‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 2)Chapitre 139 sur 173 · Ou Gnesen · texte numérisé non relu

Ou Gnesen

LES ETATS SLAVES DU Xe AU XI0 SIÈCLE 727

«ncore , catholicisme et nationalité y sont demeurés synonymes.

Destinées de la Pologne. — Les Allemands avaient fini par s'inquiéter des progrès de Boleslav. Il brava toutes leurs attaques et lorsque, dans les dernières années de sa vie, il prit le titre de roi, il ne fit que traduire par un signe visible ce qui avait été le but de sa vie entière : la fondation d'une monarchie indépendante, assez forte pour braver l'invasion germanique «et pour grouper autour d'elle les provinces slaves voisines, que leur isolement condamnait à la servitude. « L'histoire, dit un historien allemand contemporain, a donné à Boleslav le nom de Vaillant; c'est celui de Grand qu'il mériterait; avant lui, rien ne prouvait que les Slaves de la Vistule et de l'Oder ne fussent pas réservés au même sort que les Slaves de l'Elbe : lui seul les a préservés de la destruction, et, de nos jours encore, il arrête les Allemands dans leurs progrès vers l'Est. »

Les renseignements que nous avons sur les institutions politiques de la Pologne à l'époque de Boleslav sont à peu près nuls. 11 est permis de dire cependant qu'en mettant nettement •en opposition la Pologne et l'Allemagne, il a déterminé tout le ■développement constitutionnel futur du pays. Ce serait une erreur, en effet, de voir dans le rapide développement de la noblesse polonaise une preuve de l'influence des institutions germaniques ; en réalité, le système féodal ne pénétra en Pologne que fort tard et n'y obtint pas grand succès. La noblesse fut nationale et allodiale, et ses progrès aboutirent au développement des assemblées, à l'organisation d'un régime parlementaire antérieur même à celui de l'Angleterre et qui n'a d'analogue en Europe que le régime hongrois.

Les neuf ans de règne du successeur de Boleslav, Miéchko ■ou Mieczislav II (1025-1034) furent désastreux. Après une période de troubles, Boleslav le Hardi M 058-1 080) et ses successeurs relevèrent la monarchie; mais ni leurs succès ni leur habileté ne rendirent à la Pologne sa puissance perdue : elle avait laissé échapper l'occasion de s'établir solidement sur la Baltique; elle ne la retrouva plus.

Formation du royaume de Bohême. — Plus voisine de

l'Allemagne que la Pologne, la Bohême subit plus complètement l'influence germanique, jusqu'au moment où la proximité du péril réveilla chez elle le sentiment slave. Nulle part les deux races ennemies ne se sont disputé le terrain avec plus de passion et de persévérance. Rattachée d'abord à l'empire de Moravie, elle avait reçu le christianisme de Méthode; mais, après l'invasion hongroise, toutes les relations furent rompues avec Byzance, et le rite slave fut assez vite remplacé par le rite latin.

Les diverses tribus qui, d'après la légende, avaient été conduites par Tchekh dans le bassin de l'Elbe supérieur, n'avaient formé longtemps qu'une confédération assez lâche; la tribu des Tchèques, que favorisa la position géographique de son territoire, réussit peu à peu à établir sur les autres clans une sorte d'hégémonie. Ses chefs eurent longtemps à lutter contre des princes rivaux, et leur pouvoir fut souvent affaibli par les querelles que provoquait l'absence d'une loi précise de succession. Ils étaient en môme temps engagés contre leurs voisins dans des guerres incessantes, tantôt vainqueurs, comme Boleslav II (967-999) qui étendit son royaume fort au delà des frontières de la Bohême, tantôt malheureux et obligés de payer tribut aux empereurs allemands, dont cependant la suzeraineté ne fut jamais nettement établie sur le pays. La haine contre l'Allemagne explique les résistances qui arrêtèrent longtemps les progrès du christianisme ; il ne triompha réellement que sous Venceslav Ier (925-934) qui a été canonisé et qui est resté le patron du pays. Vratislav II prit le premier le titre de roi (1086). Moins prévoyant que Boleslav de Pologne, il avait demandé la couronne à l'empereur Henri IV. Trop souvent, dans la suite, ses successeurs compromirent l'avenir de leurs peuples par des complaisances imprudentes pour les Allemands.

Slaves du Sud et de l'Est. — Dans le rameau sud-oriental, comme dans le rameau occidental, un groupe disparaît, ce sont les Slovènes ou Vendes de Pannonie; comme les Tchèques, les Serbes et les Croates sont encore dans la période de formation, et leur histoire n'offre qu'un intérêt secondaire; les plus éloignés de l'Europe occidentale, les Bulgares et les

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