‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 2)Chapitre 134 sur 173 · Voir ci-dessus, chapitre xi · texte numérisé non relu

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pénétré dans les plaines du Danube et de la Theiss. Dès les premiers jour de leur histoire, les Germains et les Magyars nous apparaissent unis dans une haine commune contre les Slaves, et cette alliance se renouvellera souvent.

C'est sans doute en 895 que les Magyars quittèrent la Valachie pour descendre dans les plaines qui ont pris depuis le nom de Hongrie, Ils avaient pour chef principal Arpad (889-90"). Ils mirent trois mois à traverser les Karpathes, et on raconte qu'ils comptaient alors 216 000 hommes en état de porter les armes, ce qui supposerait une masse d'environ un million de tètes.

Au moment où ils prirent possession de leur demeure actuelle, les Magyars étaient un peuple féroce et nomade. Encore au milieu du xu° siècle, ils habitaient sous la tente en été, et n'avaient pour l'hiver que de misérables cabanes de roseaux. Leur principale richesse consistait dans leurs troupeaux de chevaux et de bœufs; ils mangeaient la viande à moitié crue, ce qui explique les légendes d'après lesquelles ils se seraient nourris de chair humaine et auraient bu le sang de leurs ennemis !. Petits, les yeux enfoncés, la tête rasée à l'exception de trois longues tresses qui flottaient sur leurs épaules, ils ne ressemblaient guère à la brillante et fière race, une des plus belles de l'Europe, qui est sortie du croisement de ces Finnois avec les Aryens s. La guerre était leur industrie, et leur discipline était admirable. Archers d'une prodigieuse habileté, montés sur des chevaux résistants et rapides, ils massacraient les vaincus, dévastaient les pays qu'ils traversaient avec une impitoyable barbarie, tuant les hommes, tuant les vieilles femmes, enlevant les jeunes.

Nous ne savons à peu près rien sur les événements qui marquèrent la prise de possession de la Hongrie par les Magyars. Les Slaves de ces régions, peu nombreux, affaiblis par les guerres antérieures et par leurs divisions intestines, étaient incapables de faire face à une si redoutable invasion. La Moravie disparut sans gloire vers 905. La population fut

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