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L*UCËAN INDIEN : MADAGASCAR, OBOCK

Texécution loyale du traité de 1885 et la modification des articles qui donnaient prétexte i contestation. Il s'était heurté à toutes sortes d'expédients dilatoires. Le 21 octobre il remit son ultimatum ; le 27 il amena le pavillon de la Résidence, et repartit pour Tamatave.

Sur cet exposé du ministre des affaires étrangères, les Chambres volèrent un crédit de 65 millions pour Tenvoi à Madagascar d'un corps expéditionnaire.

Beuxième guerre : le second traité de protectorat (1895). — On comptait que le gouvernement hova pourrait mettre en ligne de 25 à 30000 soldats réguliers, instruits et dirigés par des officiers européens, pourvus de fusils à tir rapide et de 40 ou 50 pièces d artillerie perfectionnée. Une force de 15 000 hommes et de 56 canons parut suffisante. Le commandement en chef fut confié au général Duchesne, assisté des généraux de brigade Melzinger et Voyron. On avait, pour monter à Tananarive, le choix entre deux routes : Tune plus courte, mais très escarpée, par Tamatave, sur la côte est; l'autre plus longue, par Majunga, sur la côte nord-ouest, et par le cours de la Betsiboka que Ton comptait utiliser pour les transports d'hommes et de matériel. On se décida pour cette dernière. Le 15 janvier 1895, après un court bombardement, on occupa Majunga, et Ton y procéda à la construction d'un wharf de 80 mètres de long pour faciliter les débarquements. Dans le même temps, la garnison de Tamatave rejetait les Hova sur les lignes de Farafate; celle de Diego-Suarez les chassait de ses environs; Tescadre les expulsait de la baie de Passandava. Le 1*" mars, le général Metzinger, débarquant à Majunga avec Tavant-garde du corps expéditionnaire, déblayait les abords de la place et le cours inférieur de la Betsiboka, enlevait Mahabo, Miadane, Marowoay (2 mai), et, au combat d*Âmbodimonti (15 mai), dispersait quelques milliers d*ennemis. Le 6 mai le général en chef débarquait i Majunga.

Bientôt il put se convaincre que la Betsiboka, dont les eaux baissaient, ne pourrait pas rendre les services qu*on en avait espérés. Il fit commencer une route praticable aux voitures, avec des ponts, et dont Texécution coûta d*énormes fatigues au

génie et autres troupes européennes. Elle couvrit, au 14 juillet, 250 kilomèires. Pendant ce temps, les Hova étaient battus à Mavetanana (9 juin), Tsarasotra (29), au mont Beritzoka (30), à Ambodiamontana (22 juillet), à Andriba (22 août).

Arrivé à Mangasoavina, dans la plaine d*Andriba, le général en chef s*était déjà rendu compte que la marche des opérations ne pouvait plus se subordonner à la construction de la route : Tananarive était encore éloignée de 190 kilomètres. Le 8 septembre, il forma une colonne volante, composée des éléments les plus valides, allégée de presque tout bagage et n'emportant que des rations réduites. Elle n'était forte que de 4000 combattants *, et c'est avec cette poignée d'hommes qu'il comptait battre les Hova sur leur propre territoire (l'Emyrne ou Imérina), enlever leur capitale, contraindre le gouvernement royal à capituler.

Le 15 septembre, les Hova furent délogés du piton de Tsinainondry; le 17, on franchit sans coup férir le col de Kiangara, où cependant l'ennemi avait accumulé d énormes travaux de défense; le 19, on passa la chaîne des < grands Ambohimenas » ou Montagnes Rouges. On entrait dans l'Emyrne, pays de vertes rizières et de riches moissons, contrastant avec l'aspect désertique des régions jusqu'alors parcourues. On enleva les positions de Sabotsy et Ambohipierra (26 septembre), puis de Sabolsy- Ambonihola (29), où l'on se heurtait à la garde royale.

On était en vue de la capitale*. Une région de rizières, où les digues étroites alternaient avec les canaux, la protégeaient contre une attaque directe. Il fallait obliquer vers l'est et faire un grand détour. Tandis que l'arrière-garde tenait en respect une force de 2000 hommes et 2 canons commandés parRainian-

1. Au départ, elle comprenait : 1*" une avant-garde, sous le général Metzinger : régiment d'Algérie (légion étrangère et tirailleurs algériens), un peloton de chisseurs d'Afrique, 2 batteries de montagne; — un gros, sous le général Voyron : 2 bataillons d'infanterie de marine, un peloton de chasseurs d*Afrique, le bataillon malgache, 2 compagnies de Haoussas, l batterie; — 3* une ré etve, sous le colonel de Lorme : 1 bataillon du 200% 2 compagnies d'infanlerie de marine, 2 compagnies de Haoussas.

2. Tananarive était alors une ville de fonctionnaires, courtisans, fournisseurs de la cour, assise en amphithéâtre sur un plateau de 1428 mètres d'altitude, dominée par le palais de la reine, celui de la résidence de France, ceux des grands seigneurs, la cathédrale catholique et les temples protestants.

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