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LES ETATS SLAVES DU \° AU XI' SIÈCLE

Riissps, forment de puissants empires, aussi peu durables que le rovaume île Lîoleslav de Pologne.

Les Slovènes de Pannonie. — Les Slovènes avaient élé déjà Irop affaiblis pour ijue le désastre des Bavarois, en 907, leur inspirai même la pensée de reprendre leur indépendance. La défense de l'Empire fut réorganisée de te côté, après la victoire de 955, par Olto 1" et Otto 11. La Marche orientale (Oslinark,y;rou('HC('« orieiitalis) ou d'Autriche [{y.s\iTiv\i'li, plaga australis) devint l'avant-posto de la Germanie, et les Babenlierg y préparèrent la voie aux Habsbourg. Dès le règne d'Etienne I'r de Hongrie, ils s'avançaient jusqu'à la Leilba el à la March. La Marcbe de Carinthie avail été aussi relevée, et la Slyrie et la Carniole, qui en furent détachées plus tard, devinrent autant de foyers de germanisation '. Depuis Charlernagnc, il n'y a plus, à proprement parler, d'histoire ni de peuple slovèncs. Il avait été converti, au vnr" siècle, par les envoyés de l'évèque de Saisbourg, Virgile, qui a conservé le titre d'apotre des Khorutanes ', bien que d'ailleurs il ne soit jamais venu dans le pays. La littérature paléo-slovène compte parmi ses plus anciennes reliques trois fragments qui remonlent peut-être au x° siècle, et que l'on connaît sous le nom de Fragments de Frishiski.

Le long sommeil littéraire des Slaves de Pannonie, un moment troublé par la Kéfonne, a continué jusqu'au commencement de ce siècle; réveillé par l'occupation française, le patriotisme slovène a rendu quelque vie à cette nalion depuis longtemps oubliée, et la période contemporaine lémoigne d'une activité très remarquable pour une population aussi peu nombreuse; ils ont fourni, entre autres, un des créateurs de la philologie slave, KopUar.

Les Serbes et les Croates. — La fortune fut moins cruelle aux Serbes et aux Croates, dont cependant l'histoire est encore fort incerlaine et troublée. Les Serbes, établis dans la Serbie propre (Itascie), la Tcherna Gora, l'Herzégovine et sur le littoral de l'Adriatique, étaient soumis à divers princes sur les-

1. Los Sloït-nes forment encore uni; importa nie partie de la population de la Cnrinlhio (00 000 Lab.), de la Carniole (400 000) cl de la Sljrie (380 000). ■1. Ou Curinlhicns.

quels le gratid-joupan n'exerçait qu'une autorité fort précaire; il résidait à Rasa (Novi-Bazar), dans la Vieille-Serbie. Toute cette période de l'histoire serbe n'est qu'une longue suite de combats contre les Bulgares et les Byzantins, qui établissent tour à tour leur autorité sur ces régions. Au xi° siècle, le prince Michel reçut de Grégoire VII la couronne royale. La Serbie ne se développa réellement que sous la dynastie des Némania (1162. environ).

Les Croates, dans la Dalmatie, la Slavonie, la Croatie et la Hongrie occidentale, s'avançaient jusqu'à la Tsetyna et au Vrbas. Partagés en deux Etats (Croatie-Dalmatie et Croatie pannonienne), dont les princes furent souvent ennemis, ils furent tour à tour soumis aux Francs et aux Byzantins. Ils se rattachèrent un moment à l'église orientale, mais, dès la fin du ixe siècle, se soumirent au pape. Les Croates de Pannonie devinrent sujets des Hongrois; les Croates de Dalmatie eurent une histoire fort accidentée et furent mêlés à toutes les guerres de la péninsule. La Croatie atteignit l'apogée de sa puissance sous Zvonimir. Après lui, des troubles intérieurs amenèrent une rapide décadence. En 1102, les Croates acceptèrent pour roi Koloman de Hongrie. L'union avait été volontaire : elle garantissait l'égalité complète et l'autonomie des deux pays; depuis lors, l'histoire de la Croatie se confond avec celle de la Hongrie.

Les Bulgares. — Comme les Slaves de Russie, les Slaves de Mésie durent à des conquérants étrangers leur organisation politique ; comme eux, ils reçurent le christianisme de Byzance et subirent l'influence de la civilisation grecque; comme en Russie enfin, un prince supérieur créa un grand empire, et son règne fut marqué par un remarquable essor de la civilisation : gloire éphémère à laquelle succède une longue anarchie.

Les Slaves du Danube inférieur avaient pour voisins à l'est, vers le milieu du vi8 siècle, un peuple d'origine ouralo-altaïque, les Bulgares. A diverses reprises, ceux-ci ravagèrent les contrées danubiennes jusqu'au moment où, en 679, sous la conduite d'Asparuch, ils s'établirent à demeure en Mésie. Les tribus slaves, que leurs divisions avaient contraintes à subir la suzeraineté des Grecs, n'opposèrent pas une très vive résistance

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