LES KHALIFES : FORMATION I)E L'EMPIRE ARABE
face Je Conslanfinoplc. Mais Héradius venait de pénétrer dans leur pays, de brûler leur capitale, de renverser partout les autels des mages '. La Perse était bouleversée par les troubles religieux et les révolutions do palais. Le manichéisme ' y avait laissé des traces profondes; pendant le règne de ICobad avait paru Mazdak, qui prêchait l'indifférence du bien et du mal, l'égalité sociale, la communauté des femmes et des biens. Le règne de Khosroes I"" Anouslùrouan s'était ouvert par une réaction qui avait coulé la vie à Mazdak et à 100 001) de ses partisans. A partir de Khosroes I", pas un souverain n'élail mort paisiblement; les fils luaienl leur père pour se mettre à sa place. Après les défaites infligées par Héradius, la confusion était devenue épouvantable. En quatre ans. neuTTÔis passaient sur le trône laissé vacant par fe meurlrc de Khosroes II. It n'y avait plus de gouvernement, plus d'armée : les satrapes, les merzahbans et les i&pehlieds dans les provinces, les seigneurs ou dihgâns dans leurs châteaux forts, s'érigeaient en potentats indépendants. L'empire tombait en morceaux.
Il y a plus d'ordre apparent dans l'Empire byzantin, depuis l'avènement d 'Héradius, mais l'épuisement est aussi coinpb'T. L'excessif développement de la vie monacale et des biens d'église soustrait les terres à l'impôt, les hommes à l'activité sociale et au service militaire. Tour repousser les Àvars et les Perses, l'Église, dans un moment de péril suprême, a fourni les ressources; mais, le danger passé, elle préleml rentrer dans ses avances. Des impôts nouveaux sont inventés, les exigences de la fiscalité impériale redoublent d'apreté. L'armée, qui a perdu 200 000 hommes dans la guerre de Perse, n'est pas renouvelée; les commandants des places frontières, les chefs auxiliaires ne louchent plus de solde. Le