‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 2)Chapitre 93 sur 173 · LES KHALIFES : FORMATION DE L'EMPIRE ARARE · texte numérisé non relu

LES KHALIFES : FORMATION DE L'EMPIRE ARARE

trancher le différend. L'un de ces arbitres étant Amr, la sentence ne pouvait être douteuse. Ali ne l'accepta point et continua la guerre. Elle ne tourna pas à son avantage. Déjà, dans son propre parti, se formait une secte dissidente, qui lui reprochait de ne pas s'en être rapporté au jugement de Dieu et d'avoir accepté l'arbitrage. Ces Kharédjites ou « séparés » prirent les armes : il fallut les écraser à Nehreouan. Les gens de l'Irak se montraient de plus en plus tièdes; quand Ali demandait 60 000 soldats, il lui en venait 3000. L'Egypte était perdue, les généraux omméïades entraient à Médine. Le frère même d'Ali fit défection. Les kharédjites professaient maintenant qu'il ne faut pas d'imam f sur terre ; la défaite avait surexcité leur fanatisme. Trois d'entre eux s'entendirent pour frapper à la fois Moaouia, Amr et Ali. Moaouia en fut quitte pour une blessure; Amr esquiva le péril grâce à une absence opportune, Ali fut atteint mortellement (661). Sa mort porta le dernier coup à une cause déjà compromise. Après lui, son fils aîné, Hassan, traita avec Moaouia; le second, Hoséïn, qui essayait de mettre à profit la mort du premier khalife omméïade pour soulever l'Irak, fut massacré à Kerbela près de Koufa (680).

Jjes Omméïades. — La défaite des Alides ne procura pas la pacification. Abdallah-ben-Zobéir, le fils de ce compagnon du Prophète qui avait été le rival d'Ali, se fit proclamer khalife en Arabie et fut maître quelque temps de l'Irak, de l'Egypte, même d'une partie de la Syrie. Il ne succomba qu'en 692, après de longues luttes au cours desquelles les villes saintes furent cruellement maltraitées. A Médine, presque toute la population fut massacrée ; les cavaliers syriens entrèrent dans la mosquée et attachèrent leurs chevaux dans l'espace sacré, entre la chaire du Prophète et son tombeau. La Mecque subit deux sièges; la Kaaba fut battue en brèche par les machines de guerre et consumée par un incendie. Les compétitions personnelles n'entraient pas seules en jeu; les vieilles inimitiés de tribus, les haines traditionnelles des Yéménites et des Màadites se réveillaient, compliquées maintenant du conflit des sectes qui com-

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