‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 2)Chapitre 142 sur 173 · Jagitch, Archives pour la philologie slave, II · texte numérisé non relu

Jagitch, Archives pour la philologie slave, II

^ ÉTATS SLAVES DU Xe AU XIe SIÈCLE 733

ix et de factice. Précocité maladive, c'est

• ne produit l'histoire du peuple bulgare;

«aractère distinctif. » L'influence de

t trop forte; elle ne convenait pas

i « ine de l'enfance. Rapidement, l'au-

j«*néra en despotisme; l'administration

.mviit calquées sur le modèle de Byzance; le

.«uMié, privé de tout droit politique, rejeté hors de

La littérature, tout ecclésiastique et religieuse, n'eut

aucun caractère national, et la population se trouva comme

scindée en deux parties, qui n'eurent ni idées ni intérêts

communs.

Les Bogomiles. — La scission se produisit même dans le domaine de la foi. En même temps que le christianisme, s'était répandue en Bulgarie une hérésie qui venait d'Asie et qui avait ses origines les plus lointaines dans le manichéisme '. Sous le règne du fils de Siméon, le tsar Pierre (927-968), le prêtre Jérémie ou Bogomil (l'ami de Dieu) renouvela la doctrine paulicienne. Les souvenirs de l'ancien paganisme slave qui, comme le manichéisme, enseignait l'existence de divinités bienveillantes et malfaisantes, l'austérité de Bogomil et de ses premiers disciples, l'attraction d'une doctrine facile à comprendre et qui apportait sur toutes les questions des solutions précises, les vices de l'organisation sociale et de l'église officielle, favorisèrent les progrès de l'hérésie. Dès le xne siècle, la secte manichéenne dominait dans des provinces entières : l'église orthodoxe, après avoir facilité le succès de la propagande bogomile par sa longue inertie, essaya de l'arrêter par de cruelles persécutions, qui laissèrent dans les âmes d'inexpiables rancunes, mais ne ramenèrent pas les dissidents. De Bulgarie, les doctrines dualistes envahirent non seulement les pays slaves et la péninsule des Balkans, mais l'Italie et la France méridionale ; les Cathares et les Patarins se rattachent à elles, et les Albigeois étaient en relations fréquentes avec les Slaves du Sud. Dans diverses provinces de la péninsule, les doctrines bogo-

Page 1