d'élniriches , sa^s i|tte fv qne oe soit fixe le» bornes de la fortunn o:HJ prétend.*. J'ai vu , dansma jenoesse, les bas emplois dclaiiuaocc être des récompenses de laquais ) on 7 trouve aujourd'hui plu» de |;enti|sbaDune^ /jne de roturiers , e^. »

90 HttlOIBB GtatoAUB

temps» remît Tordra dans les finances et la discipline daus les troupes, créât une marine et ranimât le commerce» ragriculture et Tinduslrie. Au lieu de tomber en des mains sages et patientes, elle tomba aux mains turbulentes d*Albéroni^ qui par son ambition audacieuse fit avorter les £r ttita que Tétai eût pa recueillir de sea talena et de ses travaux.

Le traité d'Utrecfat avait eousaeré en principe que les

couronnes de France et d'Espagne net pourraient jamais être réunies sur la même tète. Cependant Albéroni voulant donner à son maître celle de France, dans le cas où

10 j( une roi, succombant à la faiblesse de sa constitution ou aux projets parricides que la calomnie attribuait au régent , laisserait le trône vacant. Pour en frayer le chemin à Philippe V, il faliait dépouiller le duc d'Orléans 4e la régence et préparer le renversement du traité d'U« trecht. L'ambition d'Albéroni n*allait pas seulement à disposer de la couronne de i raiice. 11 aspirait à f aire mouvoir toute l'Europe i)ar les ressorts de sa poiàûque. Dans le nord comme dans le midi , il organisait des révolutions. Pour empêcher l'Angleterre de s'opposer à ses desseins

11 méditait de faire envahir ce pays par l'aventureux Charles Xli > et d'employer au délrônement de k maison d'Hanovre et à. la reslauration des Stuarls les armes réconciliées de la Suède et de la Russie. Les intrigues d'Al-^ Léroîii et les inquiétudes qu'elles donnaient au récent portèrent ce priace a rechercher ralliante des deux puissances maritimes , l'Angleterre et la iioUande , intéressées sous tant de rapports ii maintenir les dispositions du traité d^'Utrecht. Il chargea Dubois de négocier secrètement cette alliance. Celui-ci » prétextant un achat conâdérable de livres et de tableaux , se rendit à La Haye » où il eut , au mois de juillet 1716 , une entrevue avec lord Stanbope, qui accompagnait Geor^res 1 dans son voyage d'Allemagne. Il proposa le traite de la triple alliance , dont la né-, gociation se poursuivit en grand mystère jusqu'au commencement de l'année suivante » où il fut signé à La Haye le 4 janvier. On a beaucoup trop vanté Fhabileté diplo:>

DU DI£*HUmÉlIB SIÈCLE. 9i

matique que Ihibois déploya en cette circonstance. Le

traité qu'il conclut fui tout à l'avantage et à riionneur de l'Auglelene. Lue seule condition était égale, savoir la garantie réciproque des successions aux couronnes de France et d* Angleterre » conformément à la paix d'Utrecht.. Par les autres clauses/ le régent accordait la démolition du port de Dunkerque et le comblement du canal de Maraick , et promettait de forcer le prétendant à sortir d'xVvignoii où il s'était retiré , et de chasser de France tous les Anglais du parti jacobile qui y aient clu rché un refuge. Le traité affranchit les Hollandais de Tiiapôt des quatre sous pour livre sur les marchandises qu'ils im« portaient dans le royaume, et leur accorda la qualité, de hmtUs puùioneeê que Torgueil de notre diplomatie leur avait jusqu'alors refusée. Mon-seulement » dans le proto-. cole , le roi d'Au^^Ieterre continua de prendre le litre de roi de France; mais, Dubois ayant fait prendre ce titre au roi de France lui-même, un ordre du cabinet de Londres dénia au monarque français l'usage de son propre nom, et lui enjoignit de s'appeler simplement roitrèsehrétim* Il ne fallait rien moins que Tidée d'une nécessité pressante pour déterminer le duc d'Orléans à subir un, pareil traité.

Cette nécessité était plus spécieuse que réelle. L'état de la France à celte époque donnait sans doute au réfreut beaucoup d'embarras, mais ne pouvait, non plus que les projets d'Albérooi , lui causer des alarmes sérieuses. Louis XIV, en 1715» avait accordé à ses fils naturels (le due du Maine et le eamU de Toulouse) , sous le nom de ptittces Ugiimis, les bonneurs et le rang de princes du sang , et par cela même la préséance sur les ducs et pairs. Les princes et les pairs réclamèrent en 17 10 contre cet acte de despotisme , et, l'année suivante, un arrêt du conseil de régence interdit aux légitimés de s'assimiler désormais aux princes du sang , leur laissant toutefois la prééminence sur les pairs par le silence de l'afrét sur ce point. Un incident avait compliqué ce procès : c'était une protestation de la noblesse contre les pairs qui, dans ieut

' "Of «ISTOIRE GÉNÉRALE

requête, avaient affecté la prétention défaire un eorp^ séparé d'elle, en se portant comme ayant seuls le droit de représenter les anciens pairs dans les grandes solennités natjjonales. Cette protestation fut déclaréa nulle» de sorte .qné Tarrét du conseil mécontenta toutes les parties ; les nobles, dont la rc((uêle était suppiiruée; les pairs, dont la demande t'iait mise eu oubli , et surtout les légitimés qui perdaieiil la royale prérogative dont leur père, avant de descendre dans la tombe , avait voulu couvrir le vice, de leur naissance. Mais rien n'égala le courroux de la duchesse du Maim^ femme ambitieuse et violente, qui, iepuis le jour oii le duc. avait été dépooill^en plein parlement de Tautorîté que lui- assignait le testament de Louis XIV, avait voué au régent une haine implacable. Cette princesse et son mari ralliaient à eux tous les méconlens. Mais leurs liaisons les plus dangereuses et leurs, menées les plus actives étaient au sein du parlement. Cq fut à ces pratiques que le régent attribua ce que fit la magistrature pour éclairer ou plutôt pour déconcerter les opérations du système. Justement inquiet des témérités deLaw , le parlement , à Toccasion de rédit de 1718. QUI ordonnait une refonte générale des monnaies, usa du droit de remontrances que le régent lui avait rendu. Mais ses représentai ions furent mal accueillies. 11 les renouvela trois fois inutilement. Enfin, dans son dépit, il rendit un arrêt qui circonscrivait les opérations de la banque , et ordonna même secrètement une enquête sur les procédés financiers de Law, dans le but de lui faire son procès. Le duc dT^rléans répondit à ces hardiesses par un lit de justice doiit l'objet principal était d'interdire au parlement la connaissance des alTaires de l'état , mais qui en même temps avait pour but de consommer rabaissement des légitimes. Le duc du Maine avait conservé la surintendance de Téducation du roi. Il en fut dépouillé dans cette solennité» et, pour surcroit d'humiliation» conformément aux prétentions des ducs et pairs, on lui ôta sur eux la préséance en le réduisant a son rang de pairie. Tant d'ouira^es aphcvèrent çje déterminer la duchesse du Maiue à

|ltei^ser la conspiration qu'elle tramait depuis long-tempspour souloYOr tout le royaume contre la régence du duc

d'Orléans, mettre à $a place le roi d'Espagne , et, sous lui, comme viee-régenl , le duc du Maine.

Dans ce coinplol , la duchesse croyait pouvoir s'assurer sur le parlement de Paris, dont Tarrêt avait été cassé au Ht de justice, et sur ceux des provinces qu'entraînerait l'exemple de la compagnie principale. Elle espérait en cette noblesse mécontente de Foubli où l*on avait laissé^ sa requête contre les pairs , et qu'elle tâchait de gagner à l'Espagne par toutes sortes de séduclions. Elle se promettait, en outre, l'appui des moliDisles et des partisans fanatiques delà bulle unigenitus , que le régent avait vivement offensés en révoquant toutes les lettres de cachet surprises au dernier roi contre les jansénistes , en mettant le cardinal de Noailles à la téte du conseil de conscience et en éloignant les jésuites du confessionnal du roi. Enfin, elle comptait sur une insurrection en Bretagne où les états avaient été cassés en 1717 pour a\()ir refusé d'accorder par acclanialion ci sans examen, selon la coutume^ le don gratuit diMuaiuié par le roi. Quoique rétablis peu de temps après y ils étaient animés d'un profond ressentbment et réellement disposé» à la révolte. Une flotte espagnole devait débarquer en Bretagne des troupes et des armes, et ce débarquement devait être le signal du soulèvement. Mais la Bretagne se flattait en vain que son exemple serait suivi : dans le reste du royaume, rien n'était amené à ce moment de crise où éclatent les révolalions* La noblesse, dont la requête avait été passée sons silence dans le procès des pairs» pouvait s*en trouver mortifiée; mais après tout elle n'avait à se plaindre que d'une simple réticence , faible motif pour bouleverser Tétat. Parmi les amis particuliers du duc du .Maine , les uns, roinine le maréchal de Villars, avaieni assez d'audace pour guider un parti, mais trop peu d'inlérèt à détruire le régent; les autres, comme le maréchal de Villeroi, n'avaient ni capacité ni énergie. Le coup frappé sur le parlement de Paris l'avait irrité; mais , à cette

94 BISTOIRfi «iNÉRALB

époque, les opérations du système de Law n'étaient pas encore assez criantes pour autoriser la coulédération et la révolte de la magistrature. Quant au parti moliniste, abaissé d'abord par le régent , il commeDsait à reprendre faveur 9 soutenu par l'abbé Dubois qui « aspirant à la pourpre, voulait se rendre agréable à la cour de Rome et sollicitait auprès du rép;ent, avec grande apparence de succès, l'acceptation de la Imlie litigieuse. l)'aill( ui s , les deux graii(î^ insi rumens d'action manquaient aux conjurés, Tarmée et le peuple. Les priucipaux auteurs de la conspiration , du Maine et Villeroi t n'avaient nulle influence sur le militaire» et le peuple y tout entier au jeu magique de la banque , était indifférent aux passions des princes et aux intrigues ambitieuses des courtisans. Pour le soulever, il eût fallu attendre la décadence du système , le moment dt la caîaslrojiljc , ces jours de violence où ce que chacun pouvait avoir d'argent lui était arraché par un arrêt tyrannique, ces jours de désolaliou où, les mains pleines de billets de banque , le peuple affamé demandait du pain. L'impatience d'un ministre fougueux et d'une femme irritée précipita l'exéculion du complot.

Les conseils avaient été abolis (1) , et Ton était revenu aux secrétaires d'état. Duhois l'était alors, et , depuis la conclusion de la triple alliance , joiii>sMi! de toute la confiance du régent. 11 eut connai^saïur de la conjuration , selon les uns, par une courtisaue qui avait dérobé des papiers importans à un secrétaire du prince de Cellamare •

( 1 ) « Lei ooDseîb n avaient poiot répondu, dans la pratique , à récbt de la apécQlatîoD. Ce furent bientôt des fojers de querelles, de jalousiet , de toties prétentions , on Tintrigue et la lialne eurent seules de Tactivilé , tandis que les ai&ires languirent par Tincapaeilé des chefs , par la mutinerie des maîtres des

requêtes qui refusèrent pendant dix-huii mois de rapporter debout uu conseil de résence , par la nécessité où le public se trouva de chercher soixante-dix uuuistres disperses dans la capitale... Le régent, las de ctlle foiiue d'administration , céda faci!t»mi'nl aux insinuations de Dubois , qui lui (il conseiller par son agent ChuMijrij du reuiplucerles grands seigneurs par de simples secrétaires d'état qui , sans crédit et sans famille , resteraient foroémeot «es créatures. » (Lemonley ). Les conseils forent congédiés le *é Septembre 1718 , après trois ans d*eibtence.

ambassadeur d'Espagne à Paris; selon les autres, par un commis delà bibliothèque du toi» que Tambassadeur employait imprudemment dans ses bureaux. Celkmart fut arrêté et reconduit à la frontière d'Espagne (septembre 1718). Soit clémence naturdle de la part du régent , soit ignorance feinte du nombre des coupables pour n'avoir pas à sévir contre tant de personnes cousidérables , soit politique de Dubois qui, pour ménager un narti puissant et s'y laire des amis» ne donna au duc d'Orléans que des • renseigneftiens incomplets ^ on se borna à Temprisonnement passager de quelques conjurés subalternes, comme pour livrer au ridicule un complot si mal conçu et si mU sérablement appuyé. A la vérité , on arrêta le duc et la duchesse du Maine , qui furent enfermés dans les châteaux tio Dourlens et de Chapons. Mais ils turent rappelés après quelques mois de détention. Toute la rigueur fut réservée pour les malheureux Bretons qui s'étaient engagés dans le complot d'Albéroni. Une flotte espagnole avait paru sur les côtes delà Bretagne, puis s*était retirée à l'approche des troupes envoyées pour s'opposer au débarquement. On arrêta plusieurs gcuiillshommes bretons, qui avouèrent tout devant la commission établie à Nantes pour les juger. Quatre eurent la ïeie tranchée. Seize autres, qui avaient pris la fuite, subirent en effigie le même arrêt de mort. Ensuite, vu le grand nombre des complices et les torrens de sang qu'il eût fallu verser pour tout punir, on accorda une amnistie à ceux qui n'étaient pas ju- ^us encore, de laquelle dix seulement des plus factieux furent exceptés. La plupart des t ugitifs allèrent traîner en Espagne une existence misérable, leurs frères ayant perdu la vie en France, eux demandant leur pain en terre étrangère, et tout cela pour les intérêts et Tambilion du duc et de la duchesse du Maine , qui n'en perdirent pas un veu de kur tête {St.Simon). Ce fut même quelques jours après l'exécution de Nantes que le duc' du Maine revit le. duc d'Orléans pour la première fois, et, depuis, on l'a vu tenir à Sceaux une cour brillante, séjour des plaisirs et des fêtes.

66 HiSTomB âftintaukLB

Ce qu' Albéroni avait tenté en France contre le régent le régent l'avait essayé en Espa^^ne contre Alhôroni. Le duc de St.-Aignan» ambassadeur de France à la cour de Philippe V , avait reça des instructions comparables à ceUes dtt duc de CeUamare. 11 s'agissait de détruire le mi* DÎstre tout^puissant et la faction italienne, d'empêcher que la mort de Philippe V, que Ton supposait prochaînet fît passer la régence à sa veuve , et de rendre aux Espagnols le gouvernement de leur monarchie. Un corps de troupes, posté dans le voisinage des Pyrénées, sous le faux .{H'étexie de mouvemens parmi les calvinisteft» devait appuyer ces projets hostiles. St*-Aignan« jeune et impétueux» dépassant les instructions de son maître» avait intrigué avec ardeur non pas tant pour chasser les Italiens que pour ménager la couronne d'Espagne à la maison d'Orléans. Enfui , craignant la fougue imprudente de son ag(Mif, le duc d'Orléans avait prévenu, par son rapju l, Térlat honteux d'un complot inutile pour lequel, cherchant des conjurés , il n'avait trouvé que des cabaleurs.

Tandis que , moins sage» Alhéroni poursuivait le sien et méditait vainement de siramettre la France à Taulorité de Philippe V , il avait entrepris » avec plus de succès d*ahord , de recouvrer par les armes les états d*Italie démembrés de la monarchie d'Espagne. En 1717, une armée espajjnole, sous les ordres du marquis de Leyde, avait débaî(|uc en Sardaigne et reconquis celle île sur l'empereur. Le même général» l'année suivante, avait enlevé au duc de Savoie la plus grande partie de la Sicile. La France et l'Angleterre ne virent point avec indifférence ces attentats au traité d'Utrecht et au système d^équilibre établi entre les puissances européennes. Elles firent agréer à l'empereur (2 août 1718) et ensuilc au.v Hollandais ( 16 février 1719) le traité célèbre sous le nom de quadruple alliance , et qui réglait les conditions d'un accommodement entre l'empereur, le roi d'E'^pagne et le duc de Savoie. Ces conditions étaient que Philippe Y rendrait la Sardaigne à l'empereur et renoncerait aux provinces d'Italie et des Pays-Bas a(]ju'> c( s par la paix d'Utrecht à

DU MX-HOmÉME SIÈCLE. 07

te prinèe » qai » de son côté , reooQcerait formelfement à tm les états de la monarebie espagnole cédés par la même

paix à Philippe V , qu*il reconnaîtrait pour légitime roi d^Ëspagoe. Comme on prévoyait que la succession du grand-duché de Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance allait être ouverte par Textinction des mâles des maisons de Médiois et de Farnèse , la quadruple alliance slipulait que ces duchés seraient regardés désormais comme fiefs masculiiis de l'empire^ et que l'empereur en donnerait l'inyestiture érentndle à don Carlos, fils atné d'Isabelle Farnèse, épouse en secondes ooccs de IMjilippeV; qu'enfin , dans le cas où ce prince décéderait sans héritiers mâles, ces duchés passeraient successivement à ses frères puînés, à conditioa néanmoins de ne pouvoir élre possédés par un prince qui porterait la couronne d'Espagne. Par rapport an duc de Savoie, il était réglé que ce prince renoncerait , en faveur de rempereur« à se» droits sur la Sicile , et qu'il recevrait en retour la Sardaigne avec tous les honneurs de la royauté. Il souscrivit , quoiqu'à regret , à ce traité, ne trouvant pas dans la Sardaigne une compensation suffisante de la perte de la Sicile. Quant au roi d'£spi^ne, il rejeta raccommodement proposé. Albéroni , avec une funeste et a.veugle obstination » persévéra dans ses projets de conquête. Il avait en Sicile une Sotte puissante et une armée victorieuse. La prise récente de Palerme semblait lui promettre la soumission prochaine de Tilc entière. De là, il voyait déjà les Espagnols se portant sur l'état de Naples, en chassant les Allemands et les réduisant pas à pas à évacuer l'Italie avant que le prince Eugène , occupé contre les Turcs, en Hongrie^ eâtt le temps de les. secourir. Bientôt s'évanonirent toutes ses illusions* Le 22 juillet 1718 » le traité de Passarowits fut signé entre l'Autriche et la Porte ; le % mût , la quadruple alliance le fut à Londres; le II du même mois, une flotte anglaise, sous les ordres de l'amiral Biug, attaqua la flotte espagnole à la vue de Syracuse, et détruisit en quelques heures cette marine dont AlbéronL était Si fies et qu'il a'appkmdissait d'avoir fait sortir comme

da fond de TOcéan. A l'instigation de Dubois, l'un des né' goctatenrs de la quadruple aUiancet de Dubois, venda à rAngleteire, doot il avait dès-lors et dont il ent tbute i» Tie «ne pension de cinq cent mille livres, et dévoué à Fem-

pcrcur , par la prolecùoa duquel il voulait obtenir la pourpre , le résfent ouvrait aux cours de Londres et de Vienne la caisse de Law, et rar«;ent de France allait soudoyer les flottes anglaises et les troupes aiiemaudes desti* nées à consommer la ruine de TEspagncLeduc d'Orléans se fût sans doute bonté à ces subsides, qu'il s'efforçait de tenir secrets, comme honteux d'aider les vieux et naturels ennemis de la France à accabler un prince français, s'il n'eût été poussé à bout par le complot de Cellaniare et par l'accueil que ce conspirateur reçut eu Espagne, où, loiu de désavouer sa conduite, on le récompensa de la vice-royauté de Navarre. Alors, cédant aux obsessions de Dubois, le régent, malgré sa répugnance, déclara la guerre à t Espagne ( 2 janvier 17 19 ) , et une armée française, sous le maréchal de Berwick, s'avança vers les Pyrénées* Elle emporta rapidement Béhobie, St.-Mareel, Castel-Folit et le port du Passage , ou un bel arsenal, de riciiesmagasius et six vaisseaux de guerre en construction devinrent la proie des flammes. Deux mois après, la rade de Santogna fut le théâtre d'un même désastre , et les torches françaises y consumèrent tout ce qui s'y trouvait de navires et de matériaux , destruction barbare queFAngleterre exigeait pour prix de son alliance et que le régent exécuta avec une honteuse et impolitique docilité. Bientôt après, Fontarabie et St.-Sébastien , les deux barrières de TEspatîne, tombèrent au |U)u\ oir de Berwick. De leur côté , les Anglais faisaient une invasion dans la Galice , et s'emp.iinient du port de Yigo. Daus le même temps, dix:huit mille Allemands, débarques en Sicile par la flotte anglaise , vainqueurs du marquis de Leyde dans un cornb^ sanglant , reprenaient , après neuf assauts , la citadelle de Messine. Philippe V avait partout la fortune contraire. Pour dernière espérance , il avait marché en personne à la tèie de son armée au-devant des troupes françaises, se

W DIX-HIITIÊME SIÈCLE. 99

flattant qu'à l'approche du petit-fils de Louis XIV elles poseraient les ârmes ou passeraient sous ses drapeaux

qu'il avait fait peindre de ilearsde lys. Son nom, ses enseignes, ses manifestes avaient été sans puissance, et Tarmée française était restée fidèle au régent. Tant de disgrâces retombèrent enfin sur Aibéroni , le moteur de cette midheureuse guerre. Philippe Y lui ordonna de 8or« tir d'Espagne , et , peu de temps après» accéda à la qna^ drnpie alliance ( 26 janvier ITSO). Les Espagnols éyaeuà- , rent la Sicile et la Sardaigne» dont Vempereur et le due de Savoie prirent possession. Philippe V eut pour indemnité l'expectative du duché de Parnue et de la Toscane en faveur de son fils don Carlos.

Le régent mit pour condition de la paix avec Philippe V le mariage de sa fille , mademoiselle de Montpensier » avec don Louis» prince des Asturies » et celui de l'iufante d'Espagne avec le roi de France. Dubois ouvrit à ce sujet une négociation que favorisa le père d^Aubraton , confesseur du roi d'Espagne, sous la condition que le régent, jusqu'alors contraire aux jésuites, deviendrait leur protecteur et ferait enregistrer la constitution. Complaisant et corrupteur du duc d'Orléans dans son enfance, confident et ministre de ses plaisirs dans sa jeunesse , et depuis » inSf* trument de sa politique dans les traités de la triple çt de la quadruple alliance » Dubois» sous l'apparence d*un dé^ vouement servile et sans réserve , s'était emparé de l' esprit de son maître, qui, tout en le regardant comme le * plus méprisable des hommes, était pour lui d'une prodigieuse faiblesse et ne savait lui résister en rien. Introduit dans la confiance la plus intime du prince , successivement coDseiUer-d'état » membre du consolides aiTaires étrangères» ministre de ce département et » à çe titre » siégeant . au conseil de régence , Dubois aspirait plus haut : il voulait être cardinal et premier ministre. Dans le moment où le succès de la négociation d'Espagne comblait le duc d'Orléans de joie, l'archevêché de Cambrai devint vacant, m J'ai fait , dit aussitôt Dubois au prince» un plaisant révç cette nuitt l'ai rêvé que vous m'aviez nommé ài l'arcb9«

\èché de Ainibrai. » VaiDement, dans le9 termes énergiques du mépris le plus accablant, le régent lui représente u'il en est indigne par sa bassesse et par les scandales e sa vie. Dubois insiste elTrontément. Le régent cède. Les jésuites aplanissent les difficultés à la cour deR<>0[ie. Dubois reçoit du pape les bulles de Cambrai. Eh I qui sera f infâme qui osera té faire prêtfe? l^i avait dit le duc d*Qr* léaûé. Il faut le dire avec douleur e( indignation: presque tbiit ce qu'il y avait de plus considérable dans le clergé de France s'associa à cette infamie. Après s'êlre rendu garant avec l'illustre MassiUon lui-même ( on a peine à le croire) de la pureté des mœurs et delà science ecctesiasti" que de l'abbé Dubois , Tressan » éyêque de Nantes » lui administra dans une matinée depuis la tonsure jusqu'à la

Îrétrise. Lè cardinal de Rohan célébra la cérémoiiie d^ >n sacre. Elle 'se fit au Vai-de-Gràce avec pne nîagnificencë impudente » en présence de tout ce que 'la cour ét l'Eglise comptaîenl de plus éminent. Le cardinal de Nn iilles seul fut incorruptible et refusa de prendre sa part dans cette énorme prolanation.

Le siège de Canu)rai n'était pour Dubois qu'un marche-pied aux honneurs de la pourpre. Aspirant au premier ministère » au rôle des Richelieu et des Mazarin , iji voulait Sktotér son pouvoir de cè titre iinposant de cardinal* "^mt robienii* , H faisait jouer à Rome tous les ressorts. Le pape Clément XI , en donnant les bulles de Cambrai, il'avait fait que sanctionner le choix du régent. Mais nommer Dubois cardinal , c'était se charger seul de toute la honte. Il éprouvait donc une profonde répugnance à faire entrer dans le sacré collège un homme que ses impiétés» ses débauches le métier infâme qu'il avait fai^t auprès dû duc d'Orléans» sob insolenl 'mépris de toute pudeur» marquaient d^iin sceau d^opprobrc et d*ignomi* nie. Dubois l'obsédait en mille façons : c'était une expécliiion continuelle de dépêches, qui lanlù| promettaient di^ ( ourhor la France sous rautoritii du St. -Siège, tantôt le menaçaient d'un scliisnie absolu; c'était un concours étribge de k plupart, des cabinets de l'Çurojpp à,«(^jûtef

90 DIX-HUITIÈME SIÈCLE. iOi

li feiitfté româiiie j^tir lin hoàime q[ài, quelques an-- * déas AfljMÛràvâitt; eût para spniUer Véiolé dd ^Tus bnmbïe

presbytère. Avec nnè' incroyable astuce » il int^ressiadt i éon ambition les patronages les plus contraires. Il faisait agir le roi Georges I en lui promettant de maintenir le prétendant dans rimpoissance de lui nuire ; il faisait agiij le prétendant en lïii laissaiat croire qu'il était disposé à favoriser dans l'occàiâon sob rétablissements Mais sbi{ pfTncipal espoir était dans le parti' molinïstè » jfi&t eir^ ptoilaiit la eirconstaïkce» Mi vendit cber ses Bons offices. Le confessionnal dti roi fut rendu aux jésuites ; imposée à Dubois par ces pères , par Dubois au duc d'Orléans , par le prince au parlement , la bulle fut enregistrée le 4 décembre 1720. Malgré tant de condescendances malgré les intrigues du molinisnie et les sollicitations des potentats , Clément XI héritait , temporisait : la mort liii saoya.Ia honte de là promotion de Dubois. Ëlle était ri^servéé à son soëcësseur Innocent XIlI. Trois mois après l'élection de ce pontife, à laquelle avait puissamment contribué le crédit de la France^ Dubois fut fait cardinal (16 juillet 1721).

Cependant la majorité du roi approcliait. Le duc d'Or«i léans , après avoir été régent^ ne pouvait» sans décheoir de ÉÊL dignité » vouloir Ctre premier ministre*. Une raison plds déterminante encore » quoique honteuse , l'en dé<^ tournait. C'était l'habitude invétérée d'un libertinage effréné, le besoin de l'orgie , de la débauche,, des soirées consacrées à l'ivresse , à la licence , et l'impossibilité de sacrifier cette habitude dominante aux devoirs et aux 0oins du ministère , ou de la satisfaire dans le pompeux et triste séjour de Versailles ^ où la cour' serait désormais fixée. Uéjà 9 depuis long«temps.^ il se déchargeait su^ Dobois du fardean des affinres ; et sans doute, si c'eût été un homme moins diffamé , il l'aurait nommé de sou propre mouvement premier ministre, comme une créature qui , tirée par lui du néant, serait toujours dans sa dépendance , et ne gouvernerait que par lui , lors même ^a^il aurait déposé le pouvoir de la régence. Mais il rou*

102 HISTOIRE GÉNÉKALE

gissait à Tidée de laisser à un tel homme l'héritage de sod aâtôritè. Dubois n'en, avait pas moins l'insolence d'y. prétendre » et le régent eut la faiblesse de céder encore.» Humilié de son choix , confus de prostituer la puissance:

à un ril et astucieux parvenu, mais subissant un joug (1) dont son indolence ne pouvait plus secouer Topprobre , le 23 août 1722 , il déclara Dubois premier ministre.. Le 20 octobre suivant, le jeune roi fut sacré à Reims.^ Le 15 février 1725 ^,il entra dans sa majorité et le régent vint se démettre en ses mains de l'autorité souveraine* Qn€lquesj.purs après, Louis.XV tifil «on lit de justice au pariement ; sa mdjorité y fut déclarée, et Dubois confir-' mé dans ses fonctions. Les actes de son court ministère furent le rétablissement de quelques anciens droits, une taxe imposée sur lies gens obscurs qu'avait enrichis système et dont les grands déprédateurs furent exempts r. la formation d'un conseil dç finances, une chambre de justice ouverte à rarsenal. pour coiinattre des malversa-., tions commises dans le wn, des. papiew royaux , et la. réintégration des princes légitimés d^ns leur rang inter-?. médiaire entre les pairs et les princes du sang.

Pour s'élever , Dubois s'était montré souple, insinuant, obséquieux jusqu'à la bassesse. Parvenu au terme de son ambition, il fut insolent jusqu'à la brutalité, ignoble despote > dans, le délire de son inconcevable fortupe « il se

( 1 } « Le pouvoir de Dubqb sur Fesprit de son .naître était sans bornes.. U le conduisait , au point que ce prince n'osait sans lui remuer la moindre paille , encore moin? dccidef' rien que par son avis et conformément h ?on avis , en sorte qu'en grâces et en affaires , en choses courantes et en choses extraordinaires, li ne s'agissait plus de M. le duc d'Orléans, à qui personne, pas même aucun nunisirc , n'o&aiL aller pour quoi que ce fùt^ sans l'aveu et la pennission du cardinal , diMitle bon plaisir , c*CHtt-à-dlre fiotérftt et le caprice , était deTenu l'unir . ^e uMbilede toutle^gonvemenent^ M; le duc d'Orléans le voyait , le sentait; e'était^ un paralytique qui ne pouvait, être remué que par le cardinal, et dans . lequel, à cet.ég^d , il n'j ayjiit plus de r^Mouroes. » ( St.»Simon), « Le Régent s'était réservé la feuille des bén^fice8.et.des griSlQes pour son travul avec le roi; Inais s'était laissé assujétiri communiquer auparavant la liste au cardinal , qui rayait insolcmmont les noms de ceux qui ne lui convenaient pas. Jamais sitvïiude ne fut plu» hçoteusq, que .celle où, ce prince s'.ét^it^iaii , etç. » {Mémout^, de Uuclos ) .

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liTrait ans plog grossiers emportemensv Ni te rang ni )e sexe ne protégeait personne contre se» sales et folles, boutades. Rien n'égalait son cynisme que la jalonsîe qn-ll

av ait (le son pouvoir. Quiconque lui faisait ombrage était éloigué (lu maDiement des atlaires et de la confidence du duc d'Orléans. 11 s'empara de la surintendance des postes, comme de la clef du secret des puissances et des familles. I^'espionnage lui rendait compte incessamment dé ce qui se passait chei le roi- et le due d'Orléans » de l'air de leur ▼isage, des nuances As leur- humeur, des mois» des. regards même qui pouvaient déceler leurs sentimens ou leurs pensées. L'intrigue et l'inquiétude absorbaient tout son temps , au grand préjudice des affaires de Tétaf. A sa mort , on trouva des milliers de lettres qu'il n'avait point décachetées; un jour il lui était arrivé d'en jeter au feu «n amas énoraie , pour se donner la joie de t'écrier qu'il était au counint. Tout languissait et tout tremblait sous sa négligente et ombrageuse administraliiin. Heureusement, ce honteux régime dura peu. Le JO août 1725, ce petit homme maigre, effilé, à mine de furet, ci-devant valet d'un docteur de Sorbonne , et depuis cardinal, premier ministre-», suriatendant des postes, archevêquedeC^^nbrai, possesseur de sept riches abbayes.» et, de plu%» mattiie absolu de Tex-régent, du roi et du royaume» ^ Dubsismourut des snitesde sesdébaoehes<

Le duc d'Orléans , qu'à peine daignait-il consulter depuis qu'il avait mis le comble à sa fortune , et qui regrettait amèrement s éUe donné pour maître le plus méprisable de ses valets (1) » â^pprit avec joie 1^ mort du

( 1 ) Il semble «t q^ue ri^A WB manqua aui.duQ d'Oriéaittpour le plus excellent gouveruement , connaissance* de toutes, les sortP'; , connaissance des honime^, expérience personnelle et longuç tandis qu'il ne tut ([ue partii ulif-r; réth'vions sur le gouverncniQûl des difîijrons pays , et surtout sur le notre; mémoire qui n oubliait et qui ne confondoU Jamais ; lupiicrcs inlinies , dUcernemei^. exquis , facilité surprcnpin(e de travail , compréhension vire , uj\c éloqucnca naturelle et noble, avec une justçsse et iinc^ facilité incoutp^rable de parler en V^ulgenre; . infiaiaieDt d*esprit et uo sens ai droit .et 81 juslç , qu'il ne se. serait jamais trompé , ai en chaque aflaire il avait suivi son premier raoaveniP.nl . . . Kt cepend^n^, ▼piJà le prince qui se livra totalement à un homme de néant , qu'il connausaîU;,

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«fr^fo. Trop bien averti de m phi» ooafier à perseMe la place de premier Hmiistre, il la prit pour Im^néme^ Mais sa mort suivit de près celle de Dubois. Le 25 dé-*

cembre, il succomba à une attaque d'a[)u[)iexie , dans la cinquantième année de son âge. 11 a commis de grandes fautes. Le système de Law , dont il ne lut jamais désabusé » et dont sa mort subite prévint, dit-on , la résurrection , rétonuante faveur de Dubois ( 1 ) > la dépravatioa autorisée par rexrânple d'une eour scaudaleuae , bû seront éternellement repiocbés. L'administniien d« coyaame souffrait beaucoup de sa négligence naturelle. Sehm St. -Simon , qui a vécu dans son intimité , « il perdait un. » temps ioiini en famille , en amusemens ou en débauches, » ainsi qu'en audiences trop faciles et trop étendues... Il » prolongeait les a d'aires » les unes par taibiesse , les autres » par le misérable désir de brouiller ^ cette maxime » empoisonnée qui lui écbappak quelquefois comme » favorite» dù>tâe et âmera; la plupart par une défiance » générale de toutes choses et de tontes personnes. » Comme il s'enfermait cbaque soir avec î>cs roué6 pour ses orgies nocturnes, « les premières beures de ses matinées, » dit le îTiénu* historien,, étaient peu libres. Sa lête , )» oflusquée encore des fumées du vin et de la digestion » des viandes du souper, n'était pas en état. de compren- 1» dre , et les secrétaires d'état m'ont souvent dît que » c'était un temps où il ne tenait qu'à^euK de lui faire

pleinement pour un e«»rveau brûlé , étroit , fougueux uuii e inesure , pour «n fripon livré à tout meusonge et à tuul ialércL, à qui homme vivant ne s'était jamaib lié , perdu de déliaiMhe», d*bonneiir , de réputation sur tous chapitres^ dont lea discours et les manières n*avaieut rien que de rebutant , et qui sentait le ibiix en tout et partout à pleine bouche, un homme enfin qui n'eut jamais rien de sacre • cette fascination ne peut paraître qu'un prodige , etc. » {St.Simom), ( 1 ) «t U gémissait en secret depuis assez longtemps sous le poids d'une domination si dure , et sous les (haines qu'il s'était forgées Non stnilomunl il ne pouvait plus disposer ni décider de rien , mais il eiivoï-ail inutilement au cardinal ce qu'il désirait qui fût en fi^randes et petites choses. 11 lui en fallait passer sur toutes par la vuionie du cardinal qui enlrail en furie, en reproches, et lepouUiait, comme un particulier , quand il lui arrivait de le trop contredire , «le. » {SU'Snnùn. )

]^ signer lout ee qu'ik aaraieat voulu. » Sa perte excita peu de Yflgnto. Ses vices aVaieot insrité à h pudeur puidifue et sonleré ks iiaaiiêtes gim». Son irrèfigion loi «v«t diéalé le deigé et les âmes pieoses. Les jansénistes

étaient mécontens de ses condescendances pour les moliûistes , etks molinistes de sa tolérance. Les parlemens, qu'il avait relevés d'abord, ne lui pardonnaient pas de les avoir tinalement mis aussi bas qu'ils avaient été sous Loms XIV. L'amée Tavait vu atee peine avilir les grades par de léUes ptoMiioiift et par des oboîx indignes. La narine» qoi de 1715 à 1719 était tombée de soixflate^ik yaisseam h qoaranle-^ienf , était désolée de Tabandon oCi il Jalaissail, soit par complaisance pour l'Angleterre, soit par l'aveugle sécurité que lui inspirait Dubois sur s(ui alliance avec cette puissance. Le peuple ne voyait plus en lui que k complice ou la dupe de Law, et lui imputait la roined'iBie midtîtwle d'honnôtes famiUes. Tant de préOdcapations tte permettmnt p« de rendre diors toute justice aux beUea qudités qui brillaient à traders ses d^nts , comme de vifs rayons à travers les nuages. « De toute la race de Henri IV, dit Voltaire, Philippe d'Orléans fut celui qui lui ressembla le plus; il en avait la valeur» la bonté, l'indulgence , ia gaieté, la facilité, la franchise, avec un esprit plus cultivé. » {Siècle de louis XV )^ Parvenu à l'âge Oà les passions s'amortisietiit M p'ofiosqaent plus la raison» Tétendae de ses lumières » lafoeilité naturelle de sa compréhension, nn long usage des affaires dans toutes les parties du gouveraement » pouvaient faire de lui un grand homme d'état.

C'est ce qu'il était impossible d'attendre du duc de Bourbon^ son successeur dans le ministère» Sans taleils pour l'exercer» il ne le dut qu'à sa naissance* Il en dbaydonna le pouvoir à k marquise de Prie» sa mdtresBO» et à Pâris du Vemey , son sifrintendant des finauees. he principal événement de son ministère fut le renvoi de 1 infante d'Espagne à son père et le mariage du roi avec la fiJJe de Stanislas Leczioski , roi détrôné de Pologne. Fiancée à Louis XV à l'âge de six ans» Tiniante avait été

ameoée à Paris pour être élevée^diiDs les mœurs françaûei. Son enfance rejetait à une époque fort éloignée la cou-» aonunatioii du mariage et la naiasanee désirée d'an danphin. Le dnc de Bonrbqn prit ce pvétexte pour la renvoyer

eu EsjKi^iie; ce qu*il fit sans aucune négociation préalable, sans adoucir par la plus légère excuse la dureté d*une (elle démarche. Le projet du prince était d'assurer son pouvoir en tai&ant reine sa propre sœur , Mademoiselle de Vermandois,. qa*on élevait au couvent de Fonteyraad. HaÎB la princesse ne conrâit pas à madame de Prie, qui, étant allée la voir » fat reçue d'elle a?ec dédaip. Laiavo-rite chercha une reine plus facile^ à gouTemer» et son' choix s'arrêta sur la fille de Stanislas , qui , retirée avec son père à Weissembourg , dans Tobscurité et presque dans riiidigeuce, serait d'aulaut plus dévouée aux auteurs de son élévation , qu'elle avait moins lieu de l'espérer. Ce fut une étrange bizarrerie du sort que Marie Luzinska, cet ange de vertus» ce modèle de pureté» de modestie», ait dû le trône à une des courtisanes les [dus déboutées de son temps. Elle épousa Louis XV le 5 septembre 1725. La marquise de Prie loi fut attachée en qualité de dame du palais. Mais cette intrigante ne jouit pas long- temps de cet honneur. Son crédit scandaleux excitait l'indignation |)uijiique , dont elle allectait de se moquer , riant des remontrances des parlemens , et les jetant au i ( u » sous prétexte qu'elles sentaient le style de province. D'un autre c6tè» Péris Duvemej>dansl'embarra8 des finances» inventait de nouveaux impôts^ et croyait pouvoir j soumettre les biens du clergé et de la noblesse; ce qui semblait alors un attentat à ces ordres privilégiés- Toute la cour s'éleva ( outre le ministère du duc de Bourbon : c'était le moment qu'attendait un dangereux ennemi de sa puissance, Fleuri, anciea évêque de Fréjus» qui , de précepteur de Louis XV » était devenu son guide et l'unique objet de sa confiance. C'était un vieillard septuagé*. naire qui plaisait au roi par sa couversation agréable et insinuante , par son esprit naturel et facile, par sa physio- 4iomie douce et imposaute» tandis que le duc de Bourbo»»^

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teo'ms aimable, lai inspirait une secrète réfnigiiaDce* Fleuri participait au gonTernement comme directeur des aflairea ecclésiasti^iueg.» que le duc lui avait abandonnées, . témoin du déchaînement public aontre le ministère du

prince, il lui demanda le renvoi de madame de Prie. Celle-ci , [>ar représailles» ourdit une inlrigiie pour le perdre lui-même dans l'esprit du roi. En cette lutte de cour, Fleuri resta vainqueur. Le 11 juin 1726, le duc deBiNirbon fut exilé à C|iai|tiiU. Avec lui tombèrent la. favorite ». qui Atf reléguée en Narniandia t où elle mourut de désespoir I, et da Vèrney ». qui fut mis à la Bastille*.

Au milieu des saturnales de la régence, on s-était quelquefois occupé du bien public , et quelques fondations utiles datent de cette époque. Ainsi, en 1716, le régent avait établi à Paris les pompes à incendie ; en 1717, il avait fait construire plusieurs fontaines, et en 1718 il avait opivert au Louvre que académie d'arts, mé^ coniques poiw le perfeçtionnem^ itdB niétiers et ]A.fabri> cation des instrumens , outils* et machines. On s'était beaucoup occupé de rorgaaisatioii de l'armée. La solde avait été augmentée, îe régime des étapes cbangé , l'inlaolerie fortiltée , l'artillerie recréée sur un meilleur plan et dptée^ de ciaq écoles de théorie et de pratique^ Deux cbangemena importans.avaienit eu lieu dans les.ri^ports $veQ tes, citoyens par Kétablissemeiit d'une multitude de casernes dans L'intérieur du royaume et par l'abolition des tributs que les troupes jusqu'alors avaient perçus sous différents prétextes. De sages réglemens avaient donné plus de libcrlé au commerce intérieur et extérieur. £nfln , et c'est là le plus beau monunoent de la régence y un vaste système dis grandes routes avait établi une communication facile entre toutes les . parties du royaume.

Le court ministère du due de Bourbon produisit quel*-

ques bonnes ordonnances , telles que celle qui aholit l'usage d'affermer les prisons comme un droif domanial. Mais il enfanta aussi une multitude d'édits plus ou moins Xijcieux d^ns, t$)ui^ principe ou dpps leur exéci|tion»

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pttMage des bflletsdid Bàhqué èt toioifléveirfiem^iit petjMttuel des nmimaiM ayaîètfl pMê lé fûx des denréeé et dé-

la main-d'œuvre au-delà des proportions naturelles. Duverney entreprit de Ty ramener, ét, ce qu*ob â peine à comprendre , il voulut réparer !<» mal parleà hio^ens violensqui l'avaient produit. Il diminua successivement de plus de moitié la valeur légale des monnaies et réduisit }'iDtér6t au denier trelite. 11 soùlint sa législation par des rigueurs tyranniques , MlToyèdl à là BâstiDè ceiht qiii dSiôeiit diseuter sès prtiiieipes » emplôyànt lés trDÎipès da roi à faire main-basse dans la eàpitale sirr Tes oàvrièrs qui défendaient leurs salaires , et murant les boutiques des marchands qui n'abaissaient pas léurs prix au niveau des lois monétaires. Mais la résistance générale força Lit ntùt le législateur à révoquer âes édits et à restituer aux monnaies toute leur valeur» àfèiÉkt fait perdre à Tétat» pair ces mutatioiis d'espèces » treiitti-rîarq millions sur les sôinnies qae les receveurs eurent où feignirent d'aroir en caisse. Ee projet de lever peildaÉt SàûtB atiifées fe cinquantième des revenus de tout genre et d'asseoir ainsi l'égalile de i'inipùi sur les débris des privilèges, était à la fois juste et courageux. Maî«; , par Une absurde précipitation , Duvernej n'accordait que six i^emaines àTétabUssenent d'une percèptioiA 9W nature, ^e la forée des cbosej} sottiliet à mille exceptions èt qui eûit exigé nnf yaste code et plnsieiirs années l'éfKl'èilvc^. Cet é^ir «fùiià par cette bâte exffaragmite et pat la ré^iïlritoilédés partié^^ intéresî-. sées. S'il choquait la noblesse et le clergé , une autre entreprise, de gothique origine , choqtia toute la nation. En détruisant pas à pas la féodalité , nos rois s'en étaient réservé pour eux-mêmes un des abus leà plus criants , celui de faire payer par les vassaitix les évétte^ens beùtreux qui survenaient dans la famille du suzerain. Ainsi , éHf iKékitant stolé t«<toe , le nduVem tilMàli^ i^iivèK fiïif^per d^vne taxe A» eonflrmati^ii toito' lc%' àtt^ précéd^toim^nt émanés du sceau royal. Ce tribut qu^o^ appelait àe joyeux avènement atteignait à la fois rofficier dé justice et de finance , Tannobli > Tengall^ré»' la Ville pour ses octrois ^

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