‹ Histoire générale du dix-huitième siècleChapitre 6 sur 26 · DU SIÈCLE. 1Q · texte numérisé non relu

DU SIÈCLE. 1Q

le manilfictQrier fojxt sa pri^^B d'eau , rartisaQ pour ^ maîtrise y le çabaretier pour soi^ 4é)iiL I>i|)ioU ity^îl éyilé de charger de cette taxe impopulaire la qiiaorité de

Louis XV. Elle fut revendiquée par le duc de Bourbon et vendue pour vingt-quatre millions à des trailans qui extorquèrent le double au peuple, L'inhumkine déclaïatioa du ^arde-fies-^çauf d'Arjx^f^ouYiUe sur le vol ey^ encore uàe des mauvâisi^ 9^6ra|ip98 de ce^e (poqno Elle prononfait iDdistinctement la prine de qi^t çoiQtrç taat yol domestique, sans égard à la yalear de Tobjet dérobé ou è toute autre cireonstance atténuante. L'excès même de la peiuc protégea les coupables ; les maîtres hesitèrent à invoquer cette loi de sang contre des serviteurs infidèles , et nulle part plus qu'en France le vol domestique ne fut commua et im|MiJii* Une loi non moins déplorable fut la déclaration rendue contre les calvinistes le 14 mai i7S(4. ]^Ue reno^yela tqns 1^ édita, de piOiOTiptions portés'contrè. les p^ptestaps sous Louis XIV einmima l'esprit de p^rséçu^i^n gui^ ay^t^ ^pmmeililé sous la régepce.

Au milieu dç ^nt de lois resserrées et entassées dans le court espace du oi^a^slère de Duvçrney , il est juste de signaler celle qu^cj^éa la mémoral^le institution de la milice. « La Fraficç enrô^jt i^uuiellemept da dix^bttiti^ yingt mine hon^e^ t» 4p9j les deux t^era wtmnl^ do. là corruption des villes. Mai&\ il était démontré que» depuis Charles \ II, jamais les engagemens libres n'avaient suffi en temps de guerre. Ojçi j suppléait par des moyens violens et irri^ulicrs qui procuraient instantanément des levées d'hommes dont il icc&lail à faire, des soldats* Paris- Ouyerney imagina de constituer uno armée secondaire et nationade » tirée du mibeo du peuple par le sort , ayant ses régimens et ses officiers , soumise à un sei;yice réglé » mais temporaire , et unissant, durant la paix » Tbabilude des armes au:i^ travaux de l'agriculture. Cette idée était entièrement neuve dans notre état militaire ; les francsarcbers» qui s'en rapprochaient le plus, en diUéraieul par. des points essentiels. Duverbéy donna mm. k la Franco

%iiie niilictî de soixante mille hommes diviséo en cent bataillons. Dès le premier jet, la forme en fut si parfaite que, seize aDDétô après, le comte d'Argenson ayant voulm la refondre I ne pat que Fadmirer et la suiTre. Mais , alléiée dans h 'Snite par d'innombrables injastices » et avilie à dessein par les gens 4e guerre qui trafiquaient du recrutement» die n'obtint ni dans les jugemensdu public ni dans les atTectioiisdelapatriela place qui lui était due, { Lemontey*)

SECTiOiS IL JêaààÙK dcFleuii jusqa'à k gaette de k wxaàoù d^Autriche.

ArnÈs la chute du Une de Bourbon , Fleuri se trouva le maître de la France. Mais, (S[)rit solide et prudent, préférant dans les choses la réalité à Tappareil , il se contenta d'être absolu (1) , sans aspirer à le paraître* « Ri*cheKeuet Blazariti , dit Frédéric II iHUtmrBdemon temps), avaient épuisé ce que la pompe et le faste peuvent donner de considération. Fleuri fit par contraste consister sa grandeur dans la simplicité. » Et , avec cet extérieur modeste, éloigné de l'ostentation du pouvoir, il en eut un plus souverain et moins contredit que Mazarin avec ses intrigues et Richelieu en coupant des tètes. 11 ne prit point le titre de premier ministre , quoiqu'à Timitalion de tous les prélats qui ont exercé en France l'autorité souveraine ».

(f ) « Jamais roi de France, non pas mène Loiiu XIV, n'a régné d'une manière si absolue , si sûre ,tt éloignée de toute contradiction , et n'aènbfusé

si pleinement el si cicspoliquemcnt toutes les tlilTérenl«.'s parties du gouverne-r nient de l étnt et de la cour, jusqu'aux plu« L'randes bagal(>!!t's Lr ("eu roi ?''pi'ouva »ouvciU des embarras par la guerre doiiH stique de ses uuiusires, et (jut Ujuefois par les représentations de ses généraux d armée el de quelques grands distingués de sa cour. Fleuri les tint tous à la même mesure , sans consullalion , aans voix de représentation, sani oser hamrdvr nul dUbtt entr eux. H ne les evéait que poar receToir et exécuter ses ordres , sans lu plus légère répli* ^ , etc. V (5lt<^oji. )

bu DIX-HU1TIÉM£ SIÈCLE^ ill

il ait eu cdiii de «ardiDal. Par son Age , ptfrBà profesaioD^ par flen caractère » il était ami de la paix*. Cependant le^

circoostancés voulurent que son ministère commençât et finît au milieu d'une guerre. Mais la première fut courte^ et lorsqu'elle menaçait de tout embràser , il parut sur la scène politique, en génie pacificateur» pour en éteindre rincendie naissant.

Âprèa raccesaion du roi d'Ëspagne à la qnadmple al-* iiance> iljestait encore ^tre ce prince et Temperenr dea points litigieux , pour Texamen desquels s'ouvrit en 17^2 le congrès de Cambrai sous la médiation de la France et de l'Angleterre. La question des renonc iaûons réciprof|ues, celle de Tinvestiture promise à don Carlos, celle de l'éta- Uissement d'une compagnie de commerce fondée à Ostende par l'empereur et dont la création choquait les puissances maritimes » des réclamatioiis des dncs de Savoie et de Parme» du grand- duc de Toscane et du pape contre les dispositions delà quadruple alMance relatives à l'Italie, j furent débattues. Du conflit des prétentions diverses il résulta une telle complication, que le roi d'Espagne, désespérant d'arranger ses différends avec l'empereur au milieu de tant d'intéréta opposés , entama secrètement une^ négociation directe avec l'Autriche. Le hollandais Ripperda > aventurier qui avait cherché fortune en Espeguct^ ou il était devenu directeur des manufactures » fut en* voyé à Vienne , pour ménager un traité de paix séparé avec l'empereur. Un événement imprévu , le renvoi de l'infante , en accéléra la conclusion. Philip jie irriié rompit aussitôt le congrès de Cambrai en rappelant sesminis* très 9 et donna ordre à Ripperda de terminer, le plutôt et le mienx qu'il pourrait , l'arrangement qùll négociait^ à Vienne. Le motif le plus déterminant qui engagea l'em- 'perenr à traiter fut la garantie de la Pragmatiqiiê^anctîon autrichienne , acte par lequel il voulait assui or sa succession à sa fille Marie-Thérèse, et pour lequel il sollicitait de la part des puissances une sanction que l'Espagne accorda la première. Le traité de Vienne (30 avril 1725) confirma de tous points celui de la quadruple alliance »

112 HISTOIRE GÉNÉBALB

régla défiwtiveinent les droite rebttfs an rénoncMlioiis réciproques des deux aonverouiSy à L'iavestitiipe éveo* tueile des duchés de Panne, de Plaisance et de Toscane ,

et à d^autres intérêts secondaires , qui ne toucbaieut en rien les autres couronnes. Mais il n'en fut pas de môme du traité d'alliance défensive qui lut conclu le même jour entre les deux souverains , et par lequel , oubliant vinglcinq années d'inimitiés y ils s'unirent du pacte le |du9 in-* Urne. Ce traitédél^minait les fle4)0UTs qu'ils sedonneraienl liéciproqueaient en caf d'attaque. L'empeseor prometlnt à rÉspagne ses bons oflfiées ponr procurer la restitution de Gibraltar et de Port-Mahon de la part de l'Angleterre. En revanche, Philippe V accordait aux vaisseaux de l'empereur et de ses sujets la libre entrée de ses ports et toutes les franchises dont jouissaient dans le commerce les nations les plus étroitement liées à l'Ëspagne. Cet article» relatif à la nonveUe cosapagnie d'Ostende» fat plus ^plement développé dans nn traité de commerce signé k Vienne le premier mai 9 et qui assurait aux snjets de L'empire , pour le comn^rce de l'Espagne et de toutes ses colonies , mêmes privilèges dont les Anglais et lesHollandais étaient alors eu possession.

Ce qui transpira de ces transactions qu'on s'efforçait de tenir secrètes » les taux bruits qui en exagéraient le danger aux cabinets, européens» les projeta supposés que faisait imogiAer le. mystère même dont s'enrek^paient les deux puissaoïses» tels que le. mariage de don Carlos avec Marie* Thérèse et le rétablissement du prétendant sur le trône de la Grande-Bretagne, répandirent de vives inquiétudes. Au Iraiîéde Vienne, aux entreprises où le ressentiment du renvoi de l'infante pouvait porter le roi d'Espagne , le duc de Bourhon » alors premier ministre de France , opposa. une ligui^ entre la France» l'Angleterre et la, Prusse ( S septembre 17â5 ) , par. le traité de HoMmrê, auquel; accédèrent successivement In Hollande ( VJ2&) » la Suède et le Danemarck ( 1727 ). Ainsi se formait contre l'Aui riche e! l'Espagne une confédération formidable, tbis.le roide L^russe» Frédéric-Guillaume» n'y était entré

nu in^->HiirnéiiB siècle. 115

qu'à regrel el s'en laissai aisrmeiil ilflacher. Déjà » après une négoeiaiiou plus iliiiiciie» la cour de Vieuue avait réassl à entraîner la Russie dans son alliance. On armait de toutes parts; une guerre générale était imminente. Le signal en était pu'ti du rocher de Gibraltar. Les Espa< ^nols avaient mis le siège devant celte place qui fut alors et devait être plus d'une fois encore Técueil de leur valeur. La médiation du pape et de ses nonces à Paris et à Vienne, le caractère paciiique du cardinal de Meuri, qui, en 1726 , avait remplacé le duc Bourbon , et la mort de l'impératrice Catherine (17 mai 1727), qui priva ' TAutriche de sa principale alliée , prévinrent un emhrâ* sèment universel. Un traité provisoire , connu sous le nom de j)èé liminaires de Paris , stipula qu'il y aurait uu armistice de sept ans; que, pendant ce temps, la compagnie d'Ostende serait suspendue, et qu'incessamment un congrès serait assemblé pour arranger (ou s les difierends. Ce congrès s'ouvrit à 5omons le 14 juin 1728. Sa tâche semblait facile , la paix de Vienne ayant aplani la plupart des difScuIlés qui avaient entravé les négociations antérieures. Cependant il s'en éleva de nouvelles sur lesquelles un ne put s'entendre. Le roi d'Espagne, par une conséquence naturelle des conventions précédentes , demandait l'introduclion d'un corps d*armée espagnol dans les duchés d'Italie, poiir en assurer la succession à don Carlos. L'empereur y mettait pour condition la garantie de sa pragmatique-sanction, but principal de sa politique. Le eardtnal de Fleuri refusa de traiter sur cette, base. L'insistance de la cour de Vienne traînant le congrès en longueur. Fleuri profita de la conjoncture pour détaeluul'Espagne des intérêts de l'Autriche, eu lui représentant les obstacles apportésà l'établissement de Tiniant , comme une preuve des mauvaises dispositions de l'empereur. Les Anglais inclinèrent du même c6té 4|ue le cardinal , et, le 9 novembre 1729 , un traité de paix et d'alliance défensive fut conclu a 5eî;î7/e , entre la I rance, TËspagne et l'Angleterre. Les puissances contractantes garantirent à don Carlos la succession des duchés d!ilalie et convinrent

d'y melii% 4*» .iiédiatement six mille e8pagnOi;>r*agarDisoD. Ou régla eu laveur des Anglais certains différends qui s étaient élevés relativement à leur navigation et à leur commerce dans TAmérique espagnole. Les HoUandaii accédèrent à raUiancc de SéviUe t moyennant l'engagement que prirent les alliés de procurer l'abolition de la compagnie d'Ostende.

Par ce traité, monument insigne de Tinstabilité de la politique européenne au dix-huitième siècle et de la foi précaire des cabinets , l'Espagne abandonnait avec une étrange légèreté un allié dont naguère elle avait recberclié Tamitié avec un empressement non moins étrange, et qui peut-être ne lui avait pas fourni un motif suffisant de rupture. D'un autre côté » la France ^ oubliant qu'elle avait pris le noble rôle de médiatirice pour éteindre les discordes, en semait de nouveaux germes parmi les états européens. En tin, sans, le concours de l'empereur et de Terapire, les alliés disposaient de provinces dont le sort ne pouvait être réglé que du consentement de la diète germanique et de son chef. L'empereur fut vivement irrité. L'espoir de faire garantir sa pragmatique , ce constant objet de ses vœux » par toutes les puissances assemblées à Soissons , lui était enlevé par le traité de Séville. Son orgueil était offensé qu'on prétendit lui faire la lui au sujet de la compagnie d'Oslende» et que> sans son aveu, onvoulût introduire des troupes espagnoles eu Italie. . Celle clause lui paraissait un attentat à la majesté impériale , de laquelle relevaient les provinces adjugées à l'infant. 11 rappela son ministre de Madrid» rompit toute relation diplomatique avec l'Espagne, envoya des forces considérables dans le Milanais pour s'opposer à l'entrée des troupes espagnoles; et Antoine iaruese, dernier duc de Parme, étant mort le 20 janvier 1751 , il fit prendre possession de ses états. Mais la versatilité qui caractérise la politique de cette époque le rapprocha bientôt de la cour d*Ëspagnet et lui fit obtenir la garantie de sa pragmatique , au moment où 0 ne l'espérait plus. L'Ë^agne et la Grande-ftretâgne se délaehèreat insensiblement de

DU DIX-IBBDITIBME SIÈCLE. ffS

l'attiaDce française. Le principal ministre de George Walpotet aspirail à tenir seul Téquilibre entre les puissances * ^ partageait à regret cette gloire avec Fleuri,

JJ'uii aalro côté, la reine d'Espagne, Timpétneuse Isabelle Faroèse, se lassait des lenteurs de ce vieillard h faire exécuter la seule stipulation du traité de Séviile où elle eat intérêt, sayoîr» Tiotroduction des troupes espagnoles en Italie. Dans un noomeni d'impatience , elle fit déclarer (janrier 1751 ).qu« l'£spagne ne se regardait plus comme liée par ce traité. De concert avec la coiir de Madrid , l'Angleterre et les États-Généraux entâmèrent avec TAutriche une uégocialion dont le résultat fut le second traité dt Vienne (mars 1731). L'empereur acheta la garantie de sa pragmatique par son consentement à la mise en garnison des six mille £spagmds dans les dnchés réservés à rinfant» par la promesse qu'il réalisa peu de temps après de faire agréer cette mesure aux états de Fempire, et par Tabolition de la compagnie d'Ostende.

Rien ne s'opposait plus à ce que don Carlos prît pos- ' session des duchés de Parme et de Plaisance. Quant à Ja Toscane, Jean Gaston, grand-duc de ce pays^ qui jusqu'alors s'était refusé à reconnaître l'héritier qu'on lui imposait» se voyant abandonné de l'empereur, conclut aTecTEspagne (25 juillet 1731)» sons le nom deconv^n* de famille, un traité, par lequel, voulant paraître disposer librement du grand-duché, il nomma l'infant don Carlos son héritier, h la condition qu'il maintiendrait la constitution du pays et les privilèges de la ville de Florence. L'empereur , seigneur direct et suzerain de la Toscane, témoigna son mécontentement d'un traité par lequel le dernier rejeton de la maison de Médicis disposait de ce duché comme d'un bien de famille. On l'apaisa par des déclarations conciliatoires, et finalement un décret du conseil aulique de Vienne déféra la lulèle de don Carlos au grand-duc de Toscane et à la duchesse douairière de Parme.

Ainsi se terminèrent les contestations que les préten*tions rivales à la couronne d'Espagne avaient fait naître.

116 BISTOIRE GÉNÉRALE

Après trente années de guerre et de discassions » l'Europe semblait devoir enfin jouir d'un repos durable. Toutes le» nations étaient en paix depuisia Russie jusqu'à TEspagne. La mort d* Auguste il , roi de Pologne , électeur de' Saxe ,

suscila soudain de nouvelles discordes, ayièa un court inlervalle de tranquillité.

Elu roi de Pologne en 1704, par la protection de Charles XII , Stanislas Leczinski^ depuis les revers de ce prince, avait été obligé de céder le trône à Télecteur de Saxe f Auguste IL Après la mort de l'électeur , Stanislas se porta de nouveau pour candidat à la couronne de Pologne. Hais il trouva un concurrent redoutable dans Fré» déric-Auguste, lils du demierroi, et neveu de Fempereur par son mariage avec une archiduchesse d'Autriche. Ce même mariage donnait à ce prince sur la monarchie autrichienne des prétentions que la pragmatique-sanction avait pour but de rendre nulles. FrédériC'-Auguste ayant réclamé la protection de l'empereur pour se faire élire roi de Pologne , Charles VI saisit cette occasion de lui arracher un désistement solennel de ses prétentions à la successioa d'Autriche et son adhésion à la pragmatique. L'élecfeur la garantit en effet, par un irailé du 1() juillet 1755, delà manière la plus formelle, el l'empereur s'engagea , en retour , à appuyer son élection par l'argent » et au besoin par les armes. Frédéric rechercha aussi la protection de la Russie » et l'obtint en reconnaissant le titre impérial de la czarine, en s*obligeant à faire reconnaître ce titre par la Pologne après son élection , et à pro* curer salislaïUuu a la Russie relativement à certains poilil^ lih^ieux entr'elle et la répuhlique. Tandis que les alliés de l'électeur, tout en protestant de leur respect pour la liberté polonaise» préparaient l'intrigue, la corruption et la violence pour donner la couronne à Frédéric Auguste, l'ambassadeur de France employait aussi l'intrigue et l'argent auprès de la noblesse vénale qui regardait celte enchère d'un trône comme le plus bel attribut et le plus précieux a^ antage de sa liLerié. Au reste, la négociation irançaise lut secondée par les qualités personnelles

DU DIX-HUmÉMi; SIÈCLE. HT

àe Stanislas. Ëlu par la majorité de la nation » il fut praclamé roi de Pologne , le 12 septembre 1755 , par Théodore PotoeU» primat do royaume. M ais quelques^ palatins , gagnés par Frédéric^Auguste , Télnrent à Praga

( 5 octobre) ^ sous le nom d'Auguste III. Charles VI reconnut le nouveau roi et fit avancer une armée vers les frontières de la Pologne. Déjà une armée russe y avciit pénétré» sous prétexte àe protéger la liberté 4U l'ékctimh. Réunie aux troupes saxonnes , elle dispersa le parti de Stanislas et força- ce. prinee de se réfugier à Dantzick où il fut bientôt assiégé. Le cardinal de Fleuri» soit ménagement pour l'Angleterre qui aurait pris ombrage de trop grands préparatifs maritimes , soit répugnance à livrer des forces considérables aux chances si rarement heureuses d'une expédition lointaine, n'envoya au secours de Stanislas qu'une faible escadre avec qmnze cents hommes. Arrivé près de Dantaick» l'officier qui les commandait» jugeant qu'il les sacrifierait sans^ fruit», s'en alla rdâcher en Danemarck. L'ambassadeur de France en ce pays, le comte de Plélo, j^une honiine qui joignait un cœur héroïque à un esprit cultivé par les lettres ^ s'indigna de celte retraite, et résolut, avec une glorieuse imprudence, d'allert à la tètedexette petite troupe» soutenir Dantzick contre une avmée, ou d*y périr. 11. trouva la mort dans le premier combat.. Ses compagnons». faits prisonniers.» fu* rent transportés en Russie» où rimpéiatrice Anne , en les traitant avec générosité,, se piqua de démentir les idées répandues en Europe sur la barbarie sarmafe. Mais cette barbarie sembla transmise à son général , l oldcnbourgeois Munich, limita prix la téte de Stanislas, dans un pays libre» dans sa. propre patrie, aannlieu de la nation qui Vwit élu- suivant toutes les lois. Ce malheureux prince, réduit à l'extrémité» s'échappa» déguisé en matelot, à travers les Russes^ etDantzick capitula peu de jours après (28 juin 1754).

Le détrônement de Stanislas était [lonr la France une. injure qu'elle ne pouvait laisser impunie sans confesser mi impuissance. L'éloignement des .lieux, mettait Ug^

118 maromm «iifltauijB

Russes à couverl de ses coups : ils tombèrent sur Teni** pereur. £lle eut pour alliés dans cette guerre les rois d'Espagne et de Sardaignc. Isabelle de Parme désirait pour soD fils don Carlos un plus graod établissement qne Parme et Plaisance : elle aspirait à le placer snr le trône de Naples. Cherchant un prélextc de rupture avec l'Autriche , elle parut s'indigner des rapports de vasselage où l'infant, en qualilc de duc de Paruie et de Toscane > devait se trouver envers l'empereur » et des formalités de son investiture. Comme si ces formes prescrites par le droit féodal et par la eoutnme cassent été inventées pour l'humiliation d'un infant d*Espagtte» die affecta de les regarder comme autant d'oulrages. Dans cet état de choses, elle se rapprocha du cabinet de Versailles » et un traité d'alliance défensive fut conclu, le 25 octobre 1753, à l'Escurial, entre la France, l'Espagne et la SarJaigne. Cette dernière puissance avait une longue habitude Ae Caire la guerre ou la paix selon ses intérêts du |noment«. Sans motif légitime de se déclarer contre TAutricbe, le roi Cfaailes-Emmahuel prit ce parti dans l'espoir d*acquérir le Milanais» que lui promirent les îninistres de Versailles et de Madrid. Quant à la l rance , elle n'envisageait dans cette guerre d'autre avantage que sa propre gloire , rabaissement de ses ennemis et le succès de ses alliés. Depuis long-temps TAngleterre et la Hol--. landeétaient accoutumées à soutenir TAutriche contre la^ France* Hais la réputation d^équité et de modération dont jouissait alors le ministère français» les retint dans ia. neutralité , et ces puissances restèrent spectatrices tranquilles de nos succès ra|>idos. Après s'être rendus niaîlres de la Lorraine, dont le duc François-Etienne, fulur époux de l'archiduchesse Marie-Thérèse , était destiné à devenir la tige d'une nouvelle maison d'Autriche, les Français» sous le maréchal de Berwiek , passent le Rliîn» prennent le fort de Rehl ( octobre 1733 ) » et s'emparent de Phiiipsbourg, dont le canon a tué leur général (juin 1754). En Italie, Villars, généralissime, à quatre-vingtdeux ans» des armées française « cRn^^ook et niémon-*

nu mx-jium4ii£ siècle. 119

tatef tCHMiè aa g^oriaine emièrt par h vMoeiimi in f^ivH et ie tlSim. Apt^hsi^ les maréchasx de MailIebMs^

de Coigny ^de Broglie» là montîâie de Viîlars, comme on les appela, mais monnaie de bon aloi . poursuivent le cours de ses succès. Les batailles de Parme et de Guastalla ajoatent deux journées triomphâmes aux fastes de notre. gloire« Malheorenae pour FeifipeaBar m Lombardie , la ftrMnè de la gviepfe hii ef t fipeore plus coiHraive dans le rpyama^ d^ Naples% Après avoir, jnieiié don Gailos» '«ao». trouver de ré«istanee> jusqu'à h capitale, le Uur de Mootemar remporte sur les iûipériaiiv la vicloire décisive c|e Bitanto^ Maître du royaume de Aaples , et, bientôt après , de la Sicile» Vinfant est çfraronné roi à Piderme., fe 3 juillet W3^.

Ayant perdu pres^pM, toiÉtea se», possessions en ItiUe, pour avoir- vouln.doniftr un voi à la Pdogne » et ne pouvant plus soutenir îme lutte inégale , l'empereur Ait trop heureux d'accepter les condiùoiis de paix que lui ollrait la France victorieuse. Il fut stipulé que Stanislas abdiquerait , mais en conservant les titres et honneurs royaux ; qu'en dédpmmag^ent de la Pdog^e, il obtiendrait immédiatement ^ duetié de Bar» et» par U snite,» la Lorrâine» après quelk maisen de Lorraineaurait succédé' en foscâme au grandie actuel , dont la suoeessioa lui fut promise ; qu'après la mort de Stauislus , la Lorraine et le Barrois seraient réunis à la France; que le royaume des Deux-Siciles appartiendrait à don Carlos, Parme et Plaisanee à Tempereur ; que le roi de Sardaigne serait mis en possession du Movarais» du Tortoi|ais,etdes,L.^gh^^l); fu^enin la Praneê gmintirait la pfagmatiquê^«anctibn autrichienne. « Après ee traité , dit Voltaire, tout fût paisible entre les princes chrélicns , si Ton en excepte les querelles naissantes de l'Espagne et de TADgleterre pour le commerce de l'Amérique. La France continua d'être .

( 1 } Peu à peu la maboo de Savoie écornait le Milanais , seloo l'exprtîssioD de Frédéric Vi, Le roi Cbarles*-E]mnaiiuel eomparait e« pa/s à im trlkhKo\ ^ 91^ Mkii mfeuisw fMilépâr feliîli.

120 IlISIOlUl UKiNKRALE

considérée comme l'arbitre de l'Ëurope. L*enip^eiir faisait aux Turcs une guerre malheureuse ; l^arabassadear de France à la Porte-Ottomane conclut» en 1739 » avec le grand'Yisir • la paix dont l'empereur avait besoin; Presque dans le même temps , le ministère français pacifiait l'état de Gênes, menacé d'une guerre civile; il soumettait et adoucissait pour un temps les Corses , qui avaient secoué le joug des Génois. Le même ministre étendait ses soins sur Genève , et apaisait une guerre civile élevée dans ses murs. Il interposait surtout ses bons offices entre TSapagne et TAngleterre , qui comniHiçaieat à se faire sur mer une guerre plus ruineuse que les droits qu'elles se dispu^ taient n^ét aient avantageux... Aucun voisin n'avait à se • plaindre de la France , et toutes les nations la regardaient comme leur médiatrice et leur mère commune. Cette gloire et cette félicité ne furent pas de longue durée. »

Ayant à peine joui de quatre années de repos» TEurope vit éclater de nouvelles discordes* L'Angtetme et V£spagvie én donnèrent le signal » malgré l'intervention conci-v liatrice de la France. La Grande-Bretagne avait profité de la situation avantageuse où elle se trouvait à Tépoque de la paix d' Ut redit , pour assurer à ses sujets des bénétices considérables dans ieconimen e de FAmérique espagnole. Ceux-ci, non-contens de la large part qne les traités leur assuraient , avaient doublé leur négoce par tine contrebande tiès^nuisible aux intérêt» -de Ift cour de Ihdrid. Philippe Vf après diverses tentatives infructoeusefl^poiir mettre un terme à ce désordre , avait enfin pris le parti d'établir des vaisseaux ^arde-cotes , cliai *^cs de visiter les. bàtiinens qui navigueraient dans les parages de l'Amérique espagnole. II résiilfa de eede mesure des violences réci-. proques» qui excitèrent au plus haut point l'aninig^iité des deux nations. Far le traité de Sé^Ùh, W 1729 « était cmvenu d'ouvrir d^si conléiteiiees pow exanmer lesi griefs respectifs. Elles s*ouvrirent » en eOet , à Madrid ; mais on éleva de part et d'autre des prétentions inconciliables qui firent échouer la négociation. Les choses restèrent encore dix années daa& cette sitoatiou irriitaolQiv

DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE. 12f

Sottvenl» au parlement anglais ^ ou se plaignit des entra- ▼69 que le commerce éproaTait, et la nation prit une jlàti A yiye à ces qoerriks , qa^eQe demanda plus d'une fois la guerre. La eammtio» conclue an Pardo (le 14 janvier 1739) , pour terminer ces différends,' hâta la rupture an lieu de la prévenir. Les Anglais , jugeant ce traité trop avantageux aux Espagnols , en manifestèrent leur mécontentement avec tant d'énergie , que le ministère , cédant à l'opinion publique» déclara la guerre à TEspagne. L'amiral Vemon s'empara» le 1^. décembre» de Porto-Bdio , 1- entrepM des trésors da Nouyean-Monde » et en rasa les fortifications. Mais il échona complètement dans une tentative sur Carthagène, au mois de mars 1740, et avec d'autant plus de honte, que les Anglais, célébrant d'avance comme certaine la conquête de cette ville importante» avaient fait frapper prématurément en l'honneur de lenr amiral» une médaille avec cette légende : il a prié CarAagène* Au lieu de la prendre» il » levait le siège.

l>ès le commencement de celte guerre» TEspagne avait réclamé le secours de la France. Cette puissance , dont la marine était depuis long-temps très-négligéc , ne se déclarait pas alors ouvertement. Cependant elle armait ce qui lui restait de vaisseaux , tout en protestant de ses intentions pacifiques. Ce fut dans ces circonstances que la mort de Tempereur Chairie» VI, dernier rqeton mâle de la maison de Habsbourg» alluma en Europe une çonflagration générale,

SECTION m.

Qnem de k «ueoçaôoii d*Âiitriche. (1741-48.)

Cluriet» durant un long règne» semblait n^avoir eu qu'un . objet , qu'une pensée , c'est-à-dire d*assurer la

succession do ses étals héréditaires à sa fille aînée , l'archiduchesse Marie-Thérèse. C'était dansce but qu'en 1715 U «vvait . publié sa pragmaù^Tjsamlim^^ifikt laquelle il

régiail qu'à défaut d'enfaDs mâles de sa race > ses filles lut Miccéderaieat » par ordre de primogéDiture > préférablemeat à eélles de Tempérelir i^feflk ioa frtee. 11 av^t fait approuver ce régleoieBt pakles états, previneîaitii: de., tous sed pays héréditaires, par ses nièces et par leora. époux , les électeurs de Saxe et di^ Bavière, et la^ plupart des puissances eu^ropéeQues T^ivaient succesdivement ga-, ipanli.

Toutes ces garanties turent in^ffisantes, T^Hiperear . ^ ayant négligé de laisser à sa fille ce quîf mieâx que le&^ Iridtés, devait en aflinurer Tobamation » aàvoir» des fi-- Baneea florisaaBtea et une anoiéé iioiiibreiise et bien^^ ' oif^anisée. L'épiïîsenient oà ê% tronvMCÉt ees états à, sa mort eiicuuragea une foule de prétendans à Violer la i foi jurée et à ton l ester les droits de Marie-Thérèse, De i yrai , la tentation (levait être grande; il s'agissait d'une j belle succession* Ëile se composait de la Hongrie et de la Bohème , royaumes iong^temps électifs, que les princes,^ i de Habsbourg avaient rendus bépéditidres ; de Ut Souabe autrichienne • de la Haute et BêSêé Autriche • de k Styrie^ de la Carinthie , de la Camiole» de la Silésie , de le Mo-^ ravie , des Pays-Bas, du Brisgaw, du I rioul , du Tyrol, du Milanais, du Mautouan, du duché de Parme et de. Plaisance. Les concurrens qui disputaient à Marie-Thé-, rèse ces vastes domaines en partie ou en totalité y étaient i\ ÇkqrleS'Àlberi, éhetmtr 4e Bmri^. Il réçlamâit la succession comme descendant de rsùrcbiduchelse Aline » fille de l'empereur Ferdinand I, prétendant qu'en vertu du contrat de mariage de cette princesse avec Albert V , duc de Bavière . ainsi que du contrat de Ferdinand , toute la successioii d'Autriche était assurée à l'archiduchesse et à sa postérité, au défaut de mâles issus des archiducs ses frères. Le fait en lui-même était contesté , les deux pièces sur lesquelles Charles- Albert ae fondait ne parlant pas de, sndte iasus ides iirehidaos ». maia^'e"^^ %tftmes , aana distinction de sete. Èf^. Vél0e0mrÂSmûo$t roi dePèlogne» Auguste 111 , alléguait des droits plus récens, ceux de sa femme , fiUe aUiéfi de lV4nf)^nr In^enh J. Selon lui, Ia

gàraatie qu'il avait donnée à la pragmatique ne pouvait prescrire eoptr-e.un acte^de su^BeeMioo dressé , en 1705 , entre Temperew Léopold et ses deux fils » Joseph I et Çfaarled VI; cet aete portait que les fiUes de Joseph se--, ment, dians te^ns les cas, préférées aux filles de soa frère. 5 . Le roi d'Espagne réclamait- seulemeal les royaumes de Bohême et de Hongrie» en vertu d'une convention passée entre l'archiduc Ferdinand de Gratz et Philippe lll, par laquelle celui-ci avait cédé à Ferdinand, les prêt en-' lions qu'il pouvait avoir à ces royaumes comme petit*fils» par Anne sa mère» de TempereiiF.MaxiiDilîeii 11» seas condition que ces droits revivraient en faveur de ses. dcscendansy à rexliiicliou de la postérité masculine de Farchiduc, La cour d'Espagne ne cherchait, dans ces préleiilioDS surannées, qu'un moyen de procurer à l'infant don Philippe un étahiissenaent en Italie « aux dépens de la maison d'Autriche. 4% Le roi dt SorâmgiM Te^êDAx' quait k duché de Milau » se fondant sur le contrat de nariage de son trisaled Gharlesrfimmanad • duc de Savoie, avec l'infaiate Catherine, fille de Philippe II »^ roi d'Espagne.

Cette cause de tant de téies couronnées fut d'ahord plaidée par des mémoires ; mais c'était un de ces procès qui ne se ierininent que par les armes. L'Europe s'attendait à une^ lierre mnverseUe : un cinquième préten*dant , auquel personne d'aberd n^avait pensé > en donna lout-à-doup le signal. Frédéric II venait de succédm*, sur le trône de Prusse, à son père Frédéric-Guillaume. Jeune et n'étant connu jusqu'alors que par ses goûts littéraires , on ne l'eût pas cru destiné à la glcûre des couquérans. Mais il avait reçu de la nature un, génie également propre à la paix et aux armes; et, lorsque du sein de s(« studieux loisirs » il parut soudainement sur la scène de la politiqne et de la guerre , son cenra|re , son audace et ses talens annoncèrent le héros du siècle aux natious étonnées. Le royaume prussien, de date récente (il ne comptait pas encore quarante ans d'existence), ne paraissait « ifintgWA fut ériicé uir une pateekftioin4à|kLfte

124 BISTOIBB «ÉK&HAtE

Léopold I , devoir s'élever de long-temps au rang des puissauces prépondérantes. Ses provinces étaient dénuées de remparts naturels et de toutes parts ouvertes; son sol était , en général » stérile ; sa population peu considérable pour l'étendue du pays. Hais Frédéric- GuiUaume fit défricher les terres incultes ; il attira de nombreux émî-^ <^raas de la Souabe et do la Franconie, et peupla des cantons déserts. En même temps» à force d'économie » ii se composa un trésor immense , qui lui permit de lever * et d'entretenir une armée de soixante mille hommes. Frédéric II profita de tout ce que son père avait préparé. La mort de Charles Vi lui ofirit l'occasion qu'il attendait de se montrer avec édat. Il réclama en Silésie quatre duchés ( Joegemdorf, Liegnitz, Brieg et Vohlau) , dont la maison de Brandebourg préleudait avoir cte injuste— ment (h pouillée par celle d'Autriche; et , entrant aussitôt en Silesie , ii se les adjugea par les armes.

Le roi de Prusse hasardait beaucoup en commençant seul l'attaque contre l'Autriche. Mais il prévoyait que la •France serait amenée par la force des choses à- le seconder. En effet , Fintérét de cette puissance semblait être de saisir la plus belle chance que lui eût jamais présentée la fortune pour abaisser son ancienne rivale. Loui^ XV entra dans cette guerre , non pour faire valoir des droits personnels, quoique par les femmes de Louis XI 11 et de Louis XIV il descendit de la maison d'Autriche , mais à. dessein de dépouiller cette maison d'une grande partie de ses domaines et d'en créer des états secondaires» trop faib)es pour bakneer le pouvoir de la France. Cependant cette entreprise, ne pouvant s'accomplir que par unelutte sanglante, répugnait au cardinal de Fleuri. Ce ministre , naturellement ami de l'équité et de la paix , retenu par la garantie de la pragmatique , incapable d'ailleurs de grands desseins à l'âge de quatre-vingt-cinq ans où il était parvenu » ne voulait commettre ni sa réputation , VL\ sa vieillesse >. ni la France à une guerre nouvelle. Mais le cri d'une partie de la nation ^ le vœu. pre&quc général des officiers , les consei];> surtout de deuiL

DU DIX^HIUTIÈME SIKr.Lï:. 1S5

pmoDnages alors très-influens, le maréchal cl le comte deBeUe-lsle» petits-fils du fameax Fouquet, l'emportèrent auprès da roi sur les raisons du yieu: ministre. Les BMe^Isle étaient deux hommes à vastes projets , à imagi-

Dation ardente , à grande ambition. Envisageant dans la guerre future un exercice illustre à leurs talens et une voie rapide à leur fortune , ils en firent prévaloir la résolution contre Tavis du cardinal. Il devait se retirer dors» avec la gloire d'une administration toute paisible et conciliatrice. Il n'eut pas la force de renoncer à la pmssance, et compromit l'honneur d'une longue carrière dans une entreprise que désapprouvaient sa conscience et sa prudence , et qui pesait à ses vieux ans.

L'Allemagne avait à se nommer un empereur. Marie- Thérèse» eu prenant possession de toutes ses couronnes, avait associé) non à leur souveraineté» mais à leur majesté, sous le titre de ethrégent, son époux François de Lorraine, grand-duc de Toscane» se flattant que les dignités dont elle ornait ce prince lui prépareraient la couronne impériale. Il n'eu arriva point d'abord ainsi. On o tir il à rélecteur de Bavière la couronne de Tempire» avec une partie des provinces qu'on « spérait enlever à la maison d'Autriche. Le 18 mai 1741 » fut conclue à Nymphetnbowrg , entre ce prince » la France et TËspagne» une alliance à laquelle les rois de Prusse» de Pologne et, de Sardaigne , Télecteur Palatin et celui de Cologne adhérèrent successivement. On projetait un parla^^e de la monarchie autrichienne entre les dillerens alliés : à l'électeur de Bavière on destinait la Bohême, la Haute- Autriche f le Tjrol et le Brisgaw ; au roi de Pologne , électeur de Saxe » la Haute-Silésie et la Moravie ; la Basae-Silésie au roi de Prusse» et la Lombardie autrichienne à l'Espagne. On laissait à Marie-Thérèse la Hongrie , les Pays-Bas , la Basse-Autriche , la Styrie, la Carinthie et la Carniolc. Enfin , pour empêcher la Kussie, qui paraissait se tourner vers Marie-Thérèse , de lui donner des secours» on excita une guerre entre cette puissance et la Suède.

136 HISTOIRE GViVERALK

La iiile de Charles VI » à la mort de cet emperair, était d'abord enlrée en possession de fous ses domaine» héréditaires : die avait reçu à Vienne les hommages des états d'Antriche ; les provinces d'Italie et la Bohème hii avaient fait serment par leurs dépntés; elle avait été couronnée à Presbourg reine de lîoiigrie, , et avait gagné le cœur des Hongrois en se soumettant à prèler l'ancien serment du roi André, qui leur reconnaissait le droit de réprimer par les armes , sans pouvoir être traités de rebelles 9 toute infraction à leurs privilèges. Avec tous ses vastes domaines» elle n'avait rédiement qu'une puissance faible et précaire parle mauvais état de ses finances et de ses armées. Cependant , à l'approche de l'orage qui la menaçait, elle resta intrépide, et résolut de montrer quVlIe était le digne saiig de vingt empereurs, en défendant avec courage leur patrimoine. Elle ne fut pas tout-àfait réduite à ses propres ressources. Georges II , roi d'Angleterre et électeur de Hanovre^ conclut avec elle un traité d'alliance et loi envoya des troupes et des subsides. Hais, tandis qu'une armée française » réunie à celk» de Bavière, envahissait la Haute-Autriche, une autre armée , sous le maréchal de Maillebois , pénétra en Wesfphalie, et ses mouvemens, combinés avec ceux d*un corps prussien qui était à Magdebourg sous les ordres du prince d'Anhalt , ayant fait craindre à Georges II rinvasion de son éleetorat, il crut ne pouvoir la prévenir qu'en signant avec la France un traité de neutralité.

La ruine de Mariê^Thêrèse paraissait inévitable : srale , elle ne désespéra point. Etant sortie de Vienne, qu'on croyait iiieu;ieée d'un siège prochain, elle s'était rendue au milieu des Hongrois; elle avait paru au milieu de leur assemblée nationale» tenant eniie ses bras son lils presque encore au berceau» et » confiant ses droits , sa couronne» cet enfant royal» à leur fidélité et à leur bravoure » eHe avait excité leur enthousiasme. Tous les pala«- ^ tins s'étaient écriés en tirant leurs sabres : Mourons pour notre nox Marie- Thérèse,

Tandis qu'elle échauffait le zèle de ses Hongrois » elle

nu mx^mnratau siâcle. * IST

solMcitâit et obtenait des secours d'argent de i .4.jigleterre et de la Hollande; elle agissait dans Teiupire; elle négociait avec le roi de Sardine et réorgaiitsait se» armées. Haia» nalgré son activité et son courage » elle avait à sonteoir une latte trop inégale. Le roi de Prusse » après avoir gagné sur le général Neuperg la bataille de Molwitz (20 avril) , avait terminé la conquête de la Silésie par la conquête de Brieg et de Breslau. De là, il était eulrô ( U Koravie, et s'était emparé d'Olmutz. De son côté, l'électeur de Bavière s'était fait couroaner archiduc d'Autriche à Liatz. Ou s'attendait ^u'il marcherait sur Vienne , et la prise de çette capitale eAt été un coup décisif. Mais, ne s'étant point préparé à ce siège , et n'ajant ni gros canens ni munitions* il tourna ses armes d'un autre côté. L'armée franco-bavaroise , aidée de Vm^^t mille Saxons, envahit la Bohême et assiégea Pra^u^ , dont le comte Mnurîce de Saxe s'empara par escalade (26 no-* Tembre 1741). L'électeur y prit la couronne de Bohême, et » le 24 janvier suivant » ceUe de Tempire lui Ait déférée à Francfort, sous les auspices de la France, représentée à la diète par le maréchal de Belle-Isle , qui avait dirigé tontes les négociations, ménagé tous les suffrages , et qui paraissait alors , suivant Texpression de Frédéric, comme le législateur de l'Allemagne.

Le triomphe de Charles-Albert semblait assuré» comme la perte de liacie*Thérèse : la fortune changea tout-àcoup. Avec Targent de l'Angleterre et de la Hollande , au tnoyen d'emprunt» faits à Venise et en Flandre, Marie- Thérèse était enfin parvenue à lever des troupes nombreuses qu'elle remplit de toule l'ardeur qui l'animait. Un corps de Français et de Bavarois , auquel Charles- Alb^ avait confié^ la défense de la Haute-Autriche, attaqué par des forces supérieures » capitula dans Lintz le jour même où l'électeur était proclamé à Francfort. Les Autrichiens, poussant leors avantages , envahirent immédiatement la Bavière, et , le 15 février , Munich se rendit à leurs armes. Quelques jours auparavant , le roi de Sardaigne f alarmé des desseins des Espagnols, qui n'a-

188 HttTomB cuftnftRAis •

vaienl pris part à la guerre que dans Tespoir de s'emparer de la Louilwirdie pour en former un élahlissenirjil à rïQiaul dou Philippe , voisinage que craignait Emmanuel « «'était retiré de la coalition, et, par la convention de Tiirm ( i*'. février) , avait fait alliance avec Blarie-Théfèse. Dans le coqrs de la même année » cette princesse désarma » non sans faire un grand sacrifice , nn ennemi plus redoutable. Frédéric II ayant battu le prince Charles de Lorraine à la journée sanglante de Chotnsitz ( 17 mai) , Mnrie-lhérèse se résl<;ua à satisfaire les préleiilions de ce prince , et à lui céder une province pour sauver le reste de ses étt-its . Par le traité de Breilau ( 1 1 juin ) , elle abandonna à Frédéric en toute souveraineté la Silésie et le comté de Glatz* Le roi de Prosse n'avait jamais goûté le plan du cabinet de Versailles, d'établir sur les débris de la monarchie de Charles VI quatre souverains entre lesquels la T rance jouerait le rùle d'arbitre. Peu disposé à combat (re pour se créer des rivaux , et encore moins pour se courber sous le patronage d'une puissance dominante » croyant d'ailleurs savoir que le cardinal de Fleuri entretenait des liaisons secrètes avec le ministre du granddoc de Toscane à la cour de Versailles et sacrifierait volontiers les alliés de la France si la cour de Vienne lui offrait le Luxembourg et une partie du Brabant, étant homme enfin de peu de scrupule et n'ayant que son intérêt pour règle de sa politique, il laissa là Talliance générale , dès qu'il eut obtenu ce qu'il voulait. Sa défection fut promptement suivie de celle du roi de Pologne » qui adhéra au traité de Breslau.

Alors les Autrichiens furent libres de tourner toutes leurs forces contre les Français qui occupaient une partie de la Bohême. Chaque jour , dans un pays lointain et ennemi, les fatigues, la maladie, la désertion diminuaient l'armée IVanraise. Le prince Charles de Lorraine la tenait continuellement en alarmes et la harcelait par ses troupes légères de hussards, de croates, de pandours et de ^ talpaches. Le maréchal de Broglie , qui la commandait , évita, par des manœuvres hardies et savantes» une bataille

.DU DIX-RUITIÉME SiéCLE. 129

OÙ le prince voulait Tailieiier ; mais , finalement » trop faible potir toiir lâ campagne » il fut obligé de se renfer* mer dans Prague t où il fut aisiégé par le comte de Kcmigseek. Le cardinal de Fleuri, voyant les affaires

preutire un cours si fâcheux après de si heureux commencemeiis , fit remellre au général autrichien par le maréchal de Belle -Isie une lettre qui contenait des propositions pour révacuation de la Bohême» et dana iaqnrile il 8*excuBait de ia guerre présente » et protèstAif de sa tépogiNdice mx rittolutiotts qu'on atait prises, Vmr tonte réponse « on rendit sa lettré pttbiiqne : éé dont il se plaignit dans une seconde lettre au coiiue de Kœnigseck , en ajoutant qu'i7 ne lui écrirait plus désormais ce quil pensait. Celle seconde lettre fut imprimée comme ia première , et aciieva de livrer le faible vieillard à la risée des poUtiques* De son côté » Tempereur bavarois fit porter des projetai de paix à la conf de Londres» qui àvait repris à ia guerre une part active. On insulta à ses oflre^ en les rendant publiques, comme on avait publié les lettres du cardinal, et fous deux comblèrent le mauvais effet de leurs fausses démar<^hes en les faisant désavouer dans les gazettes» c'est-à-dire en ajoutant le mensonge à la faiblesse.

La guerre devint plos vive que jamais » et la France • qui dans Torigine n'y Avait qn*un intérêt indirect et n'y était entrée que comme auxiliaire , resta chargée presque

seule de toui \v lardeau. Le cardinal de Fleuri, trop âgé pour le sou fouir, prodiguait à regret les trésors de la France dans une lutte qu'il désapprouvait , et sou économie (1)» salutaire en temps de paix» mais funeste en des

( I ) « Ce ministre looma cette vertu en défaut. La vie pauvre qu'il avait menée jusqu'à son épiscopat , celle surtout qu ii avait inenéf i\:m<> sn jeunesse dans les collèges et les séminaires , Tavait accoutumé k uiu' m»- dure, à se passer de toul , et à tine grandf épargn**. Mais ccUe iiabiiude n avait poiot dégénéré en lui , comme en presque tous ceux qui sortent d'une longue pauvreté , en soif d* argent , de biens , de bénélices , d'entaaser et d'accumuler ém Keveiids, on eil atiriee erane et sordide. C'étiit rhorome du monde qui M Mmeiait le moMa d'avoir, et qui, maître de le procurer tout ce qu'il aurait voulu , a'eat tè moina donné , comme il ^ a |iani dans tout le cours de son |oii|

150 OlSTOIRE GÉNÉRALE

momens difficiles où un graud effort était nécessaire i entravait les opérations de la guerre. La mer et la terre furent à la fois le théâtre de nos revers aecablans. Fleuri avait négligé la marine » dont il croyait n'avoir jamais besoin ; le débris de nos forces maritimes fut anéanti par les Anglais. En Allemagoe , reiiij)er«^ur que la France avait fait était chassé de ses propres étals, et ses efforts pour y rentrer ne lui avaient produit que la houle d'une triple expul6ion« En liohème , l'armée française» renfermée dans Prague» en butte à un terrible bombardement, en proie aux maladies* et faisant toutefois des sorties journalières et sanglantes» se consumait par tant de causes de destruction. Elle eut un moment l'espoir d'être délivrée. Le maréchal de Maillebois, ayaiil passé le Rhin à la tête de trente mille hommes, s'avança jusqu'à Egra. Mais, pour arriver jusqu'à Prague, il fallait Ywrw bataille au duc de Lorraine qui lui disputait le passage , et le cardinal de Fleuri , que l'Autriche amusait par de fausses négociations , avait donné ordre au maréchal d'éviter une bataille décisive ( i) . Cette circonstance et la désunion survenue entre MaUlebois et le maréchal de Saxe , qui l'avait joint avec l'armée française de Bavière , firent manquer le but de l'expédition. iMaillebois, sur la lin d'oclobre, ^v. rt lira vers le Haut-Palatinal , et bientôt ' • après il fut remplacé dans le commandement par le niaré-* chai de Broglie. Belle-Isle , resté dans Prague» s'y défendit jusqu'en décembre» où» trompant la vigilance des

el toujours tuul-puissant ministère. Mais avec ce dé8intére8s<MMeiil personnel el cette sim[)licité, même portée Irop loin, de table . ilt* maison, tic meubles et d'équipages , et libéral du sien aux pauvres , à sa famille , même à (|ui Iquea amis f sans faire pour soi le iiiounlre cas de l'argent , il l'estima trop en Juimôme , et non content d une sage el discrète économie , choqué à l'excès des profusions de» ministères qui avaient précédé le tien , il tonuba dans une avt'rice pour l'état et pour les parltculiers » dont les suâtes ont été très-funestes.. 11 est vrai de dire quil eicellait aui ménages de collège et de séminaire» et, qu*on me pardonne ce mot bas , ans ménages des bouts de «handdles , etc. * {Mt moues de St. -Simon).

( i ) «c Si l'on avait donné carte blanche à ce maréchal , le destin de la Bohème aurait pu changer; niais de Versailles, le cardinal le menailà la lisière • ( Frédéric il , Uistoirt iU Mon Tetupt).

m DIX-fiCITIÈME SIECLE. iZi

jttnégeanSt il sorlit 4e la vîUe wtc lâ^OGO hoomiei» ^'il rameDa à Egra, au travers des glaces et des oeiges* sans avoir éprouvé d'écbee dans une marche de {dus de trente lieues. 11 avail laissé dans Prague le brave Ghevert, qui , avec 6000 hommes , doul les deux tiers étaient malades, résista jusqu'au 2^) dtkembre, et, par une ca^ pitulation honorable , obtint la taeullé de rqoindre ave^ sa vaillante troupe le reste de l'armée française.

Les Espagnols n'avaient pas été plos heureux en Italie que les Français en AUemagne* Le roi de Sardaigne, après avoir occupé les états du duc de Modène , qu'il n'avait pu gagner à son parti , avait repoussé le duc de Montemar jusque sur les terres du. pape , ou les Napoli-» tains l'avaient quitté » rappelés parle roi don Carlos^ que l'apparition i'une flotte anglaise 4evant Naples avait lorcé àse déclarer neutre* Versice temps^là^ don Philippe» k la tête d'une autre armée espagnole^ était entré en Savoie parle Dauphiné, et s^était emparé de Chamhéiy. Hais, à rapproche de forces :Supérijeures , il avait fait une retraite précipitée

Au luiiieu de tous ces désastres, le' cardinal de Fleuri mourut le 20 janvier 1745, laissant dans un état jcritique les afl'airesde la guerre^ delà marine, delà finani^e et de la politique. L'histaire a loué le désintéressement et U prudence de ee ministre. En approuvant son économie , elle lui reproche de l'avoir quelquefois poussée trop loin , et d'avoir évité mal à propos certaines dépenses qu'il iiiirait dû laire par raison d'état (1). Sa vanité de vieillard ^ qui lui faisait' attribuera l'estime de sa personne les avances , les louanges , les fausses ^otestatioUiS des étrasgm et des souver^diis^ l'exposa souvent .à être

( ^ ) « La nwiSeari» économie a'un grand prince , écrÎTait le roi de Prusse au maîiréebal do KoaûUes ( <3 juillet 17^4} , e«t de dépenser Targent à propot vi do ne point le ménager dini let grandei oecatîont. Si )e cardinal de Fleuri en avait Qté aînai, et qo*il n*eAt paa ▼oolu , par uq eq»rit d'j&eonooiie déplacé, ménager lea roTen^s du roi de France l'année 4i et 49 , je ne veux point être honnête homme , ou la reine âc. Hongrie était perdue ; et la durée de la goerM liait ffaii en a coûté k préaeot le triple et le quadruple au roi votre mailre. f

IroMpé. La fatite la pies grave de aon amiitère est é*^

voir, par uDe folle coofianoeen TAiigleteiTe, négligé la inariwe qui, à ftâ mort, se trouva presque ruinée (1). Copi'ndaht soh gouvernement fui en général salutaire à la France, qu'il administrait comme une famiFle ; ef , ce qui est dtk isif en sa faveur , « c'est qu'on n'a pas regretté la régence ; on a maudit le niims(èra de M* le duc , et on eût voulu pouvoir reiBUBciter ses iUceesaenr. » ( Mém* 4èDueh$).

Ijmk XV , apirès ia mM de aab taiDistre» ainonça hi

fésolutren de •gouverner par hii^même. Mais les désordres

aaxquels , depuis quelques années, ii avait commencé de s'abandonner, rendaient peu câpabie de la soutenir. Malgré leH eilorts des courtisanes pour le corrompre et u& naturel et fwesfe penchant aux voluptés , Louis XV > retenu par des «crapules religieux et par raacendant du i4eux mi&istre , qu'il était aeeoiltuflié à rapecter » a'élaît bngMempa garanti des velageB amours reprochés à la jemesse de Louis XIV ^ et la reine avait été l'unique objet de ses affections. Mais il était enlin tombé dans les pièges des corrupteurs (17Ô5) , et trois sœurs de l'illustre maison de Nesle, la comtesse de Mailly , la marquise de Vinti^ mille et ia duchesse de Cbàleauroux» étaient entrées daaa aa oonehe par une leandaleuse suKxession d'adultères» Lorsque Fleuri mourut ^ Louis eut la vanité de parjiftre conduire les affaires ; mais eUes lureilt conduites en eftt par ta duchesse de ChâteaUToux. Du reste* eette favorite «inii i la gloire , e? , nouvelle Af^uès Sorti, elle inspirait du moins des senfiiiieTis néreux au roi qu'elle caplivaif, et qui, depuis, s'est dégradé par de si hotileUses faiblt sses.

Ëu 1745, Louis XV se trouvait dans la même situation où avaU été son bisaïeul , dans une autre guerre de suceessioo ^ ayant à soutenir k France et l'Ëspagne contre fAutrilîbe, l'Angleterre» là Hollande et la Savoie. L41

( 1 ) Les iMémoires de Maurepas le jiuliltent jusqu^^ uo certalo point sur cet arlicle , «r vû les avantagea d*une longue paix avec l'AngleteiTe , qui, sans ta conaiScraUcn qa elle avatl pour 1 Éminence , se fût dcclaréé pour rAutridie cootre D009 , et iious eût bmpéché peut-être d «cqoéfi^ la Lorraine. »

M #q;^iitoi6iib ^le.^ t55:

fortune lui gardait uo favorable dénouement de cetti; guerre alors si malheureuse. Mai^ il devait encore éproM-r ¥^F plus d'ua revers avant de rapo^ener la vicloire souf ses drapi^aui:, I^Qf^l^^^e 174^. fut, comme I4 pré^

çédente, trè^9limt||gfl¥8^.Àji!hne-T * Î^Kfdlerip^.jjj^IKiuyaiit flpsfie s^(enw eivAU^magpe,. fvnit ra^pné qb France I^s 4é^nf 4e Bm m^tM m8l^ le généfal bay^roîs Minnzzi ei^posé à toutes forées d^.

prince Charles de Lorr^iiDe , qui le battit et le fît prison* nier près de Simbach (9 mai). Qaps le inèmo temps, la niesiolelligeiiee d|i prêchai de Broglie et du comte de ^fHik^Q4$fff » généré ep chef de l'armée bavaroiif ^^4p)ievj|, 40 mp^f Ia$ affaires de Qhiirlefi- Albert. |^ Fr^nç^ K^i^. 9fià tTai9V^A% k.BftiSèffr ^ al^ïidoW^ pays à, SMPt* Délaissé par ses alliés » Charles VII essaya d obtenir \^ neqtralité pour domaines héréditaires. Il n'y put réussir, et, einpereur sans états, sans ar<rent et sauf armée , réduit à solliciter de la France non-seulement de$ «V^dea d^guer^, luWiMi Si^i4^.aUfu«^ai|re pçiyjr sg jfiT^^Bf^ t 4^ qttpi ne p^^urir de faim^^q^ prince iqfoPT^ tmi litUl te9îf .in trûrtP c<nir d{iD4 fraocfort , .0^ ïm 9ffaH dMérée cëttff .coi|roi|pq ipipéri^îe qui £(^tii;£ti( çpr ^li iapt de di^râces.

Une armée d'Aaglais , de Hessois et d'Hanovrie^s , rassemblée dans les Pays-Bas, sous le nom d\irmce prag-r Wdiqm » jnur indi^u^^r qu'el/e était destinée à soutenir la pragmatique-sancUQq , pépétra ep AUefpagoe ap lyu^^ 4*jivrii. i^ito yjfîrt fo^tiiêQ corps df (Mii|pi^ .

que le^ HtaM^ti^r^^f , , depuis lûngr(em||§ ■ pressés par TAngleteire de se déclarer opverleaîent poiH' Marie-Thérèse, envoyèrent au-delà du Uhiii suus le copit^ M^mnoe 4e Nassau. Le m^réc)i^ de Noailles, ayani fiassé ce fleuve à \^ tête dç 55,000 hommes , livra bataille aM> alliés près de l^eUingiB%. {^1 m<|i). U I4 ^^il f»fî 1^ téiMMltÀ.ies dujpft d'U^J^vrl et d«t Gramiqpnt , qui éwofr wmçi^tWX Tattaqu^ ayi^t 4feii «yoif reçi^. Tocdce ^ et déf^^Hf^^èrent les plan^ du jiutrécbal. M^Jgré cet écheç f KuaiUçss^^ niaiMUnt e« AJiem^u.V jv^^J^'^^^^^î ViH?f'^*-

the dn prince Charte» à la (été d'une armée autricbienne repasser le Rhin. Il' se retrancha sur la Lauter, tandis que Tarmée rappelée de Bavière couvrait laHaiifr-Alsace menacée par le prince de Lorraine.

Du coté des Alpes, Icts Espagnols étaient rentrés en Sayoie et l-avaient oceopée , mais ils n'ayai^t pu forcer' les passages du Piémont. Dans lé même temps , lé comte de Gages, qui ayait remplacé le duc de Mentemar $ avait tenté de reprendre l'ôffensiye , et, s'éfant avaiuc jus-i* qu'ail ranaro , avait livré bataille , près de Campo-Sanfo , à i'armce austrcy-piémontaise. Les deux parfis s'étaient at(i*il)ue la victoire, et Gages, n'ayant pu pousser plus^ loin , s'était retiré à Bologne. Ao mois de mars de Tannée suivante, menacé par une nombreuse armée autrichienne aux ordres dtt prince de Lôbkowitz, il rétrograda jusqttfau royaihtte de Naple». Marie<-ThéTèse avait acheté la paix du roi de Prusse par la cession de la Sflé»ie. Plus récemment , pour fixer clans son alliance le roi de Sar— daigne, à qui la convention de Turin n'avait assuré d*autre avantage que de le garantir du voisinage d'un Bourbon, elle lui avait cédé, par le traité de Worms- (f? septembre 1745), plusieura district» et villes de Lombardie* Don Carlos , jugeant aux mouvemens des* Autrichiens et à ^accroissement deleofs forces en Italie », qu'il entrait dans le plan de Marie-Thérèse de s'indemniser de ses sacrifices par la conquête deNaples, sortit de sa neu(ralité, joignit ses troupes à celles de Gages, et marcha à la rencontre de Lobkowitz , qui ne put dépasser - VelléiriM et se retira au mois de novembre , après plu—* sieurs combats sangtans. Dans le nord de l'Italie, dont Philippe qui , Tannée pr^édente , n'avait pu entm en Lombardie par les défilé» du- Piémont ^ tenta une- antre route. Il alla joindre en Provence viïjgt mille Français commandés par le prince de Conli. Pour protéger Ten^ treprise, un<' tlotle espagnole francnise sortit de Toulon,. et le 22 février , livra bataille à l'amiral anglais Mathews,. qui insukait toutes les côtes de l'Italie et de la Provence » et interceptait les convois, destinés aux Espagnols.. Qimmk

ne mx-BumàMB siÉcte. 135

que les Anglais eussent pour eux le nombre et le vent ^ la flotte combinée soutint leur choc avec vigueur, et balança l'avantage de cette journée. Le V', avril » le prince de Gontl et don Philippe pAssèrent te Yar , prirent possession du eomté- de Niée » et ^ à travers mifle périls ^ foreèreot le pas de Villefranehe , qUe le roi de Sariaignejugeait inexpugnable. Au mois de juillet , ils allèrent , avec non moins de dangers et de gloire, prendre d'assaut Château-Dauphin dans la vallée de Mayra, et le tort Demout dans celle de la Stura. Ils mirent ensuite Je siège devant Coni, que le roi de Sardaigne tenta vainement de délivrer. Vaincu an combat de Bfadonna-DeU^Olma» il fat mieux servi par les élémens que par ses armesv La crue des eaux » jointe à la disette dont souflrait Tannée de$< princes , sauva Coui et força les assiégeaiis à la retraite* (21 octobre).

Tandis que, loin du centre principal de TactioUy les; Français et les Espagnols se signalaient par de beaux et inutiles exploits» la guerre prenait sur le Rhin et en- AIlemagne.ane nouvelle activité et uneextension nouvelle , présage d*événemens plus décisifs. Depuis Torche des Lostilités, les Anglais et ks Français s'étaient trouvés en présence comme auxiliaires des puissances directement intéressées à la querelle, sans qu'il y eût enfre les deux nations de déclaration de guerre positive. Dès le commencement de 1744^ on vit éclater entr'elles les signes précurseurs d'une , rupture plus éclatante. Le fils aîné du. prétendant le jeune Chartes Edouard', fut appelé de Rome en France et on arma une flotte dans- lé port de Brest pour le transporter en Angleterre avec 24,0 00 hommes do débarquement. Le comte de Saxe de\ait commander l'expédition; mais elle fut déconcertée par les vents contraires et par la supériorité de la flatte qui protégeait les c6tes>de la Grande-Bretagne. Cette tentative fut immédiatement suivie d'une déclaration de guerre à Georges II , (15 mars) et , bientôt après t à la reine de Hongrie. Dans le temps t^ue ces déclarations solennelles annonçaient de la part de la France la réfoluiion de pous^

136 gl«T0I«B «irttàtB

ser les hostilités avec plus d'ardeur que jamais» Frédéric 11 reparut i^ur la scène des combats et reuouvella les daugers de Marie-Thérèse. Cette princesse , animée d'un implaca" ble désir de veageanee contre Charles YII » ne disnain-> l^h plus son lessein )• foreef à abdiquer la counMiiie impériale. Le de Prusse oe crut pas devoir abandomier au ressentimeat de TAiitriche celui qqe les électeur» avaient nommé chef de l'empire. Cette con sidérât iou , et surtout le soupçon fopdé que la cour de Vienne n'attendait qu'une occasion favorable pour le dépouiller de la Silésie, le déterminèrent à reprendre Les armes. 11 conclul ilirec Tempereiir» le roi de France % Télecteur Palatin et le roi de Sqède un traitt gui avait pour objet le maintien d« fai coafiiitut ion germanique t k reeonnaieiaiice de Charries VII par la cour de Vienne et le rét^blîaaMiient 'de

prince dans son éleclorat de Bavière.

Louis XV ouvrit en personne la campagne dans les Pa)s-Basà la t^(e d'une brillante et nombreuse armée, que commandait sous lui le maréchal de Noailles. Les troupes françaises n'avaient point vq de roi à leur tète;, depuis qoe CoaisXIV avait eesséd'j parailve. Qaelqaef , campagnes maUieoreoses avai^t djkio^ragé les «imé^ on crut que la présence da maître serait le senlaigailion capable de réveiller dans les cœurs Tinstinctde Thonneur et de la gloire. Tandis que le marécha} de Saxe, avec un corps particulier , tenait en échec du côté de Bruxelles les généraux anglais et autrichiens ^ Menin, Ypres, le fort de Knoque » Fumes, DiiLmude tombèreiit rapidem^t aiH: pouvoir 4u roi. Mais» an milieu «te ses succès » il refut tout^-conp la nouvidle que le prince Charles , en oec»^ pant les Français el les Bavwois sur divers points par^ plusieurs attaques simulées, était parvenu à passer le Rhin du côté de Spire , avait pénétré en Alsace avec soixante mille Autrichiens , pris Laulerbourg e( Weissemboi^rg, et coupé au maréchal de Coigny* qui eommandiôt dans cette provinciS, U commuiuealîon avec la France*. Le danger de l'Alsace et^.bientdt après^ de kLorrainf», oà des partis ommi^ portèrent 1 epoûv^Dle jusqu'à LiisévilU

dont le roî Stâaislas fnt obligé de sortir avec sa cour, in-r toriviupit Iqgçoiiquétes^fti^uisXV en Flandre. Laissaat M iiw^ImiI 4e le soin défeodre avec corp^ d*mnvw VMIWtil wîU^ iiQViiiieil il, 90 tiàta de marchei; fuseeapvi d# VAI*^- 'Eepdîa qiie sa piéseoee dÎBsipait alarmes deef pfeivinees menacées, toute la FraDce trem*. ^»la pour ses jours. Il fut prisa Metz d'une lièvre maligne , qui mit sa vie en péril. Ce lut une désolation ^rénérale

Sarmi les peuples dont il était alors le b%0tt^aûèié. La force 0 ^ qopstitutMm vaipqqU le mal, D'uiie extrême douleurfmk mjbitement k t|pe joie inexprimab^ la retiai*

te 4ii prîpee Cimier m% If» ^14^ îi raUégres^epiihlique.

Cptte retraite , glorieuse pour ce e^ipitaine , qui Pei^éeut^ presque sans perle à la vue d'une année supérieure en, forces, i^vait été précipitée par la nouvelle de l'invasion du roi de Prusse en Bohême* Frédéric , s'elant avancé

jusqu'à Prague sans r^^tanee» investit cette vill^i le |[.|(e|i|Dii|bre, et». 4îl^.j0mi après, la garnison , forte de ^um mU^. kmJBm^ se mAH fWonuièm de gaerrft,. Cil restQ (hl royaume mW e» peu de joufs le m^me sait qqe la capitale. Mais rapproche du prince Charles, à l^ tête d'une nombreuse ^rmée que fortifièrent vingt-qu^lre mille Saxons, arrêta les progrès du roi de Prusse. Ce priuçe connaissait les liaisons réceaiiueut formées entre lf& ooiifade Yienoa^^t de Dre3de ; mais* igiaotrant tou^e^ V^tendpe > 4 ^vait mpéré 4^tec(ier.^aisii$(e lU ài^ int^-^. fête de VAaMebe, Il aT4|it fait offrir k l;éiecteor*roi 1119^ partie de la Bojhême et de la Moravie avec la principauté de Teschen; aii <^mte de Bruh) , son ministre, le titre d^ prinee d*empire , et à son confesseur le chapeau de cardiaal. Mais toutes ses ei&es avaient été vaines. Le^n^a fimu- ^ar d$$.An§laii$ 9 selon Texpression de Frédéric , avait déflnttrvement ouvert hs ponesdê fer d^S^xom» et Auguste avait domé Qfdre k i$on armée d^ se joindre 1^ celle dM, j^oce Chéries, qui se trouva portée à 90,000 câai.T> battans. Le roi de Prusse , que le défaut de vivres avait empêché de se porter à Egra pour s'opposer à la jonctipji, aband<»aaa précipitamn^Qt l(i Jlpiiéi^es.0M,U,

458 nftrotiiB géhAkaie

espéré passer les quartiers li liiver, et replia sur I» Siiéste. Mais le désavaaiage de sa retraite fut compensé par lé» prog;rè8 des Français » qui » ayant repassé le Rhin » mirent le siège devant Fribonrg , dent Lonia XV » con-^ yalescent et faible eneore» vint recevoir la soumission' (5 novembre) , et par la reddition de Municb à un corps Franco-Bavarois, qui, sous le comte de Seckendorf, chassa les Aufrichif^ns de la Bavière et rétablit Charles VII dans son él<H torat. Ce prince n'y gagna que de ne pas mourir en terre étrangère. Ayant trouvé la calamité dana la grandeur, usé par les chagrins d'une ambition funeste , joignant aux souffirancesde Tàme celles d'un corps accablé dMnfirmités compliquées et prématurées , tourmenté de la goutte et de la pierre» n'ayant presque pas un membre et un or^ïane qui n'eut sa douleur, il élail à peine rentré dans sa capllale , qu'il succomba à quarante-sept ans SOUS-, le poids de tant de maux (20 janvier 1745 ).

« On crut , dit Voltaire , que la cause de la guerre ne aubsistant plus , le calme allait être rendu à l'Europe. On ne pouvait offrir l'empire an fils de Charles VII, âgé de dix-sept ans. On se fhttait en Allemagne que la reine de Hongrie rechercherait la paix comme un moyen silr de placer enfin son juari , le grand-duc , sur le trùue impérial; mais elle voulut et ce Irône et la guerre. Le ministère Anglais, qui donnait la loi à ses alliés, puisqu'il donnait l'argent , crut qu'il y avait à perdre avec la France par un traité , et à gagner par les armes (1). La guerre générale se continua , parce qu'elle était commencée. » Elle ne fut pas plua heureuse pour le nouvel électeur de Bavière , Maximilien Joseph , qu^Ue n'avait été pour son

(I) L'auteur, des ménioiraft de NoalHes impute aa ipinist^ra fieaiiça» la oon* twiiatifui de la giieire, « Plat la reiiv de Hpogrie.» diS-Jl , désinit avec ardeac lelection da grand-duc , plus la paix aurait été facile et avanugease... Mais oa ■e consulta que l*aiiiino6ité contre l*béritière de la maison d'Autriche ; on ne voulait absolument point que son mari fût empereur. Le marquis d'Ârgenson déclnra qu'on emploierait jusqu'au dernier soldat de la France pour l'empArher de l être ; il l'écrivit auï niinislres dans les cours étrangères, et non seule nu nt il Terma louies ie^ ouvt>riurc& de paix , mais il attisa le feu de la guerre , saoj^ prévoir les s%iitcs de l'embrèsement. »

père. Dés le commenccmeût d'avril, Maximilien avait été* forcé de quitter sa capitale, d'où Charles-Albert avait été chassé tant de fois.. Alors, soit peDchaot naturel pour la^ ntaison d'Autriche à laquelle il appartenait par sa mère , soit suggestion du comte de Seckendorf » qu'on accuse de- B*ètre Yeudn à la cour de Vienne , il se sépara de la France qui avait sontena la cause de son père au prix de tant de sang et d'argent , et se rapprocha de Marie-Theiese. Parle traité de Fiîs^en (22 avril) , cette princesse reconnut le dernier électeur comme empereur , et sa veuve comme ijupératrice ; elle restitua, sans, réclamer d'indemnité», les états, de Maximilien^loseph, qui» de son côté, renonça à fontes ses. prétentions sur la succession autrichienne et garantit la pragmatiqne-^sanclion reconnut à Marie- Thérèse 9- en qualité de reine de Bohême , le droit d'exer* cer le suffrage électoral ^ et promit de voter en faveur du graiid-duc de Toscane à la prochaine élection.

Louis XV abandonné de ceux pour qui seuls il avait commencé la guerre , fut obligé de la continuer sans avoir^ d'autre objet qued^en obtenir la fin. Arant de s*y> résou-^ 4re^ il proYoqua îa^singulière médiation du sultan Hahoe met \\ qui s^oflnt comme pacificateur aux puissances chrétiennes. Il proposa Venise comme lieu du congrès, et 9 pour articles préliminaires , un armistice sur le pied du statu qtu), et la nécessité de Tunanimilé des voix pour r élection de l'empereur. Ces propositions , suggérées par la ï'rance^ et dont la dernière aurait fait dépendre Télec*tioa impériale du consentement du roi de Prusse ^ furent Eejetées. par Marie-^Thérèse et ses alUés.

Frédéric II , n'en ayant plus d'autre que la France , que ses propres affaires occupaient assez , se tint sur la défensive à l'entrée de la campagne de 1745, qui devait être pour lui si brillante. Retranché dans la Silésie* il y laissa pénétrer les Autrichiens, et les Saxons ; et ». sortant mfin de son inaction par un coup d'éclat r il ûs attaqua à rimproTiste près de AMb^^ (4 juin) avec un suecè». complet. Laissant 6000 hommes sur le champ de bataille

lUQÛ prisonniers au pouvoir des Prussiens, ils se reli-^

140^ HISTOiAB 0KàAàME

vèreet 4tM 1» BohéoM. Fvédérie lei f soWil :^ mais la

position avantageuse qu'ils prirent sur la rive droite de l*Elbe , et la nécessité où était le roi de maintenir sa com* niunication avec la Silésie , Tempêchèrent de tirer parti, de sa victoire. Il fui luèioe oidigé , à iafti de septembro^ de rétrograder t. et il se porta vera Sort, où» n'ayant qoe^ ^»000 honames û remporta une victoire éolaiaBie Mir le prince Charlee » qui l'avait attaqué ave^ âe9 fiuneea presq ue doaUet ( M septembre) .

Ces triomphes do Frédéric , les &ucce8 non moins ma— gniliqueg de Louis XV en Flandre , l'entrée d'une armée française en Allemagne pour empêcher Teleclion du grand-duo , semblaient devoir reeuier indéfiniment cette élection que Marie-Thérèj^ poursuivait «vm) ^ntd'ardeoiv. Mais cette princesse prit de » bonnes mesQfes » et couvrit Francfort d'une année si ifnpôsante» que les Françaift; repassèrent te Rhin , et hissèrent le ekamp libre au duo François, qui Tut élu le 15 septembre sous le nom de François I. Ainsi fut manqué le grand objet delà guerre» qui était d'ôter le trône impérial à la maison d'Autriche. Le roi de Prusse et l'électeur PaJ^in» prot^tèrent vai(àe«^ Qieat par li iirs ambassadeurs contre une éleetion f^le dans, toutes les termes et désormais irrévœ^blo*

Tout en se battant», on ne cessait do négociai. Fiéiiéfie avait recherelié la médiation de la cour de Londres pour lacuager un rapprochement ciilrii la Prusse et FAulriche, et les articles pn^liminaires en avaient été dressés à Hanovre (20 août) : niais Marie-Thérèse, qui se flattait foujours de pouvoir reconquéFÏT- la Silésie, rejeta les coji-rditions proposées. L'électeur de Saxe fut victime de. Fobetination de l^impératri(». Fiédéric» irrité çoptre ce prince qui était entré* dgn^ un projet secrètement iuraié . par la cour de Vienne pour démembrer la Prusse , envahit la Lu sac e avec toulesses forces, el, l'ayant rapideuieut conquise , se porta sur Dresde , tandis que le prince d^Anhalt prenait LeipsicH el Meissen , et dél ruinait à Kessêldorf ( 15 décembre) Tarmée gaxonne» que le prince Cbarle9 \eoait secourir.^ et dionf ii.ne recueillit que; les..

BU biXt-HUITIÉME SIÈCLE. 141

aT€e lesqt^ à $% relira ea Bohème. Deiil jourà «près k jounée àécîaiTe ée Kèsaddorf Dresde se rendit

il Frédéric. Auguste III y avait laissé ses enfaas, eil s*efifu}ant à Prague^ Le roi ëlla les voir au palais, les embrassa et eut poilr eux toutes les allentions qu*t>D de-* Tail aUeudre d un prince aussi poli que brave. Rassurant les eîtsjrens alarmés » il fit ouvrir toutes les bouliqiiel» fm*oo avait ferméeBi reçut à sa table tood les miiiisti*^» étmiigeins » fit jèùer u opé^a iidièB » et Dresde tie s'apeN çfit qu'elle était hn poHvoif dd vainqaevr que par les fèies qu'il y donna. C'cLail une étrange manière de prendre possession d'une ville captive. Ce que la France ne dut pas trouver moins étrange ^ "c'est que Frédéric, toujours idlié peu sûr et politique peu scrupuleux ^ lui laissa de nouveau tout le fardeau pair la paix: qu'il conclut peu de jours api^ avec Tiiafiératrice et le roi de Pologne* Par le iraiV de DrHde (S5 décembre) , que subit Marie- Thérèse, comme ïe seul moyen de préserver les états de son allié d'une ruine totale , cette princesse renouvela la cession de la Silésie et du comté de Glatz, auxquels elle avait renoncé par le traité de Breslau. De son côté , Frédéric II reconnut à Marie-Thérèse le suffrage électoral de Bohème , et adhéra & l'éléction de Fi^n(ois L Pendant les négociations d'Etenovré et de Dfesde, qui • devaient rendre le repos au nord de 1* Allemagne, la guerre b'etait poursuivie avec activité dans les Pays-Bas, en Italie et dans les Deux-Indes. Le 11 mai, s'eqgafrea la fameuse bataille de Fontenoy , uû des plus beaux faits d'armes de la valeur française. Le roi s'y trouva en personne avec le dauphin, Sous liii commandait le maréchal de Saxe y dors preaqde moarant d'une maladie delan*gueur , mais qui , ranimant pour ce grand jour ses forces épuisées, déploya sous le poids du mal qui l'accablait ce jïénie de la guerre que chaque année de cette lutte sanglante avait semblé développer en lui avec plus d'éclat. Les ennemis étaient au nombre de âèiOOO eombaltans» Aillais , Hollandais et Autrichiens , sous deux jeunes ^ capitMAcs^ le duc de Cumberlaiid et le pHnce de Wal«-

dcck, impatieDs de se signaler > et sous le vieux comte de KœDigseck » qoi avait fait la gaerre contre les Turcs en Hongrie y et contre les Français en Italie et en AUemugiie. La TÎcloire » long-temps disputée » se décida enfin fiour

les Français. Le même jour, le roi fit écrire à Tabbé de la Ville , son niinislre à la Haie , il ne demandait pour prix de son triomphe que la pacification de lËurope. L'Angleterre fit rejeter ses offres, il fut forcé de cooli-* nuer à vaincre. La bataiUe de Fontenoy fut un événement décisif pour la conquête des Pays-Bas. Avant la fin de la campagne» Tournai» Gand» Bruges» Oudenarde» Den-> dennonde, Ostende» Nieuport , tombèrent au pouvoir des Français ; et » Tannée suivante , Bruxelles , Malines , Loin ai II, Anvers, Mons» Charleroi» Namur, se rendirent à leurs armes viclorieuses.

D'importans événeniens selaient passés dans le nord 4e rAIlemagne et dans les Pays-Bas : il en était de même 'Cn Italie. Le comte de Gages, après avoir repoussé les Autrichiens du Bolonais vers la Lombardie » était allé joindre sur le territoire de Gênes deux corps d'Espagnols et de Français , commandés par don Philippe et le maréchal de Maillebois. L'armée combinée , forte de 70,000 Immmos, ])Til eu quelques semaines Torluue, Plaisaoce, Parme et Fa\ie. Vainqueur du roi de Sardaigne à Bassignano ( 28 septembre) , Gages poursuivit le cours de ses conquêtes parla prise d'Alexandrie» de Valence, d*Asti et de Casai. Hattre du Piémont » il envahit la Lombardie» et le 19 décembre , Pinfant fit son entrée à Milan. Le roi de Sardaigne , ébranlé par tant de désastres , désira la paix. Le 26 décembre , il conclut avec la France les préliminaires de l urin, par lesquels tout le Milanais sur la rive gauche du Pô , et quelques cantons sur la rive droite» devaient lui être adjugés, après la ratification de PËspagne. Hais la reine Isabelle » qui voulait que tout le Milanais fiât donné à don Philippe» protesta contre ce traité. Tandis que Louis XV s*eflbrçait de vaincre Popi» niâlrelé de celte princesse y l'impératrice , délivrée par la paix de Dresde du fardeau de la guerre de Prusse , fit

)raidser en Italie » sous le prince de Lichlensleio , un corps de trente mille hommes dont l'arrivée rendit aux Autri^ chiens ja supériorité qu'ils avaient perdue» et déterminé le roi de Sardaîgne à rompre ses intelligences secrètes avec la France. Les Antricbiens d'un côté, les Piémontals de l'autre, reprirent partout l'avantage. Diminuée par des échecs redoublés, Tarmée française et espagnole fut eutin réduite, par la fatale journée de Plaisance (16 juin 1746 )f à sortir de rilalie. Cette bataille fut la plus longue et une des plus sanglantes de toute la guerre. Elle coûta aux vaincus plus de 8000 hommes tués ou blessés, et 4000 prisonniers. Dans cette triste conjoncture » la nouvelle de la mort de Philippe V augmenta les embarras, de l'armée. On ne savait pas encore si le nouveau roi , Ferdinand VI, ferait pour son frère d'un second maria*,^e ce que Philippe V avait fait pour un fils. Les débris de Tarmée vaincue commencèrent une pénible retraite vers leterritcnre delà république de Gènes, qui naguères, j^ardant les Bourbons comme maîtres de Plialie , était sortie de la neutralité, qu'elle avait gardée jusqu'alors , pour faire cause C( mmune avec eux contre la reine de Hongrie et le roi de Sardai^jne. Vainement Gènes supplia ses alliés de ne pas l'abandonner à la merci du vainqueur, lis continuèrent leur retraite précipitée , les Espagnols vers la Savoie , dont les places étaient encore en leur pouvoir 9 les Français vers la Provence. Alors» dans sa consternation, Gênes s'abandonna elle-même. Au lieu de profiter, pour obtenir au moins une capitulation avanlageuse, des puissans moyens de défense que la nature et l'art lui avaient donnés, elle se hàtad*ouvrir ses remparts à Fennemi» et se soumît à toutes les conditions qu'un vainqueur implacable voulut lui imposer.

En ce temps-là » Louis XV poursuivait ses conquêtes en Fllmdre ; mais partout ailleurs la fortune lui était contraire. Quarante mille Autrichiens envahissaient et désolaient la Provence; les Anglais bloquaient les ports de Toulon et de Marseille , faisaient des descentes en Bretagne, attaquaient les possessions françaises en Asie et en

HISTOIRE GÉ>ÉRALE

Amérique, et nous eoievaieut l'importai) te coionie dn Cap-Breton. Le plus urgent était de sauver la Provence : ie maréchal deBelle-Isle y fat envoyé. N'ayant d'abord à Ba disposition que de faibles ressonrces , il se bofna à une guerre de défense jusqu'au mois de janvier 1747, où , ayanl enfin réorganisé Tarméc d'Italie, ilrepril Toflensive et refoula les AutricLieus sur le Piémont. Ils furent principalement forcés à la retraite par le manque de subsistances» cet écueil ordinaire des invasions. Ik avaient d*abord tiré leurs p^ovirions de Gènes ; mais ils forent privés de ce secmirs nécessaire parla réTûlution sobite et surprenante dtsnt cette ville fut alors lé théâtre. Les Autrichiens y avaient cmdleinent abusé du droit de la victoire. Les Génois, ruinés par d'énormes contributions , voyant leur commtrce anéanti, leof Crédit perdu, leur banque épuisée , leurs ma*;niliques maisons de c ampagne livrées au pillage , les habitans traités en esclaves par ie soldat , n'ayant plus enfin à perdre que la vie, frémissaient Sous le joug et couvaient ces sourdes fureurs du désespoir qui n'attendent qu'un signal pour éclater. Le 5 décefn^ bre 1746 , les Autrichiens tiraient des canons de Ta^sènal, et employaient les habitans à ce travail. Un capitaine ayant rudement frappé Tuii deux qui ne s'empressait pas assez, l'indignation, long-temps comprimée, fit explosion. Ce peuple, qui n'avait pas même pensé à défendre la ville quand les ennemis en étaient loin encoVé» se sôuleva pour les eta chasser quand ils èn étaient les maîtres. Les habitans des vallées, se joigqirent à ceui de la ville » et , après une lutte sanglante de plusieurs jèutis contre des bourgeois et des paysans, neuf réginiens autrichiens se retirèrent ou plutôt sVufuirent jusqu'à Gavi, laissant 4000 prisonniers, près de 1000 morts, avec tous leurs magasins et leurs équipages. C'était pour les armes autrichiennes un affront que la cour de Vienne ne pouvait laisser sans yengeance. Egarée par le resseb» timent^ elle publia contre les Génois (29 mars 11^47 ) un manifeste qui les déclarait rebelles et sujets à toutes lés peines que les lois infligent aux criminels de lèze-majesté.

DU 01X»fiDDin£II£ SIÈCLE. 145

ISHe appuya cette déclaration d'one armée que commandait ce comte de Schulembourg, fameux pour avoir résisté au roi de Suède Charles XII , et pou ravoir défendu Corfou contre rempire ottoman. Etroitement resserrée du côté de la terre , Gênes ne pouvait être secourue que par mer, et la flotte anglaise » qui croisait sur les côtes^ rendait cette chance très-iocertaine. Cependant les galères de Tonlon et de Marseille » échappant à la flotte ennemie» débarquèrent à Gènes cinq miHe Français sous les ordres du duc de Boufflers , digne fils de ce inaréchal de Bouf— flers , célèbre sous Louis XIV par ses vertus, son patriotisme el SCS tàlens. Il ranim.i les coura«:es ébranlés et fit une si belle détense que les Autricbiens levèrent eniin le blocns. Gènes respirait; mais le péril n'était point dissipé. Les Piémontais étaient toujours maîtres des environs» les Anglais de la mer» les Autrichiens des principaux passages de l'Apennin. Le jour même de la levée du Liocus, une mort soudaine et prématurée avait frappé le duc de Boufflers. Louis XV rassure les Génois en leur envoyant de nouvelles troupes et le duc de Richelieu. Après s'être emparé du comté de Nice » le maréchal de Belle-lsle voulut achever leur délivrance par une diversion qui attirât en Piémont les Autrichi^. Il chargea de cette expédition son frère , le comte de Belle-lsle , qui trouva la mort en attaquant les retrancheraens îïlixilles, sur le coi de l'Assiette, avec une héroïque mais téméraire valeur f 19 juillet 1747 ).

Après la déroute de Plaisauce et Tinvasion de la Provence par les Autrichiens» c'était beaucoup de les avoir rejetés au-delà des monts» et de tenir en échec les forces autrichiennes et piémontaises dans les défilés des Alpes. Pendant ces variations de la guerre en Italie , la victoire élail iidèle en Flandre au roi et au maréchal de Saxe. Ce ^and capitaine avait couronné la brillante campaf^nc de 174(i par la journée de Kaucoux {ii octobre), où le prince de Lorraine laissa 12,000 hommes sur le champ de bataille. A chaque victoire, le roi témoignait le désir de la paix. Il proposa aox Hollandais , avec lesquels il

n'était point encore eo guerre directe et déclarée , de sVtt rendre lee médiâtears. « Ils devaient, plus que foute

aiilrc puissauce , presser l'heureux effet de ces disposi-^ lions paeitiques. Un peuple tout commerçant , qui u'était plus ^Mierrier , qui n'avait ni bons généraux ni bons ^Idats , et dont les meilleures troupes étaient prisonnières en France au nombre de 35,000 hommes , semblait n'a-* voir d'antre intérêt qne de ne pas attirer sur son terrain l'orage qn'il avait vn fondre sur la Flandre* La Hollande n'était plus même une pniesance maritime ; ses amirautés ne pouvaient pas alors mettre en raer vingt vaisseaux de guerre. Les régens sentaient tous que , si la guerre entamait leuTf^ provinces, ils serait nt Iok és de se donner un stathoudt 1 , et par conséquent un maître. Les magistrats d'Utrechtt de Dordrecht» de la Brille, avaient toujours insisté pour la iientralité ; quelques membres de la république étaient ouvertement de cet avis. Mais le parti anglais et le préjugé général prévalurent. L'irruption de Louis XIV et Tannée 1672 étaient encore dans les cœurs; oii ne pouvait concevoir la modération de Louis XV , ni la croire sincère. On regard*!!! loutes ses démarelie^ pacifiques et tous ses ménagcmens, tantôt comme des preuves de faiblesse , tantôt comme des pièges. » ( Ko/totr^.) Aussi n'apportèrent-iis puis la franche intention de conclure aux e&ti^étmceê qui s'ouvrirent à Brida entre leurs ministres et ceux de la France et de l'Angleterre. Les Anglais , qui avaient eu des avantages sur mer et qui s'en promettaient de plus considérables, étaient encore moins disposés à la paix. Leurs [ilénipotentiaires entravèrent à dessein la négociation , que le roi , las de perdre le temps en pourparlers insidieux et inutiles» rompit tout-à-coup par une déclaration de guerre aux Etats4iénéraux (17 avril 1747). Son manifeste» par un dernier reste d'égards pour la Hollande, portait qu'il ne regarderait que comme un dépôt les places et les pays qu'il serait obligé d'occuper pour sa propre sùreîé, et qu'il les restituerait aussitôt que les Provinces-l ïties rosseraient de donner des secours à ses ennemis* £u même temps» le comte de Lovi^endal

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Wfûài la Flandre hallandaiie. Au hroil de ses saeeèt

rapides , tout le peuple demande un stathouder. La ville de Veerc en Zélande donne Texemple , bientôt suivi par toutes les autres, et , en peu de jours, Guillaume IV , prince d'Orange, de la branelibe de Nassau-Diest , est «niTerieUement proclamé et reconnu chef du gouverne» ment sous le litre de stathouder héréditaire « de capitaiocb général et d'amird de FUnii^n. Par cette révolutiou » le sCathond^att ne différant réellement de la royauté que par le nom , fut fixé dâQs la laaisiou d'Orange. L'héritage en fut môme assuré aux filles et à leur postérité : car , quelque temps après , on passa en loi qu'au défaut de la race masculine » une iUie serait stathoudior et capitaine-!' j^oéralt pwirva qu'elle &t exercer ces charges par son mari ; et • en cas de minorité « la veuve d'un atathouder dut aymr le titre de gouvernante « et nommer pn prince pour faire les fonetions du stathoudérat.

L'intérêt du nouveau stathouder ne paraissait pas de continuer la guerre dans les commenceuiens d'une autorité qu'il fallait affermir ; mais l'anîmosité contre la cour de France et les anciennes défiances étaient telles , que , le jour même de l'installation du prince d'Orange » un député av^it dit aux Etats^iénéfaux oue la r /jpuftNgws waii hnain fun chef centre im fNHSiîi ambitieux et perfide, qui se jouait de la foi des traités. La mauvaise loi était toute entière du côté des Hollandais « qui avaient traîné en longueur les conférences de Bréda , et surtout du côté des Anglais» qui» dans le temps même de la tenue du congrès» remuaient l'Europe pour faire à Louis XV de nouveaux ennemis. Depuis long-temps ils- sollicitaient la Clarine Elisabeth de mettre à leur solde un corps de troupes rasses. Au mois de juin 1747 , cette princesse conclut avec eux uu traité de subsides, auquel accédèrent quelques mois après les Etats-Généraux , et qui mettait à la disposition de TAngieterre et de la Hollande cinquante galères russes et un corps de 57,000 hommes.

Cependant le roi de France poursuivait ses conquêtes m floUande. Le grand but de ses effi»rts était de preqdrf»

i i8 HlSTOiaE GÉNÉRALE

Masiricht. Cette place importante réduite , il était babie que la Hollande demanderait la paix. Hais une armée nombreuse couvrait k ville; pour en pouvoir former le siège » il fallait une grande bataille et une vietoîre complète. Louis XV livra Cette bataille près de Lawfeld ( 2 juillet ) ; elle fut sanglante cl le roi viclorieuxt quoique sans avantage décisif. L<' duc de Cumberland, retiré sous les murs de Maslricht > empêcba le maréchal de Saxe de l'assiéger. Maison trouva la compensation de cette entreprise manquée dans la conquête du Brabant hollandais et de l'importante place de Berg*op-Zoom ^ regardée comme imprenable » et qui fut emportée d'assaut par un de ces coups hardis où brille l'intrépidité française. Malgré tant de succès, on ne put s'approcher de Maslricht ol rin\cslir. Il fallut réserver cette entreprise pour la

, campagne suivante* Le 15 avril 1748 , le maréchal de Saxe, trompant Tennemi par une habile manœuvre , investit la ville à la vue de près de SO^OOO hommes qui ne peuvent s'y opposer. La prise de Berg-op^-Zoom « le danger de Maslricht, dont la conquête ouvrait un chemîa au cœur de la Hollande, semhlaient menacer la républi-i que de désaslres plus grands que ceux de l'annet' 1572, Elle inclina enfin à la paix, malgré l'approche des Russes, qui des contins de la Livonie s'étaient acbemioés vers le Rhin et étaient déjà en Franconie. L'Angleterre » voyant le péril, de son alliée» et ayant d^àilleurs atteint par se» succès^maritimes le grand but qu'elle se proposait dans cette guerre, la ruine de notre commerce et Fanéantlsse-^ ment de uolre marine, cessa d être sourde au \(jcu de pacification générale, tant de fois manifesté par la France.

■ Un congres s'ouvrit à Aix-la-Chapelle enlre toutes les puissances belligérantes. On préluda à la paix par une suspension d'armes dans tous les Pays-Bas » excepté quant au siège de Mastricht, qu'il fut libre au maréchal de Saxe de continuer » et qui se termina le 7 mai par la capitulation de la place. Quoique Louis XV , victorieux sur terre, eût déclaré qu'il voulail laiic la paix, non en marciiand» mais eu roi» et qu'il oflrîl la restitution de

BU DiX-HUmÈMB SIÈCLE.

toutes ses conquêtes sans demander de dédommagemeDs, la complication des intérêts divers prolongea la négociation jusqu'au mois d'octobre suivant. Par le traité d^Aiœ^ la-Chapelle, la France restkoa les Pays-Bas à la maison d*Autiicke ; Berg-op-Zoom et Mastricht aux HoUandaisr; ^ Savoie et le comté de Nice ao roi de Sardaigne. En retour de ce» restitutions , Louis XV obtint pour l'infant don Philippe, son gendre, les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla. Le duc de Modt-no tut remi«; en possession de son état qu'il avait perdu pour avoir pris les intérêts de la France. La république Gênes fut réintégrée daus toutes le» places et terres qu'elle , possédait ayant la guerre. La France, protectrice si généreuse 4e ses aUiés, ne stipula pour elte-mêrae que la restitution . du Cap-Breton, et, par une clause unii[ueraent destinée à ménager l'orgueil de Louis XV , le maintien des fortifications de Dunkerque du côté de terre. A la vérité , ce qui importait aux Anglais, dont le commerce avait beaucoup souffert de la part des armateurs de Dunkerque » èt qui , dans leur^ colère , avaient dit qu'ils voulaient faire de cette ville un hameau de pêcheurs , c'était de détruire les fortifications du port, lis insistèrent pour qu'elles fussent rasées. La garantie de la succession au trône de la Grande-Bretagne, déjà stipulée par le traité de la qucKlriiple alliance, fut renouvelée par celui d'Âixrla-Cbapelle* j|insi que celle de la pragmatique-sanction autrichienne , sauf les cessions déjà faites par Marie-Thérèse , au roi de Prusse de la Silésie et du comté de Glatz^, au roi de Sardaigne d'une partie du Milanais , cessions qui furent garanties *par toutes les puissances intéressées au présent traité. Ainsi l'Europe se trouvait remise à peu près au même état où elle se trouvait avant cette lutte longue et meurtrière. « Depuis que l'art de la guerre s est perfec«> tionnéi depuis que la politique a su établir une certaine balance de pouvoir entre les souverains^ le sort commun des plus grandes entreprises ne produit que rarement les effets auxquels on devrait s'attendre; des forces égales 4es dcu\ côtjès , et l'alternative des pertes et des succès^

font qu*k k fia de la guerre la plus acharnée les ennetiift

se trouvent cbaciui à peu près daiiâ Tétat où ils étaieul ayanl de l'entreprendre. L'épuisement des finances produit enfin la paix , qui devrait être l'ouvrage de l'humanité et non de la néaeaûté. » (Frédéria II, m$L de' Mùn Temps),

« Après eetta paix» la Franae se rétablil faiblèmeni. Alors TEarope chl^tienne se trotta partagée «itre deiix grands partis» qui se ménageaient Vnn Tantre» et qiti.

soutenaient chacun de leur côté cette balance, le prétexte de tant de guerres, et qui devrait assurer une étemelle paix. Les états de impératrice et une partie de l'Ailefmague^la Russie ,^ l'Angleterre, la Hollande, la Sardaigne composaient une de aes grandes factions. L'antte était formée par la France i TÈspagne » les Deu^-Siciles » la Prasse t la Suède* tontes les piiissaB<^es restèmnt années, et on espéra un repos durable , par la crainte même que les deux moitiés de l'Europe semblaieut iuspirei TuueA l'autre*. » {Siècle de Louis XV).,

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