‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 2)Chapitre 90 sur 173 · Voir ci-dessus, chapitre iv · texte numérisé non relu

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S. Religion fondée par Manès, né à Caroub (Perse], vers 210. Il avnil élé fait esclave a sept nns; puis avait clé altranchi et instruit par une rielie veuve de Clésiphon. II enseigna la doctrine de deux dieux, le bon et le mauvais, et se donna pour le Pnradct ou le Saint-Esprit. Il fut euprisonné en Perse, puis proscrit dans l'Empire tfrec, cl enfin ècorché vif par ordre du roi de Perse Bahram (iH). Le manichiitme a été l'oriRint d'hérésies dans la religion musulmane comme dans \a religion chrétienne. Voir, au tome II de cet ouvrage, l'hisloire de» Albigeois.

patriarche Serge, qui a été l'inspirateur des résolutions viriles, réveille maintenant les disputes religieuses. Il n'arrive qu'à créer une secte de plus, les monothélites, qui s'ajoutent aux nestoriens, aux monophysites, aux jacobites. Tou§ ces dissidents prennent en haine le gouvernement qui les persécute au nom de l'orthodoxie; leur hostilité est de plus en plus dangereuse. En Egypte, presque tous les paysans coptes sont jacobites. C'est là surtout que les ressentiments religieux, le malaise économique, les antipathies nationales concourent à détacher de l'Empire la masse de la population.

L'armée arabe. — Ni les Perses ni les Byzantins ne sont ea état de résister à l'armée arabe. Quand cette armée se met en marche, c'est pour la guerre sainte : les combattants qui succomberont sont sûrs d'aller droit en paradis. Beaucoup ne souhaitent pas autre chose que la mort des saints, comme ce Zaïd, qui refuse un commandement « parce que le devoir d'un général est de ménager sa personne et qu'il veut, lui, combattre et mourir martyr de la foi ». Les Koraïchites sceptiques, la masse des convertis par contrainte ont d'autres perspectives, d'ordre plus positif. On leur promet le pillage de l'Irak et de la Syrie, dont les campagnes fertiles, les cités opulentes excitent depuis longtemps les convoitises d'un peuple avide et pauvre. Avant d'engager une bataille, Khalid fait lire devant le front des troupes la sourate El-Anfal, dans laquelle le Prophète a réglé le partage du butin. Dans chaque corps d'armée il y a un secrétaire chargé de tenir les comptes et de faire les parts : sauf un cinquième prélevé pour l'Etat, toutes les prises sont distribuées aux soldats. Ces fanatiques et ces pillards ne sont pourtant pas des hordes confuses. Ils ont une organisation régulière, sont formés en divisions, subdivisions, compagnies, escouades de dix hommes. Les officiers, pris parmi les anciens Musulmans, sont des hommes de choix ; leur expérience militaire, acquise en tant de batailles, est fortifiée de l'ascendant moral qui s'attache aux compagnons du Prophète; ils constituent des cadres d'une solidité à toute épreuve. Les généraux sortent pour la plupart de la noblesse koraïchite, comme Khalid, Amr, Moaouia, Ikrima, Sad ; quelques-uns sont des fils d'af-

LES KHALIFES : FORMATION DE L'EMPIHE ARABE fM

franchis ou des affranchis comme Ouçama, Ammar. A de rares exceptions près, ils se montrent à la hauteur de leur lâche, souvent rapaces et cruels, mais d'une bravoure éclatante, pleins d'enlrain et d'audace. Ces anciens chefs de bandes se mettent très vile à la grande guerre. Ils improvisent une tactique, font bon usage de leurs rapides cavaliers, de leurs adroits archers, qui visent aux yeux de l'ennemi, aux yeux des éléphants. A Méliavend, les Perses sont fortement retranchés; une attaque directe serait périlleuse : on les attire en rase campagne par une retraite simulée, et tout à coup l'armée musulmane, par une formation instantanée, se présente eu ligne de bataille. A Damas, les émirs emploient des machines de guerre dont ils ont appris le maniement. Ils ne dédaignent pas les moyens politiques, savent argumenter, négocier à propos, exploiter les mécontentements, provoquer les défections. La discipline est sévère, mais les généraux donnent l'exemple de l'obéissance. Ils sont surveillés, tenus en main. Sad, vainqueur des Perses, s'est fait bâtir à Koufa un magnifique palais où l'on a adapté la porte du palais royal de Ctésiphon; Omar envoie un messager qui met le feu à la porte et au palais. Le glorieux Kbalid, jamais vaincu, en possession d'une immense popularité militaire, est privé de son commandement; il accepte de servir en sous-ordre; il déclare qu'il obéirait à un enfant si le khalife l'ordonnait. Le khalife ne permet pas qu'une autorité s'élève rivale de la sienne. Il ne tolère pas que les généraux agissent à leur fantaisie. Dans toutes les circonstances graves c'est à lui qu'on en réfère. Il conduit les opérations d'après un plan d'ensemble, combine les mouvements stratégiques, retient les ardeurs impatientes, règle la marche de l'invasion de façon à n'avancer qu'à pas sûrs. Ni Abou-Dekr, ni Omar ne se sont départis un instant de celle fermeté vigilante qui assure l'unité du commandement, de cette prudence qui n'entend pas livrer rien au hasard.

Les premières conquêtes. — Les premières campagnes furent rudes. 13 n 631, les émirs arabes de Syrie, après quelques succès partiels, se trouvent arrêtés net sur les bords de l'Yermouk. Abou-Bekr appelle à leur aide Kbalid, d'abord

dirigé vers l'Orient, où il a, d'un seul élan, conquis l'ancien royaume de Hira. Khalid traverse en droite ligne le désert de Syrie, se rabat sur Bosra, qu'il enlève, rejoint ses collègues à l'Yermouk et gagne une grande bataille. Damas est pris, puis Tibériade et Palmyre. Héraclius désespéré dit un suprême adieu à la Syrie. Il essaye cependant de se concerter avec les Perses pour une action combinée contre l'ennemi commun. Paralysés d'abord par une épouvantable anarchie, les Perses ont imposé une réconciliation aux deux chefs de parti, Firouzan et Roustem. Ralliés autour d'un roi national, Iezdedgerd, ils ont repris l'offensive et chassé un instant les Arabes de l'Irak. Mais un nouveau général, Sad, arrive avec des renforts : la grande armée perse, après une lutte de trois jours, est détruite à Kadésiah; Rouslem est tué; le tablier de cuir, l'étendard national des Sassanides, reste aux mains des vainqueurs (636). Les Arabes franchissent le Tigre, prennent Ctésiphon et fondent, pour consolider leui^ conquête, les deux villes nouvelles de Koufa et de Bassora. tes «Perses ne peuvent plus donner la main aux Grecs. Ceux-ci perdent encore Emèse, puis les villes du littoral. Jérusalem\investie capitule : le khalife Omar vient en personne prendre possession de la ville sainte des juifs et des chrétiens, qui a étéSin moment la ville sainte de l'Islam. Les Grecs essayent encore un retour offensif, mais les troupes qu'ils ont tirées de la Mésopotamie sont rappelées en arrière par une contre-attaque, et le fils de l'empereur, le jeune Constantin, venu par mer, est contraint de s'en retourner par la même route. Les Arabes reprennent Antioche, qu'ils ont déjà conquise puis perdue. Ils entrent en Mésopotamie, s'emparent d'Edesse, de Dara, de Nisibe. Après la reddition de Césarée, toute la Syrie et la Mésopotamie leur appartiennent.

Conquête de l'Egypte. — Omar, khalife depuis 634, songe alors à s'arrêter. Tout au plus permet-il, à l'est, la conquête de l'Ahouaz, entre le Chatt-el-Arab et le Karoun. A l'ouest, il hésite à autoriser l'invasion de l'Egypte. Amr, déjà en marche avec une armée, reçoit l'ordre de ne pas aller plus loin s'il n'a pas atteint la frontière. Mais l'Egypte est devant lui avec ses 20000 villes»

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