Voir ci-dessus, chapitre ix, p. 463, note
miles furent longtemps propagées par une partie de la noblesse, par des rois et même des évoques : en Bosnie, elles restèrent dominantes en dépit de tous les efforts des papes et des rois de Hongrie.
La foi manichéenne, malgré ses rapides succès, était plus défavorable encore que l'orthodoxie byzantine à tout esprit de progrès et de perfectionnement. Celte sombre philosophie, qui représentait tous les êtres matériels comme une création de l'esprit du mal, et que l'on pourrait peut-être encore aujourd'hui reconnaître dans certaines sectes russes, entretint le peuple dans une sorte de torpeur attristée, tandis que les représentants de l'église officielle s'écartaient toujours plus de la vie active et s'enfonçaient dans un ascétisme contemplatif. De plus, à un moment où les questions religieuses dominaient toutes les autres, les Slaves, tiraillés déjà entre Rome et Byzance et condamnés à une lutte perpétuelle pour défendre contre les Grecs leur autocèphalie religieuse, furent séparés en deux partis irréconciliables, dont le premier s'appuya sur l'autorité temporelle et spirituelle, et dont le second eut pour lui le nombre et la ténacité de ses adhérents. Plus peut-être encore que l'imitation servile de Byzance, les divisions religieuses rongèrent les Slaves du Sud et expliquent les faciles succès de leurs adversaires.
Chute du premier empire bulgare. — Moins d'un demisiècle après la mort de Siméon, la Bulgarie du Danube, l'ancienne Mésie, était soumise aux Grecs (971). La partie occidentale, la Macédoine et l'Albanie, où s'était formée une Bulgarie occidentale, résista plus longtemps. L'empereur Basile II, le Tueur de Bulgares, continua pendant plus de trente ans une guerre impitoyable contre le tsar Samuel '. En 1018, la Bulgarie tout entière était domptée. Depuis Justinien, la puissance byzantine n'avait jamais été aussi grande; les princes croates et serbes reconnaissaient la suzeraineté de Basile II, et jusqu'en Syrmie gouvernaient des stratèges grecs.
Les Bulgares conservèrent du moins leur indépendance religieuse. Ochridra. qui avait été la capitale de la Bulgarie occi-