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L'OCÉAN INDIEN : MADAGASCAR, OBOCK

zalahy, on enlevait les hauteurs voisines de la capitale et on y installait nos batteries. Le 30 septembre, à 3 heures de Taprèsmidi, cinq obus à la mélinite dévastaient les batteries hova installées sur la terrasse du palais de la reine. L'effet en fut terrifiant pour celle-ci. On vit aussitôt le pavillon royal s'abaisser et le drapeau blanc Qotter sur le palais. Puis accoururent les parlementaires apportant la soumission. Le général en chef l'exigea complète, avec la remise des postes et de toutes les armes. Le lendemain il faisait son entrée à Tananarive, s'installait au palais de la résidence et dictait les conditions de la paix, qui fut signée le jour même (1*' octobre) par Ranavalo IIL Sur toute l'étendue de Ttle les hostilités s'arrêtèrent. Durant toute cette campagne, à peine si nous avons eu 100 hommes atteints par les projectiles, car les Hova, qui perdirent des milliers d'hommes, n'avaient su tirer aucun parti d'armes perfectionnées et de situations parfois imprenables ; les grosses pertes nous furent infligées par le climat.

Le nouveau traité imposait à la reine le protectorat français € avec toutes ses conséquences » : le résident général serait chargé de tous les rapports avec les agents des puissances étrangères; l'administration, même intérieure, de l'île serait soumise à son contrôle; la reine s'engageait à procéder à toutes les réformes que le gouvernement français jugerait utiles; elle s'interdisait de contracter aucun emprunt sans l'autorisation de celui-ci; la France se réservait de maintenir à Madagascar « les forces nécessaires à l'exercice du protectorat ».

Administration du général Gallieni ; l'annexion définitive; l'organisation. — Le résident général Laporte ne fut pas plus écouté que ses devanciers. La faible résistance de l'armée régulière hova fut compensée par la ténacité des résistances locales, encouragées par l'entourage de la reine, c La rébellion de 1896, dit le général Gallieni, a été la suite de la guerre de 1895, une deuxième phase de celle-ci. > En mars et avril 1896, localisée d'abord dans quelques régions du nord et du sud, la révolte devint générale. Dix mille insurgés tenaient la campagne. Dans l'Imérina nous avions fini par ne conserver que Tananarive et ses environs. La crainte que la

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France D*abolU Tesclavage, l'entrée en scène des c prospecteurs » européens avaient tourné contre nous tous les propriétaires d'esclaves et tous les possesseurs des mines. Plus que jamais nos établissements furent en proie à Tincendie; de nouveau s'allongea la liste des Français massacrés. La loi française du 6 août 1896 décida l'annexion de Tile, tout en maintenant la reine sur le trône, et l'abolition de l'esclavage.

En septembre 1896 le général Gallieni, déjà illustré par ses campagnes du Soudan et de Tlndo-Chine, fut nommé résident général. D'avance il détermina nettement son programme d'action : 1"* détruire rinsurreclion, ramener à leurs cultures les populations terriGées par les fahavalos; 2* mettre fin à la suprématie des Ho va sur les autres races de l'Ile; 3^ opérer» progressivement mais rapidement, l'affranchissement des esclaves ; 4* chez les Bova, abolir le régime féodal, réformer le système fiscal; S"" doter la colonie des institutions essentielles d'assistance et d'instruction publiques, développer l'agriculture, l'industrie et le commerce. En d'autres termes, il se proposait d'appuyer le régime français sur les nationalités affranchies, sur les esclaves émancipés, sur les populations hova ellesmêmes délivrées de la tyrannie royale et seigneuriale.

l*" Tout le territoire insurgé fut organisé en cercles militaires, les chefs de cercle investis de tous les pouvoirs, les populations paisibles énergiquement protégées, leurs villages mis en étal de défense, leurs hommes valides formés en milices qui concoururent aux opérations de nos soldats. Les bandes de fahavalos furent traquées jusque dans les profondeurs des forêts, poursuivies jusque dans les cavernes de l'Angavokély qui leur servaient de repaires. La reine, ses parents et ses ministres reçurent des avertissements sévères. Comme ils ne suffisaient pas, Gallieni fit arrêter le ministre de l'intérieur et un oncle de la reine, instigateurs des massacres contre nos nationaux, les traduisit devant un conseil de guerre et les fit passer par les armes. Comme la reine persistait dans son hostilité, il la fit embarquer pour l'île de la Réunion, d'où elle fut transportée à Alger. Ce fut la fin de la royauté hova (26 février 1897).

T" A la tête des tribus de l'île, Gallieni remplaça les fonction-

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