SECTION IV
hmoDoeik U^. dé Poai|NidiMir.x--Hi«tDlre extérieure de là Frande^ dqnii8ktrulëd*Aix-èt<%apelle, jiiscpi'àQeitt et d'Hnhert-^^
sbomg* ( 1748^. )r-Giia9e de segi ans*.
Ce repos si nécessaire ne fut que de sept années , pendant lesquelles l'Europe épuisée reprit haleine; puis, les ambitions, s'agitant de nouveau i rallumèrent le ieu toujours mal éteint des disaordes européennes t et les. peuples furent encore dévoués au carnage et au eaiamfr-tés. Hfttons^nous d'acbever le récit monotone de ces dé*, sastres, après avoir eflleuré le tableau des turpitudes qui souillaient, en ce temps^là , la cour de France. Louis XV» dans la dernière guerre , avait montré quelques éclairs de bravoure royale et obtenu quelque gloire militaire ;
Mis il l'avait promptement saii# dîfia Les plus bwtau^
DU BIX-HiriXIÉlIB SràLB. t5i
jt^réglemaiis. A 1« duebeise de GkAteannm avail tme^ cédé, dant sa favevr, la fille du beocfaer Poissoii. La
marquise de Pompadour ( c'était le nom dont le monarque avait décore la nouvelle idole) Tavait captivé par ses artifices. Elle prit un pouvoir absolu sur le roi et sur le royaume » et ce poaYoir survécut à Tamoar éteint. indif-« (éraite à la tendresse de I^uis » pourva qu'il hissât le sceptre dans ses Buias» elle le donina p«r> le mèm» moyen qu'awt employé le vil Dubois ; elle ponirut à soa libertinage et présida à ses désordres. Par ses soins ou avec son a\ eu , se forma pour le roi très-chrétien ce sérail infâme dont l'ignominie manquait à la régence; ce séminaire de débauches ouvert à des beautés obscures que la favorite livrait à la lubricité du maître sans craindre de^ l'en faire des, lirales : adieux établissement où le yke^ était soudoyé à grands frais » et qui, diUDtadans sa trop^ réelle et trop longue existence , absorba plus de cent millions. Floiigé dans cet abîme de corruption^ le roi abandonnait à la marquise le pouvoir suprême. Maîtresse du trésor par le fatal usage des acquits au comptant , billeis acquittés sur la simple signature du monarque sans spécification du service auquel ils. étaiait afl^tés ; rivant par fl€S agrémens personnels et par une certaine élégance de manières la bassesse de sa nmssanee; encourageant le^ artistes el les écrivains ; secondant les réputations nouvelles; afleclant de répandre sur de pauvres filles , sur des > ieil}ards infirmes, les largesses de son opulence, elle régna par la puissance de For ^ par le prestige des lettres et des arts^ par- les suffrages des ambitieux et par un cbarlalanisaie assez hdnle de bienfaisance et d.e pbitoso-^ |diie. Mais il lui était difficile de donner le cbange à Topinion publique sur le scandale de son élévation et sur Fopprobre du roi. Louis XV devenait un objet de mépris et même de haine ; et une émeute séditieuse du peuple de Paris ( 1750) lui apprenait qu'il n'était plus le Bien^Aimé, Xel était Tétat. de la cour de France kn-squ'éclata la. gnerre nouvelle.
La pdU d'Aix-la-ChapeUe ayait désarmé les Anglais eb
mSTOIEE GÉNÉaALS
les Français, mais non détrait leor étemdle rivalité. Cat Grande-Bretagne s'était consolée de notre prépondéranee
conlinentale par la ruine de notre marine : mais lorsqu'elle vit les efforts extraordinaires de la cour de Versailles pour la rétablir; lorsqu'elle snt qu'il y avait unplan arrêté au ministère de la marine pour fabriquer , dansFespace de dix an&» cent onze. vaisseaux de ligne ^ cinqoante-quatie frégates, et un nombre proportionné de petits bfttimens» elle craignît de noBTMu pour sa supériorité maritime , ce sujet constant de. son intraitable . jalousie , et ne chercha plus qu'un prétexte de rupture pour prévenir qette résurrection djes forces navales de la France.
11 existait entre les deux nations des différends, laissés indécis parla paix d'Aix-la-Chapelle, sur leurs possessions, respectives en Amérique* L'Ile de Tabago , la plus orien- . taie des Antilles » était un des. points de litige. Jacques» troisième duc de Couriande(mort en 1483)» avait une. marine nombreuse, qu'il employait à faire des déeon-» vertes et un commerce cou^idérablo en Afrique et en Amérique. Dans une de ces expt^dilious , les Courlandais s'étaient mis en possession de l'ile, alors déserte» de. Tabago j et l'avaient cultivée avec succès. L'état florissant de cette colonie tenta l'avidité des Hollandais. Deux habitans de la Zélande , les frères Lambsten ^ conçurent le projet de. s'en emparer* Pour se ménager une protee« tion puissante » ils offrirent à Louis XlV 'de t^ir l'tle, çomme un fief de la France ; le roi accepta leur proposi^ tîon, et créa l'un d'eux baron de labago, dont ils par-» vinrent à se rendre maîtres par la ruse et par la violence. Le duc Jacques» après, d'inutiles, réclamation s auprès des.. ' £tat&4iénéraux , s'adressa au roi Charles II, et consentit» par un traité du. 28. novembre. 1664 » à tenir l'Ile de Tabago à titre de concession de la couronne d*Angleterre^ s'il lui en procurait la restitutimi. Les Etats-Généraux' n'eurent pas plus d'égiird aux requêtes du roi qu'à celles du duc» et les iloilaudais restèrent en possession de Ta-. luBgo, qui était une des îles les plus ilQrissante& du Nou-^
BU DIX>-BUrriÉME SIÈCLE» fô^.
veaa-Honde» lorsqa'en 1678 le maréchal d'Estrées s'eD. empara , en fit un désert et rabandonna. Depuis ce tempe.
elle fut toujours regardée coaime un terrain neutre entre, la France et rAngklerre ^ jusqu'en 1748 , où il s'éleva des discussions à ce sujet. La nouTclle de la paix n'était pas encore parvenucen Amérique^ lorsque le gouverneur de l&Bafbade publia une oidoiinance par lacpdle il attrt* bnail à. Georges II la sonveraineté de Tabago, Le gouver^ neuF de la Martinique protesta contre cette ordonnance. Tel fut le premier germe des discordes nouvelles qui divisèrent les. cours de Londres et de Versailles. L'article 9 du traité d'Aix-la-Chapelle fournit iiialière h une autre dispute. Cet article avait ordonné la restitution des conquêtes, faîtes eu Amérique, pendant la guerre , en ajoutant que toutes, choses seraieni rendues telles qu'elles étaient ou dewiimt. éire sYmkt les hostilités. Ces terme» vagues , devaimU être, servirent de prétexte aux deux peuples pour entreprendre Tun sur l'autre dans les contrées septentrionales de l'Amérique , dont les limites n'avaient jamais été réglées par des traités. La principale eoDtestatioase rapportait aux limites de l'A^adie ou Nouvelle-Ecosse* Far le traité dlUtrecht» cette province avait été cédée aux Anglais.» confarméiMM h$ anciennes Umiiêê. Mais fpielles étaient ces anciennes limites? c'est ce que , par une étrange inadvertance dans un traité aussi solennel , on avait omis de spécifier. Du reste , il est à croire que les véritables limites de ce pays étaient inconnues» et que l'intérêt des deux puissances les fixait d'après leur convenance réciproque. 11 existait enfin un troisième sujet de dispute touchant la souveraineté des rives de. rohio , qui, selon les Anglais , appartenaient k la Vii^i* nie 9 et » selon les Français , à la Louisiane. Des confé*renées ouvertes à Paris , pour arranger ces différends , entre des commissaires des deux nations , traînaient en longueur depuis cinq années , lorsque les Anglais, voyant l'activité déployée dans nos ports pour le rétablissement de notre marine qu'ils croyaient ruinée sans retour, ^nunèrent la négociation en commençant les hoslililés^
SISTOIBE QÉlfÉRAL»
( 1755 ). Par un procédé barbare dont le cabinet de Lmk drei s*^9t plas d'uoe fois readu coupable , ramîral Botca*^ wen, sans aucme déclaration de gserre» eaptnra deux
navires français à la bauteur de^Vlle de Terre-Neuve. En ' même temps, les corsaires anglais nous inli vèrent plus, de trois cents vaisseaux marchands, portaiil huit mille matelots et de riches chargemens. 11 était de la politique de TAngleterre de distraire les Français de la défense de leurs colonies par une goerre continentale. Q était de cell» de la France d'éviter celte guerre où eUe ne ponvait fairo que peu de mal à la Grande-Bretagne » et de se borner k des opérations maritimes. Mais le ministère français sueconiba à la tentation de conquérir le Hanovre , et s'engagea imprudemment dans une guerre déterre, qui bientôt Tentraina plus loin que sans doute il n'aurait voulu , et absorba toutes les forces de la France.
Le système des aliiancea earopéennes avait cbangésouvent dans la guerre précédente. U fut de nouveau^ bouleversé par ceUe-ci. Dès le premier indice des diésseina. de la France sur le Hanovre , Georges H , pour couvrir sou électoral , avait demandé à Timpéraliice-reine les secours qu'il était en droit d'exiger d'elle , soit comme ancien allié, soit comme garant de la pragmatique. Mais » au mépris des services rendus et de la foi des traités ». cette princesse» que son principal ministre» le comte de EannitE ^ disposait depuis long^empa à une étroite iiaisoa avec la France, ânda les demandes de Georges» 8on& prétexte qu'cUe était menacée d'une invasion de la part du roi de Prusse, si elle envoyait ses troupes dans la Basse-Allemagne. Ce refus cha^igca la politique du roi d'Angleterre : on prétextait la crainte du roi de Prusse pour lui refuser un secours légitime et nécessaire ; il le demanda à ce monarque et mit le Hanovre sous sa protection par le fimi^ da TFaimitnsler ( 16 janvier 1756 ) ^ qui avait pour but d*empécher Fentrée do troapea étrangères dans l'empire. Louis XV venait d'envoyer le duc de Nivernoisà Berlin pour renouer les précédentes liaisons de la France et de la Prusse. Averti de celles que Frédié-.
tic avait prises avec TAngleterre ^ et cédant à madame de Pampadour, dont un billet flatteur de Timpératrice avait enivré la vanité jusqu'à faire croire à la bourgeoise Poissoa qu'elle était Tamie et presque l'égale djd Marie-^ Thérèse , il se détermina à ralliauce auirichieane» et le uraiiédê VmmUèê (mai 1766) , par mi sondaiii renyersèment de FaBCteikiie politique » viiil les maisoiis de- Lorraine et de Bourbon (1). L'année précédente , mii traité de subsides avait été conclu entre la Grande-Bretagne et la Russie. Frédéric s'était flattt^ que sa liaison avec la cour de Londres le rapprocherait de celle de Saint- Pétersbourg : ît fat trompé dans son ajtteate. Par des* sarcasmea iudiscteta^ ce prinee natnrdlameiit caustique ayail offemié Timpénitrice^ L*amoor-*propre d'Elisabeth idt irréconeiltable» et ^ renonçant aux silbsidesde Londi^ea plutôt que de pardonner à Frédéric, elle accéda au traité de Versailles par la convention de Pélersbonrg ( 51 décembre 1756), et conclut mégie secrètement, peu de temps après, une alliance particulière avec la cour de Vienne contre le roi Prusse. L'Angletme perdait le secourt de la Russie : elle crut ponyob compter avec plusde e^rttrnAe «nr eehii de la HoUande. Elle le réclama , d'après les anciens traités. Mais une déclaration mena^ . çante de Louis XV intimida les Etats-Généraux, qui se prononcèrent pour la neutralité.
Ainsi la France et T Angleterre se disputaient les alliances peur la guerre future. Elle n*était pas encore déclaréeV ler8qiie»,le Mt avril 1756, trois cents bâtimens de trane» port » escortés de dix^'Sept vaisseanx de gncarre et portant o5,000 hommes commandés par le maréchal de Riches lieu , sortirent du port de ïoulon. On avait feint le projet .i ' .111,,., 1 ■ , .11. — ^ ^
( i) « Aussitôt que le traité fiH coniMi y TâppUiudissemeDt Fut général. Ce fut
un^ espèce» frîvresae , qui au^enta encore par le chagrin que le?* Anglais en Biontr< rcnt : ciiacun s imagina que l'union des deux premières puissances ucndrait louie l Europe en respect... Peu s en fallut que l'académie ne donnât , pour sujet du prix de vers , le traité entre ]< s ileux (oura... Depuis Ifs minislrej» jus- ^a'a.ax derniera sou^-ordres, loub voulaient avoir coocuuru au traité... Let Ifl^ (ml bi0B,cbaiigé depx»$ . » ( Mémoir$M <k Dueh* ) •
t5ft HttTOBKB OÉRÉRALB
d'une descente en Angleterre, (icorges II, croyant se», rivages menacés, avait tait venir une armée d*Hanovrieus. et du Uessois pour les défendre. Mais l'expédition française était dirigée contre Minorque , dont la possession » autant que celle de Gibraltar, donnait aux Anglais Tempîre de la Méditerranée. Le 18 ayril » le dac de Richeliea débarqua dans cette lie» et » trou jours i^rès» occupa Pùrt^Màhon, Les Anglais s*étaieiit retirés dans le fort St. -Philippe , regarde jusqu'alors comme inexpugnable. Une flotte anglaise , sous les ordres de Tamiral Biug , tenta de le dégager ; mais elle fut repoussée parla flotte française , que commandait le marquis de la Galissounière» échec qui blessa si vivement Torgueil britanaique, que le malheureux Bing fut traduit devaut une cour martiale et condamné à être arquebusé. Investi par terre et parmer, le fort St. -Philippe semblait ne pouv<mr céder qu'à la famine ; mais un assaut , plus audacieux encore que n'avait été celui de Berg-op-Zoom , le mit au pouvoir des. Français f 2 S juin).
La déclaration de guerre entre les deux puissances avait suivi de près Tinvasion de i'ile de Minorque. Presque en même temps» une autre guerre» dont les motifs étaient différens» mab qui se confondit avec la première » éclata en Allemagne. Frédéric H craignait les effets de l'étroite correspondance établie entre les cours de Vienne, de Dresde et de Pétersbourg , qui avaient chacune leurs griefs contre lui. Ne doutant pas de leurs projets hostiles, il résolut de prévenir ses ennemis , et, sans alliés que TAngleterre et le landgrave de Hesse » il osa engager la lutte contre les forces de la maison d'Autriche, de la France, delà Russie et de la moitié de l'empire. U envahit d'abord la Saxe , pour s'en faire un rempart contre la puissance autrichienne et un chemin pour aller jusqu'à elle. Une partie de son armée marche sur Leipsick et s'en empare. Il se présente en personne devant Dresde , d'où Félecteur se retire à son approche ; il y entre en maître et sous le nom de prolecteur. Ayant fait ouvrir les archives il enlève et publie les dépêches originales qui prouvaient
bu Bix*HDn:i£tf£ siècle. lot
W ^jet cotacerté entre les eoan d* Autriche» de Saxe el de Russie» de partager la monarehie prassienne : projet » à la vérité , purement éventuel , qui supposait le cas d'une guerre suscitée par le roi de Prusse, et dont H n'était peut-être pas moins dangereux de prévenir que d'attendre l'exécution , par elie-méme incertaine et pro^ blématique.
Augmié III ^ qui n'avait fait aucuns préparatifs hostiles et dont le pays était presque sans, défense» s'était flatté qu'on le traiterait en neutre. Pour reconnaître sa neutra-*
lité , Frédéric 11 exigeait qu'il licenciât 17,000 lioinmes qui composaient toute sou armée, et qu'en sortant de Dresde , il était allé joindre dans le camp retranché de Pirna. Sur son relus, le roi de Prusse le bloqua dans «ette position : ce qui retarda ses opérations pendant plu-* sieurs semaines» et donna à l'impératrice-reine le temps de rassembler ses forces et d'appuyer d'une armée le manifeste de son conseil aulique, qui, au bruit de T invasion de la Saxe , avait déclaré l'agresseur rebelle et perturbateur de la paix publique. Frédéric répondit à ce manifeste , en allant ckercher les Autrichiens aux frontières de la Bohême bt en les battant à Loumitz ( 1". octobre) : iq»fès quoi»* il revint presser le blocus de Pirna » où Parm^ Saxonne se rendit prisonnière. Les soldats furent incorporés dans les régimens Prussiens ; les officiers s'engagèrent, sur leur bonneur, à ne plus servir contre Frédéric, durant cette guerre. Auguste 111 se relira en Pologne avec des passe-ports et des relais donnés par le vainqueur , et celui-ci demeura maître de toute la Saxe. Mais l'invasion de cette contrée souleva contre lui un terrible orage. L'impératrice-reine» le corps germani-que , la France , la Russie et la Suède s'armèrent à la fois contre la Prusse. La France qui d'abord s'était bornée à faire uiarcber vers les frontières d'Alb^nagne les secours stipulés par son alliance avec la cour de Vieuue , déclara qu'elle regardait l'entrée des L'russiens en Saxe comme une violation de la paix de Westphalie dont elle ' était garante» et» agissant dès-lors comme partie princi-
t5S )aisTOiHË génëaàlb
pale, die envoya trois poisMnles armées en AUemagttèt rane en Westphalie 8diii le maréchal d'Estrées , TanCre vers le Haat-Rhin sens le maréchal de Richeliea p et la troisièm vers le Màn «eus le prince de Seabise. En même tem|»s, ses actives négociations entraînèrent la Suède dans la querelle» et, par la convention de Stockholm (21 mars 1757) , Adolphe Frédéric déclara sa résolution de joindre ses eil'orls à ceux de la France et de T Autriche pour le maintien da traité de Westphalie. L'impératrice Elisabeth accéda an mois de novembre à cette couve»* tion par un acte empreint d'tme violente inimitié contre le rm de Prusse qu'on y quali6ait de perturbateur du repos des uni ions. Outre les forces des quatre couronnes , Frédéric eut à combattre celles du corps germanique , qui . dès le 17 janvier , avait décrété qu*il serait formé une armée d'exécution. Cependant , quoique d'abord faiblement secondé par l'Angleterre» le conquérant de la Silésie fit lace à tous ses ennemis et soutint héroïquement cette lutte inégale.
Tandis que les Français occupaient les duchés de Gueldre et de Cléves, la plus grande partie de la Westphalio et le Laudgraviat de Hesse-Cassel, pays allié de la Grande* Bretagne , Frédéric se porta en Bohème , et gap:na surlo prince Charles de Lorraine (6 mai) la sanglante bataille de Prague. Le prince, s*é(antjeté dans la viUe avec quarante mille hommes , y fut bloqué plus de deux mois. Il allait être forcé de capituler* manque de vivres. Hais une nom» breuse armée , sous le maréchal Daun , s'avance pour le dégager. Frédéric court au devant de cette armée. S'il la dissipe , Prague se rend à discrétion , et la Bohême est en son pouvoir. La journée de Koh'n (18 juillet) froiiipe î,e^ espérances. Vaincu dans un choc furieux , après sept assauts inutiles pour déloger les Autrichiens d'une forte position qu'ils occupent» U se retire en Silésie» poursuivi par le prince Charles qu'il croyait tenir à sa merci queU ques jours auparavant. Peu de temps après (30 a<^t), un de ses lieutenans , le maréchal Lehwald, fut délait à Jivgerndorf par le général russe Apraxin. De leur côtét l^s
Suédois s^emjMffaient de ptasiears plaçai eù Poméranie*
L'autrichien Haddiek mettait Berlin à contribation. Le maréchal d'Ëstrées battail près de Ilastembeck (2i juillet) le duc de Cumberiand et l'armée hauovrienne. Successeur 4e d'£sirées privé de son commandement par une intrigue de cour éaoi le temps qu'il gagnait une bataille , le défenseiff de Génea , le yainqueur de Mahon ( 1 ) , Richelieu conquit rapidement la plùs grande partiedes étatadeBrunswicK et d'Hanovre , poussa le duc de Cumbeiland jusque dans le pays de Bremen , cl le força de capituler avec toute son armée qui , par la convention de Closterseven (8 septembre) , fut obligée de se rclirerau delà de 1 Libe et de laisser le champ libre aux Français contre le roi de Prusse. Enveloppé d'ennemis de toutes parts t ce prince paraissait alors si près de sa ruine, que le conseil aulique déclara qu'il avait encouru la peine du ban de l'empire et qu'il était privé de tous ses fiefs, droits, privilèges, etc. Voisin de sa chute > il se releva lout-à-coup avec éclat. Une armée fram aise commandée parle priricc (h* Soubise, s'était jointe à l'armée d'exécution pour faire en Saxe une diversion en faveur de Timpératrice-reine. Frédéric (5 novembre) la met dans une déroute complète près de koêbach 9 nom long-temps odieux à la France, Ensuite » il vole en Silésie où il bat les Autrichiens qui , vainqueurs du prince de liévern, s'étaient emparés de Scbweîduilz et de Breslau.
Encouragés par les succès du roi de Prusse , les Hano-
vriens , sous prétexte que le ministère français diflérait
de ratiifier la convention de Closterseven dont certaines
clauses lui déplaisaient» déclarèrent qu'ils s'en tenaient
pour affranchis, William Pitt (2), replacé par une révolu- «
( 1 ) Le brigandage qu'il exerça dans celte guerre lui valut uo titre moins illustre. Ses soldats, témoins et imitalears «le set nqnne», ne le nommaient
enlr eux que /»t'/'e La Maraude.
( 2 )« Son éloquence cl son qonie ( levé le rendaient l'idole de sa nation; c'était la meilleure tète de I Angleierre. Il avait subjugué la chambre basse par la force de la parole ; il y régnait , il en élail , pour ainsi dire , l'âme. Parvenu ^u liiuun des ailaire» , il appUqua toute l'étendue de son génie à rendre &a pairie
miSXOI&E GÉNÉRALE
tion minisférieUe à la téte des affaires, fit annnller cet
engagement qu'il regardait comme l'opprobre de la Grande-Brelaj;iie, demanda à Frédéric le prince Ferdinand de Brunswick |iour général de Tarmée lianovrienne qu'il fortifia d'un corps de troupes anglaises , et assura un subside de quatre milUonsd'écas au roi de Prusse, qui Voyait les trésors amassés par -son père et par Ini-iiiêoie s'engloutir rapidment dans une guerre mineuse.
Au même temps que l'Angleterre resserrait son alliance avec la Prusse , le Danemarck se joignait à la ligue auliprussienne. Mais il ne prit point une pari active à la guerre, et son accession n*oiit aucune influence sur les événemens. il y eut partout comme un flux et rellu]t de bonne et de mauvaise fortune, et la guerre devait flotter long-temps encore dans cette sanglante alternative de revers et de succès meurtriers. Ranimée par les se* COUTS de l'Angleterre et par les talens du prince de Bruns* wick , l'armée Hanovrienne chasse les Français des pays d'Hanovre , de Hessc , de Brunswick et d'Ostfrise. Ferdinand défait près de Cr éveil (23 juin) le prince de Glermont , malheureux successeur du duc de Richelieu dont il perd toutes les conquêtes. La guerre s'approche des Pays-Bas» qui semblent devoir en être désormais le théâtre. Tout-à-coup une diversion des Français dans la Hesse la reporte en Allemagne. La victoire du duc de Broglie sur les Hessois à Sandershausen (23 juillet ) rapelle des bords du Rhin le prince Ferdinand qui se porte sur Muusler ])our protéger le Hanovre. Une autre défaite des Hessois par le prince de Soubise près de LuUernbourg devait, selon l'apparence , donner un avantage décisif aux Français ; mais » à la fin de la campagne , le cours des hostilités les a rejetés hors de la Hesse vers le territoire de Francfort . où ils prennent leurs quartiers d'hiver*
la dominatrice des mer» , cl , pensant en grand homme » il fut indigné de la cou- T^ntioD de CloAterSe^en » qu'il regardait comme l'opprobre des Anglais. Ses premiers pas dans sa nonvelle carrière leodirent tons à faire at>oUr jusqa à la mémoire de ce traité hooteux , etc. » (Frédéric II » Hùaoire de la gut rre de sept ans).
DU DIX-BI7ITiÉlfE SIÈCLE. IGl
))e son côté» Frédéric» ayant cliassé les Autrichiens de "Sehweidoitz » seule flace qui leur restât en Silésîe» porte la guerre en Moravie «t assiège Olmntz en présence du maréchal Daun et d'une armée autrichienne. Mais le
défaut de muDitions , la p^rtc d'au convoi coiisiilérable et rapproche d'une armée russe robligent de lever le siège après deux mois de vains efforts. Le vainqueur de Jaegeradorf » -Apraxin , au lieu de pousser ses avantages, s'était retiré vers la Pologne et la Courlande» où le chancelier Bestuchef , sollicité par legrmid-duePierre » Tadmiratenr de Frédéric 11^ avttt retenu l'armée russe dans Finaction. Mais , sur les iostaiices pressantes des cours de France et d*Au[riche,, Timpéralrice, au commencement de 1758, avait repris la guerre avec vigueur contre le roi. Les Kus5es> sous le général Fermer , ayant réduit Kœnigsbei^ t s'étaient avancés jusque dans la Poméranie «t la Nouvelle- Marche, ils -asMégent «t bombardent Custrin; Frédéric marche au recours de ia place> et, malgré la supériorité de l'ennemi, lirr^^-aux Russes la longue et sanglante bataille de Zomdorf, qui coùlc la vie a plus de 50,000 hommes (25 août). Mais à peine a-t-il délivré Custrin et repoussé les Russes , qu'il lui faut porter la main ailleurs, 11 vole en Saxe-« ou rappelle le danger du priuce Henri » son frère, vivement pressé .par le maréchal Daun et par Tarmée de l'empire. Attaqué en Lusace » près de UtHik* Kiréhen, dans une position désavantageuse , Frédéric » après une lutte acharnée , abandonne son camp , ses bagages et cent pièces de canon. Malgré cet (cIh^c, il rallie ses troupes à une lieue du champ de Lalailie ; iorliiié de celles du prince Henri, il entre en Saxe, délivre Leipsick investi par Tannée des cercles , Dresde menacé par le marchai Daunt et force les alliés à sortir de rélectorat»
Cependant la position du roi de Prusse derenait de
jour eu jour plus difficile. Elle s'aggrava encore par l'élévation du dm de thoiseuî au ministère de France. Ce ministre , personnellement attaché aux prin( es de la maison de Lorraine » conclut avec rimpérathce-reine (30 dé-
)6i . mstOiaB G&NiBALB
cembre 1758 ) , un traité plus étroit encore qne les précédens, «t qui conyertiflsait en alliance oBensiye Tal^
liaiico (U'feiisivc de 1756. Ainsi» une animosité de |)lusi(nirs siècles faisait place au concert le plus intime, et , changeant d'objet , se tournait , au grt des passious du moment, contre la maison de Brandebourg. Dans celte étrange situation des choses , la campagne de 1759 s'on- Trit avec une fureor nouvelle* Elle ne fut pas heureuse pour le roi de Prusse.
Dans la Basse Allemagne» mêmes Ticissitudes que Tannée précédente. Le prince Ferdinand est battu à Ber^ gen (15 avril) parle duc de liro^Ue, qui, avec le maréchal deConlades, pénètre jusque dans la Hesse et s'empare de Minden , de Cassel et de Munster. A son tour , Ferdi* nand hat le maréchal de Contadesprèsdeiftiufen(l*'. août); les Français, chassés de la Hesse , reprennent leurs eau* tonnemens près de Francfort. De son côté» Frédéric , trop inférieur en forces » se tient d'ahord sur la défensive» et temporise. Mais les Russes, après avoir défait le général \V ('(le) à Zulliehau (25 juillet) , ayant pris Fraiiclort sur rOder et meîincr'mt !$( rlin . le roi vient leur présenter la bataille près de Kunnersdorf (12 août). Les Russes et les Autrichiens, réunis sous le général SoltikofT, forment une armée de près de 100,000 hommes : Frédéric n*en a pas la moitié. Avec une intrépidité héroïque » il charge plusieurs fois à la fête de ses troupes. Mais enfin , déses* pérant d'arracher la victoire après des efforts inouis , ayant eu deux chevaux tués sous lui et ses habits percés par les balles, il cède au nombre et se relire , laissant sur le cbamp du combat 18,000 morts et presque ioule son artillerie. C'en était fait de lui» si» plus habiles à profiter de leur avantage» les vainqueurs» ne lui eûs^ent donné» par la mollesse de leurs opérations » le temps de réparer ses pertes. L'armée de Tempire , sous le prince Frédéric de Deux-Ponts , était rentrée en Saxe , et les principales villes, Leipsick, Torgau , Wittemberg, Dresde même, s'étaient rendues. Le roi , dans la saison déjà avancée , entreprend de recouvrer Téiectorat» et» à la fin de la
BIT Diii-ipjimim sïÈcix. 165
rampagne, il en a repris possession, a l'('xcepUoii de ia capitale, succès balancé par le malheur du général Fiuek, que le maréchal Daun avuit fût prii^oQuier avec un corps de 10,000 hommeB*
Ed 17ëO 9 le maréchal de Broglie envahit de nouveau la Hesse et pépètre dans le Hanovre^ Le prince héréditaire de BrttDswick est battn à Ca^bach par le comte de St.-p liermain ( 10 juillet ) , par le marquis de Castries à ClosUrcamp , lieu fameux par le dévouement de d'Assas (16 octobre). Le siège de Dresde entrepris et levé par Frédéric , la reddition d'un corps de 8000 Prussiens près de Laodsbut , la conquête du comté de Glatz par le général anlriehien Laudon , la défaite de ce général par le roi de tmm à LiegniUt ( 15 août ) , Berlin mis i contribution par un corps de Rosses et d'Antrichiens , la sanglante bataille de Torgau entre le roi et le maréchal Daun , sont en Saxe, en Prusse et en Silésie» les faits principaux de cette campagne. Colle de 1761 n'offre rien de mémorable dans la Hesse et sur le Bas-Rhin. Sur Paulre théâtre de la guerre , elle n'est pas plus féconde en grands événemens. Le roi de Prasse se \wi sur la di^fensive , et évite de commettre an sort d'une bataiOe le destin de ses états affaiblis par de longs et cootinoels effcMrts.
Ceux que la France avait faits pour la guerre contint niale avaient ralenti ses opérations maritimes et donné aux flottes de ia Grande-Bretagne une immense supériorité. Presque toutes les colonies françaises étaient tombées au pouvoir des Anglais (Voyez l'histoire des colonies) . Aux Indes « Us s'étaient emparés de Chandemagor en 1757 , de Pondichéry et de Ibhé en 1761. En Afrique > ils avaient conquis le fort St. -Louis du Sénégal et l'île de Gorée; en Amérique, tout le Canada, Tile Royale, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, ia Grenade, St.-Vijiceat» Ste«4^ocie et Xabago. Énûn, ils avaient anéanti le commerce et la marine de la France. Dans cette gqiem malhenrease* die avait perdn trente-trois vaisseau de ligne et soixante-quatorze frégates.
Ce Alt après tons ces revers que le duc de Choiseul ,
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pour balancer la jneimiitlerance anglaise, conçut le projet <lo réunir en faisceau les diverses branches de la maison de liourbon , et de n'en former , pour ainsi dire , par leur iotime union » qu*une seule et même puissance. Le 15 août 1761 , fut «gné à Paris le célèbre pacte de famille, desliaé à réaliser ce plan et à établir aoe étroite solidarité eotre les Bourbons de France» dISspagne et d'Italie^ Quoiqu'on le tînt d'abord secret , l'Angleterre en eut connaissance et en demanda communication à la cour de Madrid. N'ayant pu l'obtenir , elle déclara la guerre à l'Espagne f^ i janvier 1762). Jusqu'alors le Portugal était demeuré dans la neutralité. La France et l'Espagne avaient le plus grand intérêt à l'en faire sortir. S'il prenait parti contre les Anglais , leur commerce en recevait un pihéjadice considérable. S'il se déclarait pour eux 4 il ouvrait ses provinces à l'invasion espagnole , et l'on savait que l'Aiii'lclerrc rendrait volontiers la meilleure partie de ses coiuïuéU'S })our rétablir l'intégrité du Portugal. Forcé de renoncer à la paix , le roi Joseph I choisit le parti qui lui sembla dans sa position le plus honorable , quoique le plus dangereux : il déclara la guerre à k France, et à l'Ëspagoe ( mai 1762 ) .
Au moment où un nonvel acteur entrait sur la scène des combats , un événement imprévu prépara la pacification de l'Europe. L'impératrice de Russie mourut subi-» tement , cl eut pour successeur Pierre III , qu'une vive sympathie intéressaif au roi de Prusse. Le nouveau czar suspendit aussitôt les hostilités entre les troupes russes et prussiennes. Peu de temps après» il conclut une alliance étroite avec Frédéric, et mit à son service un corps de 15t000 hommes sons le général Tchemicheff. A la vérité , ce secours fut bientôt rappelé par l'impératrwe ColAe— rine If . après la révolution qui détrôna Pierre III le 9 juillet ; mais la czarine confirma la paix avec le roi de Prusse, sous la coiuliîioii de rester neulre entre ce prince et iMarie-Thérèse. La Suède, qui n'avait pris à la guerre une part ni très-active ni très-heureuse, suivit l'exemple de la Russie et traita avec Frédéric. Cette
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double paix diminua pour lui l*inéga)ito do la lutte , ei coatribua puissamment aux succès que ce prince» ses JienleDana et ses alliés obtinrent dans cette campagne- Les maréchaux d'Ëstrées et de Soubiae furent battus par le prince Ferdinand à éhrebmUein: le général autrichien Lacy par te prince de Bevern à Retehmbaeh Farmée de» cercles par le priuce Henri à Freyberg. Frédéric s'empara, de Schweidnîtz, malgré les efforts du marcclial Uauu , et y fit 9000 Auhii hiens prisonniers de guerre. En Port u— gai » les succès et les revers furent balancés. Mais en Asiet les Anglais enleyèrenl anx Espagnole Manille et les Phi- Uppinee» et la Havane en Amérique.
Dès 1760, les rôis de Prusse et d'Angleterre avaient témoigné le désir delà paix. La France ^ qui n'avait cessé d'éprouver des pertes dans celte guenre sans pouvoir en espérer aucun avantage , s'était montrée disposée à un arrangement : mais l'impératrice-reine , qui se flattait d*écra^r le roi die Fruste sous le poids de la coalition , et de s'assurer ainsi Tirrévocable restitution de la Silésie». mantFa moins d'empressement à traiter, et fit avorter cette première tentative de pacification. Il y eut , les années suivantes , de nouvelles et infructueuses négociations , jusqu'au moment où la défection de la Russie et de la Suéde ôta aux confédérés l'espoir de la mine prochaine et facile de Frédéric. La France et TAngleterre se retirèrent alors de la lutte , et signèrent à Fontainebleau des préliminaires do paix (5* novembre). Le roi de Prusse n'eut plu& à combattre que les. forces de l'empire et.de TAutriche. Par une subite incursion en Franconie et en Bavière , il eflraya les princes de l'empire, et les électeurs de Bavière et Je Mayence, les évêques de Bamberg ci ilo. Wirzbourg demandèrent aussitôt la paix et relirertiu leurs ccmtingens de Tarmée des cercles. Les Autricbieus, qui, avec le sccours^ de toute l'Europe» n'avaient pu accabler le roi de Prusse , désespérèrent d'y réussir avec leurs seules forces. Ils firent à Frédéric des propositions de paîv par rinlerniédiaire de la Saxe. Des négociations ^'ouvrirent au château d iluberlsbouKj, non loin de Drcîide^
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et par le traité conclu le i5 février 1763 entre la Prusse ^ rAulriche et la Saxe, la iiossession de la Silésie et du comté de Glatz fut con^mée à Frédéric , et la Saxe fat restituée à rélec(eur-roî de Pologne. Quelque! joar»^ auparavant ( 10 février ) 9 b paix définitive avait été signée k jPaft!» , entre la France » FEspagnet l'Angleterre et le Portugal. La France abandonnait à ^Angleterre l'Acadie, le Canada, Tile Royale et tout le fleuve et golfe de St.-Laurent , où toutefois , par un faible (iédommagement , la liberté de la p^clie était réser^^ée aux Français^ ainsi que sur une partie des cotes de Tile de Terre-^euve, près de laquelle on leur cédait les lies de St. -Pierre et de Miqnelon , sons la condition de ne- point leg fortifier et de n'y entretenir qtt*ilne garde do- cinquante hommespour la police. La France cédait* en ontre» k TAngleterre» la Dominique, St. -Vincent , Tabago, la rivière et les établihdtmens du Sénégal. Elle lui restituait Minorque et le fort Si .-Philippe, et recouvrait de son côté la Martin nique, la Guadeloupe» Marie-Galaude , la Désirade, TUe de Gorée , et ses possessions des Grandes-Indes dans leura limites de 1749. L'Ëspagne céda ans Anglais la Floride » le fort St.-Auguslin , la baie de Pensacola 9 de grands^ territoires à Fest et an snd-est du Missfssipi , et obtint 9 en retour de ces sacrifices , la restitution de Tile de Cuba, et de la HaTane.
Après sept années de carnage et le meurtre d'un million d hommes, il se trouva que cette guerre cruelle n'avait tourné qu'au profit de TAngleterre 9 et que lea. moins maltraitées des autre» puissances étaient celles qui se trouvaient sur le même pied qu'auparavant , moins lea trésors dissipés et le sang répandu. Un étrange résultat de cette grande lutte , c'est que la Prusse , après avoir coiubaltu les forces réunies de rAutriche et de l'empire , de la Russie , de la Suède et de la France, sortit , sans perdre un seul village, d'une guerre où tout annonçait sa ruine » tandis que la France t si forte par elle-même et par ses alliances , pefdit ses possessions sur le continent d'Amérique. « Si nous examinons 9 dit Frédéric II dana
YHistoÙTà de la Guerrê «ejpl ans» les causes qpioiit tourné Ibb éYénemens.d'ime manière bî. inattendue » non3 trou* Teroni que les raisoiifitSoiYantes empêchèrent la perte dea. Prussiens : le défaut d*accord„et le manque d*liaraionie
entre les puissauces de la graDde-alliance ; leurs iotéréts difiereus qui les empéçhaient de convenir de certaines opérations; le peu d'union entre les généraux russes et autrichiens, qui les rendait ckçopspects. lorsque l'occa^, sîon exigeait qu'ils agissent aveq vigueur pour écraser la. Prusse, coinme ils l'auraient jpu faire efl^tivement ; la politique trop raffinée et quntessencîée de la cour de Vienne , dont les principes là conduisaient à charger ses alliés des entreprises les plus difficiles et les plus hasar-. deuses, pour conservera la fin de la guerre son année en meilleur état et plus complète que celle des. autres puissances ; d'où» à dilférentes. reprises »^ il résulta que les.. gén^auiL autrichiens.,^ p«i une çirconspectioii outrée, négligèrent donner le eoup de grâce aux Prussiens», lorsque leurs aOlHtfea étaient dans un état désespéré; la mort de l'iuipératrice de Russie, a\ec laquelle l'alliance de l'Autriche fut ensevelie dans un même tombeau ; la défection des Russes et Talliance de Pierre 111 avec le roi 4e Prusse » et enhn le&seeoijyps qu^ (^et empereur envoya itn Silési6« K ' '
a Si nous examinons d'un autre c6té les causes desr perM qhe les Français firent dans cette guerre, nous observerons la faute qu'ils commirent de se mêler des, troubles de UAllemagne. L'espèce de ^juerre qu'ils faisaient aux Anglais était maritime; ils })rirent le clian*;e, et né^gligèrent cet objet principal pour CQurir après uu objet étranger 9^ qui proprement ne les, regardait point. Ils avaient eu jusqu'akurs des ayont^iges sur mer contre les Anglais ; msas » dès que leur atienlioii fut distraite par la guerre de terre-ferme , dès que les armées d'Allemagne absorbèreul tous les fonds qu'ils auraient dù employer à augmenter leurs flottes, leur marine vint à manquer des choses nécessaires , et les Anglais gagnèrent un ascendant qui les rendit vainqueurs dans les quatre parties du^
liî8 HISTOIRE GÉiNËKALË
monde. D'ailleurs , les sommes excessives que Loais XV payait en subsides». et celles que coûtait l'entretien de», armées d'Allemagne», sortais d|i royaume , ce qui diminua de la moitié la quantité des espèces qui étaient encirculation tant à Paris que dans les provinces ; et , pour comble d'humiHafion , les généraux dont la cour fit ciioix pour commander ses armées, et qui se croyaient d£S« Xurennes». firent des. I^iUes trës-^rossières. ».