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2. Voir ciMlo-^^iis, p. loc. ««i [. IV, p. SIS, pour la Bil)lio}?raphie.
sultan, les deux hommes se réconcilièrent, en apparence; mais les capitulations françaises ne furent point renouvelées, tandis qu*on en accordait aux Génois, et le libre passage par la mer Rouge et l'Egypte fut refusé aux Français (1661).
En représailles, quand le grand-vizir vint en personne assiéger Candie (mai 1661), il trouva dans la place les Français de Puy- Montbrun avec les Vénitiens de Francesco Morosini. En 1668, arrivèrent 1200 volontaires avec La Feuillade : ils firent sur les Turcs une sortie, la cravache à la main, puis se rembarquèrent. En 1669, au moment môme où Louis XIY expédiait quatre vaisseaux «le guerre à Constantinople pour en ramener son ambassadeur, 6000 Français — « 6000 pourceaux mal intentionnés », dit rhistorien Raschid, — débarquèrent en Crète (24 juin). Ils étaient commandés par les ducs de Beaufort et Navailles et comptaient dans leurs rangs le maréchal de La Motte-Fénelon, le comte de Saint-Pol-Longueville et toute une fleur de noblesse. Cinq jours après, Beaufort succombait dans un assaut contre les retranchements turcs. Une nouvelle attaque échoua (9 août). Puis, le désaccord s*étant mis entre Navailles et Morosini, les Français se rembarquèrent (31 août).
La garnison de Candie était maintenant réduite à 4000 combattants. Toutes les fortifications étaient bouleversées par les mines ou le canon. Morosini dut capituler. Le grand- vizir lui témoigna beaucoup de courtoisie, se montra scrupuleux observateur des conventions, remplit d*or le chapeau du principal bourgeois qui lui remit les clefs de la ville (27 septembre).
Ainsi tomba la forteresse de Candie après une série de sièges qui se succédèrent pendant vingt et un ans (1648-1669). Dans le dernier, qui dura seize mois, les Vénitiens avaient perdu 30000 hommes et les Turcs près de 100 000.
Morosini, dans la capitulation, avait cédé aux Turcs non seulement Candie, mais Tile entière. Sur ces bases fut signée la paix avec Venise. La république cédait, en efl*et, l'île entière, moins les ports ou îlots de Carabusa, Suda et Spina-Lunga.
L'ambassade de M. de NointeL — Entre temps la Turquie avait risqué d'avoir sur les bras une guerre directe avec la France. Louis XIV la voulait, pour venger les injures faites
à son ambassadeur. Colbert réussit à la faire ajourner. Le marquis de Noinlel fut envoyé à Constantinople sur quatre vaisseaux de guerre, commandés par d'Apremont (1671). Dans le Bosphore, comme il n'était pas d'usage que les Turcs saluassent les pavillons chrétiens de leur artillerie, d'Apremont refusa également le salut. Pourtant, quand la sultane-validé lui fil demander si elle lui refuserait le salut, à elle, la galanterie française l'emporta, et l'on tira des salves à faire trembler le Séraï. L'audience donnée par Kœprilû à Nointel n'en fut pas plus aimable. Comme l'ambassadeur faisait un pompeux éloge de Louis XIV, le grand-vizir l'interrompit, disant : « Le padishah de France est un grand souverain; mais son épée est eocore neuve. » Comme Nointel vantait la vieille amitié qui unissait les Français à la Porte : « Oui, interrompit Ahmed; mais nous les trouvons toujours avec nos ennemis. » Enfin quand on en vint aux questions de commerce : c Comment est-il possible qu'un si grand padishah s'intéresse à une affaire de marchands? 9 Quand Louis XIV reçut le rapport de Nointel, il lui envoya, , par le chevalier d'Arvieux, l'ordre, si les Turcs ne se montraient pas plus traitables, de se rembarquer immédiatement. Une assemblée de négociants français, tenue à Marseille, se prononça pour l'emploi de la force. Un grand armement fut préparé à Toulon. On prêta quelque attention au fameux plan de Leibnilz pour la conquôte de l'Egypte. Puis la guerre de Hollande fit de nouveau tout ajourner; mais les succès de Louis XIV aux Pavs-Bas amenèrent la Porte à réfléchir. Les capitulations furent renouvelées avec Nointel; satisfaction nous fut donnée, malgré les réclamations des Grecs, sur la question des Lieux-Saints (iG73). Les relations devinrent ensuite plus amicales. Toutefois, à Paris, les faiseurs de projets pour la destruction de Tenipire turc continuèrent à se donner carrière.
Duquesne et les Barbaresques : traité Guilleragues. — Louis XIV n'était pas d'humeur à supporter les insolences des grands-vizirs envers ses ambassadeurs, Nointel * et Giiille
1. Avec NoinloI coin nu* a\cc Denis «h» l^i Haye, la <liscussit)n portail lonjoins snr re «{ne. dans les andionces <lii ^'raml-vizir, celui-ci éUil assis sur un sopha <]ue supjMjrlait une esirade, el «pie l'anilKissadeur devait s'asseoir au pietl de
ragucs, ni les excès des Barharcsques. Contre ceux-ci, Abraham Duquesne dirigeait de vigoureuses croisières *. En 1681, pourchassant huit vaisseaux de Tripoli, il les suivit jusque dans le port de Chio. Sur quelques coups de canon qu*il reçut des batteries ottomanes, il bombarda le château, y détruisit deux mosquées. La flotte turque étant accourue avec le capitan-pacha, il menaça celui-ci, dans le cas où les Tripolitains ne s*engageraient pas à rendre les captifs chrétiens, de brûler Chio et même la flotte ottomane. A ces nouvelles, la Porte (Kara-Moustafa était alors grand-vizir) hésita entre la terreur et la colère. Guilleragues fut menacé de mort. Alors Duquesne parut aux Dardanelles avec dix vaisseaux de guerre et parla d'aller chercher l'ambassadeur jusque dans Stamboul. L'avarice de Kara- Moustafa, qui voulait se faire payer très cher par Guilleragues, fit retarder l'accommodement, mais ne put l'empêcher. Tous nos privilèges furent de nouveau reconnus (1681).
Ij6 grand-vizir Kara-Moustafa : siège de Vienne. — On a vu ' comment la reconnaissance de la suprématie ottomane par l'hetman de l'Oukraine occidentale, Dorochenko, entraîna les Turcs dans deux guerres contre les Polonais. Elles furent, en somme, heureuses pour le sultan : les traités de Buczacz (1672) et Jouravna (1676) lui confirmèrent la possession de la Podolie. — En 1677, Dorochenko ayant été chassé par le parti moscovite, le sultan fut engagé dans une guerre à la fois contre les Kosaks d'Oukraine et contre Moscou. Elle traîna en longueur jusqu'au moment où le khan de Crimée fit signer la paix de Radzin ou Bakhtchi-Séraï (11 février 1681) ^.
Kara-Moustafa entendait se garder les mains libres contre l'adversaire qu'il avait surtout en vue, rAutrichc. L'insurrection hongroise, avec Emcrich Tœkœli *, sembla lui ofl'rir une occasion favorable (1682). Bien que les trêves avec l'Autriche ne fussent pas expirées, Ibrahim, pacha de Budc, eut ordre d'aider
l'eslradc sur un simiile laboiiret. Connue Nointel <)s.i prendre son UilH>urel el le i»oser sur Testrade, le tchaoucli du grand-vizir saisit l'amliass^ideur par les épaules et le |K>ussa dehors, lui disant : « Hors dMei. infMële! »
i. Voir ci-dessus, p. 125.